Mardi 30 juin, le SE-Unsa 31 a été reçu en audience, à sa demande, à la suite d’un courrier adressé au DASEN (lire notre courrier : Courrier DASEN – SE-Unsa 31 – AESH).

Cette rencontre avait pour objet l’absence de règles claires concernant les redéploiements et les réaffectations des AESH en Haute-Garonne, ainsi que les conséquences particulièrement violentes que cette situation engendre pour les personnels.

Lucile JOJOU, secrétaire AESH pour SE-Unsa 31 était présente pour porter votre voix et faire entendre les réalités du terrain.

Grâce à vos nombreux témoignages et à la confiance que vous nous accordez, nous avons pu mettre en lumière les difficultés concrètes auxquelles les AESH sont confronté-es au quotidien. Ces retours de terrain nous ont permis non seulement de dénoncer les dysfonctionnements actuels, mais aussi de porter des propositions concrètes, directement issues de nos réalités professionnelles, afin d’aboutir rapidement à des solutions justes, claires et applicables.

Cette audience a permis d’obtenir plusieurs engagements de l’administration.
Elle montre une nouvelle fois que le collectif est une véritable force : lorsque nous nous mobilisons, que nous nous appuyons sur les expériences des personnels et que le dialogue est au rendez-vous, nous pouvons faire avancer les droits des AESH.
Continuons donc de nous mobiliser pour améliorer nos conditions de travail !

Qui était présent-es pour représenter notre employeur ?
  • Mme ESKENAZI : Directrice Académique Adjointe des Services de l’Education Nationale (DAASEN)
  • M. TISSINIER : Inspecteur de l’Education Nationale-Adaptation Scolaire et scolarisation des élèves Handicapé-es du Service Départemental de l’Ecole Inclusive (IEN ASH SDEI) 
  • Notre employeur débute la séance en prenant la parole pour s’excuser de la situation et nous indique avoir conscience qu’il y a eu de gros soucis dans tout le « process » de réaffectations des AESH
  • Le manque de temps a été préjudiciable pour toutes et tous et notre employeur souhaite écouter ce que nous avons à dire

En amont, le SE-Unsa 31 a regretté ne pas avoir été écouté depuis plusieurs années que nous dénonçons ce manque de règles et ce manque d’harmonisation des pratiques de gestion. 
Notre présence en Formation Spécialisée (instance où nous étudions les RSST des personnels) avait porté la voix des AESH pour que des « avis » soient posés quant à l’alerte de l’absence de règles qui met à mal les équipes AESH et autres personnels.
Nous avions prévenu…Voici ce que nous avons listé pour cette année (et celles d’avant…) :

 
Désharmonisation de la DPAS :
  • envoi des fiches de vœux aux AESH : malgré l’ordonnance de la cheffe de la DPAS, certains PIAL n’ont pas envoyé les fiches de vœux aux AESH afin de connaitre leur volonté (affectation/augmentation ou diminution de quotité) > iniquité entre PIAL et iniquité de traitement entre AESH
  • Acceptation/refus d’augmentation de quotité : qui décide ? Sur quels critères on choisit plus un-e AESH qu’un-e autre ?
  • Envoi des affectations aux AESH : certaines gestionnaires administratives ont envoyé les affectations il y a 2 semaines, d’autres que la semaine dernière…iniquité entre les PIAL et tension pour les équipes
  • Avertir les écoles/établissements des affectations AESH : certaines gestionnaires envoient aux écoles et établissements du PIAL la liste des AESH présent-es à la rentrée, d’autres non…
  • Relation gestionnaires administratives/AESH référent-es : différences de communication d’informations > certaines gestionnaires mettent en copie les AESH référent-es dès qu’une nouvelle affectation « tombe » alors que d’autre non > problématique car l’accueil de la/du nouvel-le AESH est une des missions des AESH référent-es
Désharmonisation SDEI :
  • Certain-es copilotes demandent l’avis des chef-fes d’établissement pour savoir quel-les AESH doivent rester ou partir, d’autres ne le font pas.
    Quelle est la consigne? C’est quoi la règle? Qu’en est-il des directions d’écoles ? Pourquoi ne pas les solliciter (en gardant en tête que les directions d’école ne sont pas les chef–fes de service des AESH, contrairement aux chef-fes d’établissement des collèges/lycées)
  • Quels sont les critères, les règles, quand il faut réaffecter un-e AESH parce qu’il y a un besoin identifié pour un-e élève dans une autre école/un autre établissement du PIAL ?
    Pourquoi plus un-e AESH qu’un-e autre ?
  • Qu’en est-il des réaffectations liées au fait que l’enfant de l’AESH soit scolarisé-e dans la même école/le même établissement que son parent ?
    Cette règle interroge quand on sait que les enseignant-es bénéficient, elles/eux, de dérogation pour scolariser leurs enfants sur leur lieu d’affectation…il s’agirait là d’une iniquité de traitement entre catégorie socio-professionnelle…
  • RQTH : Comment, sans trahir le secret médical, les copilotes doivent/peuvent prendre en compte les besoins des personnels qui ont une RQTH et comment conjuguer leurs besoins avec les besoins d’accompagnement ?
 
Impacts et mal-être :

A cause du manque de règle, à cause de ce manque d’harmonisation des pratiques entre les différents services, tout le monde se retrouve impacté :

  • les élèves accompagné-es qui tissent un lien de confiance et pour qui, dans certains cas, l’AESH est L’ADULTE de référence + le fait de ne pas pouvoir dire au revoir (= violence pour l’AESH mais aussi pour les élèves)
  • les AESH : qui ont pris leur marque, se sont installé-es dans leurs écoles/établissements, se sentent reconnu-es dans les équipes pédagogiques, ont tissé des liens particuliers avec les élèves qu’elles/ils accompagnent, qui occupent des fois un 2nd emploi sur leur lieu d’affectation, qui ont une organisation de vie personnelle autour de leur lieu d’affectation (les AESH sont très majoritairement des femmes et, pour beaucoup, des mères isolées ou endossant  une vie familiale qu’elles assument souvent en grande partie)
  • l’équipe enseignante : qui se mobilise pour « garder » les AESH qui travaillent avec elle et qui ne comprend pas les « logiques » des décisions de PIAL quand elle voit les besoins identifiés sur leur école/établissement. S’ajoute : LSU + canicule + bug des sites internes + fêtes de fin d’année (se fera ? ne se fera pas ?) + les divers examens (DNB, CFG, BAC…) + les élèves en fin d’année !
  • les AESH référent-es : 1èr-es de cordée qui se retrouvent en porte-à-faux avec leurs collègues AESH qui méconnaissent souvent leurs missions et pensent que les référent-es sont décisionnaires (seul-es les copilotes de PIAL peuvent décider)
  • les coordos PIAL : qui sont simplement des directeurs et directrices d’école déchargé-es qui bénéficie que d’1/4 de décharge pour gérer tout le PIAL…ils/elles se retrouvent confronté-es à leurs tableaux de besoins (avec des élèves notifié-es derrière les chiffres) et aux AESH qui ne comprennent pas pourquoi elles/eux plus qu’un-e autre
  • les copilotes : qui sont, par ailleurs, IEN et chef-fe d’établissement et qui doivent répondre aux interrogations légitimes des AESH qui demandent pourquoi on les déplace elles/eux plutôt qu’un-e autre, faisant valoir, à juste titre, leur expérience, leur 2nd emploi, leur ancienneté sur leur lieux d’affectation, des droits RQTH… 
  • les parents d’élèves qui sont inquiets de voir partir la personne de confiance qui accompagnait leur enfant sans savoir pourquoi, sans savoir si leur enfant pourra être accompagné-e ou non et qui se mobilisent en cette fin d’année par divers biais (demande de rdv, courriers, etc.)

Avoir des règles transparentes et harmonisées, les divulguer et les rendre accessibles pour tous/toutes les AESH de Haute-Garonne

Harmonisation des pratiques entre les gestionnaires administratives de la DPAS :
  • Envoi des documents (fiches de vœux/affectation + copie aux écoles et établissements) : le même jour, sur toute la Haute-Garonne
  • Infos utiles liées aux missions des AESH référent-es : doivent être diffusées de la même manière et à tous/toutes les référent-es
  • critères permettant d’acter une augmentation de quotité lorsque l’enveloppe ne peut pas satisfaire toutes les demandes :
    >prendre en compte le besoin sur la pause méridienne ?
    >répétition de la demande (si cela fait 2 ans..3 ans que l’AESH demande, par exemple) ?
Harmonisation des pratiques entre les copilotes de PIAL
  • PROPOSER au lieu d’IMPOSER : informer les AESH du PIAL qu’il y a un besoin et leur demander si l’un-e d’entre elles/eux pourrait palier ce besoin
  • Solliciter l’avis des chef-fes d’établissement et des directions d’école concernant les AESH qui pourraient rester ou partir. Il s’agit là d’un avis consultatif et non définitif. Ce sont bien les copilotes qui sont seul-es décisionnaires sur les PIAL.
    Demande explicite d’avoir des écrits dénonçant la mauvaise posture d’un-e AESH. Cela permet déjà de proposer de l’aide à la collègue AESH (AESH référent-e, formation, médiation…) et surtout qu’elle/il ne soit pas surpris-e d’être affecté-e ailleurs si le problème persiste (ce qui rend la réaffectation encore plus violente et surtout basée sur de l’arbitraire…)
  • Critères de redéploiement : pourquoi chercher loin quand nos collègues enseignant-es ont des règles de mouvement ? Calquons-nous sur elles/eux même si nous ne sommes toujours pas fonctionnaires : 
    >ancienneté dans le métier (se mesure grâce aux échelons, qui serviraient enfin à quelque chose, outre le fait de gagner 10€ de + tous les 3 ans…) ?
    >ancienneté sur l’école ou l’établissement ?
    >RQTH (avec prescription médicale sollicitant une adaptation de poste) ?
    >double emploi sur l’école/l’établissement ?
  • Le nouveau « process » pourrait être : 
    1) demander l’avis des AESH
    2) Enoncer les règles établies en amont, avec concertation des AESH (1ères concerné-es) et des organisations syndicales, au cas où il n’y ait aucune solution proposée en interne
    3) Convoquer physiquement l’AESH concerné-e par le redéploiement pour échanger avec elle/lui 
    4) Envoyer la nouvelle affectation sur la boite mail professionnelle
  • Accord de l’IEN ASH SDEI pour que le SE-Unsa 31 envoie toutes ces propositions à l’écrit car ces dernières sont pertinentes et l’employeur a besoin de l’aide des organisations syndicales pour partir des difficultés rencontrées dans « la vraie vie »
  • Mise en place d’un Groupe de Travail lors de la 1ère période de l’année scolaire 2026/2027 (septembre/octobre 2026) : réunir tous les acteurs, toutes les actrices des PIAL pour lecture et amendement d’une « charte éthique : affectation/réaffectation des AESH »
  • La DPAS va renvoyer des fiches de vœux aux AESH des PIAL qui n’ont pu bénéficier de cette sollicitation au moment des « vœux ». Les AESH pourront donc formuler leur désir d’augmenter (ou diminuer) leur quotité, comme leurs collègues l’ont fait en avril
  • + de transparence : volonté de créer un espace virtuel sur m@gister pour que les AESH aient accès au calendrier de gestion (calendrier qui annonce toutes les dates « échéances » de l’année : demande des vœux, tableaux des besoins, réception des affectations, etc.)
  • Concernant les enfants des AESH : aucune règle n’existe en ce sens. Ce n’est absolument pas une consigne et c’est effectivement discriminatoire pour les AESH. 
    Les AESH doivent décider elles/eux-mêmes si elles/ils se sentent capables de garder une posture professionnelle ou non. Si jamais cette « double casquette » pose problème, là, les copilotes peuvent évidemment intervenir (avec écrits à l’appui, évidemment)

L'avis du SE-Unsa 31

Nous ressortons satisfait-es de cette audience, car nous avons obtenu l’essentiel de notre revendication : l’engagement de notre employeur à élaborer des règles claires pour encadrer les redéploiements et les réaffectations des AESH en Haute-Garonne.

Autre avancée importante : tous les acteurs et toutes les actrices concerné-es seront associé-es à l’élaboration de cette « charte ».
Les AESH référent-es participeront aux groupes de travail (GT) pour apporter leur expertise du terrain, les organisations syndicales y seront également présentes pour porter la voix des personnels et veiller à ce que les règles construites répondent réellement aux besoins des AESH.
C’est en tout cas le rôle que le SE-Unsa 31 continuera d’assumer pleinement.

Nous resterons toutefois particulièrement vigilant-es à la mise en œuvre des engagements pris. Si la tenue des groupes de travail est désormais actée, il faudra s’assurer que les autres annonces se traduisent bien en actes.

Soyons lucides : l’existence de règles ne supprimera pas toutes les difficultés ni toutes les dérives. En revanche, elle donnera enfin un cadre commun sur lequel les AESH et les organisations syndicales  pourront s’appuyer pour faire respecter leurs droits.

Si vous rencontrez des difficultés ou que vous désirez plus d’informations au sujet des AESH, contactez Lucile JOJOU, secrétaire AESH pour le SE-Unsa 31, à l’adresse suivante :
aesh.31@se-unsa.org

Si vous souhaitez comprendre comment se passent les décisions de réaffectations pour les AESH de Haute-Garonne actuellement, consultez notre article en cliquant >ICI<


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