En 2024, selon le Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire – 2024-2025, l’Éducation nationale comptabilisait 81 293 enseignants contractuels, soit 6.7% de l’effectif total, dont 54 086 dans le secteur public, 7,2% des effectifs. Les contractuels du public se concentraient essentiellement sur le 2d degré, avec 44 948 enseignants, 6% de l’effectif total, contre 9 138 dans le 1er degré, 1,2%. Le 1er février 2026, l’académie de Lille comptaient 2419 contractuels enseignants et CPE, dont 1647 CDD et 721 CDI dans le 2d degré, et 51 CDD / CDI dans le 1er degré.
Les préjugés ne manquent pas concernant notre statut. Nous sommes à la fois des enseignants précaires, sans formations, tout juste bons à tenir une classe, permettant à l’Éducation nationale de réduire le nombre d’heures de cours non assurées. Nous sommes devenus le symbole d’un métier qui ne fait plus rêver, obligeant l’État à faire de la publicité dans les médias pour remplir les tables du concours. Au-delà de ces préjugés, notre statut est finalement peu connu. Un contractuel est un agent avec des droits, une grille et une carrière, et surtout des compétences qu’il met au service de son métier au même titre que ses collègues titulaires. Mais il y a une réalité moins connue dont il faut être conscient, la variable géographique de notre statut.
Les recrutement et déroulement de carrière des contractuels sont régies par le Code Général de la Fonction Publique. Il y a donc un texte national permettant à notre statut d’avoir un cadre précis. Le problème est que son application n’a rien de national. Les différences se font dès la phase de recrutement. Alors que dans certaines académies, chaque recrutement est précédé d’un entretien avec un inspecteur, d’autres académies se montrent plus aléatoires sur cette étape. Nous pouvons également faire ce constat dans les formations proposées aux néo-contractuels pour leur permettre une entrée plus sereine dans le métier. Les différences sont ainsi nombreuses et concernent tous les aspects de la carrière des enseignants contractuels : type de contrat, rémunération des vacances d’été, inspections, quotité horaire lors de la signature du CDI, gestion des RAD, etc. Attendre 6 ans pour signer un CDI est l’un des rares points communs entre toutes les académies. La grille des salaires symbolise cette absence d’uniformisation. Une grille nationale de 18 niveaux, mais chacune des trente académies y applique ses propres règles d’intégration et de progression, créant une forte disparité à l’échelle nationale. Il faut ajouter à cela le libre choix des rectorats de conserver notre indice en cas de changement d’académie, tant pour les CDD que pour les CDI.
Un corps, mais des contractuels, est un constat qui se doit d’être fait. Ces différences seraient anecdotiques si elles n’avaient pas des conséquences sur la situation financière et le déroulé de carrière des contractuels.
L’avis du SE UNSA, l’uniformisation du statut de contractuels doit être une norme et non un objectif, avec un alignement sur la meilleure situation.