Face aux nombreuses problématiques soulevées par les redéploiements d’AESH, le SE-Unsa 31 a demandé une audience auprès du DASEN afin que soient enfin établies des règles claires, transparentes et bienveillantes concernant les critères de ces redéploiements.
Les AESH savent qu’elles/ils sont affecté-es sur un PIAL et non sur une école ou un établissement en particulier. Ce principe n’est pas remis en cause.
En revanche, ce qui interroge profondément, c’est la manière dont les décisions sont prises et annoncées : pourquoi un-e AESH est-elle redéployé-e plutôt qu’un-e autre ? Quels sont les critères retenus Sur quelles bases ces choix sont-ils effectués ?
Aujourd’hui, aucune réponse claire n’est apportée.
Cette absence de transparence met en difficulté l’ensemble des actrices et acteurs de l’Ecole :
- Les AESH, qui subissent des décisions lourdes de conséquences sans pouvoir obtenir la moindre justification.
- Les AESH référent-es et les coordinatrices/coordinateurs de PIAL, dont le rôle est souvent méconnu. Elles/Ils se retrouvent bien trop souvent pris-es à partie alors qu’elles/ils ne sont en aucun cas décisionnaires des redéploiements.
- Les pilotes de PIAL, seuls décisionnaires, qui doivent accueillir, écouter et accompagner des AESH en souffrance dans une période déjà particulièrement tendue (fortes chaleurs, examens, préparation de la rentrée scolaire) en plus des missions quotidiennes de chaque pilote (IEN ou chef-fe d’établissement)
- Les équipes pédagogiques, dont l’organisation est bouleversée par ces changements de dernière minute. Les enseignant-es et les AESH construisent, au fil des semaines, un véritable travail d’équipe au service des élèves. Modifier brutalement cet équilibre déstabilise les pratiques, rompt une dynamique de collaboration qui s’est installée et nécessite de tout reconstruire, au détriment de la continuité de l’accompagnement
- Et surtout les élèves. Car si les redéploiements sont censés être réalisés dans l’intérêt des élèves, ils peuvent aussi avoir des conséquences très lourdes pour elles/eux. Certain-es n’ont même pas le temps de dire au revoir à leur AESH. D’autres, dont on connaît le besoin de repères, voient disparaître du jour au lendemain l’adulte de confiance qui constituait leur référence et avec laquelle/lequel ils/elles avaient construit une relation indispensable à leur accompagnement.
Comment justifier de telles situations tant qu’aucun cadre transparent n’existe ?
Depuis deux ans, le SE-Unsa 31 demande en Formation Spécialisée que des règles objectives, lisibles et partagées soient définies pour encadrer les redéploiements des AESH. Aujourd’hui, nous portons à nouveau cette demande auprès du DASEN.
Parce que la transparence est une marque de respect envers les personnels. Parce que des critères connus de toutes et tous permettent d’éviter les incompréhensions, les tensions et le sentiment d’injustice. Et parce qu’au final, c’est aussi l’intérêt des élèves qui en dépend.
Retrouvez notre courrier au DASEN ici :
Courrier DASEN – SE-Unsa 31 – AESH
Table des matières
Les coulisses du redéploiement
La question de redéploiement est un point de tension pour tout le monde.
Le SE-Unsa 31 vous explique comment se déroule les prises de décisions au sein des PIAL.
- Il n’y a pas de règle fixe à part « AESH affecté-e à un PIAL » et « couvrir les besoins des élèves ».
- Ceci étant dit, derrière les tableaux et les chiffres, il y a des élèves, des personnels précaires.
Même sans règle, la bienveillance doit être de mise afin de préserver tout le monde.
C’est ce que nous, SE-Unsa 31, portons depuis plusieurs années.
Les "voeux" pour les AESH
Comme chaque année, en avril, les AESH reçoivent une fiche de « voeux » afin de se prononcer sur leur souhait pour l’année scolaire suivante.
Pour rappel, n’appartenant pas à « un corps » de la fonction publique, nous n’avons aucun droit de « mobilité » (une fonctionnarisation que le SE-Unsa défend actuellement auprès des instances ministérielles, où nous, AESH, sommes représenté-es par Jennifer LAFUENTE, AESH. Qui de mieux qu’une AESH pour parler des AESH au Ministère de l’Education Nationale ?) .
Cependant, par mesure de bienveillance, notre employeur nous « consulte » pour nous demander ce « qu’on voudrait » l’année d’après.
Il s’agit là seulement de VOEUX et donc, aucune obligation de les réaliser.
Sur cette fiche, les AESH peuvent demander 2 types de changements :
- quotité horaire : augmenter ou diminuer leur temps de travail hebdomadaire
- lieu d’affectation : rester sur la même école/le même établissement, demander une autre école/un autre établissement, demander à changer de PIAL (indiquer le numéro du PIAL souhaité)
Les besoins des élèves
- La/le coordo PIAL reçoit de la part de la DPAS, les « tableaux de besoins » à remplir
- Elle/Il envoie un mail pour recenser les besoins dans chaque école, chaque collège et chaque lycée du PIAL.
- Attention, il s’agit de besoins prévisionnels pour l’année d’après. Il se peut que cela change dans l’été : inscriptions/radiations d’élèves, affectation de nouveaux/nouvelles élèves dans un établissement spécialisé (enfin !), nouvelles notifications qui tombent…
- Les directions d’école et chef-fe d’établissement renvoient leur besoin prévisionnels
Réunion de copilotage et décisions
- Une fois la collecte faite, l’AESH référent-e, la/le coordo PIAL, les 2 copilotes ( un-e IEN + un-e chef-fe d’établissement) font une réunion de copilotage pour analyser les besoins des élèves, les souhaits des AESH
- Chaque acteur et actrice a son rôle :
> l’AESH référent-e et la/le coordo PIAL sont des appuis et ont un avis consultatif sur les situations
> les 2 copilotes actent et valident les choix qui doivent être faits, ils/elles sont seul-es décisionnaires - Seules les notifications déjà validées par la MDPH et portées à connaissance du PIAL ne sont prises en compte (les dossiers « en attente de notification » en sont donc exlus)
- L’intérêt du PIAL : que tous les élèves qui ont une notification avec aide humaine puissent bénéficier de l’accompagnement d’un-e AESH
- La réunion permet d’étudier les besoins dans une vision globale en terme d’effectifs sur le PIAL entier, afin de ne pas créer de déséquilibre dans le déploiement des AESH
- Il s’agit surtout de gérer une pénurie. En réalité, il manque des AESH sur tous les PIAL, toutes les écoles, tous les collèges, tous les lycées…tous les besoins ne peuvent donc pas être couverts
Résultat : le PIAL fait ce qu’il peut, avec ce qu’on lui donne (comme enveloppe budgétaire) - Les fiches de vœux servent à savoir si on peut croiser la volonté d’un-e AESH et le besoin identifié sur le lieu d’affectation demandé.
- La/le coordo envoie les tableaux des nouvelles répartitions pour validation auprès des pilotes vu qu’ils/elles sont les seul-es et uniques décisionnaires.
- La DPAS reçoit les validations et s’occupe d’envoyer, via les gestionnaires administratives, les affectations sur les boites mails professionnelles des AESH
Point de crispation
- Des besoins sont identifiés, aucune AESH n’est affecté-e pour combler ces besoins : il faut redéployer
- Le seul et unique objectif est : s’en tenir au droit de l’élève, à savoir, pouvoir compenser son trouble/son handicap grâce à une présence humaine. Qu’il/elle soit à l’école maternelle ou au collège. Il faut un-e AESH.
- Et c’est là où est le vide… comment on choisit ?
La problématique principale est de trouver comment répondre aux besoins d’élèves en procédant de manière transparente, claire et bienveillante envers les AESH pour permettre le redéploiement.
Il faut des règles.
Quand il n’y a pas de règle, les AESH (comme être humain) se questionnent (à juste titre), se demandent : « pourquoi moi plus qu’un-e autre ? » et se sentent « sanctionné-es », perdant de vue l’intérêt des élèves…
C’est ce que le SE-Unsa 31 va de nouveau porter en demandant cette audience avec le DASEN car, cette année encore, de gros soucis ont été signalés concernant l’opacité des critères de redéploiement des AESH, mettant, une fois de plus à mal les équipes sur le terrain.
Nous vous tiendrons évidemment informé-es des avancées sur ce sujet prochainement.
Si vous avez des questions, vous pouvez contacter Lucile JOJOU, secrétaire AESH pour le SE-Unsa 31, à l’adresse suivante :
aesh.31@se-unsa.org