Chaque rencontre avec le ministre est, pour le SE-Unsa, l’occasion de porter la voix de tous les métiers que nous représentons.
Reçus en audience par Edouard Geffray le 12 juin dernier, nous avons de nouveau porté les préoccupations liées aux missions et aux métiers trop invisibilisés, alors qu’ils sont essentiels au système éducatif (remplaçants, AESH, CPE, AED, correcteurs du CRPE, formateurs…). Nous avons également abordé des situations injustes et pénalisantes telles que les fermetures de poste, les carrières au point mort, les ruptures conventionnelles…
ISSR : hausse en vue, enfin !
Nous avons demandé à quel moment la mise en place de la revalorisation du barème kilométrique (+3,2 % du 1er juin au 31 décembre 2026) allait concrètement s’appliquer dans l’Éducation nationale sur l’ISSR, pour les collègues concernés. L’impact sur le portefeuille, lui, ne se fait pas attendre !
Le ministre a reconnu que le cheminement législatif étant en cours, il fallait anticiper la mise en œuvre pour éviter tout délai supplémentaire.
Nous avons donc obtenu l’accélération du processus et l’assurance que cette compensation de la hausse du prix du carburant serait effective sur les paies de septembre, avec effet rétroactif bien sûr !
AESH et AED : indemnités REP/REP+
Nous avons alerté le ministre sur l’impact des versements rétroactifs, très tardifs, des indemnités REP/REP+, actuellement en cours de traitement, sur les droits sociaux des collègues AESH et AED (bourses sur critères sociaux, prestations de la CAF, prime d’activité…).
Nous avons demandé au ministère employeur :
- d’informer les collègues concernés de la possibilité de déclarer ces revenus comme des revenus différés, afin d’en atténuer les effets fiscaux;
- et que les services du ministère fournissent aux collègues tous les documents utiles ainsi qu’une notice explicative sur les modalités spécifiques.
Vous êtes concernés ? Contactez votre équipe SE-Unsa !
Démographie et préparation de la rentrée scolaire : la réalité au cœur des débats !
En nous appuyant sur l’accompagnement des situations que nous menons dans les 18 départements expérimentaux « démographie scolaire », nous avons alerté le ministre sur :
- les territoires où les personnels n’étaient toujours pas informés en demandant la mise en place d’une instance spécifique, associant tous les acteurs concernés (et pas seulement les élus locaux), pour dépasser la seule logique comptable de la baisse démographique ;
- la nécessité de prendre en compte chaque réalité territoriale (ruralité, dualité public/privé…) pour éviter des fermetures incohérentes, injustes et pénalisantes.
Le ministre a répondu être dans cette logique et vouloir viser par cette expérimentation :
- une vision à 5 ans de la carte scolaire pour obtenir des moyens qui répondent aux besoins réels du terrain ;
- une réflexion pour cibler les lieux à « protéger », les fusions/regroupement possibles (avec prise en compte des temps de transport des élèves) .
Nous avons rappelé que si les établissements privés ne font évidemment pas partie de l’expérimentation, une grande vigilance sera nécessaire pour éviter la mise en concurrence public/privé et préserver partout l’École publique qui, rappelons-le, accueille tout le monde !
Vie scolaire : à chaque métier, son urgence !
Pour les CPE, nous avons demandé qu’un rappel soit fait sur le respect des « heures laissées à l’appréciation ». Si la circulaire de mission reste adaptée après une décennie, même avec les nouvelles missions que les CPE ne renâclent pas à prendre en charge, cela ne peut pas se faire au prix de la dilution du sens du métier ou au détriment des collègues !
Rappel accordé par le ministre, à suivre !
Concernant nos collègues AED, nous avons pointé :
- la rémunération ;
- les conditions de renouvellement de contrat (délai entre les entretiens et la notification des dotations en établissement) ;
- le respect des textes réglementaires ;
- le recrutement d’AED dans les écoles.
Et pour les AED CDisés, nous avons demandé :
- une grille de rémunération nationale, nécessité partagée par le ministre, ;
- l’ouverture au crédit d’heures (notamment pour les étudiants salariés, dont les parcours de formation s’allongent) ;
- et la mise en place d’un temps de travail sur ces deux sujets !
Carrières : sortir du point mort
Nous avons rappelé la forte attente des collègues quant à la revalorisation des déroulés de carrière, notamment après la non-publication d’un décret en 2024.
Si ce texte, travaillé durant des mois avant d’être abandonné faute de budget, était insuffisant, notamment pour les fins de carrière, le chantier est à rouvrir urgemment !
Le ministre a partagé ce constat et a dit ne pas être opposé à la reprise du travail sur ce sujet. C’est chose entendue et nous allons faire inscrire cette demande dans les discussions sur le budget 2027 !
Correcteurs du CRPE : piégés une fois mais pas deux !
Notre courrier au ministre pour exiger que le taux de rémunération de chaque copie du CRPE ne soit pas calqué bêtement sur le nombre de correcteurs par copie (mais bel et bien sur le nombre de copies par correcteur, comme l’exige le texte) a reçu une réponse défavorable.
Nous avons averti le ministre : les collègues correcteurs, constatant une rémunération inférieure à celle annoncée, ne s’y laisseraient sans doute pas prendre à deux fois. On ne peut pas dire que ces dernières années, les salaires permettent de s’asseoir sur la rémunération d’un travail fait !
Avis aux collègues : n’hésitez pas à signaler d’ores et déjà votre refus de corriger le CRPE 2027 !
Avis au ministre : vous devrez assumer un CRPE 2027 sans correcteurs !
Formateurs : un réel dénigrement des missions
Nous avons renouvelé notre demande de discussions sur la question des formateurs (conseillers pédagogiques, formateurs, tuteurs, MAT…) afin de traiter les sujets suivants, indispensables pour relancer l’attractivité de ces missions :
- la rémunération ;
- les conditions de travail ;
- et la valorisation des compétences.
Le ministre ne semble pas enclin à mettre ce sujet sur la table, se contentant d’une réforme de la certification des formateurs, qui rencontre une opposition unanime et ne répond pas aux attentes de la profession !
Rupture conventionnelle : vous avez dit gestion RH ?
Nous avons demandé que ce dispositif soit réellement effectif et que les demandes soient traitées au plus vite.
En effet, malgré la pérennisation de la rupture conventionnelle dans la Fonction publique, nous avons dénoncé les blocages en territoire au motif que les décrets d’application ne sont pas publiés. Or, l’inscription de ce dispositif dans la loi permet toujours de s’appuyer sur les décrets de l’expérimentation pour les fonctionnaires car ces textes ne fixent pas de durée limite à cette procédure.
Le ministère considère que les décrets appliqués lors de l’expérimentation sont désormais caducs, car celle-ci était restreinte au 31 décembre 2025. Sans interdire l’instruction des dossiers, il a donc passé consigne de ne pas finaliser les demandes tant que les nouveaux décrets ne seront pas publiés, les montants et modalités de calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle pouvant être différents de ceux de l’expérimentation.
Lecture rigide des textes : 1 / Prise en compte de la réalité humaine : 0