Une logique qui ne colle pas à la réalité du terrain
Avant même l’officialisation des « moyens » alloués, un petite musique lancinante était installée par l’administration : il est normal que le nombre d’enseignants baisse puisque le nombre d’élèves baisse. Une logique implacable dans une période budgétaire contrainte. Il est à parier que cette année encore, notre administration va mettre en avant que malgré les 11 suppressions, le fameux P/E augmente.
Objectivement, c’est vrai mais si l’augmentation du P/E était significatif d’une amélioration, cela ferait des années que nous devrions voir des progrès dans notre service public.
Regardons les choses objectivement.
On le sait, les chiffres sont parfois trompeurs et il faut parfois y regarder de plus près pour avoir une analyse plus fine. En septembre 2025, sur l’ensemble des écoles du département, 16 avaient moins de 14 élèves. Cela s’explique par la baisse démographique mais aussi par la volonté de notre président de laisser le pouvoir décisionnel aux maires de fermer ou non l’école même avec moins de 10 élèves.
Avec de telles situations qui, parfois, questionnent, il est logique que notre P/E soit un des meilleurs de l’académie.
Carte scolaire après carte scolaire, cela impose de faire des choix parfois cornéliens sur d’autres situations de sur effectifs, il manque toujours des moyens pour répondre ne serait-ce qu’aux besoins qui font consensus lors des instances officielles (CSA et CDEN). Frustration du côté de certains, gestion de l’autre.
Au niveau des remplacements, c’est la même chose. Année après année, le manque de brigades crée les mêmes effets : collègues non remplacés, formations annulées ou interrompues, journées inter-degrés annulées, formations courtes, aucune possibilité d’aller observer dans une autre classe,…Pas étonnant quand on sait que depuis 10 ans, le nombre de remplaçants n’a pas augmenté, malgré des besoins plus importants (plus de décharge de direction, plus d’arrêt maladie,…). Et encore il a fallu insister pour avoir la création de 2 brigades l’an dernier….
Des évolutions sociétales non prises en compte
Objectivement aussi, la composition des classes a évolué ces 10 dernières années. Les niveaux sont plus hétérogènes, les cas particuliers ont augmenté, l’inclusion sans moyen supplémentaire est passée par là. Bref, avoir moins d’élèves quand nous devons de plus en plus individualiser les suivis, ce serait finalement assez logique.
Dans ces conditions qui ne se sont pas améliorées, le nombre de fiches RRST augmente, le nombre de collègues vivants des situations compliquées augmente. Là aussi, quelle frustration de ne pouvoir bien faire notre métier.
Nos gouvernants, avec cette baisse démographique, avaient l’occasion d’améliorer le système à moyens constants. Ils font le choix politique de continuer à le dégrader.
Une autre logique…
La logique voudrait que se dégage une volonté politique commune d’une amélioration du système public d’éducation. Certains partis politiques voient, au contraire, une occasion d’affaiblir un système trop coûteux à leur yeux et trop idéaliste.