À partir de la rentrée prochaine, les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) vont progressivement se déployer en Vendée, après l’expérimentation d’un PAS sur la circonscription de Fontenay-le-Comte en 2025/2026.  Présentés lors d’un groupe de travail avec la DASEN et l’IEN-ASH le 21 mai 2026, ces nouveaux dispositifs s’inscrivent dans une évolution de la politique inclusive : passer d’une logique de compensation du handicap à une logique d’accessibilité pour tous les élèves. Pour le ministère, l’objectif est clair : apporter des réponses plus rapides aux difficultés rencontrées par les élèves et leurs familles, sans attendre systématiquement une notification de la MDPH.

Un PAS dans chaque circonscription

Chaque circonscription du premier degré sera dotée d’un PAS. Le cœur du dispositif reposera sur un binôme opérationnel composé :

  • d’un coordinateur Éducation nationale ;
  • d’un éducateur spécialisé financé par l’Agence régionale de santé (ARS).

Le coordinateur sera chargé d’analyser les situations, de coordonner les interventions et d’accompagner les équipes éducatives et les familles. Les postes seront pourvus dans un premier temps à titre provisoire avant d’éventuelles affectations pérennes.

Trois PAS seront également créés dans l’enseignement privé sous contrat.

Comment se déroulera l'accompagnement ?

Après une prise de contact, le binôme PAS réalisera une évaluation de la situation avec la famille. Cette analyse pourra déboucher sur un Plan d’Appui à la Scolarisation, comprenant différentes mesures :

  • aménagements pédagogiques ;
  • prêt ou mise à disposition de matériel adapté ;
  • accompagnement éducatif ;
  • mobilisation de ressources médico-sociales ;
  • aide à la constitution d’un dossier MDPH ou d’un GEVASCO si nécessaire.

Le PAS ne remplace pas la MDPH et ne pourra pas attribuer d’AESH. En revanche, il pourra accompagner les familles dans leurs démarches administratives.

Des équipes mobiles pour les situations les plus complexes

Pour deux circonscriptions, une Équipe Mobile d’Appui à la Scolarité (EMA-PAS) pourra être mobilisée. Ces équipes associeront des professionnels éducatifs et médico-sociaux : éducateurs issus des ITEP et des IME, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues ou pédopsychiatres selon les besoins. Leur intervention sera limitée dans le temps, généralement six semaines maximum. Au-delà, d’autres dispositifs spécialisés devront prendre le relais.

Ce que montre déjà l'expérimentation

L’expérimentation conduite à Fontenay-le-Comte apporte des premiers enseignements. Une cinquantaine de situations ont été examinées sur une année. Fait marquant : 87 % des élèves accompagnés ne relevaient finalement pas du champ du handicap. Les demandes concernaient principalement des élèves présentant des difficultés comportementales, relationnelles ou d’adaptation scolaire. Cette réalité confirme que les PAS pourraient permettre d’apporter des réponses plus rapides à des situations qui, jusqu’à présent, restaient parfois sans solution adaptée.

Les PIAL et les enseignants référents maintenus

La DASEN a confirmé que les PIAL seraient maintenus en Vendée. Même si leur appellation devait évoluer à l’avenir, l’organisation actuelle de coordination des AESH serait conservée. Les enseignants référents restent également en fonction. Leur secteur d’intervention sera cependant recentré sur une seule circonscription afin de renforcer leur proximité avec les équipes.

Le SE-Unsa vigilant

Le SE-Unsa accueille favorablement toute mesure permettant de mieux accompagner les élèves et leurs familles. Plusieurs points appellent toutefois à la vigilance.

Quels moyens réellement consacrés à l’école inclusive ?

La création des coordinateurs PAS est financée sur les moyens du premier degré. La DASEN a indiqué que sans ce déploiement, le département aurait perdu davantage de postes. Cette affirmation mérite néanmoins d’être éclaircie…

Ne pas fragiliser les dispositifs existants

Les personnels du RASED, des pôles ressources, les psychologues de l’Éducation nationale ou encore les équipes médico-sociales ont exprimé leurs interrogations. Le PAS ne devra pas devenir un échelon supplémentaire générant de la complexité ou conduisant à un désengagement progressif des dispositifs existants.

Un soutien aux élèves… mais aussi aux enseignants

Les premiers retours de terrain montrent que le dispositif peut apporter des réponses intéressantes pour les élèves et leurs familles. En revanche, plusieurs observateurs soulignent que l’accompagnement du mal-être professionnel des enseignants confrontés à des situations très difficiles reste encore limité. Le SE-Unsa sera particulièrement attentif à cet aspect : accompagner un élève, c’est aussi soutenir les personnels qui l’accueillent au quotidien.

Une charge de travail à surveiller

Les coordinateurs PAS bénéficieront d’une formation spécifique et d’un temps hebdomadaire d’analyse de pratiques. Pour autant, l’organisation annoncée devra être suivie de près afin d’éviter toute dérive en matière de charge de travail ou de temps de présence. Le SE-Unsa portera ce sujet dans les instances de santé, sécurité et conditions de travail.


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