Les groupes de besoins en français et en mathématiques ne seront plus obligatoires à la rentrée prochaine. Le Conseil supérieur de l’éducation vient en effet de donner son avis sur le décret mettant fin à cette obligation issue du Choc des savoirs. Si le SE-Unsa se félicite que les groupes au collège deviennent facultatifs, il ne peut se satisfaire de leur maintien dans le Code de l’éducation, dans un texte qui remet en cause l’autonomie des établissements et la capacité des enseignants à proposer les meilleures solutions pédagogiques à leurs élèves.

Groupes au collège : une réforme très contestée dès son annonce

Il y a deux ans, l’annonce par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation, des groupes de niveau (devenus, par la suite, des groupes de besoins) sur tout l’horaire de français et de mathématiques, en 6e et en 5e, avait beaucoup fait réagir la communauté éducative.

Le SE-Unsa s’était très tôt opposé à cette organisation des enseignements favorisant le tri social des élèves, à l’encontre des valeurs que nous portons pour l’École, mais aussi des études scientifiques qui pointaient une mesure vouée à l’échec par son déni de la mixité scolaire et sociale.

L’abandon progressif des groupes au collège

La valse des ministres de l’Éducation et sa forte impopularité auront finalement eu raison du Choc des savoirs, dont les groupes, sa mesure emblématique, constituait le dernier bastion. Après avoir renoncé, à la rentrée dernière, à étendre cette mesure aux 4e et 3e, le ministère acte l’échec d’un dispositif dont les établissements avaient fait ce qu’ils en voulaient – pour certains pas grand-chose, faute de conviction et de moyens.

Aussi, après en avoir informé les organisations syndicales en décembre dernier, la direction générale de l’enseignement scolaire, lors du dernier Conseil supérieur de l’éducation, a mis au vote un projet de décret rendant les groupes facultatifs.

Un décret qui acte la fin de l’obligation

La fin du caractère obligatoire des groupes de besoins au collège constitue une bonne nouvelle a priori, altérée toutefois par la détermination du ministère à inscrire dans la durée un dispositif auquel il est le seul à croire. Le projet de décret prévoit donc de modifier le Code de l’éducation et l’arrêté du 19 mai 2015, qui organise les enseignements au collège, en exigeant désormais des établissements qu’ils mettent en œuvre un accompagnement pédagogique renforcé pour les enseignements de français et de mathématiques, adapté aux besoins des élèves. Cette seule phrase est rassurante car elle laisse aux établissements la liberté de proposer et de mettre en place tout dispositif qui permettra la progression des élèves dans ces deux disciplines.

Un cadrage ministériel qui contraint fortement les choix pédagogiques

Toutefois, le ministère, qui tient à sa réforme, propose, comme seul et unique exemple d’accompagnement pédagogique, des groupes constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs, pour tout ou partie de l’horaire.

C’est là que le bât blesse : en citant comme exemple ce seul dispositif, le ministère oriente le choix des établissements, mais aussi l’utilisation de la marge d’autonomie des collèges, déjà bien rongée par l’absence de moyens. De plus, la possibilité de mise en œuvre des groupes sur tout l’horaire de français ou de mathématiques ouvre la porte aux classes de niveau, dérive idéologique qu’il faut absolument éviter.

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, ce texte n’enterre pas définitivement le Choc des savoirs et les groupes au collège, en permettant aux établissements, voire en les incitant subtilement, à les mettre en œuvre sur la totalité des heures de 6e et de 5e dévolues au français et aux mathématiques, en y consacrant leur marge d’autonomie.

Le SE-Unsa ne peut se satisfaire de cette attaque en règle de l’autonomie des établissements, qui prend la forme d’une manipulation de leur marge et d’une injonction déguisée en fin d’obligation. C’est la raison pour laquelle le SE-Unsa a voté contre ce texte et demandé, avec sa fédération l’Unsa Éducation, que les groupes ne puissent pas être mis en place sur la totalité de l’horaire et que soit augmentée la marge d’autonomie des collèges, afin de leur donner les moyens de mettre en œuvre les accompagnements pédagogiques de leur choix.


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