En l’espace d’un mois, le ministère a réuni à deux reprises le comité de suivi de la voie professionnelle : le 8 janvier, en présence du ministre, pour en expliquer l’objectif et le 26 janvier pour présenter des rapports sur le parcours Y de l’année dernière et écouter les propositions des organisations syndicales dont celles du SE-Unsa.
Le ministère affirme son attachement à la voie professionnelle
En propos introductif du premier comité, le ministre a insisté à maintes reprises sur son attachement à la voie pro et sa volonté de la faire avancer. Le président de ce comité de suivi, ancien recteur de l’académie de Créteil, a quant à lui salué les PLP et les efforts qu’ils ont dû effectuer depuis 2017 mais également les personnels de direction qui ont dû réorganiser, repenser et reconstruire l’organisation de la scolarité.
Le ministère reconnaît aussi le fiasco du Y et la nécessité de revoir ce parcours
Le SE-Unsa s’est associé à l’intersyndicale pour faire une déclaration liminaire afin de rappeler la demande explicite des enseignants d’abroger le parcours Y.
Il semblerait que, comme les organisations syndicales enseignantes et la grande majorité de nos collègues PLP, Édouard Geffray pense que ce parcours différencié est le sujet le plus préoccupant sur lequel il faut rapidement travailler. S’il reconnaît l’échec dans la façon dont il a été conjugué l’année dernière, le ministre pense que l’idée d’un parcours individualisé apporte un « petit quelque chose en plus » selon qu’on se projette pour une insertion pro ou une poursuite d’études, « d’autant que les résultats des jeunes sortant de bac pro en BTS ne sont pas bons. »
2e réunion du comité de suivi : le bilan chiffré du Y de mai/juin 2025
Cette 2e réunion a été l’occasion pour l’administration de porter à notre connaissance le rapport de la mission de l’inspection générale sur le parcours Y. Si les chiffres se veulent rassurants pour les examens – les taux de réussite étant restés stables, dans la continuité des années précédentes, et l’assiduité aux épreuves n’ayant pas connu de décrochage massif – le constat d’un absentéisme catastrophique ainsi que d’un décrochage progressif des élèves inscrits dans le parcours poursuite d’études au fur et à mesure des 6 semaines a bien été fait.
Si de belles réussites ont quand même été constatées dans certains établissements, qui ont mis en place une pédagogie de projet, l’échec avéré du parcours Y contraint le comité à envisager son abandon pour la rentrée prochaine.
Thématiques retenues pour les prochains groupes de travail
Le président du comité a récapitulé les points de convergences entre les organisations syndicales présentes dont le SE-Unsa : notre souhait de voir disparaitre le Y, la volonté de voir les examens repoussés à la mi-juin afin de redonner du temps aux enseignants et aux élèves.
Le SE-Unsa a rappelé l’importance de ne pas perdre de vue le constat initial à savoir les difficultés de nos élèves à réussir soit leur insertion professionnelle, soit leur poursuite d’études. Dans ce but, nous avons donc répété à l’administration notre proposition d’une année Y post bac pour accompagner au mieux les élèves de bac pro, mais aussi notre attachement aux PFMP afin que celles et ceux qui souhaitent s’insérer après le bac pro puissent garder cette possibilité en ayant également été formé·es en entreprise.
Le SE-Unsa a également profité de ce comité pour rappeler la perte de sens du métier pour les PLP, qui n’ont cessé de subir les innombrables réformes, ainsi que leur indéniable souffrance liée à la fois aux tâches supplémentaires qu’on ne cesse de leur imposer et qui s’ajoutent à celles qu’ils avaient déjà, mais également à la difficulté d’accompagner les élèves à besoins particuliers, de plus en plus nombreux dans les classes, sans formation adaptée.
C’est pourquoi, le président du comité a annoncé la volonté de mener au cours de cette année un groupe de travail sur l’inclusion de Ébep en LP et un autre sur les PFMP.
L'avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa se réjouit que le ministère ait enfin mis en place ce comité de suivi qu’il appelait de ses vœux depuis la première réforme de l’ère Macron dite TVP.
Cependant, nous ne sommes pas dupes : étant donné l’état du budget, les solutions retenues risquent d’être à moyens constants. Il faudra donc que nous restions vigilants pour qu’elles ne soient pas l’occasion de faire encore des économies…