Le 23 septembre 2026, la Rectrice a convoqué un groupe de travail avec les organisations syndicales et des représentants de la formation : DASEN du 21, directrices de la formation, inspecteur·rices… pour faire le point sur son dispositif « Au cœur de la classe ». Malgré une « écoute active » affichée par la Rectrice, nous avons assisté à un long exposé, entre autosatisfaction et surdité institutionnelle, qui a tourné en boucle. Et le bilan du dispositif « ACC » ? Il viendra plus tard ! … Malgré vos remontées largement négatives, on continue le dispositif !!!

Des établissements "pilotes" sélectionnés pour lutter contre les difficultés scolaires

Ce dispositif « Au cœur de la classe » a concerné 61 écoles et 31 collèges dans l’académie de Dijon en 2025-2026… un point de départ pour ensuite l’élargir ! Ces établissements ont été sélectionnés – sans concertation, soi-disant sur la base du « volontariat », et sans moyens supplémentaires, voire avec moins de moyens et des classes plus chargées qu’avant l’entrée dans le dispositif – après analyse statistique (notamment des évaluations nationales et des résultats au DNB).

Les objectifs ? « Lutter contre les difficultés scolaires » et accompagner les élèves les plus fragiles dans les apprentissages fondamentaux, maths et français (la lecture, les bases en calcul…). Des IEN, ERUN et CPC dans les écoles et des IPR dans le secondaire sont intervenus au plus près des collègues pour partir du terrain et résoudre plus rapidement les problèmes… Voilà pour le discours officiel !

Vos retours du terrain

Malgré les remontées très majoritairement négatives des organisations syndicales, la Rectrice a insisté sur le fait que ce n’est ni une inspection, ni une évaluation qui remettraient en cause le travail des enseignants. Quelques rares collègues ont apprécié ces temps d’échanges de pratiques, pris sur le temps d’enseignement en partie, mais le dispositif a largement été vécu comme descendant, chronophage, inutile et mettant en doute les compétences des collègues.

A titre d’exemple : 12 écoles dans le 21 ont vécu le dispositif, soit 80 classes avec 2 jours de formation sur le temps scolaire, qui a mobilisé 160 jours de remplacement ! Vous avez dit remplacement ? Des remplaçant·es positionné.es sur une suppléance longue ont été « déplacé·es » pour combler ces jours de formation…

Dans les collèges, certaines réunions se sont déroulées sur des heures de cours, donc on a privé des élèves d’heures d’apprentissage pour améliorer les apprentissages des élèves ! A ce dispositif, dans le second degré, s’est ajouté celui du Ministère « collèges en progrès » depuis janvier 2026. Constat : 9 collèges se sont trouvés en double dispositif étant déjà engagés dans « Au cœur de la classe » et 30 autres sont inscrits soit dans le dispositif « au cœur de la classe », soit dans celui « collège en progrès ». Les « indicateurs statistiques objectifs » de l’académie et ceux du ministère ne sont semble-t-il pas tout à fait les mêmes.

L’avenir du dispositif « Au cœur de la classe »

Malgré notre insistance sur le « mille-feuilles » de dispositifs existants, l‘épuisement des collègues, leur défiance envers notre institution, on continue « ACC » ! Pas de moyens ? Mais une inscription dans un temps plus long !

  • Pour les écoles : les « résidences pédagogiques » prennent le relais et font partie du plan quinquennal de formation (dans un ordre différent selon les circos : Evaluation d’écoles, Animations « autres », Constellations, Résidences pédagogiques, Animations pédagogiques « plan maths-français »)
  • Pour les collèges : ACC est inscrit dans un plan triennal. 4 demi-journées seront banalisées cette année.

 

L'avis du SE-Unsa

L’UNSA a insisté auprès de la Rectrice sur les freins qui infléchissent les résultats des élèves et/ou entravent la pratique pédagogique des enseignant·es :

  • Le turn-over des élèves d’où des résultats d’évaluations qui ne sont pas représentatifs ou peu fiables
  • Le manque de mixité sociale dans les établissements
  • Le nombre d’élèves par classe avec une carte scolaire très dure
  • La gestion des Elèves à Besoin Educatif Particulier (EBEP) sans moyens supplémentaires
  • Le climat scolaire qui s’est dégradé fortement
  • Une déficience des élèves dans les compétences psycho-sociales
  • La multiplicité des nouveautés : programmes, méthodes proposées, que les collègues n’ont même pas le temps d’intégrer et de mettre en œuvre.
  • La superposition des dispositifs : certains établissements en REP+ ou en cité éducative sont déjà investis dans des formations spécifiques et des projets chronophages…

 

A aucun moment la Rectrice n’admet que l’élève est « au cœur » d’un écosystème. A aucun moment, l’institution ne s’interroge sur les racines profondes des inégalités et des difficultés scolaires. Donc les inégalités sociales, entre territoires, accès à tel ou tel service, institutions culturelles… ne seront pas questionnés et perdureront. L’équité à l’école pour nos élèves ne semble définitivement pas être une priorité pour nos dirigeants. C’est bien connu : l’école peut tout corriger en vase clos, sans connexion avec les problématiques sociétales, sans moyens pour accueillir les enfants à besoins particuliers dans des classes de plus en plus chargées.

Nous continuerons de faire remonter vos témoignages anonymisés à la Rectrice pour lui donner des exemples concrets de votre vécu lors du bilan du dispositif « ACC » à venir.

Pour toute question contactez une de nos sections départementales !

21@se-unsa.org

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71@se-unsa.org

89@se-unsa.org


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