Au CDEN, le Dasen a décidé de ne rien modifier dans le projet de mesures…

Le Dasen a annoncé que des mesures « provisoires » pourront être prises… au CSA-D du 28 août et qu’un GT se tiendrait fin août…

Le SE-Unsa a demandé, a minima, fin juin/début juillet, qu’un GT se tienne pour anticiper les mesures à venir…

Compte rendu du CDEN

Après le Groupe de Travail (GT) du 25 mars, le SE-Unsa a, à nouveau, défendu la situation des écoles qui nous ont sollicités, lors du CSA-D du 8 avril.

Après avoir modifié, au CSA-D, une dizaine de mesures pour des écoles que nous avions défendues ; le Dasen a annoncé n’avoir « plus aucune réserve » et il n’a fait aucun changement lors de ce CDEN.

L’Unsa-éducation a encore répété que notre principale difficulté vient d’une sous dotation pour la Haute-Garonne …

– Le Dasen a répété ses priorités pour son « projet de répartition » : Créer plus de remplaçant-es, améliorer l’Ecole Inclusive, améliorer les « territoires prioritaires en éducation » …
La Dsden a rappelé la répartition des TR et les différentes mesures…  
(Le détail est dans le compte rendu du CSA-D).

– Sur la baisse démographique à venir… Le Dasen annonce une réflexion, avec les élus locaux sur l’organisation et le fonctionnement des écoles. Il précise que si le conseil municipal décide bien d’une éventuelle fermeture d’école, le Dasen peut fermer les postes (et mettre l’école « en dormance »).

– La Dsden a compté « 193 fermetures de classes » et « 82 ouvertures de classes ». Une cinquantaine de ces mesures ne sont que des « transferts » dans la même école, ou vers de nouvelles écoles.

Déclaration de l’Unsa-éducation

Mesdames, Messieurs les membres du CDEN,
Monsieur le DASEN,
Monsieur le Préfet,

« Résorber le bagne par l’Ecole », voici les mots utilisés par Victor Hugo, plus connus et popularisés par « Ouvrir une école, c’est fermer une prison. »
Cette pensée sociale et républicaine à l’Unsa-Education, nous la partageons. Parce que nous professionnel-les, nous exerçons notre métier avec ambition dans notre mission fondamentale : l’éducation.
Celle qui forme des citoyennes et citoyens éclairé·es et émancipé·es, capables de faire des choix pour leur insertion tant civique que sociale et professionnelle, quels que soient leur origine, leur parcours ou leur territoire. C’est cela que l’on appelle l’égalité des chances.
A l’Unsa-Education, c’est cette ambition qui chaque jour nous porte pour accompagner nos élèves dans leur réussite et leur intégration pour une société libre et juste.

Cependant, un siècle et demi plus tard, que pouvons nous dire des mots d’Hugo ? Quels choix politiques sont fait pour notre société ?
Et bien… Nous constatons que les classes ferment et que les prisons sont surpeuplées.
Dans votre projet Monsieur le Dasen, nous prenons acte des 193 fermetures de classe, vous n’êtes pas isolés c’est toute la France qui les subit. Parallèlement nous atteignons des records de population carcérale chaque année, avec encore une hausse de 6 % pour cette année 2026.

Peu importe les mots employés, je vous laisse le choisir : « déprise démographique », « la baisse démographique » (au passage 2,5 élèves/écoles en Haute-Garonne)  Cela aurait dû être l’occasion pour : faire mieux pour l’Ecole et notre société.
Notre pays a des classes plus chargées que nos voisins, c’était l’occasion de rattraper ce retard. Nous manquons de professeurs, et aussi d’AESH, de médecins, d’infirmiers, de psychologues…c’était l’occasion pour améliorer le taux d’encadrement.

Et au lieu de faire les choix ambitieux de demain , nos dirigeants et dirigeantes font de la diversion médiatique pour justifier leurs choix politiques qui vont à rebours de tous les besoins de l’Ecole pour rendre invisible ces suppressions de postes.

*

Monsieur le Préfet, Monsieur le Dasen, je vous l’accorde les prisonniers d’aujourd’hui ne sont pas les élèves actuels. Pourtant rappelons-nous qu’il y a une quinzaine d’années, nous subissions un cycle particulièrement difficile pour l’Ecole. Notre P/E n’avait jamais été aussi mauvais, les RASED avaient été décimés et le manque de remplacement et la baisse du recrutement sont apparus dans notre département. Tout cela, causé par un projet politique mené par un président qui fut écolier puis prisonnier.

Monsieur le Dasen, la carte scolaire que vous nous présentez — avec ses 17 suppressions de postes — même réfléchie, même argumentée, même « co-construite » avec vos IENs et les partenaires locaux est insupportable au regard des difficultés que nous affrontons quotidiennement et c’est en ce sens que nous avons voté contre au CSA-d.

Voici quelques éléments qui motivent notre opposition :

– Pourquoi notre P/E reste l’un des plus mauvais de France ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi nos seuils sont maintenus à 28 et  24, alors que les départements voisins ouvrent avec des seuils à 21 ou 22 ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi en Haute-Garonne, a-t-on des écoles de 50 élèves avec DEUX classes ; et dans d’autres départements, vous avez des écoles de 50 élèves avec TROIS classes ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi lorsque les écoles dépassent déjà leur « capacité d’accueil », vous n’ouvrez pas ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi vous n’ouvrez pas dans une dizaine d’écoles qui n’a plus de « place disponible » ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi vous laissez une centaine d’écoles avec peu de places disponibles dès la rentrée, souvent au détriment des écoles primaires ? Vous n’avez pas les moyens.

– Pourquoi les écoles qui appellent à l’aide face à des conditions de travail de plus en plus dégradées, parfois intenables, vous ne pouvez les aider et les accompagner ? Vous n’avez pas les moyens.

Alors pour cette carte scolaire, outre vous demander 450 postes pour atteindre un équilibre académique nous vous réclamons :

  • d’écouter les alertes de nos collègues et d’intégrer de nouveaux indicateurs à vos analyses : le turn-over des enseignant·es, les saisies RSST, ou encore le manque de remplaçant·es très criant dans certaines circonscriptions.
  • De tenir au moins un groupe de travail en juin. En effet, notre département constitué de Toulouse, 3ème ville de France et de sa métropole implique de forts mouvements de population. Ne pas tenir d’instance en juin, c’est la garantie d’une rentrée difficile pour plusieurs écoles, élèves, enseignant·es et parents.
  • D’appliquer la même règle à toutes les écoles dont l’IPS est inférieur à 93.
  • De prendre en compte nos alertes pour les situations les plus sensibles.

Monsieur le Dasen, vous ne parviendrez pas à résorber à vous seul des années de politiques néolibérales menées au détriment du service public.

Monsieur le Préfet, vous qui représentez l’Etat, dites-leur à nos dirigeantes et dirigeants que nous, personnels de l’éducation, constatons chaque jour dans nos classes le délitement social, le mal-être de nos jeunes symptôme d’une société en souffrance et nous ne pouvons plus porter l’institution à bout de bras.

C’est plus qu’un virage à 180 degrés qu’il nous faudra collectivement pour ouvrir des classes et fermer nos prisons et nous en sommes convaincu·es.

Beaucoup moins par cette carte scolaire que nous achèverons aujourd’hui.


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