Fortes chaleurs en Ardèche

Comme chaque année avec l’arrivée de l’été de plus en plus précoce, les températures atteignent de très hauts niveaux dans notre département et les salles de classe ne sont pas toujours adaptées pour les usagers, élèves et adultes.

Comment protéger la santé des élèves et des personnels tout en restant dans les clous ?

Que disent les textes ?

Mettons fin aux légendes urbaines qui circulent parfois au milieu de l’hiver ou aux abords des vacances d’été : Aucun texte ne fixe de température minimale ou maximale pour travailler dans les établissements scolaires.

Que faire ?

Des mesures relèvent du bon sens sont déjà mises en place dans la plupart des écoles :

  • Aérer les classes le matin avant l’arrivée des élèves,
  • Demander des ventilateurs et des stores à la collectivité,
  • Utiliser des vaporisateur pour refroidir régulièrement les élèves,
  • Éviter les expositions au soleil,
  • Limiter les dépenses physiques, suspendre les séances d’EPS et privilégier les récréations calmes et ombragées,
  • Faire boire les élèves régulièrement,
  • Réduire les sources de chaleur dans la classe (TNI, ordinateur, etc.),
  • Repérer et utiliser les lieux les plus frais de l’école (lieux ombragés, salles moins exposées, etc.) et hors de l’école (parc, bibliothèque, etc.),
  • Mobiliser la collectivité afin de rafraichir une salle qui serait utilisée à tour de rôle par l’ensemble de l’école.

 

Et ensuite ?

Ces mesures prises, il s’agit de s’appuyer sur des éléments factuels et objectifs, l’arme absolue étant le thermomètre.

  • Mesurez la température à différents moments de la journée (accueil des élèves, fin de matinée, début d’après-midi et milieu d’après-midi).
  • Communiquez ces informations auprès de la mairie et de votre IEN,
  • Sans réponse satisfaisante de leur part, saisissez-vous du registre « Santé et Sécurité au Travail » (RSST) Cette saisine n’apportera pas de réponse à votre problème, mais fera rentrer votre hiérarchie dans la boucle des responsabilités (sans vous en dédouaner).

Restez vigilant·e aux signes tels que :

  • Fatigue ou faiblesse,
  • étourdissements,
  • nausées,
  • crampes,
  • soif,
  • maux de tête,
  • température corporelle élevée.

Conduite à tenir face à un coup de chaud

  • Appeler le 15 (SAMU),
  • Allonger la personne et la rafraichir le plus possible (passage d’eau fraiche sur le visage et les parties visibles, ventilation),
  • Donner de l’eau fraîche en petite quantité si la personne est consciente et peut boire.

 

Et mon droit de retrait ?

Le droit de retrait est un droit individuel qui répond à une situation de danger grave et imminent.

Dans le cas de fortes chaleurs, ce droit ne peut s’appliquer qu’aux personnes présentant des fragilités de santé (femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques, personnes prenant certains médicaments pouvant majorer les effets de la chaleur ou gêner l’adaptation de l’organisme à la chaleur, personnes atteintes d’obésité…)

Si vous pensez être concerné·e, prenez d’abord contact avec votre IEN qui vous indiquera la marche à suivre.
Puis, si besoin, contactez le SE-Unsa😉.

Le Plan Canicule du ministère

Fraichement sorti ce jeudi 28 mai et envoyé aux Recteur/trice.s, Secrétaire Généraux et DASEN, 

Il s’articule autour de 5 fiches:

  • FICHE 1: Établir un diagnostic de l’état du bâti des sites scolaires 
  • FICHE 2: Protéger les personnels
  • FICHE 3: Adapter le fonctionnement d’une école ou d’un établissement scolaire
  • FICHE 4: Assurer la continuité pédagogique
  • FICHE 5: Adapter l’organisation des examens

 

L’analyse de l’UNSA Éducation

L’UNSA Éducation salue le fait que l’institution reconnaisse enfin la chaleur comme un risque professionnel à part entière. Cette reconnaissance constitue un préalable indispensable. Elle ne saurait cependant suffire.

Après une lecture attentive du plan et au regard des situations vécues dans les établissements et services, cette avancée reste essentiellement formelle et appelle une analyse plus approfondie.

  • Le premier constat est un écart important entre le contenu du plan et la réalité du terrain.
  • Un cadre peu protecteur: Dans les faits, la responsabilité est renvoyée vers le terrain.
  • Le plan agit surtout une fois la chaleur installée : horaires aménagés, réduction d’activité, fermeture, accueil exceptionnel. La prévention primaire est très insuffisante.
  • Le renvoi massif aux académies et aux collectivités territoriales produit mécaniquement des réponses très différentes selon les territoires.

Les demandes de l’UNSA Éducation

Pour l’UNSA Éducation, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir un plan, mais de le rendre réellement efficient, c’est pourquoi nous demandons des mesures concrètes, cela passe par  :

  • des outils d’évaluation et d’aide à la décision pour les équipes, adaptés à leurs besoins ;
  • une méthodologie partagée pour que les équipes sur leur terrain ne soit pas laissé à elle-même ;
  • une articulation réelle avec le DUERP et non une simple mise à jour administrative de celui-ci;
  • une approche structurelle du bâti scolaire, avec priorisation des situations critiques ;
  • un travail d’appropriation académique inscrit dans les orientations stratégiques ministérielles ;
  • une stratégie de prévention couvrant aussi les autres risques climatiques (froid, inondations…).

Sans cela, la canicule continuera d’être gérée dans l’urgence, avec une responsabilité transférée vers les personnels, au détriment de leur santé et de celle des élèves.

Nos articles Nationaux

– Le plan canicule du ministère…

(Article du 26 mai 2026)
L’avis de l’Unsa-Education sur le Plan canicule du ministère : « Entre reconnaissance du risque et réponses insuffisantes »

– Grand froid, fortes chaleurs et canicules, inondations…

(Article de décembre 2025)
Un article du SE-Unsa résume les textes :  Et le climat dans les établissements scolaires ?

– Chaleur intense, nouvelle réglementation depuis juillet 2025

(Article de juin 2025)
Un article de l’Unsa-éducation fait le point sur la nouvelle réglementation au 1er juillet 2025


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