Avec l’interdiction du téléphone portable au lycée, une nouvelle fois, les actions ministérielles, dictées par la seule idéologie du président de la République, montrent le décalage avec la réalité des lycées généraux, technologiques et professionnels et la méconnaissance du concept de « vie scolaire », spécificité française qui remonte à la fin du 19e siècle.

La vie scolaire pour l’épanouissement des élèves

La vie scolaire se définit par l’ensemble des temps et des actions qui contribuent à placer les élèves dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective, de réussite scolaire et d’épanouissement personnel. Le SE-Unsa est très attaché à cette définition. Cependant, la loi proposée conjointement par le gouvernement et les députés ne va pas dans le sens de cette définition.

Un changement de paradigme

Les textes déjà en vigueur portent la possibilité d’interdire certains usages du téléphone portable*, alors que le texte proposé apporte l’obligation d’interdire.

Le texte en vigueur depuis 2018 précise : Dans les lycées, une réflexion sera menée avec les élèves et la communauté éducative sur le numérique, et notamment sur la place du téléphone portable et des objets connectés. Cette réflexion doit être construite au sein des instances de démocratie scolaire et a vocation à nourrir le projet d’établissement.

Au-delà de la question de l’interdiction, se pose clairement la question de l’éducation et de l’encadrement. Penser qu’il suffit d’interdire est illusoire. De plus, il serait fort préjudiciable de croire qu’une interdiction suffise à un individu en construction, ce qui est le propre des élèves, à régler le problème bien réel des portables et autres réseaux sociaux.

La vie scolaire ne peut pas tout faire

Quid du quotidien dans les lycées ? Comment et avec quels moyens supplémentaires le ministère envisage-t-il de faire respecter cette interdiction ? Envisage-t-il un plan national d’éducation aux médias et autres en parallèle ?

Faut-il ici rappeler que les vies scolaires manquent cruellement de moyens pour répondre à l’ensemble des missions quotidiennes ? Faut-il rappeler ici combien les vies scolaires sont en souffrance par manque de moyens et de formations ? Faut-il enfin rappeler ici ô combien les vies scolaires sont devenues responsables et en charge de tout : harcèlement, écologie, santé mentale… ?

Non, il ne sera pas faisable de demander plus, et encore moins de demander l’irréalisable.

Le SE-Unsa vous propose un modèle de motion modifiable selon votre établissement, à présenter lors du conseil d’administration. Nous vous invitons également à solliciter les IA-IPR Éducation et vie scolaire (EVS) pour les questionner sur la mise en place d’un tel dispositif.


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