Les fiches de poste des AESH référents dans le cadre des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) viennent d’être publiées en Ille-et-Vilaine (35). Les collègues intéressés doivent se positionner rapidement : la date limite de candidature est fixée au 24 juin 2026.

 Derrière cette publication, c’est une nouvelle évolution du métier d’AESH qui se dessine… et qui soulève de nombreuses questions et alertes, notamment de la part des premières concernées.

Un rôle central dans le fonctionnement des PAS… mais avec des responsabilités mal définies

L’AESH référent fait pleinement partie de l’équipe du PAS aux côtés du coordonnateur et de l’éducateur spécialisé. Son rôle ne se limite plus à l’accompagnement d’élèves : il devient un véritable pivot dans l’organisation de l’accompagnement humain. Il participe à l’analyse des besoins des élèves, organise les accompagnements, propose la répartition des AESH, gère les ajustements liés aux absences ou aux évolutions des notifications MDPH. Il accompagne également ses collègues, notamment les AESH nouvellement recrutés, en apportant conseils, outils et appui professionnel.

Cependant, cette transformation s’accompagne de dérives préoccupantes :

  • Des responsabilités autrefois portées par d’autres professionnels (conseillers pédagogiques, enseignants-directeurs) sont désormais déléguées aux AESH référents, comme l’animation de formations (ex. : Magistère AESH) ou la mise en œuvre des notifications MDPH et l’organisation des recrutements.
  • Aucun prérequis d’ancienneté n’est exigé pour ces postes, alors que les missions demandent une expertise croissante.
  • Des outils techniques (Excel, plateformes comme Magistère) doivent être maîtrisés sans formation préalable, ce qui place les AESH référents en situation d’apprentissage forcé, parfois en direct avec les équipes.

Des missions qui s’empilent, un métier qui se transforme… sans cadre ni reconnaissance

À travers cette fiche de poste, une réalité apparaît nettement : les missions confiées aux AESH évoluent et s’élargissent fortement. Organisation des moyens humains, accompagnement des pairs, participation aux dynamiques institutionnelles, travail en réseau avec de multiples interlocuteurs… L’AESH référent se rapproche de fonctions d’encadrement intermédiaire, sans en avoir ni le statut ni la reconnaissance.

Cette évolution s’accompagne de conditions de travail dégradées :

  • Un calendrier déconnecté des réalités : les missions commençant dès le 26 août, alors que les contrats ne doivent débuter eux que le 1er septembre (PAS)… 
  • Une annualisation du temps de travail (39h10 sur 41 semaines) avec des présences imposées pendant les vacances, des déplacements fréquents  et une charge mentale accrue due à la superposition des responsabilités.
  • Un projet sans budget : par exemple, l’absence de locaux dédiés dans certains PAS, où les AESH référents doivent s’organiser depuis des « guichets » improvisés.

Pour les AESH référents encore en poste en PIAL, les nouvelles missions s’ajoutent aux anciennes, sans allègement de charge. La réforme de la formation des AESH a en effet complexifié leur rôle, sans pour autant clarifier les priorités.

« Des pilotes en responsabilités ? Avec quel temps ? Quel contrôle sur leur implication ? »Question d’une AESH référente sur l’absence de cadrage pour ces nouvelles fonctions.

sans reconnaissance à la hauteur des responsabilités

Malgré ces responsabilités accrues, le cadre reste inchangé : l’AESH référent demeure un agent contractuel. L’indemnité spécifique, fixée à 660 euros brut annuels, apparaît particulièrement dérisoire au regard des missions exercées, de la charge de travail et du niveau d’expertise attendu.

Ce décalage entre missions et reconnaissance se traduit aussi par :

  • Un manque de formation adaptée : comment maîtriser des outils comme Excel ou des plateformes institutionnelles sans accompagnement ?
  • Une précarité assumée : « Des collègues qui n’osent pas se plaindre » par peur de perdre leur poste ou parce qu’ils estiment n’avoir « pas d’autres voies pour évoluer ».
  • Un statut flou : ces postes, bien que stratégiques, ne s’accompagnent d’aucun avancement possible, ni en termes de carrière, ni en termes de rémunération.

Une évolution professionnelle à encadrer… ou à refuser ?

Ces postes peuvent représenter une opportunité pour des AESH expérimentés souhaitant diversifier leurs missions. Mais ils ne peuvent se développer sans garanties claires.

Pour le SE-Unsa, plusieurs exigences doivent être posées d’urgence :

 -Une reconnaissance statutaire des fonctions exercées, avec un accès à un véritable statut de fonctionnaire pour les AESH référents.

– Une revalorisation significative de l’indemnité (660 € brut annuels est une insulte au regard des responsabilités).

– Un cadrage précis des missions et des responsabilités, pour éviter l’empilement anarchique de tâches.

– Des conditions de travail respectueuses : temps de travail réaliste, formation obligatoire, locaux adaptés.

– Une formation initiale et continue pour prendre en main les outils et les enjeux de coordination.

Ne pas créer une fonction au rabais

La réussite de l’école inclusive repose sur des personnels reconnus, formés et accompagnés. La création des AESH référents ne doit pas devenir le symbole d’une transformation du métier par empilement de missions, sans reconnaissance réelle.

« C’est bien le métier d’AESH qui doit être consolidé et valorisé, et non contourné. »

Le SE-Unsa 35 restera vigilant sur la mise en œuvre de ces postes et accompagnera les collègues dans leurs démarches. Les AESH référents ne sont pas des variables d’ajustement : leur travail mérite d’être reconnu, encadré et rémunéré à sa juste valeur.

Pour aller plus loin :

  • Pétition nationale : en cours pour exiger un statut et une revalorisation des AESH référents.

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