Ce CDEN avait pour sujet principal la carte scolaire pour la rentrée prochaine puisque devait y être officialisées les mesures définitives prises par le Dasen 22. Ce fut en quelque sorte un « bouquet final » (1er et 2nd degré) après quelques semaines chargées durant lesquelles le dialogue social fut compliqué avec les organisations syndicales. Ce CDEN de repli, à la suite du boycott de la semaine précédente, a été quelque peu particulier puisque, de façon involontaire, toutes les organisations syndicales sont arrivées à 17h30, or le début de la réunion était à 17h. La réunion avait débuté et le Dasen était en train de finir la présentation des mesures envisagées dans le premier degré. Nous n’avons donc pas pu lire nos déclarations préalables (c’est dommage, nous avions des choses à dire), mais rassurez-vous, nous nous sommes exprimés. Vous pourrez constater qu’une de nos interventions, au nom de l’UNSA Éducation, nous a valu d’être repris par le DASEN auquel nous avons répondu. Il y a désaccord, divergence, mais nous avons maintenu nos propos quant à la préparation de cette carte scolaire, à savoir que toutes les communes ou écoles n’ont pas été informées bien en amont des instances et avant la fin des élections municipales (la plupart l’ont été mais pas toutes). Le vote de ce projet de carte scolaire a été unanime et contre, ce qui n’est pas courant.

Vote contre des représentants du Conseil Départemental et du Conseil Régional, des représentants de parents, des personnels, des DDEN, des associations complémentaires.

Carte scolaire 1er degré rentrée 2026 (suite à la présentation du DASEN)

UNSA : Nous avons tout d’abord indiqué, au nom de l’UNSA Éducation, que notre arrivée à 17h30 au lieu de 17h était totalement involontaire. Nous avons bien entendu la présentation qui a été faite par Monsieur le Directeur académique, nous allons redire dans cette instance ce que nous avons dit mardi dernier, au nom de l’UNSA Éducation, à Madame la rectrice en CSAA. C’est vrai, nous ne nions pas la démographie, mais même s’il faut préparer l’avenir, notre priorité, en ce qui nous concerne, c’est de s’occuper des élèves qui sont là maintenant. Nous avons d’autres focales que celle de la seule démographie, toutes ancrées dans la réalité de nos classes. D’ailleurs, nationalement, l’UNSA Éducation vient de réagir aux propos de notre ministre qui ne parle que de démographie. Actuellement il y a des groupes de travail ministériels sur la qualité de vie au travail, les conditions de travail qui sont en relation directe avec nos écoles et nos établissements. La Fédération UNSA Éducation vient de quitter ces groupes de travail parce qu’en fait il n’y a rien, il ne s’y passe rien et on ne fait que parler. À côté de cela, on ne s’occupe pas de la réalité de nos classes, du quotidien de plus en plus difficile. Et moi, la réalité de nos classes, je l’aborde souvent dans cette instance et dans toutes les autres. La démographie est indéniable mais il y a d’autres problématiques. Dans notre département et dans le monde réel de nos écoles et de nos classes, il y a toujours et encore de plus en plus d’alertes de collègues qui font des fiches SST, qui alertent leur employeur, qui disent il y a toujours de plus en plus d’élèves ingérables et qui sont aussi en souffrance (à l’heure actuelle, elles émanent de 125 écoles différentes). Il y a un manque de places en structures adaptées. Il y a un taux de violence intrafamiliale très fort qui est reconnu et les élèves qui la subissent, ils sont bien dans les classes. Il y a un manque d’AESH, un énorme problème de santé mentale de nos jeunes, que ce soient les élèves ou les adolescents, la dualité tronquée des deux services d’Éducation, sachant qu’il y en a un qui peut refuser des élèves et l’autre qui n’a pas d’autre choix que de les accepter. Et pour finir, des personnels qui vont de plus en plus mal. Alors ça pourrait être une simple extrapolation de l’UNSA Éducation, mais tous ces faits, toutes ces statistiques, le ministère les a. Il n’y a rien d’inventé, tout ceci existe. Et nous allons simplement redire que rien que pour le fait de pouvoir gérer les enfants qui ont des troubles du comportement ou des difficultés graves de comportement dans nos classes, il ne devrait y avoir aucune fermeture. On ne voit pas comment, en fermant des classes, même si nous reconnaissons que la direction académique, et on le sait, fait avec les moyens qu’elle a, on ne voit pas comment on va pouvoir améliorer leur prise en charge avec ces fermetures.
Les élèves qui ont des troubles du comportement, ils sont bien dans nos écoles. Les élèves qui subissent de la violence intrafamiliale, ils sont bien dans nos écoles. Et c’est pour cela que l’on a posé la question à madame la rectrice, on la repose ici. Dans les moyennes, dans les P/E, ils comptent pour combien ces élèves qui ont des troubles du comportement pour un, pour deux, pour trois, dans une classe ? Je peux vous assurer qu’ils comptent pour beaucoup et que nos  collègues veulent juste pouvoir faire classe. Ça peut faire sourire, interroger, mais c’est pourtant on ne peut plus concret !

 

M.Carfantan, vice-président du Conseil Départemental, co-président du CDEN (par ailleurs maire de Matignon) : Ces orientations reposent sur une logique générale qui consiste à faire porter l’ajustement de la dépense publique nationale sur le dos du service public et local. La diminution de la démographie scolaire est une réalité, vous l’avez rappelé, nous en avons parfaitement conscience. Les travaux récents, notamment ceux de l’Institut des Politiques publiques, ouvrent une voie alternative : maintenir des effectifs enseignants, malgré la baisse du nombre d’élèves, permettrait de réduire la taille des classes, bien évidemment, mais avec des bénéfices éducatifs et économiques substantiels à long terme. À l’inverse, ne pas accompagner cette évolution démographique par une stratégie pertinente de répartition des moyens, risque d’accentuer les inégalités territoriales, les inégalités sociales. Il s’agit de penser un système scolaire qui soit tourné vers l’avenir, plutôt que de se limiter à ajuster mécaniquement les moyens à la baisse des effectifs.

Nous ne partageons pas le projet politique porté par le gouvernement. Nous déplorons les effets qu’il peut produire sur nos territoires et sur nos établissements. Pour toutes ces raisons, les conseillères et conseillers départementaux de la majorité d’Union de la gauche voteront contre cette carte scolaire.

M.Robic, Conseiller Régional (par ailleurs maire de Rostrenen): Les difficultés qui ont été abordées sont des difficultés de parentalité, des difficultés psychologiques, de véritables failles aujourd’hui sociétales qui seraient à régler par la communauté adulte dans son ensemble. S’occuper de la jeunesse c’est prendre en compte l’ensemble de leur vie quotidienne qui dépasse effectivement le cadre de l’enseignement, le cadre de l’école. Mais il se trouve qu’aujourd’hui l’école se retrouve réceptacle de l’ensemble des failles potentielles qui entourent aujourd’hui nos jeunes enfants en Bretagne. Je pense que c’est très important que vous ayez aussi la capacité d’entendre que des élus de ce territoire, aujourd’hui, ne partagent pas les grandes directions politiques qui s’appliquent à l’école publique. La situation de l’enseignement de la langue bretonne nous préoccupe tout particulièrement, même en actant des choix qui ont été plutôt protecteurs sur de nombreux sites, de nombreuses écoles. Nous entendons aussi, en tant qu’élus locaux, les très fortes difficultés vécues au quotidien par les professionnels. Effectivement quand les postes manquent et quand les classes ferment, les remplacements deviennent absolument ingérables, et, derrière, les élus locaux retrouvent la gestion de ces cas d’enfants, soit avec la Maison du Département, soit dans les points accueil écoute jeunes, etc. Je pense que l’approche budgétaire pragmatique aujourd’hui ce serait de renforcer les moyens d’école pour que l’ensemble des autres services puissent effectuer leur travail auprès de la jeunesse en difficulté. Malheureusement je crois qu’aujourd’hui ces moyens-là ne sont pas donnés. D’où notre vote contre ces mesures.

Représentante de la FCPE : On voit les efforts qui sont faits avec les élus, avec les parents, peut-être moins du côté des enseignants qu’on sent quand même encore en souffrance.  Il faudrait être à l’écoute des revendications portées par les enseignants, revendications que l’on mesure en tant que parents.  Il y a une baisse de moyens du point de vue des établissements du soin, s’il y a aussi une baisse de moyens dans l’Éducation nationale, effectivement, en tant que citoyen on se demande comment le service public va pouvoir perdurer et rester de qualité. Démographie certes, mais où sont les moyens aujourd’hui liés à la santé mentale des jeunes, liés au harcèlement, à la difficulté sociale de plus en plus forte des familles ? Autre interrogation sur la santé des enseignants, des personnels en fait, et sur l’absence de médecine du travail. C’est quelque chose que je ne comprends pas en tant que parents, depuis le début de mon implication dans l’Éducation nationale. Je reste fondamentalement inquiète sur l’avenir de l’Éducation nationale et sur les moyens qui sont alloués aujourd’hui.

 Représentant des associations complémentaires : Monsieur le Directeur Académique, merci pour les 0,25 octroyés à l’USEP, ça montre l’intérêt que vous portez au sport dans le département. Le sport c’est le troisième volume horaire dans l’enseignement et les collègues ne sont plus formés pour enseigner ou moins formés pour enseigner cette discipline. Et donc les associations comme celles que je représente, l’USEP, viennent en complément pour l’enseignement alors que ça devrait venir en complémentarité du sport. Et nous n’avons pas les moyens à l’USEP, nous avons trois salariés et nous allons devoir nous séparer d’un salarié faute de moyens financiers. Le savoir rouler à vélo, nous le proposons en partenariat avec l’agglomération, le savoir nager nous avons un financement agglo et communes, mais cela dit, sur le terrain, je me rends compte que les collègues sont un petit peu démunis face aux priorités du sport pour la lutte contre la sédentarité, l’obésité. Nous défendons le service public, les administrateurs de la ligue et ceux de l’USEP ne peuvent être que contre cette carte scolaire.

Quelques éléments du 2nd degré (présenté par le Directeur Académique)

Présentation rapide des mesures en ETP et des effectifs attendus à la rentrée 2026, pas de vote.

Public 2025 : 31091 (65,98%)        Public 2026 : 30495 (66%) -596 élèves

Privé 2025 : 16031 (34,02%)         Privé 2026 : 15708 (34%) -323 élèves

Quand on voit la baisse des effectifs, effectivement, il y a aussi une réflexion à avoir sur l’aménagement des collèges, mais aussi des lycées. De mémoire, il y aura 25% d’élèves en moins sur le secteur de Lannion d’ici 2040. C’est dire l’ampleur de la tâche qui est la nôtre pour anticiper en toute responsabilité. Dans l’Académie, il y a une attention particulière sur les ULIS avec une création par département, dans les Côtes d’Armor ce sera sur le collège Le Goffic à Lannion.   Pour les lycées professionnels, des heures sur les questions des parcours renforcés vont être attribuées à tous les lycées professionnels de l’Académie.

UNSA : Nous tenions à rappeler que dans nos collèges et lycées, chiffres la DEPP, on a 4 à 5 élèves de plus de moyenne, par classe, que dans bon nombre de pays européens industrialisés. Donc c’eut été l’occasion de diminuer cette différence importante.

 

M. le Préfet : On peut débattre du nombre d’élèves par classe, moi j’étais enseignant pendant 10 ans et je n’ai pas le souvenir que ça soit nécessairement le seul critère de réussite ou d’échec des élèves, et j’étais dans l’académie de Versailles. 

Une représentante du personnel lui a indiqué que ce n’étaient plus les mêmes élèves et que depuis il y a eu la loi de 2005 et pour favoriser la meilleure inclusion possible c’est mieux de ne pas avoir trop d’élèves.

M.Carfantan, vice-président du Conseil Départemental, co-président du CDEN : Le département réaffirme son soutien via des projets de reconstruction (Saint-Nicolas-du-Pélem, Plouha), une augmentation de la dotation de fonctionnement (de 79€ à 83€ par élève), et un appui aux projets pédagogiques. Il a lancé le dispositif “Rebond” pour maintenir l’attractivité des établissements publics dans les territoires fragilisés.

UNSA : D’habitude, je le fais toujours en préambule dans notre déclaration préalable, mais ne l’ayant pas lue, je vais le faire en conclusion : nous tenions une nouvelle fois à saluer et à remercier les personnels des directions académiques. Ils ne sont absolument pas invisibles mais indispensables et pour eux la tâche n’a pas été aisée dans toutes ces opérations de carte scolaire qui ont été décalées et qui ont fait décaler les opérations du mouvement (1er degré). Une dernière remarque, Monsieur le préfet, les élèves de plus en plus ingérables dans nos écoles, qu’on évoque depuis quelques années dans cette instance, ils grandissent, donc ils arrivent au collège… Et je vais finir par une alerte, que je vous adresse en tant que premier représentant de l’État dans notre département : nous ne pouvons que déplorer et constater qu’il y a de plus en plus de problématiques de parents vindicatifs, d’agressions, heureusement le plus souvent verbales, mais il y en a de plus en plus dans les écoles (et établissements) et on tenait à vous en informer. C’est en train de monter, on ne peut que le regretter.

 

M. le Préfet : J’entends tout à fait cette alerte. Je rappelle que pour les agents du service public, dès qu’une agression verbale, encore plus physique, est relevée, elle doit faire l’objet d’une plainte et j’encourage vraiment à systématiser ça. Il ne vous a pas échappé non plus, notamment sur le secondaire, qu’on a développé un certain nombre de contrôles aux abords. Donc ce sont des choses qui vont fonctionner. Et je suis particulièrement vigilant aux relations nocives qui peuvent être relevées à tel ou tel endroit, avec des exigences ou des attitudes qui ne sont pas tolérables et qui sont systématiquement combattues. En conclusion, je voudrais vraiment saluer le travail qui a été fait par la direction académique. Je pense qu’on a pu mener une information tout au long de l’année sur les réalités démographiques du territoire.


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