Le SE-Unsa publie les résultats d’une enquête menée par le collectif contre les LGBTIphobies en milieu scolaire et universitaire auprès de 3 468 personnels des premier et second degrés, dont 906 du privé sous contrat, sur la mise en œuvre des programmes d’ÉVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité). Si neuf répondants sur dix déclarent connaître l’existence du dispositif depuis la rentrée 2025, l’enquête met en lumière un déploiement encore fragile et très disparate selon les territoires et les établissements.

Une formation jugée insuffisante

Premier constat : les personnels se sentent insuffisamment préparés. Seuls 35 % des répondants indiquent avoir bénéficié d’une formation, contre 47 % qui déclarent ne pas avoir été formés. Lorsque des formations existent, elles sont souvent perçues comme trop théoriques et peu adaptées aux réalités du terrain. Les réponses montrent également une forte hétérogénéité : animations pédagogiques, initiatives locales ou formations syndicales remplacent souvent une véritable politique nationale de formation.

Pour le SE-Unsa, cette situation alimente un sentiment d’impréparation chez les équipes et fragilise la mise en œuvre du programme.

Un déploiement encore partiel

La moitié des répondants indique que des séances ÉVARS ont commencé dans leur école ou établissement. Mais, dans de nombreux cas, leur organisation repose principalement sur l’engagement individuel des enseignants. Les démarches collectives restent limitées : moins d’un tiers des personnels évoquent une mise en œuvre réellement concertée dans le cadre d’un projet impliquant l’ensemble de l’équipe éducative.

Dans le second degré, moins d’un répondant sur deux affirme qu’un référent ÉVARS a été désigné. Une situation qui illustre, selon nous, le manque de structuration du dispositif.

Des difficultés persistantes

L’enquête fait ressortir trois difficultés majeures, dans le public comme dans le privé : le manque de moyens, l’insuffisance des formations et le flou des attentes institutionnelles. De nombreux personnels évoquent également des inquiétudes face à certaines thématiques sensibles ou à d’éventuelles réactions de familles.

Dans ce contexte, certains enseignants disent adapter ou réduire les contenus abordés, en privilégiant des thèmes jugés plus consensuels comme les émotions, le respect ou les relations interpersonnelles. Les sujets considérés comme plus sensibles sont parfois écartés, ce qui conduit à une application partielle des programmes.

Le recours aux associations

Un établissement sur cinq a fait appel à des associations extérieures. Le Planning familial apparaît comme l’organisme le plus souvent cité et bénéficie globalement d’une image positive auprès des répondants. Quelques oppositions ou contestations sont néanmoins signalées, qu’elles soient institutionnelles, politiques ou locales.

L’avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa rappelle son attachement à l’ÉVARS, qu’il considère comme un levier essentiel pour l’égalité, la prévention et le respect des élèves. Mais nous estimons que la réussite du dispositif nécessite un engagement institutionnel beaucoup plus fort.

Nous demandons donc un cadrage national plus clair, des moyens identifiés, du temps dédié et une formation généralisée des personnels. Pour le SE-Unsa, l’ÉVARS ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté des équipes : elle doit devenir une politique éducative pleinement accompagnée et reconnue.


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