Madame l’inspectrice d’académie,
Madame la secrétaire générale,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité social d’administration,
Avant d’aborder l’ordre du jour de ce CSA SD, l’UNSA Education souhaite exprimer sa profonde émotion et sa solidarité à la suite du drame survenu mardi dans le Var, où une enseignante a été poignardée par un élève dans sa classe. La répétition de ces violences depuis plusieurs années rappelle avec force que l’Ecole n’est pas épargnée par les tensions de la société. Ces faits ne doivent ni être banalisés ni instrumentalisés. Ils imposent, au contraire, une réponse ambitieuse, humaine et durable. Les personnels doivent être soutenus, accompagnés et protégés, avec des moyens permettant de construire un climat scolaire apaisé et attentif à la santé mentale des élèves comme des agents.
Avec -11.5 postes de professeurs des écoles pour la rentrée 2026 et 28 suppressions de postes dans le second degré, la Dordogne subit une baisse drastique des moyens, alors même que la démographie aurait pu permettre d’engager une baisse des effectifs par classe et d’améliorer l’encadrement. Moins les moyens sont au rendez-vous, plus notre institution souffre d’un manque de vision. Si le ministre dit vouloir tout le contraire, à ce stade, force est de constater qu’on en est loin !
Pourtant, depuis des années, nous dénonçons au SE-Unsa une politique budgétaire sans visibilité parce que sans projet avoué et sans considération pour la réalité. Changer de pilote tous les 4 matins n’aide pas, certes, mais cela ne doit pas faire oublier que, depuis 2017, nous subissons la même politique éducative dégradante.
Résultat : préparer une rentrée scolaire revient encore et toujours à compter les élèves pour savoir combien il faut de profs…Piloter par le E/D ou le P/E n’est pas la bonne logique comptable, cela ne reflète pas la réalité et sert surtout à masquer l’absence de projet et de vision sur le long terme. Manquerait-il quelques éléments au mode de calcul des besoins pour y associer les moyens suffisants et adaptés ? Assurément et c’est fort dommageable!
La dernière édition du baromètre de l’UNSA Éducation a mis en exergue un épuisement des personnels. Car c’est bien l’ensemble des personnels de l’éducation nationale qui est aujourd’hui touché. Tous les métiers voient leurs conditions de travail se dégrader progressivement. La multiplication des missions, les injonctions contradictoires, la réduction des marges de manœuvre et le manque de reconnaissance finissent par peser lourdement sur les collectifs de travail.
Ajoutons à cela l’instabilité politique du pays et ses conséquences qui va rendre particulièrement complexe la tâche des agents des services académiques pour ce qui relève de la gestion des concours, de la constitution des berceaux de stagiaires, de l’organisation des opérations de mouvement ou des ajustements permanents liés aux contraintes budgétaires.
Concernant les enseignants, les personnels ont besoin :
- d’effectifs allégés,
- de remplaçants en nombre suffisant car les absences non remplacées pèsent sur les équipes et détériorent les relations écoles/familles,
- d’AESH en nombre suffisant pour pouvoir répondre aux besoins de l’école inclusive. L’Unsa Éducation exige pour ces personnels indispensables la création de postes pérennes, une formation adaptée et une reconnaissance professionnelle.
- et enfin de personnels ressources pour les aider à prendre en charge les difficultés du quotidien et les élèves avec des besoins de plus en plus « particuliers » qui mettent à mal la cohésion des équipes et le climat scolaire.
Des cibles clairement identifiées. Des cibles auxquelles les postes supprimés auraient pu apporter une réponse.
De plus, pour les emplois administratifs, d’encadrement et de direction, il est regrettable que dans une académie qui reste sous-administrée à tous les niveaux l’opportunité n’ait pas été saisie de renforcer les équipes. Ces personnels, piliers invisibles de notre système éducatif, sont aujourd’hui laissés pour compte. Leur charge de travail s’alourdit, leurs conditions se dégradent, et leur reconnaissance reste inexistante. L’Unsa Éducation rappelle que sans eux, rien ne fonctionne. Nous exigeons une revalorisation immédiate de leurs métiers et des moyens humains supplémentaires.
Les personnels sociaux et de santé sont en première ligne pour accompagner les élèves, dans un contexte de précarité et de mal-être croissant. Pourtant, leurs effectifs sont insuffisants, et leurs missions, de plus en plus difficiles à assurer. Nous devons renforcer urgemment ces services, sans lesquels l’école ne peut remplir sa mission d’accueil et d’accompagnement.
Au lieu de cela, nous dénonçons une vision purement comptable, sans aucune ambition qui va continuer d’amplifier les difficultés profondes auxquelles notre système éducatif est confronté.
Le service public d’éducation n’est pas une dépense, c’est une promesse – une promesse faite à chaque élève, à chaque famille, à chaque territoire. Pourtant, les choix opérés aujourd’hui remettent en cause cette promesse. Face à la baisse démographique, plutôt que de réparer et d’investir, le rectorat et le ministère persistent dans une logique de restrictions et de désengagement.
Lors de ce CSA SD DGH nous aimerions des éclaircissements sur les situations particulières de la cité scolaire de Nontron dont les enseignants vous ont fait parvenir un courrier dans la semaine, mais aussi de Maine de Biran à Bergerac qui accuse une baisse considérable de sa dotation et une potentielle suppression de 6 postes, de Laure Gatet qui continue sa chute. L’année dernière vous aidiez Jean Moulin à Chamiers mais plus cette année ? Enfin, le collège de Montpon nous signale une promesse d’ouverture d’une cinquième division en troisième, cinquième division que nous ne retrouvons pas dans les documents.
Comme le rappelle souvent l’UNSA Éducation, l’école ne peut devenir une variable d’ajustement. Faire ce choix aujourd’hui, revient à fragiliser durablement le service public d’éducation et compromettre de facto l’avenir du pays. En effet, c’est l’essor de l’école publique laïque qui est au cœur de ces arbitrages. C’est une évidence de le rappeler, mais l’École joue un rôle central dans la cohésion sociale, dans la construction des parcours et dans l’émancipation des élèves. Par conséquent, il ne s’agirait pas de l’affaiblir davantage en la privant des investissements et du soutien qu’elle mérite.
Un changement de cap est encore possible. L’école publique mérite mieux que des rustines budgétaires. Elle mérite un projet, des ambitions, et les moyens de les réaliser.
Les élues de l’UNSA éducation