Suite au boycott du vendredi 6 février, le CSA-SD s’est réuni ce matin afin d’examiner la répartition de la Dotation Globale Horaire (DGH) dans les établissements des Pyrénées-Atlantiques pour la rentrée 2026.
Marie-Laure CRUTCHET, Franck HIALE, Pierre PEDUCASSE et Mickael GUERIN-BOUHABEN ont siégé pour l’Unsa Éducation.
Une baisse démographique… qui ne se voit pas dans les classes
M. le Dasen a rappelé les nombres : –380 élèves dans le second degré à l’échelle départementale et 27 postes à rendre. La baisse démographique est réelle et nul ne la conteste. Mais, sur le terrain, les collègues ne constatent pas d’allègement des effectifs, bien au contraire. Les moyennes de nombreuses divisions de collège atteignent les seuils (28 élèves en 6e et 30 élèves en cycle 4) et en lycée général, plusieurs classes de seconde montent à 35 élèves.
Comme nous l’avons affirmé dans notre déclaration, cette dotation pèsera fortement sur les conditions d’apprentissage des élèves et sur les conditions de travail des personnels.
Le Dasen a néanmoins exprimé la volonté de ne pas dépasser 25 élèves en 6e en REP.
SEGPA : érosion des effectifs et réorganisation à venir
M. le Dasen a évoqué la baisse des effectifs ainsi que le fait que les élèves poursuivent peu leurs études au-delà du CAP.
Les organisations diffèrent d’un établissement à l’autre et il n’y aura pas de modèle unique imposé. Chaque collège dispose de deux ans pour réfléchir à une organisation optimisée des moyens.
Les indicateurs retenus seront : le climat scolaire, la restauration de la confiance des élèves et la poursuite d’études.
Concernant la baisse des effectifs en 6e Segpa, l’une des explications avancées est le « désir de normalité » de certaines familles, qui attendraient le cycle 4 pour déposer un dossier. Nous n’avons pas forcément la même lecture et attendons le CSA du premier degré pour approfondir ce sujet, notamment en se penchant plus précisément sur la constitution du dossier en CM2 et les moyens associés aux évaluations qui sont demandées.
Moyens en 6e et dispositifs pédagogiques
Chaque collège a reçu 29 heures pour le niveau 6e, correspondant à la redistribution de l’ancienne heure de technologie.
Évolutions annoncées :
• Les groupes de besoins en 6e et 5e ainsi que les groupes de soutien en 4e et 3e deviennent facultatifs.
• Devoirs faits est obligatoire pour tous les élèves de 6e.
Heures postes / heures supplémentaires : des équilibres déplacés
Le ratio heures-postes / heures supplémentaires est assoupli en collège, offrant davantage de souplesse organisationnelle aux établissements.
En revanche, la situation sera plus tendue en lycée : les moyens accordés aux collèges ayant été prélevés sur les lycées.
En lycée professionnel, un équilibre plus contenu est annoncé, avec un peu plus de souplesse retrouvée.
Mise en place des PAS
20 PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité) seront implantés dans le département sur deux ans. (12 à la rentrée 2026). Chaque PAS est constitué d’un enseignant et d’un éducateur spécialisé. Son rôle est d’agir pour sécuriser les parcours de scolarisation des élèves les plus fragiles de la maternelle à la terminale sur un territoire délimité. C’est un dispositif inter-degrés qui concerne les établissements publics et privés mais dont les moyens sont prélevés sur les enseignants du 1er degré public.
Le Dasen a demandé une contribution du diocèse ; une réponse est attendue.
Chaque IEN disposera d’un PAS à la rentrée prochaine.
Vote contre à l’unanimité des organisations syndicales
Une nouvelle fois, l’administration raisonne à partir de données globales. Sur le terrain, la réalité est toute autre : des classes chargées, des équipes sous tension, des marges de manœuvre limitées.
La baisse démographique aurait pu être l’occasion d’améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage des élèves. Elle se traduit au contraire par des suppressions de postes et une pression accrue sur les structures existantes.
L’Unsa Éducation continuera à porter la voix des personnels dans les prochaines instances (10 mars).