La Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) d’Ille-et-Vilaine s’est réunie ce 30 juin 2026 à la DSDEN de Rennes dans un climat de lassitude et de colère. Lors de notre déclaration liminaire, l’UNSA Éducation a dénoncé une crise systémique de la santé au travail, aggravée par des choix budgétaires désastreux. Face aux discours lissés, nous avons porté la voix du terrain pour exiger que la prévention devienne enfin une obligation réelle et non une option.
1) Inclusion scolaire : stopper l’improvisation et la gestion de l’urgence permanente
L’explosion des notifications MDPH dans le département (1 500 notifications de plus depuis la rentrée, avec une projection à 2 000 en juin) ne peut plus être ignorée ou minimisée par le Directeur Académique, qui y voit une confusion avec des difficultés scolaires. Sur le terrain, toutes les AESH sont pleinement mobilisées mais leur utilisation se fait trop souvent en dépit du bon sens. Faute de moyens, les accompagnements sont fragmentés, réduits à éteindre des incendies sans concertation possible.
Pour l’UNSA Éducation, cette crise de l’école inclusive est indissociable de l’effondrement de la santé à l’école. Avec un seul médecin scolaire pour 12 000 élèves, la santé scolaire est devenue l’angle mort de l’institution, alors que près de 20 % des adolescents présentent un risque de dépression. L’inaction de l’ARS et le décalage départemental de 30 points par rapport aux moyennes nationales usent les personnels et génèrent des violences en classe.
- Notre exigence : Nous prenons acte du changement de pilotage de l’ASH et demandons une transparence absolue sur les critères d’obtention du CAPPEI. Surtout, nous affirmons qu’un travail de qualité vaudra toujours mieux que la gestion de l’urgence !
2) STOP DISCRI : un bouclier pour les agents à mieux faire connaître
La cellule d’écoute académique (composée de 4 écoutants et d’une coordinatrice) a été présentée. Ce dispositif permet de libérer la parole avec une prise de contact sous 24 heures et un entretien d’une heure donnant lieu à un compte rendu. Selon la situation, la commission d’instruction (constituée de la DRH, de représentants de la DSDEN et de la direction des affaires juridiques) peut proposer un accompagnement individuel ou collectif, ou déclencher une enquête administrative ou disciplinaire.
Les saisines de l’Ille-et-Vilaine représentent un tiers des signalements académiques. L’UNSA Éducation invite les collègues à s’emparer de cet outil, accessible via Toutatice (Alerte STOP DISCRI) ou par mail (Stop-discri@ac-rennes.fr). Un affichage d’information est également disponible au téléchargement.
3) Médecine de prévention en détresse : le SMA coule sous les dossiers, l’administration doit réagir !
Le témoignage transparent du docteur Limeul a confirmé point par point notre déclaration liminaire : le Service de Médecine d’Accompagnement (SMA) est tout simplement saturé. Des collègues attendent un rendez-vous depuis plus d’un an sans même un accusé de réception . Le docteur a découvert des montagnes de dossiers papier inexploités à son arrivée.
La charge est écrasante : la secrétaire fait face à 528 mails non lus et 23 demandes de rendez-vous ont été reçues pour la seule matinée de la F3SCT. Les dossiers prioritaires transitent par des filtres (psychologues, assistantes sociales) pour tenter de prioriser l’urgence en lien avec le SAPAP. De plus, les moyens matériels pour les collègues bénéficiant d’une RQTH sont gelés, et les préconisations médicales de reprise ou d’aménagement sont trop souvent ignorées par l’administration.
- Nos revendications : Le recrutement immédiat de deux secrétaires pour désengorger le service, le déblocage des fonds d’équipement et l’achat d’un logiciel médical digne de ce nom. La santé des personnels ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire.
4) Fin des PIAL et arrivée des PAS : les AESH référents au milieu du gué
La mise en œuvre des Pôles d’Appui à la Scolarisation (PAS) s’annonce complexe. La coordination sera en partie confiée à des AESH référents (dont le nombre passera de 19 à 34 en 2027). Si la perspective d’un contrat à 100 % est positive, ces collègues vont devoir assumer des tâches de coordination complexes, historiquement dévolues à des personnels de catégorie A ou à des directeurs d’école.
Assistants de Prévention
La transition repose sur le glissement des décharges PIAL (maintenues exceptionnellement un an) vers des missions d’assistant de prévention (AP). Cependant, l’administration reconnaît n’avoir aucune visibilité sur la pérennisation de ces postes après la généralisation des PAS en 2027. L’UNSA Éducation s’inquiète de la surcharge de travail pour les AESH référents, des risques de tensions relationnelles dans les écoles et établissements, et du manque d’accompagnement et de formation face à ces nouvelles responsabilités.
5) Alerte rouge sur la souffrance au travail
323 fiches SST dans le second degré depuis septembre 2025 – mais 25% des fiches restent non visées,
Parmi les signalements :
- 76 fiches RPS en lien avec les élèves
- 41 fiches liées à l’ambiance thermique (froid et chaleur)
2 419 fiches SST au total dans le premier degré depuis septembre 2025, avec un taux de non-visé de 11%.
Les risques psychosociaux (RPS) explosent
- 1 177 fiches en lien avec les relations avec les élèves
- 497 fiches pour l’ambiance thermique (froid et chaleur)
- 284 fiches liées au travail
- 278 fiches en lien avec les parents
Le SE-UNSA s’alarme : ces chiffres montrent une détérioration alarmante des conditions de travail, avec des risques psychosociaux et thermiques qui s’aggravent.
6) Deux avis ont été déposés par l’UNSA
L’administration dispose d’un mois pour apporter des réponses écrites aux deux avis forts portés par l’UNSA Éducation et adoptés par l’instance :
- Mariages des agents : en finir avec l’arbitraire ! — La F3SCT 35 demande l’octroi systématique d’un minimum de 2 jours de congé pour les mariages des agents se déroulant en période scolaire, conformément au Code du travail, pour mettre fin aux inégalités injustifiables entre académies. (Adopté par 9 voix POUR et 1 abstention).
- Secret médical et respect des aidants — La F3SCT 35 exige l’arrêt immédiat des demandes de pièces médicales intrusives (comptes-rendus opératoires, bilans paramédicaux ou génétiques) pour l’obtention des temps partiels. Pour les aidants familiaux, un unique justificatif de la MDPH doit suffire. (Adopté à l’unanimité, 10 voix POUR).
Les personnels d’Ille-et-Vilaine sont usés mais restent debout ! L’UNSA Éducation continuera de porter leurs voix avec rigueur et détermination. Nous vous souhaitons d’excellentes vacances d’été, ô combien méritées, sous le signe de la récupération et de la convalescence !