Lors du CSA Académique le SE-Unsa a interrogé la rectrice sur les PAS.
Rectrice « La mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) s’inscrit dans une volonté affichée de mieux accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers et de soutenir les enseignants. Sur le papier, les objectifs sont clairs : réagir plus vite, mieux coordonner les acteurs et éviter des procédures administratives trop lourdes, notamment le recours systématique à la MDPH.
Le dispositif prévoit ainsi un renforcement de la collaboration avec le secteur médico-social, avec des moyens dédiés : personnels spécialisés, participation de directeurs d’établissements médico-sociaux aux instances de pilotage, et interventions accrues de professionnels de santé. L’ambition est de répondre rapidement à des situations du quotidien (troubles de l’attention, agitation, difficultés scolaires importantes) sans attendre des démarches longues et parfois inadaptées. »
Sur le principe, le SE-UNSA partage cet objectif : les équipes ont besoin de réponses concrètes et rapides face à la diversité des élèves.
Mais derrière cette réforme, plusieurs zones d’ombre demeurent, en particulier concernant les AESH et le devenir des coordonateurs des PIAL. Nous sommes contre cette disparition et préfèrerions un redéploiement de leurs missions sur les PAS!
Des informations remontées du terrain laissent entendre que certaines missions pourraient être confiées à des AESH elles-mêmes. Une hypothèse préoccupante à double titre :
- Sur le plan pratique, les coordonnateurs PIAL rencontraient déjà des difficultés dans cette mission. Confier cette responsabilité à des AESH, sans formation ni temps dédié, serait irréaliste.
- Sur le plan réglementaire, aucune disposition ne prévoit qu’une AESH encadre d’autres AESH. Il s’agit d’une mission relevant clairement de l’encadrement.
La Rectrice indique que la gestion RH restera du ressort des IEN et que les PAS n’ont pas vocation à organiser le “dispatching” des AESH. Pourtant, un écart persiste entre ce discours et certaines informations communiquées localement, ce qui entretient une forte inquiétude.
Pour le SE-UNSA, une chose est claire : les AESH ne doivent en aucun cas devenir des personnels d’encadrement sans statut, sans formation et sans reconnaissance.
Autre enjeu majeur : la volonté de distinguer plus nettement les difficultés scolaires du handicap.
Si l’objectif de simplification est compréhensible, il pose plusieurs questions :
- Qui décide qu’un élève relève ou non de la MDPH ?
- Sur quels critères ?
- Avec quels garde-fous pour éviter les erreurs ?
Le risque existe de voir certaines situations sous-évaluées, notamment pour des élèves présentant des troubles non encore diagnostiqués.
Le SE-UNSA sera particulièrement attentif à ce que la rapidité de réponse ne se fasse pas au détriment de la qualité de l’évaluation.
Le SE-UNSA le réaffirme : le PAS peut être une avancée, à condition qu’il soit correctement mis en œuvre.
Cela suppose :
Pour les AESH :
- aucune mission d’encadrement déguisée (Les AESH ne doivent pas être chargées de la coordination d’autres AESH.)
- une organisation du travail clairement identifiée,
- un accompagnement et des formations adaptés.:
- Un statut clair doit être défini pour les éventuels « AESH référents » (formation, décharge, rémunération).
- Une organisation du travail identifiée :
- Qui gère les emplois du temps ? Qui forme les AESH ? Qui assure la médiation en cas de conflit ?
- Un accompagnement et des formations adaptés :
- Les AESH doivent bénéficier de formations continues (posture professionnelle, outils numériques, gestion des troubles du comportement).
Pour les élèves :
- un repérage fiable des besoins,
- un accès maintenu aux dispositifs MDPH lorsque nécessaire,
- un suivi individualisé, notamment pour les situations complexes.
Pour les enseignants :
- un soutien réel dans la classe,
- et non une couche supplémentaire de complexité
Pour les coordonnateurs PIAL actuels
- Une transition digne : reconnaissance de leur travail (décharge maintenue, valorisation de leur expérience).
- Aucune suppression tant que les PAS ne sont pas opérationnels :
Le SE-UNSA sera pleinement mobilisé sur ce dossier :
- pour suivre le déploiement des PAS sur le terrain,
- pour porter la voix des personnels,
- et pour obtenir les ajustements nécessaires.
Parce que derrière les dispositifs, il y a une réalité simple : des élèves à accompagner, et des personnels à respecter et à soutenir.