Les résultats du Baromètre des métiers 2026 sont désormais disponibles avec une participation de près de 43 000 personnes, majoritairement issues de l’Education Nationale (il y a aussi l’Enseignement Supérieur et la Recherche, Jeunesse et Sport, et l’Enseignement agricole). On vous propose un focus sur les enseignants du 1er degré, qui ont quelques caractéristiques marquées par rapport aux autres répondants y compris les profs du 2nd degré.
Lien vers l’article synthétique des résultats du Baromètre des métiers 2026
Lien vers le dossier de presse des résultats du Baromètre des métiers 2026
Résumé
Le 1er degré se caractérise en étant le groupe de répondants qui a le moins d’avis positifs sur le sentiment d’être reconnu et respecté, ainsi que le moins d’avis positifs concernant la satisfaction des conditions de travail. C’est également le seul groupe à mettre le stress comme premier risque d’exposition dans leur métier et, mais cela va de pair, le seul groupe à faire apparaître la santé comme une priorité à améliorer. On s’étonnera donc peu que les enseignants du 1er degré soient le groupe qui conseille le moins leur métier à des jeunes. A noter, un point particulier du 1er degré avec la question du remplacement (cf. dans En détails).
En détails
A la question Globalement, ressentez-vous de la reconnaissance et du respect dans votre pratique professionnelle ?

A la question Diriez-vous que vos conditions de travail sont satisfaisantes ?
A la question n°8 Parmi les situations suivantes, à laquelle vous sentez-vous particulièrement exposé·e ? Manque de reconnaissance ; Stress / situations émotionnelles difficiles ; Consignes inadaptées ; Crainte pour l’avenir du métier ; Outils inadaptés ; Manque d’autonomie ; Cadre de travail non sûr
A la question n°9 Parmi les domaines suivants, quels seraient les trois que vous voudriez voir améliorés prioritairement ? Pouvoir d’achat ; Charge de travail ; Santé ; Perspectives de carrière ; Relations hiérarchiques ; Formation continue ; Aménagement du lieu de travail ; Appui à l’exercice professionnel
A la question n°15 Conseilleriez-vous votre métier à un jeune ?
A la question d’actualité Avec la baisse démographique, les moyens disponibles devraient servir en priorité à : Réduire le nombre d’élèves par groupe ; Augmenter le nombre d’enseignants remplaçants ; Recruter davantage d’autres personnels ; Réduire la dette de l’État ; C’est aux équipes d’en décider ; Redéployer vers d’autres priorités
La problématique 1er degré est vraiment spécifique avec un taux de réponse important et au-delà d’une lecture binaire qui serait Profs non remplacés = pas de profs devant élèves/répartition des élèves elle traduit sûrement au moins trois autres éléments :
1) le 1er degré n’a pas de vie scolaire, ce qui ne permet pas une absence d’une demie-journée ; ce que peut se permettre le 2nd degré (dans le premier degré, une absence = une journée).
2) une mission des brigades qui va au-delà du remplacement. En effet, lorsqu’ils sont sur leur école de rattachement, c’est un enseignant supplémentaire qui intervient pour aider les autres enseignants ou la direction d’école. Syndicalement, lors des visites, on a d’ailleurs constaté ces dernières années des questions autour des lieux de rattachement des brigades (par exemple, pourquoi telle école en a deux mais pas nous).
3) la difficulté pour les enseignants du 1er degré à obtenir une autorisation d’absence en dehors de leurs autorisations de droit, avec une augmentation des refus pour Nécessité de service qu’il serait intéressant de pouvoir chiffrer ; tout comme il serait intéressant de pouvoir chiffrer la hausse des arrêts maladie pour, malheureusement (car c’est une journée de salaire perdue), « compenser » les défaillances du système. A noter/rappeler : le 1er degré est le seul groupe à mettre la santé dans ces trois priorités d’amélioration, peut-être y a-t-il un lien à faire avec cette problématique du manque de remplaçant.
Voici d’ailleurs un (triste) florilège de demandes refusées ces dernières années dans le Calvados [anonymat et alternance du pronom masculin et féminin] : prendre des photos de sa sortie de garage avec l’immatriculation de la voiture lors d’un épisode neigeux pour prouver que le collègue ne pouvait pas sortir de son garage ; une collègue à qui l’on demande de se faire représenter par son avocat dans un jugement de divorce ; un collègue à qui l’on refuse d’assister à une IRM de son enfant en demandant que sa conjointe s’y rende ; un collègue à qui l’on demande que son chirurgien – qui exerce sur Paris et Caen – justifie son emploi du temps de ne pouvoir le recevoir en consultation que le mercredi et non en semaine ; un collègue qui ne peut assister à des championnats du monde où participe son enfant, championnats qui se déroulent pourtant en Normandie ; une collègue en panne, qui s’arrange pour être dépannée par une voisine, qui va réussir à être présente en classe l’après-midi et qui se voit refuser son autorisation d’absence avec retrait de salaire ; un collègue organisant les funérailles d’un grand parent direct et qui ne se voit accorder pour l’organisation qu’une demi-journée la veille de l’enterrement ; une collègue à qui on refuse un stage syndical pour nécessité de service, et le brigade de son école n’est pas envoyé en remplacement (ou la brigade à qui on refuse un stage syndicale pour nécessité de service mais qu’on n’envoie pas remplacer) ; un collègue devant assister son fils de 20 ans atteint d’une tumeur, pour ses démarches administratives, qui se voit répondre que sa demande n’est pas traitée pour le moment car il a coché « évènement douloureux » au lieu de « autre ».




