Le ministre demande à chaque école, collège et lycée d’organiser une cérémonie commémorative à l’occasion du 11 novembre. Pour le SE-Unsa, le devoir de mémoire est essentiel et les enseignants le font vivre quotidiennement. Cependant, l’École n’est pas là pour pallier le désengagement citoyen au risque de reproduire dans ses murs des cérémonies publiques.
La co-éducation pour faire vivre le devoir de mémoire
Il ne suffit pas de publier une circulaire ministérielle organisant une journée de commémoration dans l’enceinte de l’école ou l’établissement pour travailler le devoir de mémoire avec les élèves. Tous les ans, les enseignants mènent de nombreux projets, dont beaucoup prévoient la présence des élèves au monument aux morts lors des cérémonies du 11 novembre ou du 8 mai.
Cependant, si le ministre de l’Éducation nationale estime que trop peu d’élèves participent à ces cérémonies, il serait préférable de travailler la co-éducation afin de convaincre les parents d’accompagner leurs enfants aux cérémonies publiques, celles qui rassemblent l’ensemble de la population.
Mise en garde contre d’éventuelles pressions politiques
Cette circulaire laisse la main aux enseignant·es et directeur·rices d’école pour organiser ces temps de commémoration. Le SE-Unsa souhaite que ces événements résultent d’un travail éducatif et pédagogique fait avec les élèves, seul gage de réussite. Le document d’accompagnement (à lire ici) n’est qu’un guide, une proposition.
Aucun directeur d’école, aucun enseignant n’est contraint de suivre un déroulé qui imite une cérémonie officielle du 11 novembre ou du 8 mai au monument aux morts. Aucun directeur d’école, aucun enseignant ne doit être contraint d’organiser une cérémonie qui lui serait dictée par un élu. Enfin, aucun directeur d’école, aucun enseignant ne devrait être contraint de doubler un projet pédagogique intégrant la présence d’élèves à la cérémonie publique par une cérémonie à l’école ou dans l’établissement.
Le SE-Unsa dénoncera et informera le ministère de toute pression politique faite sur les enseignants et directeurs pour orienter les choix d’organisation de cette cérémonie.
L'avis du SE-Unsa
Pour le SE-Unsa, ces cérémonies ne doivent pas se substituer aux engagements déjà existants de l’École. Une fois encore, l’École ne peut pas pallier les manques ni répondre à toutes les évolutions de la société. L’École et les enseignants participent au devoir de mémoire dans le cadre des programmes et des projets pédagogiques.
Pour le SE-Unsa, il n’est pas acceptable qu’une nouvelle charge de travail incombe aux directeur·rices d’école et aux enseignant·es.