Il existe deux façons d’obtenir le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) : la formation en alternance et la validation des acquis de l’expérience (VAE).

Le Cappei

Le Cappei a été institué pour attester la qualification des enseignants des 1er et 2d degrés appelés à exercer leurs fonctions dans les écoles, établissements scolaires, établissements et services sanitaires ou médico-sociaux accueillant des élèves à besoins éducatifs particuliers liés à une situation de handicap, de grande difficulté scolaire ou à contribuer à la mission de prévention des difficultés d’apprentissage et d’adaptation de l’enseignement.
 
Les enseignants spécialisés ont 3 grandes missions :
 
  • exercer dans le contexte professionnel spécifique d’un dispositif d’éducation inclusive ;
  • exercer une fonction d’expert de l’analyse des besoins éducatifs particuliers et des réponses à construire ;
  • exercer une fonction de personne ressource pour l’éducation inclusive dans des situations diverses.
Le Cappei permet à un enseignant d’être affecté à titre définitif sur un poste qui relève de l’adaptation scolaire ou de la scolarisation des élèves en situation de handicap.

La formation en alternance

Conditions d’inscription
 
Il faut être enseignant du premier ou du second degré, fonctionnaire ou contractuel en CDI. L’organisation de la campagne d’inscription est propre à chaque académie, et c’est le recteur qui arrête in fine la liste des candidats admis à se présenter.
Les candidats admis pour un départ en formation sont affectés sur un poste dit support de formation dans une école, un établissement scolaire ou un établissement ou service accueillant des élèves à besoins éducatifs particuliers liés à une situation de handicap, de grande difficulté scolaire ou à une maladie, ou dans un établissement relevant du ministère de la justice.
 
La formation
 
Elle se compose comme suit :
 
  • un tronc commun non fractionnable de 144 heures comportant 6 modules obligatoires :
      • les enjeux éthiques et sociétaux
      • le cadre législatif et réglementaire
      • les partenaires (institutions, professionnels de l’accompagnement et du soin)
      • les relations avec les familles
      • les besoins éducatifs particuliers et les réponses pédagogiques
      • la personne ressource
 
  • deux modules d’approfondissement d’une durée totale de 104 heures, chaque module étant non fractionnable (le candidat choisit pour cela deux modules parmi un choix de 9 possibles) :
      • troubles auditifs
      • troubles visuels
      • troubles moteurs
      • troubles du langage et des apprentissages
      • troubles des fonctions cognitives
      • troubles psychiques
      • autisme
      • grande difficulté scolaire
      • grande difficulté des attentes de l’École
 
  • un module de professionnalisation dans l’emploi d’une durée totale de 52 heures :
      • enseigner en Segpa ou en Érea ;
      • travailler en Rased ;
      • coordonner une Ulis ;
      • enseigner en unité d’enseignement (établissements et services médico-sociaux) ;
      • enseigner en milieu pénitentiaire ou en centre éducatif fermé ;
      • exercer comme enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés ou secrétaire de la commission d’orientation vers les enseignements adaptés du second degré (CDOEA).

Ce dernier module est accessible en deuxième spécialisation, soit après une expérience de deux ans minimums dans un autre emploi spécialisé.

La formation (tronc commun et modules) se déroule sur sur une année scolaire.
À l’issue de cette formation, les candidats se présentent à l’examen. 
 
L’examen
 
L’examen du certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive comporte 3 épreuves consécutives devant une commission désignée par le jury :
 
  • Épreuve 1 :
    Une séance pédagogique avec un groupe d’élèves d’une durée de 45 minutes, suivie d’un entretien d’une durée de 45 minutes avec la commission.
  • Épreuve 2 :
    Un entretien avec la commission à partir d’un dossier élaboré par le candidat portant sur sa pratique professionnelle. La présentation de ce dossier n’excède pas 15 minutes. Elle est suivie d’un entretien d’une durée de 45 minutes.
  • Épreuve 3 :
    La présentation pendant 10 minutes d’une action conduite par le candidat témoignant de son rôle de personne ressource en matière d’éducation inclusive et de sa connaissance des modalités de scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers, suivie d’un échange d’une durée de 20 minutes avec la commission.
Chacune de ces épreuves est notée de 0 à 20.
La moyenne des trois notes, égale ou supérieure à 10, permet d’obtenir le Cappei.
 

La validation des acquis de l’expérience (VAE)

C’est une nouvelle voie d’accès au Cappei actée en décembre 2020 par une révision des textes règlementaires relatifs à la certification.
 
Conditions d’inscription
 
Justifier de cinq ans d’exercice en tant qu’enseignant dont trois dans le domaine de l’enseignement adapté ou de la scolarisation des élèves en situation de handicap.
 
Le déroulement
 
Il est constitué de 3 étapes :
 
  • Étape 1 :
    Le candidat dépose un livret qui permet la vérification de la recevabilité de sa candidature par une commission.
  • Étape 2 :
    Constitution d’un dossier portant sur la pratique professionnelle.
  • Étape 3 :
    Présentation du dossier (15 minutes) puis entretien avec un jury (45 minutes) qui valide ou pas le dossier, et délivre la certification.
 
Le jury
 
Il est composé de 3 personnes :
 
  • un inspecteur de l’Éducation nationale (IEN) chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves en situation de handicap ou un inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional (IA-IPR) chargé d’une mission pour l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves en situation de handicap ;
  • un IEN chargé de l’enseignement du premier degré ou un IA-IPR de discipline ou un IEN de l’enseignement général ou de l’enseignement technique ou un directeur académique des services de l’éducation nationale ou son adjoint ;
  • un enseignant spécialisé du parcours de formation.
 

Les modules d’initiative nationale

Les enseignants ayant obtenu le Cappei, quelle que soit la voie d’accès, ont de droit un accès prioritaire aux modules de formation d’initiative nationale pour une durée totale de 100 heures pendant les cinq années qui suivent l’obtention de leur certification. Ils peuvent faire valoir leur candidature au maximum à deux modules pour un total de 50 heures.

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa revendique l’accès d’un plus grand nombre d’enseignants à la certification Cappei. La réalité de l’inclusion l’exige, tout comme elle exige le maintien d’une certification de haut niveau, capable de répondre à la diversité et aux particularités des enfants et jeunes à besoins particuliers, et aux besoins de leurs enseignants. Nous déplorons les départs en formation insuffisants et des accès aux modules MIN limités alors qu’ils font partie intégrante de la formation d’un enseignant certifié.
 
La VAE, qui reconnaît l’expérience acquise par des collègues affectés sur des postes spécialisés (souvent contre leur gré) doit répondre à cette double exigence d’une formation et d’une certification de haut niveau. Les évolutions et garanties obtenues par le SE-Unsa (conditions de recevabilité augmentées et maintien de l’accès prioritaires aux 100 heures de MIN) s’accompagnent d’une exigence : celle de ne pas voir la VAE devenir l’unique voie d’accès proposée pour l’obtention du Cappei.

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Le Certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique (Caffa) est exigé des candidats aux fonctions comportant des activités d’animation, de recherche et de formation dans le cadre de la formation initiale et continue des personnels enseignants et des personnels d’éducation de l’enseignement du second degré.

Les conditions d’inscription

Il faut être titulaire ou contractuel en CDI dans les mêmes conditions que les titulaires, à savoir justifier, au 31 décembre de l’année de l’examen, de 5 ans de services dans un établissement du second degré, sur et en dehors du territoire national.

Les épreuves

Le certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique se déroule sur deux ans.
 
L’admissibilité
 
L’épreuve d’admissibilité repose sur un dossier composé :
 

– des rapports d’évaluation (administrative et pédagogique),

– d’un rapport d’activité (5 pages maximum hors annexes) : présentation par le candidat de son itinéraire professionnel dans lequel il s’attache à présenter une expérience professionnelle significative, le cas échéant, dans le champ de l’accompagnement et de formation. 

 
Un entretien avec le jury (lequel s’appuie sur un dossier fourni par le candidat)
 
L’entretien avec le jury a pour objet d’apprécier la motivation du candidat à devenir formateur, son expertise professionnelle, sa réflexion didactique, pédagogique et éducative, sa capacité à communiquer avec d’autres professionnels de l’enseignement et de la formation.
 
Durée : un exposé de 15 minutes suivi d’un échange de 30 minutes avec le jury
 
Le jury, présidé par le recteur ou par son représentant, est composé d’un inspecteur du second degré représentant le recteur d’académie, d’un chef d’établissement d’un établissement public local d’établissement, d’un inspecteur de l’éducation nationale du premier degré et d’un formateur académique.
Les candidats déclarés admissibles suivent un cursus accompagné pour préparer l’épreuve d’admissibilité. Le candidat admissible se voit confier, obligatoirement s’il ne l’a jamais été, le tutorat d’un stagiaire, d’un étudiant inscrit en master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation, ou des actions ponctuelles de tutorat.
 
L’admission
 
L’admission comporte deux épreuves.
 
Une épreuve de pratique professionnelle, consistant
 

– soit en une analyse de séance dans le cadre du tutorat,

– soit en l’animation d’une action de formation professionnelle, pédagogique ou éducative – disciplinaire, interdisciplinaire, intercycles, interdegrés – à l’échelle d’un établissement, d’un district ou d’un bassin d’éducation et de formation.

 suivie d’un entretien avec le jury en présence des deux examinateurs qualifiés.
 
Durée : 60 à 90 minutes suivi de 30 minutes d’entretien
 
Le jury, présidé par le recteur ou par son représentant, est composé d’un inspecteur du second degré représentant le recteur d’académie ; d’un chef d’établissement d’un établissement public local d’établissement ; d’un inspecteur de l’éducation nationale du premier degré ; d’un formateur académique.
Les deux examinateurs qualifiés : un inspecteur du second degré de la discipline ou de la spécialité dont relève le candidat et un enseignant de l’école supérieure du professorat et de l’éducation proposé par le directeur de celle-ci.
 
La soutenance d’un mémoire professionnel
 
Mémoire professionnel
 
Le mémoire professionnel, de 20 à 30 pages hors annexes, est un travail personnel de réflexion portant sur une problématique professionnelle d’accompagnement ou de formation.
Il consiste en une étude de situation centrée sur une question professionnelle articulant savoirs et expériences. Il implique un engagement personnel du candidat pour réfléchir à sa pratique et l’améliorer.
 
La soutenance
 
Durée : 45 minutes dont 30 minutes d’entretien
 
Le jury apprécie la capacité du candidat à :
 

– se confronter à un problème, le constituer en objet d’étude et mettre en œuvre un dispositif expérimental bénéfique à l’amélioration des pratiques ;

– analyser sa pratique dans une confrontation d’expériences avec des pairs et d’autres professionnels ;

– discuter du fondement des hypothèses retenues ;

– relater la mise en œuvre d’un dispositif d’action, analyser ses difficultés, ses réussites et les évolutions professionnelles induites, envisager des prolongements.

 
Sont déclarés admis les candidats ayant obtenu pour l’ensemble des épreuves un total de points égal ou supérieur à douze points sur vingt et la moyenne dans chacun des domaines de compétence évalués. 

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Le SE-Unsa détaille pour vous les modalités publiées dans l’arrêté du 4 mai 2021.

Les conditions d’inscription

Pour s’inscrire au Cafipemf, il faut être instituteur ou professeur des écoles – titulaires ou contractuels -, et justifier, au 31 décembre de l’année de l’examen, de 5 ans de services dans une école publique, sur ou en dehors du territoire national.
 
Suite à l’inscription (l’année précédente auprès du rectorat), le candidat bénéficiera d’une visite conseil avec son IEN. Celle-ci donne lieu à un compte-rendu communiqué au candidat.

Une formation préalable de 5 semaines

Tout candidat inscrit bénéficie d’une formation de 5 semaines non consécutives de juin à décembre de l’année N dont l’organisation sera déterminée par le recteur :
 
  • 3 semaines d’observation et de pratique accompagnée auprès d’un maître formateur ou d’un CPC dans l’exercice de sa mission d’accompagnement ;
  • 2 semaines de formation assurées conjointement par l’académie et par l’Inspé.
Cette formation inclut notamment des modules de méthodologie et d’initiation à la recherche permettant de délivrer des crédits European Credits Transfer System (ECTS)*.

*Système européen de transfert et d’accumulation de crédits permettant une reconnaissance des qualifications.

L’examen

Il se déroule sur un an et ne comporte plus d’épreuve d’admissibilité. Deux épreuves sont prévues.
 

     1. Une première épreuve décomposée en deux séquences consécutives :

SéquencesActivitéDurée
1

Observation par le jury d’une séance de français ou maths en élémentaire et sur des activités langagières ou sur la construction du nombre en école maternelle.
1/3 du temps pourra être consacré à une autre discipline à condition qu’elle contribue à l’apprentissage des maths ou du français.

60 min
2

Entretien entre le candidat et le jury.

60 min

>> Le jury

Il est composé d’un IEN d’une autre circonscription, d’un enseignant de l’Inspé n’ayant pas participé à la formation du candidat et d’un maître formateur exerçant dans une autre circonscription.

> > Les attendus
 

– Capacité à conduire une analyse didactique et pédagogique et à réfléchir à sa propre pratique

– Bonne maîtrise des contenus didactiques et pédagogiques en français en mathématiques

Cas particuliers des candidats directeurs d’école et des CPC faisant fonction : ils pourront bénéficier d’un aménagement de la première épreuve s’ils en ont formulé le souhait au moment de leur inscription.

Une première épreuve aménagée décomposée elle-aussi en deux séquences :

SéquencesActivitéDurée
1
Observation par le jury d’une séance liée à l’exercice professionnel du candidat :
 - Faisant fonction de conseiller pédagogique : animation d’une action de formation professionnelle collective
 - Directeur d’école : animation d’une réunion de nature pédagogique : conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil école-collège
45 min
2

Entretien entre le candidat et le jury.

45 min

     2. La deuxième épreuve :

Tous les candidats y sont soumis, et ce dans le délai d’un mois après la première épreuve. Elle se décompose en 4 séquences :

SéquencesActivitéDurée
1

Observation en classe d’un PE stagiaire ou titulaire, en présence du jury

60 min
2

Analyse immédiatement consécutive de la séquence 1 par le candidat avec le PE en présence du jury

30 min
3

Production par le candidat d’un rapport de visite sur la séance observée en séquence 1 qui doit être transmis dans les 2 semaines

45

4

(3 à 4 semaines après séquence 2)

Entretien du candidat avec le jury :
- Il explicite son analyse et ses intentions de la séquence 2 et présente l’écrit professionnel produit en séquence 3.
- Le questionnement du candidat par le jury dépasse le cadre de la séance observée et permet au jury d’apprécier les connaissances pédagogiques et didactiques du candidat.

60 min
> > Les attendus
 

– La maîtrise des compétences professionnelles attendues d’un formateur au regard du référentiel des compétences du formateur

– La capacité à conseiller et à accompagner les professeurs des écoles, en particulier dans les domaines du français et des mathématiques

L’évaluation

Pour chaque épreuve, le jury s’appuie sur une grille d’évaluation et positionne le candidat par une note sur une échelle de 0 à 20 points.

L’examen est obtenu dès lors que le candidat obtient au moins 10 sur 20 à chaque épreuve. Les domaines de compétences ainsi que les modalités d’évaluation sont précisés par voie de circulaire du ministre chargé de l’Éducation nationale.

La spécialisation

Après trois années d’exercice en tant de maître formateur ou conseiller pédagogique, il est possible de se présenter à l’épreuve complémentaire facultative de spécialisation. L’ouverture d’une spécialisation est décidée par le recteur.
 
Les spécialisations possibles :
 
  • Arts visuels
  • Éducation physique et sportive
  • Éducation musicale
  • Enseignement en maternelle
  • Enseignement et numérique
  • Histoire-géographie – enseignement moral et civique
  • Langues et cultures régionales
  • Langues vivantes étrangères
  • Sciences et technologie
L’épreuve complémentaire de spécialisation se décompose en trois séquences :
SéquencesActivitésDurée
1

Rédaction d’un rapport d’activités portant sur les années de service effectuées en qualité d’instituteur ou de professeur des écoles - maître formateur ou de conseiller pédagogique. Les activités recensées sont valorisées au regard de la spécialisation visée.

2

Observation par le jury d’une séance de formation collective assurée par le candidat et s’inscrivant dans le domaine de la spécialisation visée.

60 min
3
Entretien du candidat avec le jury :
 - Il explicite ses intentions mises en œuvre dans la séquence 2 et présente son rapport d’activités.
 - Le questionnement du candidat par le jury dépasse le cadre de la séance observée et permet d’apprécier les connaissances pédagogiques et didactiques du candidat dans les domaines correspondant à la spécialisation visée.
60 min
Le jury est composé d’un IEN n’exerçant pas d’autorité hiérarchique sur le candidat, d’un enseignant de l’Inspé n’ayant pas contribué à la formation du candidat et d’un maître formateur exerçant dans une autre circonscription.

Admission des candidats ayant obtenu un total de points égal ou supérieur à 10 points sur 20. Les domaines de compétences ainsi que les modalités d’évaluation sont précisés par voie de circulaire du ministre chargé de l’Éducation nationale.

Les postes

Les titulaires du Cafipemf sans spécialisation ont vocation à exercer en tant que conseillers pédagogiques de circonscription généralistes ou en tant que maîtres formateurs. Une épreuve complémentaire facultative de spécialisation est nécessaire pour les autres catégories de fonctions comportant une spécialisation.
 
Les enseignants titulaires d’une spécialisation peuvent, le cas échéant, postuler sur des postes à vocation généraliste de conseillers pédagogiques ou de maîtres formateurs. La spécialisation est fonction de l’épreuve complémentaire facultative de spécialisation choisie par le candidat.
 
Les titulaires d’une spécialisation peuvent être amenés à accomplir des missions qui dépassent le cadre des seules activités correspondant à la spécialisation choisie, dans la mesure où leur mission s’exerce toujours, y compris dans leur spécialité, en référence à la polyvalence de l’enseignant.

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Dans un message adressé aux enseignants, la ministre de l’Éducation nationale a présenté l’Acte II du Choc des savoirs. Ou comment poursuivre une politique éducative délétère sans moyens ajoutés.

Groupes au collège : généralisation partielle en 4e et en 3e

Le maintien des groupes de besoins en 6e et en 5e est confirmé, malgré leur mise en œuvre chaotique. Alors même que cette mesure a démontré son inefficacité dans d’autres pays, qu’elle n’est pas appliquée à l’identique dans tous les établissements et que certains ne l’ont pas du tout appliquée, sa reconduite est annoncée après seulement deux mois d’expérimentation, sans attendre les résultats de l’évaluation en cours.
La généralisation aux niveaux 4e et 3e aura bien lieu à la rentrée prochaine, mais elle se heurte au manque de moyens déjà pointé en 6e et en 5e. En conséquence, les groupes de besoins existeront, sur les deux derniers niveaux du collège, à raison d’une heure par semaine, en alternance, en français et en mathématiques. Une mise en œuvre symbolique et un échec annoncé, que ne viendra pas contrebalancer le renforcement du dispositif Devoirs faits et des stages de réussite en 4e et en 3e.

DNB : affaiblissement du contrôle continu dès 2025 et caractère obligatoire dès 2027

La feuille de route du ministère ne change pas concernant le DNB. Le contrôle continu sera comptabilisé pour 40 % dans la note finale, et sera constitué de la moyenne des notes de toutes les disciplines. Les épreuves terminales compteront donc pour 60 % de la note finale au détriment des élèves les plus fragiles. Cette nouvelle répartition entrera en vigueur pour la session 2026 du DNB.
 
L’année suivante sera instauré le caractère obligatoire du diplôme, son obtention conditionnant le passage en seconde. Cette mesure sonne comme un aveu d’impuissance du ministère : la volonté affichée de la réussite de tous les élèves grâce aux mesures du Choc des savoirs se heurte à la contradiction d’un DNB qui sélectionne les élèves et bloque l’entrée au lycée.

Socle commun de compétences et de connaissances : transformation ou disparition ?

Le nouveau socle commun de connaissances (la ministre omet sciemment le mot « compétences ») sera proposé à la rentrée 2026. Que restera-t-il du socle et quel sens aura-t-il encore au collège alors qu’il disparaît complètement de l’évaluation du DNB dès la session 2026 ? Son instrumentalisation assumée (il devra s’articuler avec les nouveaux programmes du cycle 4 et non l’inverse) ne laisse en tout cas présager rien de bon pour le socle commun et son avenir au collège.

Classes prépa seconde : une évaluation du dispositif est prévue

Paradoxalement, la seule mesure du Choc des savoirs dont la ministre souhaite attendre les résultats de l’évaluation commandée auprès de l’Inspection générale avant d’en fixer le sort, est sans doute celle qui a le moins de chances d’être reconduite. Comment pourrait-il en être autrement quand, aujourd’hui, une seule de ces classes est proposée dans chaque département, et que ce dispositif est loin de faire le plein ? Ni les familles, ni les enseignants ne sont dupes de ce redoublement déguisé qui incite les élèves au décrochage scolaire.

L'avis du SE-Unsa

L’Acte II du Choc des savoirs, c’est, en fin de compte, faire aussi mal avec encore moins de moyens. Selon la formule consacrée par son illustre prédécesseur, Anne Genetet « assume » sa politique et les moyens qu’elle y consacre, mais ses annonces ne font que suivre une feuille de route écrite il y a longtemps, qui ne tient compte ni des besoins des élèves, ni de ceux des enseignants. 
 
Le SE-Unsa exige toujours l’abandon du plan Choc des savoirs acte I et acte II au profit de mesures qui auraient fait leurs preuves et qui recevraient l’assentiment des personnels et des familles.

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Dans le cadre de l’acte II du Choc des savoirs, la ministre de l’Éducation nationale annonce la création d’une épreuve de mathématiques en fin de première pour tous les élèves à partir de la rentrée 2025.

Énième épisode dans le long feuilleton des mathématiques au lycée général et technologique, voici venir l’épreuve anticipée de mathématiques en fin de première pour tous les élèves. L’inégalité de traitement entre deux candidats sera de mise avec deux types de sujets proposés : un pour les élèves n’ayant pas choisi la spécialité Mathématiques, un autre pour les élèves spécialistes qui devront donc subir une double évaluation, en première puis en terminale.
 
Même si le programme et le coefficient de cette épreuve ne seront connus que dans les mois à venir, on peut d’ores et déjà dire qu’une telle mesure n’atteindra pas l’objectif affichée par le ministère à savoir la transmission d’une culture commune scientifique et mathématique aux jeunes générations, d’autant que la physique/chimie et la SVT n’apparaissent nulle part dans les déclarations de madame Genetet.
 
La création d’une épreuve terminale ne règlera rien aux alertes de la communauté scientifique et des universitaires qui se sont succédé ces derniers temps concernant le potentiel appauvrissement du futur vivier d’étudiants scientifiques. La mesure ne règlera pas non plus la proportion très marquée de filles ou d’élèves de catégories sociales moins favorisées qui se détournent de la spécialité Mathématiques. En revanche, elle va mettre une pression supplémentaire sur les épaules d’élèves parfois « fâchés » avec les mathématiques. Ce n’est pas le meilleur chemin pour leur laisser une image positive de la discipline.
 
Alors que le SE-Unsa avait alerté sur la multi-convocation des collègues de lettres pour les corrections du baccalauréat, le combat devra donc être réitéré pour nos collègues de mathématiques afin que le nombre de copies qui leur sera dévolu en juin n’explose pas. La création de cette nouvelle épreuve va également alourdir un mois de juin qui ne sera donc jamais reconquis en matière d’heures d’enseignement perdues. Le président Macron avait pourtant vanté pour sa réforme du baccalauréat un examen permettant de récupérer du temps de formation et de libérer les enseignants de la pression de l’examen final. Quelques années après, plus le temps passe et moins le compte y est. 
 

L'avis du SE-Unsa

Des heures d’accompagnement personnalisé (AP) financées en seconde permettant de travailler à la remédiation en mathématiques mais aussi à sa représentation chez tous les élèves, le financement des options de mathématiques ainsi que des programmes mieux articulés entre filières générale et technologique… voilà quelques exemples de mesures concrètes qui permettraient une amélioration substantielle des compétences des lycéens dans la discipline.
Il est temps d’agir et d’en finir avec des annonces inefficaces qui ne font que nourrir une stratégie de communication qui dessert l’École. 

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Le projet de budget 2025 présenté par le gouvernement et en discussion au parlement est un budget très régressif aussi bien pour les conditions de rémunération des personnels que pour leurs conditions de travail.

Les salaires

  • Revalorisation ?
Le fait marquant pour les personnels est une fois de plus l’absence de mesure de revalorisation des salaires. Le projet de budget ne prévoit aucune disposition relative à la hausse de la valeur du point d’indice. Après une année 2024 blanche en matière de rémunération, c’est une nouvelle fois la diète. Quand l’économie va bien ce n’est pas le moment et quand les finances publiques sont en crise c’est encore moins le moment. Bref, cette logique permanente de ne jamais considérer comme utile de revaloriser les salaires conduit d’une part à une diminution importante du pouvoir d’achat des agents publics face à l’inflation et d’autre part à accroître le décrochage salarial et la dévalorisation de nos métiers.
 
D’autre part, qu’en est-il de la réflexion amorcée sur la revalorisation des milieux de carrière pour répondre à une absence réelle de progression pendant 10 à 15 ans ? Les belles annonces de l’ancien premier ministre auxquelles il avait lui-même renoncées dès son arrivée à Matignon sont bel et bien parties aux oubliettes.
 
  • Dévalorisation
Ignorer la réalité des besoins salariaux des personnels est une chose, conduire une politique punitive en est une autre. Le gouvernement n’a pas froid aux yeux. Le choix de supprimer la Gipa*, qui était le seul moyen de compenser la perte de pouvoir d’achat, est acté pour l’année 2025 mais également pour faire des économies sur le budget 2024 en cours. 
 
  • Coup de grâce
Mais s’arrêter là n’était pas suffisant, le gouvernement prévoit d’aller encore plus loin. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, quand on veut faire des économies, on va prendre dans les poches des fonctionnaires, cette population de travailleurs soi-disant particulièrement « absentéiste ». La solution : trois jours de carence pour le public alors que si cette mesure existe pour les salariés du privé, elle est compensée pour les ¾ d’entre eux par l’employeur.
 
De plus, on réduit le salaire pendant les congés maladies. En effet, jusqu’à présent 100 % du traitement de base était maintenu (en dehors des primes et indemnités), le gouvernement prévoit à l’avenir seulement 90 %. 
 
Des mesures punitives, c’est aisé à mettre en œuvre, se préoccuper de la santé et des conditions de travail de ses agents, c’est en revanche très loin des préoccupations de notre employeur. 

La taille à vif dans les moyens de l’École publique

  • Suppressions de postes
Cette année, le projet de budget prévoit la suppression de 181 postes. Ces suppressions sont à considérer au regard des annonces du gouvernement de permettre d’étendre la mesure des groupes de besoins aux classes de 4e et de 3e. Ce projet est pour le SE-Unsa une nouvelle ligne rouge que le ministère s’apprête franchir. En effet, la mesure en 2024 aura consommé 2 300 emplois mais surtout la quasi-totalité des marges des établissements pour des attendus que non seulement nous dénonçons, mais dont on sait qu’ils sont in fine inefficaces pour les élèves qui réussissent le moins dans notre système. 
 
D’autres choix étaient possibles, par exemple le redéploiement des millions investis inutilement dans le SNU, qui auraient permis de créer plus de 1 700 postes pour améliorer la réussite des élèves et répondre aux difficultés de remplacement long. Quant au dispositif des prépas seconde, le gouvernement renonce à la généralisation devant l’échec patent de l’expérimentation qui a conduit à fermer des dispositifs faute d’élèves. Toujours en matière de moyens, le ministère refuse de revenir sur son obsession du remplacement de courte durée via le Pacte qui a prouvé son inefficacité : plusieurs centaines de millions d’euros ont été dépensés pour une amélioration minime, et plus de 85 % d’heures demeurent non remplacées. De plus, la réduction des dotations en HSE dans les établissements et l’augmentation des jours de carence ne devraient qu’accroître les absences courtes et détériorer un peu plus les conditions de remplacement.
 
Dans le second degré, la restriction du nombre de Pactes dédiés aux projets ne conduira qu’à réduire les dynamiques d’établissements au détriment des élèves, tout comme la diminution des fonds sociaux ne pourra qu’accroître la précarité des élèves du second degré, dans un contexte social particulièrement dégradé. 
 
  • Conditions de travail
Alors qu’un bilan de la mise en œuvre des actions de prévention des risques psychosociaux (RPS) est prévu prochainement, ceux-ci devraient se multiplier à cause des suppressions de postes :
 

 – casse-tête des DHG engendrant des choix avec des contraintes fortes et sans moyens et donc des conflits de valeurs entre collègues ;

 – sentiment d’insécurité pour les collègues concernés par des mesures de carte scolaire qui peineront de plus en plus à trouver un nouveau poste équivalent près de chez eux.

L’avis du SE-Unsa

Le budget tel que présenté au Parlement est inacceptable. Certains amendements portés par le gouvernement pourraient même dégrader encore le projet initial en particulier l’augmentation des jours de carence et la baisse de la rémunération en congés maladie. 
Pendant toute la période de discussion au parlement, le SE-Unsa agit auprès du gouvernement et des parlementaires pour obtenir le renoncement à la suppression massive de postes et à l’absence de perspective d’amélioration des rémunérations.
Le SE-Unsa agit par tous les moyens pour faire évoluer la proposition initiale et n’exclut à ce jour aucune modalité d’actions.

* L’indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) était versée automatiquement si l’évolution du traitement brut indiciaire était inférieure sur 4 ans à celle de l’indice des prix à la consommation.


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Pour leur troisième année d’existence, les 2 heures de sport en plus au collège (2HSC) seront bel et bien généralisées… aux collèges de l’éducation prioritaire. Cette décision acte l’échec d’un dispositif initialement destiné à tous les élèves volontaires.

Après avoir été expérimenté dans 715 établissements volontaires les deux années précédentes, le ministère renonce définitivement à proposer le dispositif des 2HSC à tous les collèges de France. L’instruction ministérielle parue au bulletin officiel du 7 novembre 2024 juge le dispositif efficace mais reconnaît que sa mise en œuvre est perçue comme complexe et que sa généralisation à l’ensemble des 7 000 collèges n’apparaît pas soutenable.
 
Par conséquent, la décision a été prise de ne développer le dispositif que dans les collèges volontaires de l’éducation prioritaire, soit, potentiellement, un millier d’établissements concernés, représentant près de 600 000 élèves. Le ministère entend bien profiter de l’accueil élargi de 8 h à 18 h en éducation prioritaire pour favoriser l’adhésion au dispositif, qui sera par ailleurs gratuit pour les familles.
 
Une dotation de la direction des Sports sera versée aux établissements REP et REP+ volontaires, calculée sur la base de 20 € par élève inscrit au collège, avec un seuil minimal de 3 000 € par établissement. Les collèges REP/REP+ déjà inscrits dans le dispositif l’an dernier l’ont reçue en octobre, ceux qui se seront déclarés volontaires après cette date seront abondés en janvier 2025. Le ministère des Sports met à la disposition des partenaires sportifs et des chefs d’établissement des kits d’accompagnement ainsi qu’une cartographie des collèges éligibles. 

L’avis du SE-Unsa

Alors qu’un rapport du Sénat avait déjà pointé les faiblesses des 2HSC, qui échouent à attirer les élèves les plus éloignés de la pratique sportive – son cœur de cible – avec une attention particulière sur les jeunes filles et les jeunes en situation de handicap, on ne peut que s’interroger sur la persévérance des ministères de l’Éducation et des Sports à faire exister un dispositif coûteux et difficile à mettre en œuvre. 
 
Si le choix de l’éducation prioritaire n’est a priori pas contestable, tous les élèves éloignés de la pratique sportive n’y sont pas concentrés : quid des 6 000 collèges hors éducation prioritaire qui ne pourront pas en bénéficier, alors que certains s’étaient déjà portés volontaires ? 
 
Par ailleurs, le SE-Unsa continue de dénoncer l’externalisation de la pratique physique et sportive des élèves à travers l’ouverture à des partenariats avec les structures des loisirs sportifs marchands, y compris les auto-entrepreneurs. Avec un budget potentiel de 3 millions d’euros, si tous les élèves des collèges REP et REP+ s’inscrivaient dans le dispositif, on ne peut que déplorer une nouvelle dépense dont ne profitera pas le sport scolaire, qui touche pourtant beaucoup plus de jeunes et peut s’appuyer sur l’expertise de personnels qualifiés tout en proposant une offre de qualité, en lien avec les valeurs de l’École.

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Le projet de budget 2025 présenté par le gouvernement et en discussion au parlement est un budget très régressif aussi bien pour les conditions de rémunération des personnels que pour leurs conditions de travail.

Revalorisation ?

Le fait marquant pour les personnels est une fois de plus l’absence de mesure de revalorisation des salaires. Le projet de budget ne prévoit aucune disposition relative à la hausse de la valeur du point d’indice. Après une année 2024 blanche en matière de rémunération, c’est une nouvelle fois la diète.
 
Quand l’économie va bien ce n’est pas le moment et quand les finances publiques sont en crise c’est encore moins le moment. Bref, cette logique permanente de ne jamais considérer comme utile de revaloriser les salaires conduit d’une part à une diminution importante du pouvoir d’achat des agents publics face à l’inflation et d’autre part à accroître le décrochage salarial et la dévalorisation de nos métiers.

Dévalorisation

Ignorer la réalité des besoins salariaux des personnels est une chose, conduire une politique punitive en est une autre. Le gouvernement n’a pas froid aux yeux. Le choix de supprimer la Gipa*, qui était le seul moyen de compenser la perte de pouvoir d’achat, est acté pour l’année 2025 mais également pour faire des économies sur le budget 2024 en cours. 

Coup de grâce

Mais s’arrêter là n’était pas suffisant, le gouvernement prévoit d’aller encore plus loin. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, quand on veut faire des économies, on va prendre dans les poches des fonctionnaires, cette population de travailleurs soi-disant particulièrement « absentéiste ». La solution : trois jours de carence pour le public alors que si cette mesure existe pour les salariés du privé, elle est compensée pour les ¾ d’entre eux par l’employeur.
 
De plus, on réduit le salaire pendant les congés maladies. En effet, jusqu’à présent 100 % du traitement de base était maintenu (en dehors des primes et indemnités), le gouvernement prévoit à l’avenir seulement 90 %. 
 
Des mesures punitives, c’est aisé à mettre en œuvre, se préoccuper de la santé et des conditions de travail de ses agents, c’est en revanche très loin des préoccupations de notre employeur. 

Ce que le SE-Unsa revendique

  • Indemnité et reconnaissance
Le SE-Unsa revendique la création d‘une indemnité de fonction pour les AED. En effet, ce sont les seuls personnels de l’Éducation nationale à ne pas en bénéficier. Il est indispensable de mettre un terme à cette injustice. Lorsqu’on sait par ailleurs qu’en guise de revalorisation du pouvoir d’achat pour les AED rémunérés à l’indice minimum de traitement, la revalorisation du Smic ne leur aura rapporté que 6 centimes mensuels, force est de constater qu’il est fait bien peu de cas des AED. Ceux-ci sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre système éducatif et se trouvent en première ligne lorsque des difficultés se présentent dans les établissements.
 
  • Conditions de travail décentes
Cette insécurité de la situation de travail et les exigences émotionnelles requises sont un parfait générateur de risques psychosociaux (RPS) pour les AED. Quel paradoxe alors qu’un bilan de la mise en œuvre des actions de prévention des RPS est prévu prochainement.
 

L’avis du SE-Unsa

Le budget tel que présenté au Parlement est inacceptable. Certains amendements portés par le gouvernement pourraient même dégrader encore le projet initial en particulier l’augmentation des jours de carence et la baisse de la rémunération en congés maladie. 
 
Pendant toute la période de discussion au parlement, le SE-Unsa agit auprès du gouvernement et des parlementaires pour obtenir le renoncement à la suppression massive de postes et à l’absence de perspective d’amélioration des rémunérations.
 
Le SE-Unsa agit par tous les moyens pour faire évoluer la proposition initiale et n’exclut à ce jour aucune modalité d’actions.
 

* L’indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) était versée automatiquement si l’évolution du traitement brut indiciaire était inférieure sur 4 ans à celle de l’indice des prix à la consommation.


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Le projet de budget 2025 présenté par le gouvernement et en discussion au parlement est un budget très régressif aussi bien pour les conditions de rémunération des personnels que pour leurs conditions de travail.

Les salaires

  • Revalorisation ?
Le fait marquant pour les personnels est une fois de plus l’absence de mesure de revalorisation des salaires. Le projet de budget ne prévoit aucune disposition relative à la hausse de la valeur du point d’indice. Après une année 2024 blanche en matière de rémunération, c’est une nouvelle fois la diète. Quand l’économie va bien ce n’est pas le moment et quand les finances publiques sont en crise c’est encore moins le moment. Bref, cette logique permanente de ne jamais considérer comme utile de revaloriser les salaires conduit d’une part à une diminution importante du pouvoir d’achat des agents publics face à l’inflation et d’autre part à accroître le décrochage salarial et la dévalorisation de nos métiers.
 
  • Dévalorisation
Ignorer la réalité des besoins salariaux des personnels est une chose, conduire une politique punitive en est une autre. Le gouvernement n’a pas froid aux yeux. Le choix de supprimer la Gipa*, qui était le seul moyen de compenser la perte de pouvoir d’achat, est acté pour l’année 2025 mais également pour faire des économies sur le budget 2024 en cours. 
 
  • Coup de grâce
Mais s’arrêter là n’était pas suffisant, le gouvernement prévoit d’aller encore plus loin. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, quand on veut faire des économies, on va prendre dans les poches des fonctionnaires, cette population de travailleurs soi-disant particulièrement « absentéiste ». La solution : trois jours de carence pour le public alors que si cette mesure existe pour les salariés du privé, elle est compensée pour les ¾ d’entre eux par l’employeur.
 
De plus, on réduit le salaire pendant les congés maladies. En effet, jusqu’à présent 100 % du traitement de base était maintenu (en dehors des primes et indemnités), le gouvernement prévoit à l’avenir seulement 90 %. 
 
Des mesures punitives, c’est aisé à mettre en œuvre, se préoccuper de la santé et des conditions de travail de ses agents, c’est en revanche très loin des préoccupations de notre employeur. 

Quid des recrutements nécessaires ?

Alors que l’on manque déjà d’AESH pour les élèves qui en ont besoin, le ralentissement des recrutements dégradera un peu plus la situation. Si le nombre d’AESH n’est pas la seule réponse aux difficultés de l’École inclusive, on ne peut pour autant ignorer que le nombre d’AESH est encore très en deçà des besoins. 

Ce que le SE-Unsa revendique

  • Indemnité et reconnaissance
Le SE-Unsa revendique la revalorisation de l’indemnité de fonction pour les AESH. Lorsqu’on sait par ailleurs qu’en guise de revalorisation du pouvoir d’achat pour les AESH rémunérés à l’indice minimum de traitement, la revalorisation du Smic ne leur aura rapporté que 6 centimes mensuels, force est de constater qu’il est fait bien peu de cas des AESH. Ceux-ci sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre système éducatif et se trouvent en première ligne.
 
  • Création d’un corps de fonctionnaires
Le SE-Unsa continue à demander la création d’un corps de fonctionnaires de catégories B afin de mettre un terme aux temps incomplets subis de la majorité des AESH, ce qui les conduit à être rémunérés dans les faits à un niveau inférieur au seuil de pauvreté.
 
  • Conditions de travail décentes
Cette insécurité de la situation de travail et les exigences émotionnelles requises sont un parfait générateur de risques psychosociaux (RPS) pour les AESH. Quel paradoxe alors qu’un bilan de la mise en œuvre des actions de prévention des RPS est prévu prochainement. 

L’avis du SE-Unsa

Le budget tel que présenté au Parlement est inacceptable. Certains amendements portés par le gouvernement pourraient même dégrader encore le projet initial en particulier l’augmentation des jours de carence et la baisse de la rémunération en congés maladie. 
Pendant toute la période de discussion au parlement, le SE-Unsa agit auprès du gouvernement et des parlementaires pour obtenir le renoncement à la suppression massive de postes et à l’absence de perspective d’amélioration des rémunérations.
 
Le SE-Unsa agit par tous les moyens pour faire évoluer la proposition initiale et n’exclut à ce jour aucune modalité d’actions.
 

* L’indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) était versée automatiquement si l’évolution du traitement brut indiciaire était inférieure sur 4 ans à celle de l’indice des prix à la consommation.


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Le projet de budget 2025 présenté par le gouvernement et en discussion au parlement est un budget très régressif aussi bien pour les conditions de rémunération des personnels que pour leurs conditions de travail.

Les salaires

  • Revalorisation ?
Le fait marquant pour les personnels est une fois de plus l’absence de mesure de revalorisation des salaires. Le projet de budget ne prévoit aucune disposition relative à la hausse de la valeur du point d’indice. Après une année 2024 blanche en matière de rémunération, c’est une nouvelle fois la diète. Quand l’économie va bien ce n’est pas le moment et quand les finances publiques sont en crise c’est encore moins le moment. Bref, cette logique permanente de ne jamais considérer comme utile de revaloriser les salaires conduit d’une part à une diminution importante du pouvoir d’achat des agents publics face à l’inflation et d’autre part à accroître le décrochage salarial et la dévalorisation de nos métiers.
 
D’autre part, qu’en est-il de la réflexion amorcée sur la revalorisation des milieux de carrière pour répondre à une absence réelle de progression pendant 10 à 15 ans ? Les belles annonces de l’ancien premier ministre auxquelles il avait lui-même renoncées dès son arrivée à Matignon sont bel et bien parties aux oubliettes.
 
  • Dévalorisation
Ignorer la réalité des besoins salariaux des personnels est une chose, conduire une politique punitive en est une autre. Le gouvernement n’a pas froid aux yeux. Le choix de supprimer la Gipa*, qui était le seul moyen de compenser la perte de pouvoir d’achat, est acté pour l’année 2025 mais également pour faire des économies sur le budget 2024 en cours. 
 
  • Coup de grâce
Mais s’arrêter là n’était pas suffisant, le gouvernement prévoit d’aller encore plus loin. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, quand on veut faire des économies, on va prendre dans les poches des fonctionnaires, cette population de travailleurs soi-disant particulièrement « absentéiste ». La solution : trois jours de carence pour le public alors que si cette mesure existe pour les salariés du privé, elle est compensée pour les ¾ d’entre eux par l’employeur.
 
De plus, on réduit le salaire pendant les congés maladies. En effet, jusqu’à présent 100 % du traitement de base était maintenu (en dehors des primes et indemnités), le gouvernement prévoit à l’avenir seulement 90 %. 
 
Des mesures punitives, c’est aisé à mettre en œuvre, se préoccuper de la santé et des conditions de travail de ses agents, c’est en revanche très loin des préoccupations de notre employeur. 

La taille à vif dans les moyens de l’École publique

Les CPE sont souvent référents de bon nombre de dispositifs (décrochage, pHARe, santé mentale…). Avec la réduction des personnels et la réductions des Pactes alloués à ces missions, les CPE risquent bien d’être submergés et de surcroît sans rémunération complémentaire. 
 
Les suppressions de postes dans les équipes de vie scolaire – avec AED cdisés ou non – compliquent le déroulement des journées. Les CPE se retrouvent parfois à devoir assumer des missions de surveillance pour garantir la sécurité des élèves… Faire toujours plus avec moins trouve ses limites.
 
Par ailleurs, le moral de la profession est touché par tant de déconsidération. Les CPE risquent à terme de ne plus mettre de sens à s’acharner à « faire malgré tout ». Lorque les choses ne sont pas « justes », cela est démotivant. Les CPE ne risquent-ils pas de se retrouver eux-aussi en décrochage ? 

L'avis du SE-Unsa

Le budget tel que présenté au Parlement est inacceptable. Certains amendements portés par le gouvernement pourraient même dégrader encore le projet initial en particulier l’augmentation des jours de carence et la baisse de la rémunération en congés maladie. 
Pendant toute la période de discussion au parlement, le SE-Unsa agit auprès du gouvernement et des parlementaires pour obtenir le renoncement à la suppression massive de postes et à l’absence de perspective d’amélioration des rémunérations.
Le SE-Unsa agit par tous les moyens pour faire évoluer la proposition initiale et n’exclut à ce jour aucune modalité d’actions.

* L’indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) était versée automatiquement si l’évolution du traitement brut indiciaire était inférieure sur 4 ans à celle de l’indice des prix à la consommation.


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