Synthèse de la réunion RASED – DSDEN du 29 septembre 2026
Présents : M. Marti, IENA ; Mme Jimenez, IEN EI ; M. Daudin et Mme Auclair, représentants SE-UNSA.
À la suite de remontées de collègues RASED faisant état de conditions de travail très dégradées en ce début d’année scolaire, nous avons adressé un sondage afin d’objectiver les difficultés rencontrées sur le terrain. Cette synthèse vise à faire remonter ces éléments et à contribuer à l’amélioration du fonctionnement des RASED, partenaires indispensables de la prise en charge des EBEP et de l’inclusion.
1. Conséquences du redécoupage des circonscriptions
50 % des répondants signalent une suppression ou un non-pourvoi de postes RASED, un déséquilibre ou un éclatement des antennes, ainsi que des difficultés liées aux nouvelles circonscriptions.
La principale difficulté concerne les psychologues, amenés à intervenir sur plusieurs circonscriptions entraînant une multiplication des déplacements, des réunions, une augmentation du nombre d’élèves. Le temps consacré aux élèves et familles étant de ce fait diminué.
L’administration indique que le redécoupage des circonscriptions n’est pas encore finalisé et qu’il n’y aurait pas eu de mesure de carte scolaire ou de redéploiement. Nous avons toutefois rappelé que des collègues ont été contraints de participer au mouvement, notamment à Ancenis, avec des conséquences importantes en termes de mal-être et d’incompréhension.
L’IENA rappelle que les IEN doivent donner un cadre de fonctionnement dans chaque circonscription et que les psychologues ne pourront pas répondre à toutes les sollicitations. Il renvoie également au rôle des PAS comme personnes ressources.
2. Postes vacants et manque de personnels
Les absences d’enseignants à dominante relationnelle et pédagogiques et de psychologues font craindre :
• une perte de données et d’éléments d’analyse lors des synthèses ;
• une surcharge de travail importante ;
• un risque de burn-out, clairement exprimé dans les réponses au sondage.
La situation des psychologues EDA constitue un point particulièrement préoccupant. Les chiffres communiqués varient entre 9, 11 et 12 postes manquants, alors même que les secteurs sont agrandis par le redécoupage.
Des psychologues contractuel·les qui ont sollicité la DIPE n’ont parfois reçu aucune réponse. L’administration indique qu’une dizaine de postes seraient actuellement vacants et qu’il y aurait 3 ou 4 contractuel·les en attente.
L’IENA affirme que le DASEN sollicite régulièrement le rectorat et que les difficultés numériques compliquent les recrutements. Les priorités seront notamment données à la MDPH et à l’orientation.
Nous avons également demandé que l’AFPEN puisse bénéficier d’un temps institutionnel permettant de réunir les psychologues. L’IENA indique avoir sollicité l’association et annonce également des formations pour l’ensemble des psychologues.
Concernant les postes à dominante relationnelle, l’administration explique que certains postes ne trouvent pas de candidats. Nous avons interrogé l’administration sur les candidatures au CAPPEI, notamment au regard de collègues ayant essuyé un refus de formation. L’IEN EI indique que certains candidats au CAPPEI à dominante relationnelle ont échoué et que certains enseignants exerçant en aide relationnelle se tournent désormais vers l’aide pédagogique. 24 collègues ont passé le CAPPEI l’an dernier.
3. Les PAS
Nous avons rappelé que 3 PAS ont été mis en place l’an dernier et que nous demandons depuis plusieurs instances un bilan qui ne nous a toujours pas été transmis.
Certaines équipes RASED indiquent par ailleurs ne toujours pas avoir rencontré les collègues des PAS.
L’IENA et l’IEN EI se sont engagés à nous transmettre un bilan. Ils indiquent que les 19 nouveaux PAS prennent progressivement leurs marques et construisent leur environnement et leurs partenariats. Les IEN et IEN EI doivent accompagner, définir le cadre et rencontrer les personnels des PAS, qui ont été formés en début d’année.
4. Conséquences du nouveau fonctionnement sur la prise en charge des élèves et des familles
Les remontées font apparaître plusieurs difficultés comme énoncé plus haut : des secteurs d’intervention plus grands, nécessitant davantage de concertations ; des distances plus importantes, particulièrement en milieu rural ; de ce fait, une diminution du temps consacré aux prises en charge, aux rendez-vous avec les familles et aux échanges avec les équipes ; le risque de devoir abandonner certaines interventions préventives en maternelle, faute de temps.
Le manque de lisibilité du nouveau découpage pose également problème pour les orientations : certaines situations SEGPA ou ULIS sont en suspens car les psychologues ne connaissent pas encore clairement leurs secteurs d’intervention.
5. Prise en compte des besoins dans le redécoupage
Nous avons interrogé l’administration sur un redécoupage qui semble principalement fondé sur le nombre d’élèves et de classes, et demandé leurs critères.
Une école supplémentaire ne représente pas nécessairement une charge équivalente : « +1 école » ne signifie pas « +1 unité de charge ». Certains collègues passent ainsi d’une école avec peu de demandes RASED à une école avec des besoins beaucoup plus importants.
Nous avons également souligné l’absence de prise en compte suffisante des déserts médicaux et paramédicaux, notamment dans les secteurs d’Ancenis, Châteaubriant et Pontchâteau. À Ancenis, par exemple, il n’y a ni médecin scolaire ni médecin de PMI, les délais d’attente en CMP peuvent atteindre deux ans et de nombreuses familles n’ont pas de médecin traitant.
L’IENA affirme que les élèves relevant de la MDPH ainsi que les temps et distances de déplacement ont été pris en compte dans le redécoupage. Il reconnaît que la prise en compte des demandes RASED est plus complexe, certaines écoles sollicitant peu le RASED malgré des besoins existants. Il prend note de la problématique des déserts médicaux.
6. Relations avec les IEN
Dans la grande majorité des circonscriptions, les collègues RASED soulignent la compréhension et la bienveillance de leur IEN.
Deux circonscriptions font toutefois état d’injonctions concernant la co-intervention. Nous avons rappelé que les IEN doivent faire confiance aux compétences et au professionnalisme des personnels RASED et que la co-intervention ne peut pas être décrétée.
L’IEN EI a pris note de cette remontée.
7. Frais de déplacement et de matériel
Plusieurs difficultés importantes ont été signalées :
• incompréhension concernant la fin du remboursement des tickets de bus ;
• enveloppes de frais de déplacement épuisées dès février-mars, obligeant certains collègues à avancer les frais sur leur budget personnel ;
• une situation signalée de près de 2 000 € dus à une psychologue depuis 2021 ;
• avec le redécoupage, des difficultés concernant les moyens matériels auparavant attribués par les communes, conduisant parfois à des achats sur fonds personnels.
Concernant les transports, l’IENA indique que le remboursement des tickets relève désormais d’une circulaire nationale et que la prise en charge de 75 % de l’abonnement domicile-travail s’y substitue. Nous avons rappelé que cet abonnement ne doit pas couvrir les déplacements professionnels liés aux missions : les collègues peuvent donc être amenés à financer eux-mêmes 25 % de leurs déplacements professionnels.
Concernant les enveloppes, l’administration indique vouloir procéder à des réajustements entre circonscriptions, sans disposer encore de toutes les réponses techniques.
Pour le matériel, l’IENA reconnaît que les conséquences du redécoupage sur les dotations relevant des communes n’ont pas été anticipées. Les communes, elles aussi en attente de clarification, travaillent à une convention avec l’administration.
Nos demandes
• le recrutement de psychologues contractuel·les et la CDIsation des collègues ayant trois ans d’ancienneté ; un courrier sera adressé au Recteur en ce sens ;
• une prise en compte, dans le redécoupage, des déserts médicaux et paramédicaux et une information claire sur les secteurs d’intervention ;
• que les personnels RASED n’aient plus à financer sur leurs fonds personnels leurs déplacements professionnels et leur matériel ;
• que les compétences et l’expertise des personnels RASED soient respectées dans les modalités d’intervention, notamment concernant la co-intervention.
Pour conclure
Les réponses apportées par l’administration sont restées partiellement floues, même si de nombreux points soulevés ont été pris en compte.
La question essentielle reste désormais celle des moyens humains et matériels réellement alloués pour cette année scolaire.
Enfin, le collectif RASED est réactivé sur le département.