Madame la directrice générale, chers membres de la formation spécialisée,
Nous prenons acte de votre départ annoncé et souhaitons marquer ce moment avec la mesure et le respect qui s’imposent. Nous espérons que votre passage à la tête de l’Agence vous aura apporté des satisfactions malgré des désaccords persistants dans un contexte compliqué avec des difficultés majeures qui restent à dépasser. Votre départ ouvrira un nouveau chapitre que nous aborderons avec lucidité et détermination.
Les personnels sont plongés dans une profonde anxiété face à un avenir qui paraît brouillé. Pourtant tous, diplomates, personnels, parents, s’accordent à reconnaître la nécessité d’une diplomatie scolaire pour la France et la qualité de nos enseignements.
Les délibérations prises au conseil d’administration de décembre sont en train de produire leurs effets. Ces effets budgétaires sont de grande ampleur et les conséquences s’échelonnent sur plusieurs exercices comptables. L’effet en terme de RH est lui immédiat : les établissements et leurs personnels ont été placés d’emblée sous pression. Pression des parents qui pour une large majorité refusent de payer davantage le même service. Pression de Paris pendant le dialogue de gestion pour augmenter les tarifs et parfois planifier des premières suppressions d’emploi. Chacun se sent sur la sellette. Chacun a peur pour demain. Les informations en coulisses annoncent déjà une réforme de l’avantage familial et de l’ISVL. Il y a un effet de saturation qui monte. La capacité de chacun à digérer des changements et des reculs sociaux ou financiers n’est pas infinie. surtout quand on exerce dans un environnement international et des pays à la situation mouvante.
La réforme financière ne semble portée par aucune politique précise. Elle ne fait l’objet d’aucun cap rassembleur. Mme Cazebonne va proposer ainsi des pistes de réforme alors que les chantiers financiers sont déjà engagés. La réforme se résume à des économies comptables à cause des arbitrages négatifs qu’a subi le programme 185 face aux demandes de Bercy. Sur le sujet des pensions civiles, notons l’inconséquence immense de l’Etat employeur qui continue à prendre en charge directement les pensions des détachés directs et fera payer les établissements pour les autres. Deux poids deux mesures.
Une réforme ne peut être acceptée que si elle est comprise de tous, si elle répond à l’intérêt général et si elle oblige chaque personnel à regarder vers des buts et objectifs plus élevés. L’arithmétique de la calculette ne peut tenir lieu de politique. Dire à la tribune que nous sommes un réseau d’élite avec des personnels qui assurent sérieusement la mission qui leur est confiée et avoir dans le même temps la politique comptable d’une entreprise en difficulté est un immense paradoxe.
L’ironie de l’histoire institutionnelle fait que cette réforme financière arrive dans un moment où les agents sont fragilisés par une autre mesure, la PSC, qui aurait dû tenir lieu d’avancée sociale mais qui se révèle être l’inverse. L’Etat ne brille pas toujours dans la conduite de ses politiques et les incertitudes sur les remboursements ou le périmètre de prise en charge des soins ne pouvaient pas plus mal tomber que maintenant. Il faut aimer la peinture de Soulage, il faut aimer le clair obscur de Caravage pour ne pas désespérer d’aujourd’hui ou de demain quand l’ombre gagne.
Le populisme s’installe peu à peu dans l’hexagone, la peur de l’autre empoisonne les esprits, et nul ne sait vraiment quel sera le contour de la France de demain et de sa diplomatie. Celle du repli sur soi ou de l’universalisme préservé ? C’est davantage d’internationalisme dont nous avons besoin et ce réseau multiculturel et ouvert devrait être plus que jamais un symbole à défendre et un exemple éducatif à suivre !
L’Ambiance générale est en conséquence dégradée dans le réseau et en centrale, et quelques situations difficiles voire dramatiques persistent ou se font jour.
Allumons pour finir néanmoins quelques lumières dans la pénombre :
Nous remercions la direction pour la formation en premiers secours en santé mentale. La visite SST de Nantes a montré également beaucoup d’éléments positifs. Des outils existent aussi pour accompagner les agents : Papripact, Dispositif de signalement VSST, ligne d’écoute, plan de prévention : il est important d’avoir une attention particulière au bon fonctionnement de ces dispositifs.
Il faudra donc du courage collectif pour affronter la période actuelle. Pour allumer des lumières et ne pas laisser la chandelle s’éteindre.