Pour le SE-Unsa, la circulaire métier des CPE de 2015 reste adaptée après une décennie de mise en œuvre. En revanche, les missions des CPE doivent cesser d’être élargies sans contrepartie. Oui, les CPE acceptent de prendre leur part dans les questions de harcèlement, de santé mentale ou d’inclusion, mais le SE-Unsa demande une réflexion sur la façon d’exercer le métier, afin de permettre à ces derniers d’exercer l’ensemble de leurs missions dans le respect de la circulaire et dans des conditions de travail soutenables (Les revendications du SE-Unsa pour les CPE et AED).
Une circulaire adaptée mais des missions qui s’accumulent : comment garder le sens ?
La circulaire de mission de 2015 reste un cadre de référence, mais le SE-Unsa déplore l’empilement des nouvelles missions depuis sa publication. Les CPE sont volontaires pour prendre toute leur part dans les sujets liés au harcèlement, à la santé mentale ou à l’inclusion, mais ces nouvelles responsabilités ne se sont accompagnées d’aucun allègement des missions existantes. Par conséquent, les CPE manquent de temps pour tout mener à bien ce qui entraîne une dégradation de leurs conditions de travail.
Pour le SE-Unsa, il est donc urgent de réfléchir sur des indicateurs comme le nombre d’élèves suivis, et si besoin de recruter des CPE, de façon à allier la qualité de vie au travail des CPE et le bien-être des élèves.
Donner des moyens à la hauteur des missions
Pour le SE-Unsa, les 4 heures de travail laissées à l’appréciation des CPE hors présence d’élèves sont difficiles à appliquer face aux besoins permanents des établissements, et trop souvent sources de tensions pour les CPE dans le quotidien des établissements. Le ministre s’est engagé à ce qu’un rappel soit fait au sujet de ces 4 heures qui doivent VRAIMENT être « laissées à l’appréciation ». Les nouvelles missions impliquent davantage de face-à-face pédagogique, de préparation, de concertation et de suivi, le SE-Unsa revendique donc un rééquilibrage de ce temps de travail « à l’appréciation » avec le temps en présence d’élèves.
Par ailleurs, si on veut assurer la présence d’un CPE dans l’établissement du lundi matin (dimanche soir) au vendredi soir (ou samedi midi), tout en respectant l’organisation de son temps de travail prévu dans la circulaire, ce qui est une obligation règlementaire, alorsil faut adapter. Pour rappel, nous revendiquons un CPE pour 400 élèves (et un pour 250 élèves en éducation prioritaire).
Le temps de travail des CPE n’est pas extensible à l’infini, soit il faut admettre qu’un établissement fonctionne sans le CPE à certains moments, ou alors, il faut recruter. Une chose est sûre, l’injonction paradoxale doit cesser : on ne peut pas demander aux CPE de s’investir dans des missions toujours plus nombreuses, qui nécessitent un temps de préparation hors présence des élèves, tout en exigeant leur présence permanente dans l’établissement.
L’avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa revendique le recrutement de CPE afin de leur permettre d’exercer pleinement leurs missions, anciennes comme nouvelles, auprès d’élèves aux besoins de plus en plus diversifiés. Cela permettra par ailleurs d’améliorer les conditions de vie au travail des CPE, dans le respect du cadre général de la vie scolaire qui contribue à placer les adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective, de réussite scolaire et d’épanouissement personnel. Pour le SE-Unsa, donner aux CPE des conditions de travail à la hauteur de leurs missions n’est pas négociable.