Jeudi 8 janvier, le SE-Unsa a participé à la réunion de mise en place du comité de suivi de la voie professionnelle à laquelle le ministre a tenu à participer pour montrer qu’il tient à cette filière.
Il a reconnu la nécessité de ce comité et a reconnu être d’accord sur le besoin de bilan structuré des deux dernières réformes afin de faire « un état des lieux quantitatif et qualificatif sur la voie pro ».
Le ministère affirme son attachement à la voie professionnelle
En propos introductifs, le ministre a insisté à maintes reprises sur son attachement à la voie pro et sa volonté de la faire avancer. Le président de ce comité de suivi, ancien recteur de l’académie de Créteil, a quant à lui salué les PLP et les efforts qu’ils ont dû effectuer depuis 2017 mais également les personnels de direction qui ont dû réorganiser, repenser et reconstruire l’organisation de la scolarité.
Le ministère reconnaît aussi le fiasco du Y et la nécessité de revoir ce parcours
Le SE-Unsa s’est associé à l’intersyndicale pour faire une déclaration liminaire afin de rappeler la demande explicite des enseignants d’abroger le parcours Y.
Il semblerait que, comme les organisations syndicales enseignantes et la grande majorité de nos collègues PLP, Édouard Geffray pense que ce parcours différencié est le sujet le plus préoccupant sur lequel il faut rapidement travailler. S’il reconnaît l’échec dans la façon dont il a été conjugué l’année dernière, le ministre pense que l’idée d’un parcours individualisé apporte un « petit quelque chose en plus » selon qu’on se projette pour une insertion pro ou une poursuite d’étude, « d’autant que les résultats des jeunes sortant de bac pro en BTS ne sont pas bons. »
Le SE-Unsa avec sa fédération l’Unsa Éducation sera reçu cette semaine pour faire des propositions à ce sujet.
D’autres chantiers sont possibles
Une fois le travail sur le Y achevé mi-février 2026, d’autres sujets de chantier sont dans les tuyaux :
- C’est le cas de la carte de formation sur laquelle le SE-Unsa sera vigilant notamment pour insister à ce que les fermetures de formation par voie scolaire ne se fassent pas pour permettre des ouvertures de formations en apprentissage.
- La place des PFMP semble vouloir être également abordée puisqu’il semblerait que certaines organisations syndicales souhaiteraient leur disparition pour une formation professionnelle uniquement en établissement, ce à quoi le SE-Unsa s’opposera. En effet, il serait bon de cadrer encore davantage les consignes de sécurité pour protéger nos élèves des accidents du travail ou des violences et harcèlements sexuels et sexistes au travail, cependant nous pensons que pour vraiment connaître et apprendre un métier, il est aussi important, en plus de la théorie et de la pratique professionnelle en établissement scolaire, de faire des périodes de formation en milieu professionnel.
- La place du CAP doit être également traitée mais aussi, comme si l’un n’allait pas sans l’autre, la problématique de l’inclusion importante des EBEP en lycée pro doit être repensée. En effet, une grande majorité des élèves en situation de handicap sont envoyés dans des formations de CAP alors même qu’on sait que l’insertion professionnelle ne sera pas toujours possible pour eux. Le travail d’orientation post-troisième doit être réinterrogé également.
L'avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa se réjouit que le ministère ait enfin mis en place ce comité de suivi qu’il appelait de ses vœux depuis la première réforme de l’ère Macron dite TVP.
Cependant, nous ne sommes pas dupes : étant donné l’état du budget, les solutions retenues risquent d’être à moyens constants et il faudra être vigilant·e afin qu’elles ne soient pas l’occasion de faire encore des économies…
Nous sommes de toute façon déterminé·es à continuer à porter nos revendications dont une des plus urgentes est l’abrogation du Y en fin de terminale, pour, dans l’idéal selon nous, le remplacer par une année post-terminale bac pro en Y (en lycée professionnel et encadrée par des PLP) qui permettrait aux élèves les plus en difficulté ou qui nécessitent plus de temps de réussir leur poursuite d’étude ou leur insertion professionnelle d’avoir une année supplémentaire pour y parvenir.