Le 12 février 2026, l’UNSA Éducation, aux côtés de l’ensemble des organisations syndicales représentatives, a fait le choix de boycotter le CSA-SD 2nd degré consacré aux moyens des collèges du Gard pour la rentrée scolaire 2026. Cette décision, exceptionnelle, vise à alerter les personnels sur la gravité de la situation et sur les conditions dans lesquelles les arbitrages ont été arrêtés.

1. Une baisse démographique qui cache une méthode

Officiellement, la baisse des effectifs d’élèves sert de justification aux retraits de moyens. Mais derrière cet argument démographique se dessine une méthode désormais bien rodée : utiliser la diminution des effectifs comme levier pour réduire la dotation globale, plutôt que comme opportunité d’améliorer l’encadrement.

Pour l’UNSA Éducation, c’est un choix politique clair. Là où la baisse démographique aurait pu permettre de réduire les effectifs par classe, de renforcer l’accompagnement des élèves et de stabiliser les équipes, elle devient un outil de gestion comptable. Quelques établissements bénéficient d’un accompagnement ciblé, mais celui-ci est financé à enveloppe constante, par prélèvement sur les autres collèges.

Concrètement, quatre collèges hors éducation prioritaire concentrent à eux seuls plus d’un quart de la perte de dotation horaire. Ce système de vases communicants permet d’afficher du « qualitatif » ici, tout en fragilisant lourdement ailleurs. Cette logique alimente un profond sentiment d’injustice entre établissements.

2. Des conséquences concrètes pour les personnels et les élèves

Sur le terrain, les effets sont immédiats et massifs.

Pour la rentrée 2026, ce sont plus de 20 fermetures de divisions et plus de 40 suppressions de postes d’enseignants qui sont annoncées. À cela s’ajoutent :

  • la multiplication des mesures de carte scolaire,
  • la disparition de blocs de moyens provisoires,
  • l’augmentation des compléments de service, parfois sur plusieurs établissements.

Les équipes sont déstabilisées, les parcours professionnels contraints, et le climat de travail se dégrade.

Parallèlement, le manque criant de personnels administratifs, de santé et sociaux aggrave encore la situation : fonctionnement quotidien perturbé, délais de prise en charge allongés, surcharge administrative reportée sur les équipes pédagogiques.

Les élèves ne sont pas épargnés. Cette politique entraîne une dégradation des conditions d’apprentissage, avec des classes plus chargées et un accompagnement affaibli. Les situations d’inclusion sont très insuffisamment prises en compte, faute de moyens humains adaptés, laissant enseignants et familles seuls face à des besoins pourtant identifiés.

3. Une instance vidée de son sens

Au-delà des moyens, c’est aussi la méthode qui pose problème.

Le Comité social d’administration – services déconcentrés (CSA-SD) est censé être un espace de dialogue permettant d’analyser les dotations, d’anticiper les difficultés et, le cas échéant, d’infléchir les décisions.

Or, pour la rentrée 2026, les organisations syndicales ont constaté que les arbitrages étaient déjà définitivement arrêtés avant la tenue de l’instance. Le CSA-SD s’est ainsi trouvé réduit à une simple chambre d’enregistrement, sans marge réelle de discussion.

Dans ces conditions, le dialogue social devient une formalité, et les représentants des personnels sont placés devant le fait accompli.

4. Pourquoi le boycott : un signal d’alerte fort

C’est précisément pour dénoncer cette double dérive — baisse massive des moyens et simulacre de concertation — que l’UNSA Éducation a choisi le boycott.

Ce geste n’est ni symbolique ni gratuit. Il traduit un ras-le-bol profond face :

  • à l’ampleur des suppressions annoncées,
  • à la dégradation programmée des conditions de travail et d’apprentissage,
  • et à une méthode qui vide les instances de leur rôle.

Par ce boycott, l’UNSA Éducation a voulu adresser un message clair à l’administration : les personnels ne peuvent plus accepter que des décisions aussi lourdes de conséquences soient prises sans véritable échange, ni prise en compte des réalités du terrain.

L’UNSA Éducation poursuivra son engagement pour informer les équipes, objectiver les impacts concrets de ces choix et exiger un changement de cap immédiat, fondé sur les besoins réels des élèves et des personnels. Défendre l’École publique, aujourd’hui, c’est refuser sa gestion à la pénurie et porter des exigences fortes pour des moyens à la hauteur des missions.

 

La suite :

RDV le 17 février à partir de 13H devant la DSDEN avant un CSA-SD de repli prévu à 14H

Lire le communiqué intersyndical


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