La circulaire 2017-050 du 16 mars 2017 (BO n°11) encadre les congés pour événements familiaux dans l’Éducation nationale, mais elle rappelle une réalité cruelle : il s’agit d’une autorisation accordée, pas d’un droit inconditionnel.

Résultat, depuis des années, les collègues qui demandent un congé pour leur mariage se heurtent à une administration qui accorde rarement plus d’une journée, parfois deux, et toujours sous conditions. Une rigueur administrative qui contraste avec les pratiques d’autres secteurs publics où deux à trois jours sont la norme, voire plus pour les mariages à l’étranger ou avec des contraintes logistiques. Pire encore, l’arbitraire des directeurs académiques peut contredire les décisions des IEN, comme en témoigne le cas d’une collègue de l’Académie de Rennes dont l’absence pour son mariage a été refusée la veille du week-end, malgré l’accord préalable de son IEN.

Un manque de respect flagrant qui illustre l’hypocrisie d’un système qui se dit au service de l’humain mais traite les moments importants de la vie comme une variable d’ajustement administratif.

La circulaire 2017-050 est le seul texte officiel encadrant ces congés, mais elle se contente de rappeler que ces absences sont accordées à titre exceptionnel et ne sont pas un droit inconditionnel. Aucun texte ne fixe de durée minimale ou maximale, ce qui ouvre la porte à une inégalité criante entre académies, voire entre établissements d’une même académie. Dans l’Éducation nationale, on observe une négociation permanente, souvent vaine : les demandes sont acceptées, mais à minima, avec une journée pour la plupart des mariages, deux si le mariage a lieu un vendredi ou un lundi. Les refus sont fréquents, surtout pour les mariages en semaine, avec des justifications du type « votre absence perturberait les élèves » ou « nous ne pouvons accorder plus d’une journée ».

Pire, certaines académies sont bien plus restrictives que d’autres : Versailles ou Lyon accordent deux jours sans problème, tandis que Rennes, Lille ou Créteil le sont beaucoup plus. Cette inégalité est d’autant plus insupportable que tous les couples ne sont pas des couples d’enseignants et que les contraintes logistiques varient énormément selon les situations.

Un mariage est un événement unique dans une vie, pas une simple formalité administrative. Contrairement à d’autres congés comme la maladie ou la naissance d’un enfant, c’est un moment exceptionnel qui nécessite une organisation complexe, des trajets parfois longs, une gestion de la famille à distance, et un stress supplémentaire pour les collègues qui doivent s’absenter.

Pourtant, l’Éducation nationale traite ces demandes comme une faveur plutôt que comme un droit fondamental reconnu par le Code du travail (article L3142-1). Refuser ou limiter à une journée, c’est mépriser l’importance de cet événement et ignorer les réalités des personnels, qu’ils travaillent en zone rurale, aient des familles éloignées ou se marient à l’étranger.

Pourquoi accorder cinq jours pour un décès mais seulement un pour un mariage ?  Il est temps d’harmoniser les pratiques et d’accorder au minimum deux jours pour  les mariages en dehors des vacances scolaires, comme c’est déjà le cas dans d’autres administrations publiques.

Face à ces restrictions, que faire si votre demande est refusée ou limitée ?

D’abord, relancez par écrit en insistant sur le droit syndical et en citant la circulaire 2017-050, même si elle est restrictive, ainsi que l’article L3142-1 du Code du travail.

Dans d’autres académies, les collègues obtiennent deux jours sans problème, alors pourquoi pas vous ?

 L’objectif est clair : obtenir un traitement équitable, avec deux jours minimum pour tous les mariages, la fin des refus de dernière minute motivés par l’arbitraire, et une harmonisation des pratiques entre académies. Les congés pour événements familiaux doivent être facilités et harmonisés entre académies, sans discrimination. »

Le syndicat revendique donc :

L’harmonisation des pratiques entre académies

La reconnaissance du mariage comme événement familial majeur au même titre que le décès ou la naissance

L’octroi systématique de deux jours (trois pour les mariages à l’étranger)

La fin des refus de dernière minute non motivés

La formation des IEN et directeurs académiques pour qu’ils comprennent que ces congés sont un droit syndical, pas une faveur

Pour faire bouger les lignes :  Partagez vos expériences (anonymes si nécessaire)  

L’Éducation nationale se targue d’être un service public inclusif et respectueux, mais elle traite les congés pour mariage comme une faveur, pas comme un droit.

Assez de ces restrictions absurdes, assez de ces refus de dernière minute, assez de ces inégalités entre académies. Le mariage n’est pas un privilège, c’est un droit. Exigeons un traitement équitable, exigeons le respect de nos droits syndicaux, célébrons nos mariages dignement.


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