La circulaire de rentrée 2026-2027 ne nomme jamais les directeurs et directrices d’école. Quatre ans après la loi du 21 décembre 2021 qui a créé la fonction et lui a conféré un rôle de pilote pédagogique, cette absence dans un texte d’orientation national n’est pas anodine. Chaque priorité ministérielle engage pourtant la direction en première ligne.
Pilotage pédagogique : un rôle réel, un temps insuffisant
Décliner les priorités nationales à l’échelle de l’école, porter collectivement avec l’équipe le travail sur le langage et les mathématiques, objectiver les résultats des évaluations : c’est ce que le décret n° 2023-777 issu de la loi de 2021 attend du directeur ou de la directrice. Ce rôle est légitime. Ce qui ne suit pas, c’est le temps pour l’exercer. La décharge d’enseignement reste insuffisante dans la grande majorité des écoles car conduire effectivement un projet pédagogique ne se fait pas entre deux portes.
La prérentrée : un axe donné, une préparation à assurer seul·e
La circulaire est précise sur un point : les réunions de prérentrée doivent permettre d’identifier, dans chaque école, les leviers contre les inégalités filles/garçons en mathématiques. Avoir une orientation nationale est pratique. Mais animer une pré-rentrée sur ce sujet suppose une préparation, des ressources, une formation en lien avec les données locales. Rien de cela n’est prévu ni accompagné. Le directeur ou la directrice hérite de l’objectif.
Climat scolaire : les personnels de vie scolaire cités, les AED en primaire toujours absents
Pour améliorer le climat scolaire, le ministre cite explicitement « le rôle des personnels de vie scolaire ». Dans le second degré, ces personnels existent. Dans le premier degré, ils sont absents. Le ministre traite implicitement les deux degrés comme un continuum uniforme, là où les directeurs et directrices font face chaque jour à cette absence de filet humain au profit du climat scolaire. Le SE-Unsa revendique des AED dans les écoles primaires. La circulaire ne l’envisage pas.
Le lien avec les familles : un diagnostic juste, une charge sans moyens
Comme le souligne notre article général en lien ci-dessous, le ministre voit juste sur la distanciation progressive avec les familles. C’est la direction d’école qui porte au quotidien cette relation : échanges avec les familles, représentants élus des parents, situations conflictuelles. « Retisser le lien » sans secrétariat pour organiser, sans temps suffisant pour s’y consacrer, sans locaux adaptés à des échanges sereins, c’est une injonction supplémentaire adressée à des collègues déjà en surcharge.
Ce que le SE-Unsa revendique
La circulaire confirme la centralité des missions de direction dans la mise en œuvre des priorités nationales, sans jamais nommer la fonction. Elle ne répond à aucune des urgences : revalorisation, augmentation des décharges, secrétariat administratif pérenne, référentiel métier protecteur, AED en primaire, réouverture d’un agenda social à l’arrêt depuis 2022.
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