Ce CSAA abordait :

  • La préparation de rentrée 2026  (personnels administratifs, de laboratoire, de documentation, d’éducation, DDFPT, médico-sociaux, psychologues EN)
  •  Point d’information sur la filière enseignante (gros point sur le 2nd degré)
QUESTIONS DIVERSES 
  • Public/privé
  • Mise en place des PAS
  • Attaque « Compas »
  • Rupture conventionnelle
  • Volontariat des AED (missions ’enseignement)
  • Réforme de la formation initiale et affectation des stagiaires
  • Dialogue social pour la carte scolaire dans notre Académie
  • PSC dans notre Académie.

Outre notre déclaration préalable, ci-dessous, voici notre compte-rendu (que vous trouverez également dans le lecteur pdf en fin d’article).

Madame la rectrice, mesdames et messieurs les membres du CSA Académique,

D’emblée l’UNSA Éducation salue tous les personnels des directions académiques et des rectorats, absolument pas invisibles mais indispensables, pour qui la tâche n’a pas été aisée avec ces opérations de carte scolaire décalées et celles des mutations corrélées.

Du fait de ce contexte particulier, les opérations de carte scolaire auraient pu (du) avoir lieu de manière différente, en tout cas avec un vrai dialogue social, notamment dans le 1er degré.

En ce qui concerne le 1er degré, et la précision est importante, une fois encore ce fut difficile dans notre Académie envers les représentants des personnels, pour ne pas dire infantilisant. Des écoles et des effectifs de novembre 2025 en guise de documents préparatoires, des pseudos groupes de travail sans aucune donnée, des instances où nous découvrons tout. Tout en nous disant qu’il y a eu du dialogue, avec les élus peut-être, et encore pas toujours, ou dans des délais très, trop courts.

Nous savons parfaitement que vous faites avec les moyens qui vous sont octroyés et que vous devez communiquer sur une démographie puissance 3, et donc une dotation qui améliorera les conditions d’accueil des élèves et permettra de mettre en place moult priorités à moyens constants.

Mais il faut bien dire que cela devient vraiment trop déconnecté de la réalité du quotidien des personnels et de leurs élèves.

Et ce qui est totalement insupportable ce sont ces petites phrases que nous jugeons déplacées :  « Vous noircissez le tableau ».

Parlons-en ! Les classes le plus chargées des pays industrialisés et encore plus en collège et en lycée, de plus en plus de fiches d’alertes SST de collègues qui alertent leur employeur sur leurs conditions de travail, de plus en plus d’élèves ingérables et qui sont aussi souvent en souffrance, tout comme leurs camarades, un manque de places en structures adaptées, un taux de violence intrafamiliale reconnu, un manque d’AESH, un énorme problème de santé mentale de nos jeunes, la dualité tronquée des 2 services d’Éducation, l’un pouvant refuser les élèves que l’autre doit accepter, et ils ne s’en gênent pas. Et pour finir, des personnels qui vont de plus en plus mal mais à qui on demande de toujours faire plus. Mais bon, si le Ministère s’intéressait à ses personnels ça se saurait. Oserais-je dire bien au contraire, puisque bien contents de ne pas avoir de médecins du personnel, il sanctionne financièrement celles et ceux qui sont en arrêt de travail et a pour projet de réduire les temps partiels thérapeutique !

A l’UNSA Éducation, nous sommes toujours factuels et nos alertes le sont tout autant, le ministère a toutes ces données mais il les oublie sciemment pour n’utiliser que celles de la démographie, et ça pour les utiliser il les utilise…

Nous ne la nions pas, mais même s’il faut préparer l’avenir notre priorité est de s’occuper des élèves que nous avons actuellement… Et nous ne voyons sincèrement pas comment, en supprimant autant de postes, la situation pourrait s’améliorer.

Quant au P/E que l’on nous présente comme en progression de quelques décimales, ils comptent pour combien les élèves à besoins éducatifs particuliers qui ont des difficultés comportementales, des troubles du comportement ?

Nous parlons souvent d’univers parallèles mais là les chemins se séparent de plus en plus, et de façon inquiétante, entre les choix, la politique mise en œuvre et la réalité du terrain, les besoins urgents. Ce décalage entre les mots, l’affichage et la réalité est de plus en plus insupportable.

Dans le second degré, le constat est sans appel : suppressions de divisions qui entraînent une augmentation des effectifs dans les classes, réduction de l’offre de formation, compléments de service, pressions pour accepter les heures supplémentaires, tensions dans les équipes, incertitudes pour certaines disciplines. Et dans notre Académie, si on y ajoute les postes réservés pour les stagiaires, les possibilités de mutations seront impactées, voire impossibles dans certaines disciplines.

Dans les établissements du 2nd degré, les mesures de carte scolaire vont inévitablement entrainer des tensions très importantes au sein des équipes. Les chefs d’établissement vont devoir effectuer des arbitrages cornéliens entre dispositifs et disciplines.

L’autre différence est que nous voyons, année après année, de plus en plus de personnels qui sont en souffrance, et nous sommes en contact direct avec eux.

A l’UNSA Éducation, nous ne sommes pas dans une vision idyllique de nos métiers, nous ne demandons pas la lune, nous souhaitons juste que nos collègues, quels qu’ils soient, puissent exercer leur métier dans des conditions correctes. Faire classe, tout simplement pouvoir faire classe, rendrait heureux nombre de collègues…

Ne plus gérer la pénurie, ne plus empiler les priorités les unes après les autres, tenir compte de ce qui se passe réellement dans les classes. Nous attirons aussi votre attention sur la dimension humaine de toutes ces fermetures.

Notre ministre a écrit de jolies métaphores pour soutenir les professeurs, se déplace en pleine carte scolaire dans notre Académie pour parler des indicateurs, et/ou annoncer la création d’un concours général pour les élèves de troisième dès 2026. Dans les trois cas, c’est certes de la jolie communication mais totalement hors sujet.

Alors même qu’un changement de méthode était attendu, cette annonce de la création d’un concours général intervient sans concertation avec les personnels et s’ajoute à une succession de dispositifs dont les conditions de mise en œuvre restent floues. Beaucoup d’effets d’annonce, encore trop de zones d’ombre.

Pour les personnels, c’est une charge supplémentaire : organisation des épreuves, conception et correction des sujets, mobilisation des équipes, sans garantie de moyens ni de reconnaissance.

Pour les élèves, ce dispositif limité à une minorité renforce une logique de compétition et risque d’accentuer les inégalités entre établissements et entre publics.

Dans un système éducatif déjà marqué par de fortes inégalités, la priorité doit rester la réussite de tous les élèves. Une école ne se juge pas uniquement à la réussite des meilleurs, mais à sa capacité à construire du commun et à faire progresser chacun.

L’enquête PISA qui compare régulièrement les résultats des élèves français aux autres pays de l’OCDE, a relevé à plusieurs reprises que la France se différenciait par un petit nombre d’élèves qui obtiennent de très bons résultats aux évaluations, et une part importante d’élèves en difficulté, avec qui l’écart se creuse. Pourquoi notre ministère ne prend-il pas en compte ces études qui devraient orienter nos politiques éducatives ?

L’UNSA Éducation alerte enfin sur la question des moyens : dans un contexte où les personnels sont déjà fortement mobilisés pour faire vivre les projets et accompagner les élèves, le recours éventuel à des heures supplémentaires pour faire fonctionner ce dispositif interroge. Quand les moyens manquent, chaque choix compte — et celui-ci interroge. Ces moyens, s’ils étaient mobilisés, gagneraient à être laissés à l’appréciation des équipes, afin de leur permettre de faire des choix adaptés aux besoins des élèves et de favoriser la réussite du plus grand nombre.

L’UNSA Éducation appelle à concentrer l’action publique sur les véritables priorités : donner des moyens aux équipes et accompagner tous les élèves.

Nous reviendrons en instance sur les PAS, les ex-coordonnateurs PIAL et le nouveau rôle des AESH, beaucoup de choses nous interrogent, nous interpellent.

 


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