Premier degré : une baisse d’emplois importante et une occasion manquée
La préparation de la rentrée 2026 dans le premier degré s’inscrit dans un contexte national marqué par une baisse démographique, mais surtout par des choix politiques qui interrogent fortement.
Une baisse démographique qui aurait pu être une opportunité
Au niveau national, la rentrée 2026 conjugue une diminution des effectifs d’élèves (environ –2 %) avec une suppression massive de 1 891 postes d’enseignants.
Si la baisse du nombre d’élèves est une réalité, elle aurait dû permettre un réinvestissement dans l’École publique. Elle constituait une occasion unique de :
- réduire significativement les effectifs par classe,
- améliorer durablement les conditions d’encadrement,
- renforcer l’accompagnement des élèves.
Au lieu de cela, les choix opérés s’insscrivent dans la continuité des politiques menées ces dernières années, marquées par une limitation des moyens dans l’enseignement public, pendant que ceux du privé continuaient à progresser.
À plus long terme, la tendance est claire : le premier degré devrait perdre près d’un million d’élèves entre 2019 et 2029.
Dans la Loire : une baisse des effectifs, mais des conditions qui se dégradent
Dans le département de la Loire, 1 407 élèves de moins sont attendus à la rentrée 2026, dont 500 élèves en moins en petite section. Cette baisse aura des répercussions sur toute la scolarité de cette génération.
L’enseignement privé est lui aussi concerné par cette baisse (–282 élèves), sans que les données ne montrent de basculement significatif du public vers le privé.
Malgré cela :
- 20 postes d’enseignants sont supprimés dans le département,
- et 78 fermetures de classes sont envisagées pour seulement 22 ouvertures.
Si l’administration met en avant une amélioration du ratio P/E (de 5,88 à 5,96), la réalité sur le terrain est tout autre : de nombreuses écoles connaîtront des effectifs élevés, souvent égaux ou supérieurs à 24 élèves par classe, ce qui dégradera les conditions d’apprentissage.
Certaines écoles cumuleront même des moyennes très élevées, dépassant 25 voire 26 élèves par classe.
Des ouvertures insuffisantes et des situations toujours préoccupantes
Même dans les écoles où aucune fermeture n’est actée, les conditions restent difficiles. Plusieurs établissements présentent déjà des moyennes incompatibles avec un enseignement de qualité.
Quelques ajustements ont été obtenus lors du CSA-SD :
- 2 ouvertures supplémentaires
- 5 fermetures annulées
Mais ces évolutions restent largement insuffisantes au regard des besoins.
Par ailleurs, une quarantaine d’écoles restent en attente d’une révision de leur situation en juin, alors que seulement 4 postes sont encore disponibles.
Les pôles d’appui à la scolarité : une mise en œuvre contestée
La création des pôles d’appui à la scolarité (P.A.S) entraîne la mise en place de 19 postes, financés exclusivement par le premier degré public.
L’Unsa Éducation dénonce :
- une généralisation précipitée, sans bilan des expérimentations en cours,
- un financement déséquilibré, alors même que ces dispositifs bénéficieront aussi au second degré et au privé.
Des ajustements sont annoncés pour 2027, mais aucune garantie concrète n’a été apportée à ce stade.
Éducation prioritaire : des mesures partielles et insuffisantes
Le ministère a identifié certaines écoles en « situation aberrante », caractérisées par un indice de position sociale (IPS) très faible, comparable à celui de l’éducation prioritaire, sans bénéficier du classement REP ou REP+.
Dans la Loire, 9 écoles sont concernées.
Si l’Unsa Éducation salue l’attribution de moyens spécifiques (indemnités, bonifications, vigilance sur les effectifs), ces mesures restent très insuffisantes :
- elles ne remplacent pas une réforme indispensable de la carte de l’éducation prioritaire,
- elles excluent de nombreuses écoles dites « orphelines », pourtant en grande difficulté.
L’Unsa Éducation demande que ces dispositifs soient élargis à toutes les écoles présentant un IPS inférieur à 90.
Une carte scolaire inacceptable
Dans un contexte marqué par un nombre inédit de fermetures de classes dans le département, et malgré quelques ajustements à la marge, les choix opérés ne répondent pas aux besoins des écoles, des personnels et des élèves.
C’est pourquoi l’Unsa Éducation, comme l’ensemble des organisations syndicales, a voté CONTRE cette carte scolaire