Pau, Oloron-Sainte-Marie, Anglet : la carte scolaire tombe comme un couperet sur l’inclusion des élèves allophones (EANA). Pour le SE-UNSA, supprimer des postes d’UPE2A n’est pas une simple « mesure technique » : c’est un abandon politique qui fragilise autant les élèves que les enseignants des classes ordinaires.
Chaque matin, des enfants franchissent le portail de nos écoles avec l’espoir d’un avenir. Arrivés d’Afghanistan, de Syrie ou bientôt d’Iran, ils portent en eux des parcours de vie souvent éprouvants. L’Unité Pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants (UPE2A) est le pont indispensable entre leur langue d’origine et le système scolaire français. L’UPE2A est une passerelle, pas une option !
Supprimer ces dispositifs, c’est condamner ces enfants à l’invisibilité. Mais c’est aussi — et on l’oublie trop souvent — impacter fortement le quotidien de tous les enseignants.
Que se passe-t-il concrètement quand un poste UPE2A ferme ? L’enfant ne disparaît pas. Il est affecté à plein temps dans une classe ordinaire.
Pour l’enseignant de cette classe, déjà submergé par la gestion de l’hétérogénéité, c’est une charge supplémentaire :
• Improvisation pédagogique : Comment enseigner la lecture ou les mathématiques à un élève qui ne saisit pas les consignes de base, sans formation spécifique au FLSco (Français Langue de Scolarisation) ?
• Dilution du temps : C’est la qualité de l’enseignement pour tous les élèves qui pâtit de ce manque de moyens, c’est du temps à partager entre tous les besoins des élèves. Un élève EANA a besoin en particulier de l’échange vocal pour construire la langue scolaire afin de participer. Le décalage de compétences langagières au sein de la classe est très important.
• Épuisement professionnel : On demande aux collègues de compenser, par leur « bonne volonté », les défaillances de l’État. Les directeurs et directrices se retrouvent en première ligne pour gérer les tensions et l’incompréhension des familles.
Le SE-UNSA le réaffirme : l’inclusion sans moyens n’est qu’une forme d’exclusion déguisée. On ne peut pas demander de faire « mieux avec moins » quand il s’agit de dignité humaine et de conditions de travail.
En sacrifiant les UPE2A sur l’autel de l’austérité, l’administration sabote l’égalité des chances et creuse les inégalités au cœur même de nos territoires. Une société qui abandonne ses enfants les plus fragiles et épuise ses personnels est une société qui se condamne elle-même.
Les revendications du SE-UNSA :
• Le maintien et le renforcement des postes UPE2A sur Pau, Oloron et Anglet.
• Des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins réels du terrain.
• Une véritable formation et un soutien concret pour les enseignants accueillant des EANA en classe ordinaire.
L’UPE2A est un droit, pas un privilège. Pour le SE-UNSA, la réussite de ces élèves est indissociable du respect des conditions de travail des enseignants.