Déclaration liminaire de l’Unsa Éducation 53 au CDEN du 2 juillet 2026
Madame la Préfète,
Monsieur le Directeur académique,
Mesdames et messieurs les membres du CDEN,
Alors que les personnels et les élèves des écoles publiques ont suffoqué toute la semaine dernière sous une canicule exceptionnelle, de nombreuses mairies, des services préfectoraux ou encore des établissements privés fermaient leurs portes.
Nos écoles publiques, elles, sont restées en première ligne. Elles ont permis le maintien de l’activité économique alors que ce n’est pas leur mission. Mais lorsque les écoles ferment, de nombreux parents sont contraints de rester chez eux faute de solution de garde.
Il faut avoir le courage de le dire : dans ces conditions, nous ne faisons plus véritablement école. Nous assurons avant tout une mission de garde. Les objectifs pédagogiques sont caducs.
Être un facteur de stabilité pour la société n’est pas un problème en soi. Nous sommes un service public et nous en sommes fiers. Mais cela suppose au moins deux conditions.
La première est de disposer des moyens nécessaires pour faire face aux crises climatiques sans mettre en danger les personnels et les élèves. Si l’école doit rester ouverte « coûte que coûte », alors il faut investir « quoi qu’il en coûte ».
La seconde condition est de prendre soin des personnels. Plus que des remerciements, ils méritent une véritable reconnaissance de leur engagement. Présents à chaque crise, à chaque urgence, ils assurent leurs missions, auprès des élèves, des familles et de la Nation, quelles que soient les circonstances. Leur engagement doit se traduire par de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et des investissements à la hauteur des défis d’aujourd’hui.
Les épisodes climatiques extrêmes vont se multiplier. Ce que nous vivons aujourd’hui annonce ce que sera l’école de demain si aucune politique ambitieuse n’est engagée. L’Unsa Éducation de la Mayenne ne peut se satisfaire de constater année après année que l’État et certaines collectivités territoriales n’ont toujours pas pris la mesure de la situation et continuent à réagir plutôt que d’agir.
Enfin, comment demander aux communes d’investir massivement dans la rénovation thermique, l’isolation ou l’adaptation de leurs écoles aux épisodes climatiques extrêmes, tout en maintenant une politique de carte scolaire qui ferme chaque année des classes, voire des écoles entières, sans aucune visibilité à moyen ou long terme ? Quel maire engagerait plusieurs centaines de milliers d’euros, parfois davantage, sur un bâtiment dont personne ne peut lui garantir qu’il accueillera encore des élèves dans quelques années ? Cette contradiction est devenue intenable.
La transition climatique de l’École ne pourra se faire sans un véritable plan pluriannuel de la carte scolaire, construit en concertation avec les personnels et les collectivités, donnant de la visibilité aux élus locaux et permettant enfin des investissements cohérents et durables au service des élèves et des personnels. Là encore, nous ne pouvons plus nous contenter d’une gestion à courte vue et de décisions prises au fil de l’eau. Les défis qui sont devant nous exigent une ambition et une stratégie de long terme.
L’Unsa Éducation demande la réalisation par toutes les collectivités territoriales propriétaires d’un audit effectué par des experts en énergie indépendants afin de programmer les travaux nécessaires pour faire en sorte que l’école ne soit pas seulement un lieu d’accueil (mot que notre ministre a semble-t-il du mal à orthographier) mais bien un lieu d’apprentissage où toutes les conditions sont réunies pour préparer l’avenir de notre pays.
Pour cela, il faut des établissements et des écoles adaptés et des personnels respectés socialement et reconnus financièrement. C’est encore une fois une question de choix. L’Education doit être la priorité et cela a un coût. A chacun, État, mairies, conseil départemental, conseil régional de prendre sa part. Les personnels eux font leur travail, au détriment parfois de leur santé. Cela ne peut plus durer. Il est temps de préparer ensemble la France de demain où professeurs et élèves partagent enfin des lieux d’apprentissage adaptés, où chacun se sent respecté.
On ne peut pas accepter de fonctionner en mode dégradé plusieurs semaines par an par manque d’anticipation. Le service public d’éducation mérite mieux que des grands discours, il attend des actes !