Ce mardi 15 septembre a eu lieu le premier comité de suivi de la voie professionnelle de cette année scolaire 2026-2027. Il devait se tenir en présence des deux ministre, Édouard Geffray et Sabrina Roubache, mais seule cette dernière était présente pour travailler sur la thématique du CAP.
Le SE-Unsa rappelle ses revendications
Ce comité a été l’occasion pour le SE-Unsa, avec sa fédération l’Unsa Éducation, de redire nos déceptions et revendications. Nous avons dénoncé les épuisants empilements de réformes successives, dont peu de dispositifs ont vraiment été efficaces et dont certaines idées louables, comme le choix d’options pour nos élèves et les dispositifs de prévention du décrochage, ont cruellement manqué de moyens pour réussir.
Le SE-Unsa, avec sa fédération, a demandé à la ministre d’arrêter les réformes et d’enfin :
- publier la circulaire cadrant les PFMP et les conventions de stage, en intégrant pleinement la question des violences sexistes et sexuelles ;
- abroger définitivement le parcours personnalisé ;
- donner enfin les moyens nécessaires à une inclusion réussie et à l’accompagnement de tous les élèves.
La ministre rappelle ses projets pour la voie professionnelle
Ce comité de suivi a aussi permis à la ministre Roubache de rappeler ses projets pour la voie professionnelle, tout en gardant trois priorités en tête : l’attractivité des formations, La consolidation des parcours et la lutte contre le décrochage.
- Mise en place d’une expérimentation avec certaines académies pour qu’il y ait des places réservées dans certains bacs pro pour les élèves de CAP.
- Volonté de favoriser la mixité des parcours dans les lycées professionnels en permettant qu’un élève, lors de sa scolarité en LP, puisse passer de la voie scolaire à l’apprentissage et vice versa.
- Volonté de faire du certificat de spécialisation un diplôme universitaire.
Les CAP ne doivent pas devenir des Ulis pro
Concernant les CAP qui devaient être au centre de ce comité de suivi et pour lesquels nous avons demandé une instance supplémentaire de travail, nous avons rappelé qu’il fallait travailler l’orientation. En effet, à la fin du collège, on y oriente tous les élèves en difficulté scolaire, les élèves porteurs de handicap ou primo-arrivants.
Il est impératif de revenir à une vraie « mixité » des publics dans le sens où tous les élèves souhaitant faire un CAP doivent pouvoir le faire, et ne pas réserver ces classes uniquement aux élèves à besoins éducatifs particuliers (Ébep), les enfermant dans des classes de l’entre-soi et dans des spécialités qui parfois ne les intéressent même pas ou ne sont pas adaptées à leur profil.
Nous avons rappelé à notre employeur que pour faire réussir ces élèves, les classes de CAP doivent être des classes à faible effectif et pour lesquelles il est impératif de donner des moyens ainsi que des personnel AESH. L’ouverture de davantage d’ULIS pro pourrait permettre de répondre à certaines problématiques. Les CAP ne doivent pas devenir des Ulis pro. Le CAP est le diplôme de la voie professionnelle qui atteste d’un premier niveau de qualification professionnelle et il doit le rester.
L’accompagnement de ces publics doit être pluridisciplinaire alors que nous faisons face à une paupérisation des équipes et des personnels qui doivent les accompagner. En plus des AESH, nous demandons donc plus de médecins scolaires, plus d’infirmières scolaires, etc.
Enfin, les enseignants ne sont pas suffisamment formés, en règle générale mais aussi pour pouvoir enseigner à certains profils d’élèves arrivant en CAP. C’est pourquoi nous avons répété que davantage de formations sur temps scolaire est plus que nécessaire.
L'avis du SE-Unsa
Pour le SE-Unsa, ce comité de suivi est une bonne chose car il nous permet de faire remonter au ministère la réalité de terrain et d’être force de proposition pour essayer d’améliorer les choses dans la voie professionnelle.
Cependant il ne faudrait pas que ce comité devienne un simple espace d’expression pour des affichages de dialogue social et que rien de bon n’y soit décidé, si ce n’est de nouvelles idées pour faire des économies aux dépens de la réussite scolaire de nos élèves.