Le 11 septembre, le SE-Unsa Hors de France était au Lycée Français Prins Henrik de Copenhague pour une journée d’échanges avec les personnels, la direction et les membres du conseil d’administration.

Dans un contexte marqué à la fois par la réforme de l’AEFE et par les interrogations sur la situation financière de l’établissement, les discussions ont largement porté sur l’avenir du conventionnement et ses conséquences pour les personnels.

Avec les personnels : le conventionnement au cœur des inquiétudes

La matinée a été consacrée à une longue rencontre avec les personnels enseignants du premier et du second degré.

À cette date, le conseil d’administration n’avait pas encore signé l’avenant à la convention avec l’AEFE, alimentant naturellement les inquiétudes autour d’un éventuel déconventionnement. L’avenant sera finalement signé le 16 septembre, quelques jours après notre visite.

Les collègues nous ont interrogés sur les moyens d’action possibles, notamment pour informer les familles, mais surtout sur les conséquences qu’aurait un déconventionnement sur leur situation professionnelle et personnelle.

Détachement direct, disponibilité, contrat de droit local, réintégration en France : derrière ces différents statuts, ce sont des parcours professionnels et des équilibres familiaux qui sont en jeu.

La possibilité de devoir demander une disponibilité inquiète particulièrement certains collègues qui ne pourraient pas bénéficier d’une disponibilité de droit. Un refus pourrait alors les contraindre à envisager un retour en France, alors même que plusieurs ont construit leur vie familiale au Danemark.

Les questions sont nombreuses : quelles conditions de réintégration ? Quelles modalités pour participer au mouvement ? Existe-t-il des aides au retour, des points supplémentaires ou une prise en charge du déménagement ?

Les conséquences éventuelles d’un détachement direct ont également été abordées, notamment en matière de retraite. Pour certains collègues, un changement de statut pourrait remettre en question un projet professionnel construit depuis plusieurs années.

Ces échanges montrent une nouvelle fois qu’un changement de statut d’un établissement ne peut jamais être considéré comme une simple décision administrative ou financière : il a des conséquences très concrètes sur la vie des personnels.

Des préoccupations très concrètes au quotidien

Nous avons également tenu à consacrer du temps aux conditions de travail dans l’établissement : changements de niveaux imposés en maternelle et en élémentaire, encadrement des classes vertes, multiplication des réunions ou encore règles applicables en matière d’arrêt maladie dans le contexte danois.

Autre sujet important : une possible évolution du calendrier scolaire, déjà évoquée à plusieurs reprises par la direction. L’objectif serait de rapprocher davantage le fonctionnement du lycée du rythme danois, notamment au second degré. Au Danemark, les journées scolaires se terminent plus tôt et permettent aux élèves de participer dès l’après-midi à des activités sportives, culturelles ou associatives, en contrepartie de vacances scolaires moins longues.
Cette réflexion soulève toutefois de nombreuses questions, notamment sur l’articulation entre premier et second degré et sur la possibilité de faire fonctionner un même établissement avec des calendriers scolaires différents. Le sujet devra donc faire l’objet d’une véritable concertation avec les personnels.

Échanges avec la direction

Nous avons ensuite rencontré le proviseur et le directeur administratif et financier. Cet entretien nous a permis de reprendre les principales préoccupations exprimées par les collègues ainsi que les enjeux auxquels l’établissement est actuellement confronté.

Le nouveau proviseur, arrivé à cette rentrée, souhaite notamment avancer rapidement sur les propositions concernant le calendrier scolaire et renouer le dialogue avec l’ensemble de la communauté éducative.

Nous avons également évoqué les difficultés rencontrées au niveau de la direction de l’école primaire. Le rétablissement d’un fonctionnement serein et d’un lien de confiance avec la communauté éducative doit constituer une priorité.

Avec le conseil d’administration : des échanges francs sur l’avenir de l’établissement

Enfin, nous avons été reçus par la vice-présidente du Board et son trésorier, en amont d’une réunion du conseil d’administration. Les échanges, francs et constructifs, ont notamment porté sur les conséquences qu’aurait un éventuel déconventionnement pour les personnels.

Nous avons pu rappeler les différences entre les statuts et les conséquences professionnelles d’un changement de situation. Dans le contexte danois, où les rémunérations des personnels de droit local sont relativement élevées, un déconventionnement ne représenterait d’ailleurs pas nécessairement un avantage financier pour l’établissement.

Les membres du Board ont également insisté sur leur volonté d’être associés aux décisions concernant la nomination des personnels de direction, conformément aux dispositions qu’ils considèrent prévues par la convention.

À la date de notre rencontre, l’avenant n’était toujours pas signé. Le conseil d’administration souhaitait auparavant obtenir des réponses de l’AEFE sur plusieurs points et regrettait des délais de réponse particulièrement longs sur certains dossiers. Il nous avait néanmoins indiqué vouloir rassurer les personnels sur son intention de signer l’avenant, ce qui a finalement été fait le 16 septembre.

Un établissement qui cherche à renforcer son attractivité

La situation financière et l’évolution des effectifs constituent également des enjeux importants. L’établissement accueille aujourd’hui environ 800 élèves et souhaite atteindre à terme entre 900 et 1 000 élèves afin de consolider son modèle économique.

Plusieurs pistes sont donc envisagées pour renforcer son attractivité. Le calendrier scolaire en fait partie, tout comme l’évolution de l’offre pédagogique. Le contexte de Copenhague a en effet changé : la présence de salariés expatriés de grandes entreprises françaises a diminué, tandis qu’une population francophone durablement installée dans la capitale s’est développée.

Le conseil d’administration souhaite ainsi renforcer notamment la place de l’anglais et du danois dans l’offre de l’établissement.

Le SE-Unsa Hors de France restera aux côtés des personnels

Cette journée a une nouvelle fois montré tout l’intérêt de nos rencontres sur le terrain. Elles permettent d’entendre directement les préoccupations des collègues, de répondre à leurs interrogations et de porter leurs difficultés auprès des différents interlocuteurs.

Dans une période où les évolutions du réseau et les questions de conventionnement suscitent de nombreuses inquiétudes, le SE-Unsa Hors de France continuera à défendre la sécurisation des parcours professionnels et des droits des personnels.

Nous remercions chaleureusement les collègues de Copenhague pour leur accueil, leur disponibilité et la richesse des échanges. Ce rendez-vous annuel est désormais un moment important de notre présence au Danemark, auprès d’une équipe particulièrement investie.

 


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