Le jeudi 24 septembre 2026, le SE-UNSA a rencontré Mme Sédès, IEN chargée de la mission maternelle dans les Pyrénées-Orientales. Cet entretien a permis de relayer les difficultés du terrain et nos demandes pour améliorer l’accueil des élèves comme les conditions de travail des personnels.
Soutenir les équipes face aux situations difficiles
Nous avons alerté sur les difficultés rencontrées lorsqu’un élève est en cours de diagnostic ou présente des comportements violents, avec des conséquences parfois importantes pour sa sécurité, celle des autres élèves et les conditions de travail des collègues.
Mme Sédès indique qu’un enseignant surnuméraire est placé en appui du professeur des écoles dans les situations évoquées, en attendant que des réponses adaptées puissent être apportées. Elle reconnaît que ce renfort n’est pas une solution miracle, mais le considère comme une aide minimale nécessaire. Nous retenons une volonté de prendre ces situations au sérieux et de soutenir les collègues autant que possible.
Une aide ponctuelle pour les directions disposant de faibles décharges
Les directeurs et directrices bénéficiant de très petites décharges sont invités à se faire connaître auprès de leur circonscription lorsqu’ils ont besoin d’aide. Le secrétariat peut alors mobiliser un personnel de brigade, dès que les disponibilités le permettent.
Cette possibilité rejoint une demande portée par le SE-UNSA l’an dernier auprès de Mme la DASEN, pour l’ensemble des circonscriptions. Les collègues concernés ont donc tout intérêt à signaler leurs besoins.
EVAR et protection de l’enfance
Selon Mme Sédès, l’éducation à la vie affective et relationnelle a permis une libération de la parole des enfants : le nombre de signalements et d’informations préoccupantes pour violences intrafamiliales aurait ainsi plus que doublé. Cette hausse est interprétée comme un meilleur repérage des violences grâce à la parole des élèves, plutôt que comme une augmentation des violences elles-mêmes. Un effet positif pour la protection des enfants.
Relations PE-ATSEM et intervention auprès des communes
Le SE-UNSA a demandé que les médiations entre enseignants et ATSEM soient accordées et supervisées par les IEN. Mme Sédès précise que la décision relève des ressources humaines, après échange avec les différentes parties pour apprécier l’utilité et la possibilité d’une médiation. Selon sa réponse, l’IEN ne peut pas imposer la poursuite de cette démarche si elle n’aboutit pas.
Le SE-UNSA 66 interviendra auprès de la DASEN pour que la procédure puisse être améliorée. Aucun collègue en demande de médiation ne doit rester seul face à ses difficultés.
Nous avons également insisté pour que les IEN rencontrent les élus lorsque des difficultés relevant de la commune affectent les conditions de travail dans les écoles : tensions entre personnels, nombre insuffisant d’ATSEM, absences non remplacées ou problèmes de locaux. Mme Sédès se dit favorable à ces échanges, tout en rappelant les limites d’intervention de l’Éducation nationale dans les affaires communales.
Pour le SE-UNSA, ces limites ne doivent pas empêcher le dialogue lorsque le fonctionnement de l’école est dégradé. Nous maintenons notre revendication d’une ATSEM par classe sur la totalité du temps scolaire.
Charte des ATSEM et formations communes
La nouvelle charte des ATSEM de Perpignan est toujours en cours d’élaboration. Plusieurs échanges ont été nécessaires, la première version proposée par la mairie ne répondant pas aux exigences de l’Éducation nationale.
Nous avons également relayé des situations préoccupantes concernant les pratiques de certaines ATSEM auprès des enfants, parfois à la limite de la maltraitance. D’après les échanges, cette préoccupation est partagée par les IEN. Mme Sédès souligne aussi les difficultés auxquelles ces personnels sont confrontés, notamment les troubles musculosquelettiques et le manque de matériel adapté.
La DSDEN propose des formations communes aux PE et aux ATSEM, en formation continue ou dans le cadre des constellations. Elles peuvent permettre de travailler les pratiques professionnelles et la coopération au quotidien.
Toute petite section et possibilités de nouveaux dispositifs
Le département compte actuellement sept dispositifs de toute petite section : six à Perpignan et un à Elne. Le plus récent se situe à Romain Rolland.
Mme Sédès précise que les ouvertures s’inscrivent dans un appel à projets proposé par la DGESCO et que les demandes sont à l’initiative des directeurs et directrices. Le SE-UNSA invite donc les directions intéressées à se saisir de cette possibilité.
L’ouverture suppose toutefois des conditions d’accueil adaptées : des locaux appropriés, des personnels formés et des besoins en travaux et en équipements qui restent limités pour les communes. Les deux objectifs majeurs de cette scolarisation sont le développement du langage et la socialisation.
Les dispositifs sont limités à 16 élèves. Une commission d’affectation spécifique, associant élus, services et PMI, examine les admissions. La priorité est donnée aux enfants orientés par la PMI ou les travailleurs sociaux. Un travail avec ces derniers est également en cours pour mieux faire connaître les dispositifs aux familles.
Un vadémécum destiné aux collectivités, inspiré de ceux de l’Aude et de l’Hérault, est en préparation. Il doit rassembler des ressources pour favoriser les bonnes pratiques et un accueil des tout-petits dans de bonnes conditions.
Pour un accueil des TPS au-delà des quartiers prioritaires
Le SE-UNSA souhaite élargir ces dispositifs au-delà des quartiers prioritaires de la politique de la ville, où ils sont actuellement implantés. Des enfants vivant ailleurs peuvent eux aussi connaître un isolement et bénéficier d’une scolarisation précoce adaptée.
Nous défendons le développement de cet accueil dans l’école publique, avec les moyens nécessaires, comme un levier de mixité sociale et scolaire. Mme Sédès évoque toutefois deux points de vigilance : la baisse démographique et le risque de fragiliser les structures de la petite enfance en élargissant les dispositifs.
Faites-nous remonter vos besoins, les difficultés rencontrées et les réponses apportées : vos témoignages nourrissent nos interventions auprès de l’administration.