Jeudi 19 mars 2026, à l’appel des organisations syndicales de l’Education de la Loire, 40% des enseignants du premier degré se sont mobilisés par la grève. 

⇒ Une mobilisation histoiriquement haute, qui traduit une réralité de terrain : préoccupation, saturation et désarroi face à une mise en oeuvre de l’école inclusive de plus en plus difficile. 

Une audience en préfecture pour porter la voix des personnels

L’intersyndicale éducation de la Loire a été reçue dans l’après midi par Madame la sous-préfète, afin d’exposer une situation qui dépasse aujourd’hui largement le cadre de l’école. 

Le choix de solliciter la préfecture, et non la DSDEN, est un signal fort : les réponses apportées jusqu’ici par le DASEN ne sont pas à la hauteur des enjeux

21 ans après la loi de 2005, l’Etat ne prend toujours pas pleinement ses responsabilités. 

Une conviction partagée : oui à l'école inclusive, mais pas à n'importe quel prix

Toutes les organisations syndicales présentes l’ont rappelé : nous croyons en l’école inclusive. 

Cependant, nous refusons une école :

  • maltraitante pour les élèves, 
  • indigne pour les personnels, 
  • incapable de répondre aux besoins réels de notre société. 

Notre démarche vise à alerter les services de l’Etat et l’opinion publique. 

Des chiffres qui confirment une situation critique

Les données issues du Service Départemental de l’Ecole inclusive (SDEI) sont sans appel :

  • 17% des élèves ne sont pas scolarisés selon les notifications MDPH, 
  • 894 élèves sans AESH alors qu’ils y ont droit, 
  • 189 élèves en attente de place en ULIS, 
  • 223 élèves en attente de place en ESMS, 
  • Un accompagnement mutualisé d’AESH : 3h40 en moyenne sur 24h de classe. 

⇒ Une réalité : les besoins ne sont pas couverts !

Une souffrance au travail qui explose

Les remontées de terrain sont tout aussi alarmantes :

  • hausse importante des signalements dans les registres SST (santé sécurité au travail), 
  • multiplication des situations de violence subie par les personnels

⇒ Etre mordu, frappé, insulté … des situations devenues fréquentes. 

Dans quel autre service public accepterait-on cela ? 

Une école à bout de souffle

Notre enquête intersyndicale le confirme :

94% des écoles dénoncent :

  • Des moyens dédiés à l’inclusion largement insuffisants, 
  • des délais MDPH beaucoup trop longs. 

Le constat est clair : l’institution ne répond pas au défi de l’école inclusive. 

Des réponses institutionnels inadaptées

La mise en place des PAS (pôles d’appui à la scolarité) ne répond pas aux besoins. 

⇒ Réorganiser les moyens ne compensera jamais :

  • le manque de personnels, 
  • le manque de formation, 
  • le manque de reconnaissance

La logique du « faire mieux avec autant, voire mois » détruit progressivement l’Ecole de la République. 

Des besoins urgents et concrets

  • Des PsyEN en nombre suffisant

Aujourd’hui, ces personnels sont mobilisés presque exclusivement sur les diagnostics. 

⇒ Ils devraient aussi être un appui essentiel sur la santé mentale des élèves. 

  • Une reconnaissance des AESH

Les AESH sont indispensables à l’école inclusive, mais  le temps partiels leur est imposés, les salaires sont indignes, le statut leur est refusé et la formation arrive tardivement après la prise de poste. 

⇒ Le turn over est massif et fragilise davantage le système. 

Nous demandons la création d’un véritable statut et d’une formation dès la prise de fonction. 

Et maintenant ?

Madame la Sous-préfète s’est engagée à :

  • faire remonter la situation à Madame la Préfète, 
  • Agir, dans la mesure du possible, sur des leviers locaux. 

L’intersyndicale a demandé à être reçue à nouveau dans les prochains mois pour mesurer les évolutions. 

Le SE-Unsa 42 reste mobilisé

Cette audience est une étape. La mobilisation continue. 

Parce que :

  • les élèves méritent mieux, 
  • les personnels méritent mieux, 
  • l’école inclusive ne peut pas être un affichage sans moyens. 

Nous continuerons à porter votre voix, avec vous. 


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