La Formation spécialisée, santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), ex-CHSCT, s’est réunie ce jeudi 28 mai sous la présidence de l’IA-Dasen, Bruno Benazech.

À l’ordre du jour figuraient le bilan des fiches RSST, la présentation du compte-rendu de la visite du lycée de La Châtre et un premier bilan du groupe de travail sur les EBEP.

Y participaient Pierre-Emmanuel Raffi, secrétaire général, Philippe Lasseur, conseiller de prévention académique, Valérie Petit, cheffe de service hygiène et sécurité, Sébastien Boite, assistant de prévention DSDEN, Sébastien Caillaut, conseiller départemental prévention 1er degré, et Estelle Ville, assistante sociale des personnels.

Pour l’UNSA Éducation siégeaient Estelle Ledoux, Laëtitia Charbonnier, Nathalie Béal et Olivier Bruère.

Réponse aux déclarations liminaires

Suites aux déclarations liminaires (lire celle de l’Unsa Éducation ci-dessous), l’IA-Dasen a apporté des éléments de réponse. 

Concernant le plan canicule, le ministère et le rectorat ont transmis différentes consignes et recommandations afin d’accompagner au mieux les écoles et établissements. Il a toutefois été rappelé que chaque situation reste particulière : l’organisation mise en place dépendra de la configuration des locaux et des réalités de terrain.

À propos de la lettre d’information hebdomadaire académique, l’administration indique qu’elle répond à une volonté de centraliser les informations afin d’éviter une surcharge de travail pour les directeurs et directrices d’école ainsi que pour les secrétariats.

Bilan des fiches : une souffrance au travail omniprésente

Entre le 1er septembre 2025 et le 15 mai 2026, 166 fiches RSST ont été déposées dans le département. Parmi elles, 73 % concernent des risques psycho-sociaux.

Dans le premier degré

97 fiches ont été déposées, dont 80 concernant des risques psycho-sociaux.

Dans le second degré

69 fiches ont été déposées, dont 31 concernant des risques psycho-sociaux.

On ne peut que constater, une nouvelle fois, l’augmentation du nombre de fiches ainsi que la souffrance réelle vécue par les collègues.

Le traitement des fiches depuis la dématérialisation des registres

L’application permet à la DSDEN de suivre avec précision si les fiches ont bien été visées par les IEN ou les chefs d’établissement.

Comme cela avait déjà été évoqué en groupe de travail, il est souligné un manque d’informations concernant les suites données aux signalements ainsi que leur restitution aux membres de la F3SCT départementale.

Le conseiller académique de prévention, rappelle alors le rôle de la formation spécialisée. Celle-ci n’a pas vocation à intervenir directement dans le traitement individuel des situations. Son rôle consiste notamment à identifier les situations problématiques, à analyser les risques professionnels et à vérifier si des réponses ou des mesures ont été apportées.

En revanche, la formation spécialisée est légitime pour interpeller les établissements lorsque les situations signalées ne trouvent pas de résolution.

Enfin, il précise également qu’une information académique sera prochainement adressée aux chefs d’établissement et aux IEN afin de les sensibiliser à la manière de s’emparer des fiches SST et de les traiter.

Visites des écoles et établissements

Le compte rendu de la visite au lycée polyvalent de La Châtre a été approuvé. Réalisée le 11 décembre 2025, elle vient conclure le travail mené par la formation spécialisée sur la thématique du bâti scolaire et de son adaptation aux conditions climatiques actuelles. Dans les années à venir, la formation spécialisée travaillera sur la thématique des risques psycho-sociaux.

À l’issue de ces travaux, l’idée a émergé de créer un document synthétique reprenant l’ensemble des préconisations émises par la formation spécialisée afin d’accompagner les établissements sur ces questions. Ce document aurait vocation à être largement diffusé. Un groupe de travail doit prochainement se réunir à ce sujet.

Bilan du groupe de travail sur les EBEP

Le dernier point à l’ordre du jour portait sur un premier bilan du groupe de travail consacré aux élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP).

Le protocole élaboré par les membres de la formation spécialisée a été validé. Le groupe de travail doit désormais poursuivre ses travaux concernant les documents annexes.

Questions diverses

Déplacements et convocations des personnels

La situation des collègues convoqués par leur IEN ou par la DSDEN, et amenés à quitter leur école ou à se déplacer en dehors de leurs horaires habituels de travail, a été évoquée.

Le secrétaire général rappelle que dès lors qu’un personnel reçoit un mail ou un écrit de convocation, celui-ci constitue un justificatif permettant d’effectuer le déplacement, même si un ordre de mission formel reste préférable.

Toute convocation peut ouvrir droit au remboursement des frais de déplacement, sous réserve des règles administratives en vigueur. Cette mention doit figurer dans les courriers adressés aux personnels. Lorsque ce n’est pas le cas, les collègues sont invités à demander un ordre de mission ou un courrier mentionnant explicitement cette prise en charge.

Gestion des fortes chaleurs dans les écoles et établissements

La question de la gestion des fortes chaleurs de ces derniers jours, ainsi que celle de la récurrence de ces épisodes, a également été abordée.

Le DASEN indique qu’une information a bien été transmise concernant la gestion de ces situations.

Monsieur Lasseur apporte des précisions complémentaires. Il rappelle que le ministère a élaboré un document consacré au bâti scolaire, dans lequel cette problématique est abordée. Celui-ci est également disponible sur le PIA.

Plusieurs axes de travail doivent être définis. Il ne peut cependant pas exister un protocole unique, applicable à tous les établissements. Chaque structure présente des caractéristiques et des contraintes différentes.

À court terme, il est nécessaire d’anticiper les prochains épisodes de fortes chaleurs, appelés à devenir récurrents.

Les équipes pédagogiques sont invitées à solliciter les mairies et les collectivités afin d’engager des temps de concertation et de les inciter à s’emparer de la question du bâti scolaire.

L’objectif est d’établir, pour chaque structure, un diagnostic précis et de définir un protocole adapté précisant les mesures à mettre en place en cas de fortes chaleurs. Il est d’ailleurs rappelé que de tels protocoles existent déjà dans certains établissements.

Une enquête générale va également être diffusée dans l’ensemble des écoles et des établissements afin d’identifier les structures les plus vulnérables face aux fortes chaleurs, ainsi que celles pour lesquelles des actions peuvent être mises en œuvre rapidement.

Nous avons sollicité l’IA-DASEN afin qu’une communication institutionnelle soit faite en direction des élus des territoires afin de les encourager à s’emparer de cette problématique en partenariat avec les personnels de l’Education nationale.

Notre déclaration liminaire

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la F3SCTD,

L’UNSA Éducation souhaite, à l’occasion de cette instance, alerter une nouvelle fois sur l’état d’épuisement professionnel qui touche désormais l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, à tous les niveaux de notre département.

Les enseignants, les directrices et directeurs d’école, les personnels administratifs et d’intendance dans les circonscriptions, les établissements et la DSDEN, les personnels de direction, les infirmières scolaires, les assistantes sociales, mais également les corps d’inspection, expriment tous, de manière de plus en plus forte, une surcharge de travail, une perte de sens et une fatigue professionnelle devenue préoccupante.

Les remontées du terrain sont nombreuses et convergentes : accumulation des tâches, injonctions multiples et parfois contradictoires, manque de moyens humains, difficultés de remplacement, urgence permanente, pression administrative croissante et isolement professionnel participent à une dégradation continue des conditions de travail.

Cette dégradation des conditions de travail touche particulièrement les personnels administratifs, confrontés à une inflation constante des tâches et des procédures.
Les collègues signalent notamment la multiplication d’enquêtes chronophages, en particulier celles liées aux crédits d’État, dont le sens, l’utilité concrète et les suites données demeurent souvent peu lisibles pour les agents chargés de les renseigner. Cette accumulation génère un sentiment de travail empêché et une perte de sens croissante.

L’UNSA Éducation souhaite également alerter sur certaines évolutions organisationnelles mises en œuvre sans concertation préalable avec les personnels concernés. Nous pensons notamment à la diffusion des informations institutionnelles via la lettre hebdomadaire dans les collèges et lycées. Ce dispositif, mis en place sans information ni accompagnement suffisants des secrétaires d’établissement, entraîne une surcharge de travail supplémentaire ainsi qu’un stress important lié à la crainte de manquer une information essentielle — notamment en matière d’orientation, de mutations ou de gestion des personnels — noyée parmi des communications plus secondaires.

Enfin, les personnels engagés dans la préparation des concours constatent également une dégradation des conditions de formation depuis les modifications imposées par l’EAFC : diminution des temps de formation en présentiel, augmentation des formations en visioconférence et disparition des devoirs sur table. Pourtant, les formateurs ont largement fait remonter que ces temps d’entraînement et d’accompagnement constituaient un levier essentiel de réussite et de préparation efficace aux concours. Ces évolutions contribuent à fragiliser davantage des personnels déjà fortement sollicités.



À cette surcharge déjà largement identifiée s’ajoute désormais la multiplication des webinaires, réunions et temps institutionnels qui viennent s’empiler les uns après les autres dans des agendas déjà saturés. Présentés comme des temps de formation, d’information ou d’accompagnement, ils constituent bien souvent des heures de travail supplémentaires qui empiètent toujours davantage sur le temps personnel des agents.

L’UNSA Éducation souhaite également interpeller l’institution sur la manière dont certaines convocations sont aujourd’hui organisées, sans prise en compte des réalités de terrain vécues par les personnels.

Nous pensons notamment au séminaire des directrices et directeurs d’école convoqué par Monsieur le Recteur, initialement prévu le 3 juin puis reporté au 17 juin « pour des raisons d’agenda de Monsieur le Recteur ».

Nous entendons évidemment les contraintes institutionnelles. Mais les personnels, eux aussi, ont des contraintes d’agenda. Dans un département rural comme l’Indre, marqué par un désert médical important, de nombreux agents prennent leurs rendez-vous médicaux plusieurs mois, parfois plus d’un an à l’avance, souvent le mercredi lorsque cela est possible. Ils organisent également leur vie familiale et personnelle autour de calendriers professionnels déjà extrêmement contraints.

Le respect des personnels passe aussi par la prise en considération de cette réalité humaine et territoriale. Les conditions de travail ne se résument pas uniquement aux locaux ou aux outils ; elles concernent également l’organisation du travail, le respect du temps des agents et la considération portée à leur équilibre de vie.

L’analyse des fiches RSST départementales confirme malheureusement cette réalité. Les risques psychosociaux y occupent une place de plus en plus importante : stress chronique, épuisement, tensions relationnelles, souffrance au travail, sentiment d’impuissance ou encore perte de reconnaissance professionnelle.

Pour l’UNSA Éducation, la qualité du service public d’éducation est indissociable de la qualité de vie et des conditions de travail des personnels. Nous rappelons notre attachement à une politique ambitieuse de prévention, fondée sur l’écoute, l’anticipation, le dialogue et l’amélioration concrète des organisations de travail.

À ce titre, nous souhaitons rappeler les mots figurant dans la prochaine circulaire de rentrée du ministre :
« Notre institution ne peut prétendre prendre soin des élèves si elle ne prend pas soin de ses personnels. »

Cette affirmation doit désormais se traduire concrètement dans les actes, dans les organisations de travail et dans le fonctionnement de nos instances.

La F3SCTD ne peut être une simple chambre d’enregistrement. Elle doit pleinement s’emparer de ses missions essentielles en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. Cela suppose une analyse approfondie des situations de travail, un véritable suivi des signalements et des actions de prévention effectives.

Cela suppose également que les représentants de l’institution soient pleinement présents et investis dans les groupes de travail comme dans les instances. La prévention des risques professionnels et psychosociaux nécessite un dialogue social de qualité, continu et respectueux des engagements pris collectivement.

L’UNSA Éducation continuera, pour sa part, à porter la parole des personnels et à défendre des conditions de travail dignes, respectueuses de la santé des agents et compatibles avec les exigences du service public d’éducation.

Nous vous remercions de votre attention.


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