Déclaration préalable de l’UNSA Education au CDEN du 25 juin 2026
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Directeur académique,
Mesdames et Messieurs les membres du CDEN ,
Nous aborderons aujourd’hui deux points d’actualité : la canicule et la préparation de la rentrée scolaire.
À l’Unsa Éducation, nous sommes profondément choqués par l’absence de réponse concrète et uniforme de la hiérarchie face à une situation de canicule qui met en difficulté les personnels, les élèves et les parents. Les agents ont multiplié les fiches RSST pour signaler la gravité de la crise. Pourtant, aucune consigne départementale claire n’a été transmise pour leur permettre d’agir sereinement. Alors que le ministre a laissé une marge d’organisation, les collègues ne savent quels droits ou quelle organisation adopter ;Ils nous demandent : Faut-il attendre que les pompiers interviennent dans les établissements pour que la santé des élèves et des personnels soit enfin considérée comme une priorité ? Nos collègues attendent des réponses claires et ne comprennent que la fermeture concernent certains établissements neufs…au point que l’article du journal local les fait hésiter entre rire et désespoir
U sujet de la carte scolaire, les personnels du premier degré demeurent dans l’attente de nombreuses réponses concernant leur situation à la rentrée prochaine. Or ces décisions risquent d’avoir des conséquences importantes sur l’organisation des écoles et sur les collègues concernés, le manque de visibilité demeure une source d’inquiétude pour de nombreux enseignants et directeurs.
Cette situation intervient dans un contexte où les équipes sont déjà fortement sollicitées. Les exigences institutionnelles se multiplient tandis que les moyens restent contraints. Les personnels expriment régulièrement leur lassitude face à l’accumulation des tâches administratives, aux difficultés de remplacement, aux charges liées à l’inclusion scolaire et aux réorganisations successives.
Lors du CSA-SD d’avril puis au dernier CDEN les représentants du département, des personnels, des parents, des DDEN et des maires ont unanimement rejeté les mesures proposées. Ce vote ne remettait pas en cause le travail des services de la DSDEN, dont nous connaissons l’engagement et le professionnalisme, ni le principe même de la carte scolaire. Il exprimait avant tout un désaccord avec le contexte dans lequel cet exercice s’inscrit désormais : celui d’une réduction des moyens alors même que les besoins restent importants dans nos écoles.
Nous connaissons les contraintes qui pèsent sur notre département. Nous savons que les moyens attribués ne permettent pas de répondre à toutes les situations qui mériteraient pourtant une attention particulière. Mais lorsque les moyens manquent, les décisions prises ont des conséquences très concrètes.
Une fermeture de classe n’est jamais un simple ajustement administratif. Elle pèse sur les équipes, sur les conditions d’apprentissage des élèves et sur la capacité des écoles à faire face aux difficultés scolaires, comportementales ou liées à l’inclusion.
C’est bien là que se pose la question des choix politiques faits pour l’École. Alors que la baisse démographique aurait pu permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, de renforcer le remplacement, les aides spécialisées ou l’accompagnement des élèves les plus fragiles, elle sert principalement à justifier des suppressions de postes.
Nous souhaitons connaître les perspectives d’évolution de la carte scolaire pour les années à venir. Certaines situations locales continuent d’interroger les équipes et les élus, notamment dans les secteurs ruraux où quelques élèves peuvent suffire à faire basculer les conditions d’enseignement. C4est pourquoi l’Unsa Education remercie M. le Préfet et M le Dasen d’avoir lors du dernier CDEN accédé à sa demande d’associer les organisations syndicales élues à une réflexion sur le maillage nécessaire pour les année sà venir.
Cette logique de gestion sous contrainte se retrouve également dans les débats actuels sur l’école inclusive. Le déploiement des PAS (pôles d’appui à la scolarisation) suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations. Les personnels enseignants comme les AESH ou les familles souhaitent comprendre concrètement ce qui va changer dans l’accompagnement des élèves à besoins particuliers, quelles seront les missions des nouveaux dispositifs et quels moyens humains et financiers leur seront réellement consacrés.
Pour l’UNSA Éducation, une école réellement inclusive passe par une meilleure reconnaissance des AESH : un véritable statut, des perspectives de carrière, un accès facilité au temps complet et une rémunération à la hauteur des missions exercées.
Au-delà de la question de l’accompagnement, nous souhaitons attirer l’attention de cette instance sur le mal-être croissant d’un nombre important d’enseignants.
Dans ce contexte, maintenir des classes à effectifs raisonnables n’est pas un confort supplémentaire ; c’est une nécessité. C’est un levier concret pour préserver la santé des personnels, améliorer les conditions d’apprentissage de tous les élèves et permettre une prise en charge plus adaptée des situations complexes.
Réduire les moyens au seul regard des chiffres de la démographie revient à ignorer une réalité que les équipes vivent chaque jour : les effectifs baissent parfois, mais les besoins, eux, augmentent.
Au fond, la question est simple : sommes-nous prêts à investir les moyens nécessaires pour que l’école fonctionne réellement ?
Pour conclure sur une note positive : il ressort du traditionnel Baromètre des métiers de notre fédération Unsa Education que nos collègues continuent de croire profondément au sens de leur métier. Ils veulent enseigner, accompagner, transmettre et faire réussir les élèves. Mais chacun constate aussi que l’écart se creuse entre cet idéal et la réalité quotidienne.
Les personnels continuent d’assurer leurs missions avec professionnalisme et engagement. Mais cet engagement ne peut pas devenir la réponse permanente au manque de moyens. On ne peut pas construire durablement l’École sur la seule capacité des personnels à compenser ce qui fait défaut.
Car une école qui tient n’est pas forcément une école qui va bien.
Et nous refusons que notre seule ambition collective pour l’Ecole soit qu’elle tienne…