Compte-rendu réunion d’infos syndicales Bruxelles – 15 janvier 2026
Temps de lecture : 3 min -
La préoccupation majeure des collègues demeure l’évolution du réseau avec les réformes opérées en conséquence des difficultés budgétaires de l’Agence dans un contexte international particulier : on voit s’opérer un retour au hard power où les financements en termes de défense sont prioritaires, par conséquent le réseau n’est pas une priorité en France.
La Décision du dernier CA du 18 décembre 2025 et ce qu’il en découle :
Le transfert de la prise en charge partielle de la part patronale des pensions civiles aux établissement EGD et conventionnés du réseau pour résorber le déficit structurel de l’Agence voit dès aujourd’hui les frais d’écolage en EGD augmenter très sensiblement, et le risque de déconventionnement des établissements conventionnés est également une réalité.
Dans ce contexte le SE-Unsa ne cesse de rechercher de nouveaux moyens d’action et s’engage dans une réflexion pour anticiper et alerter sur les risques, et nos actions de lobbying politique auprès des sénateurs et députés des Français de l’étranger sont désormais récurrentes. Pour autant l’objectif présidentiel demeure de n’avoir que des établissements partenaires dans le réseau.
Spécifiquement au LFJM, l’augmentation des frais d’écolage atteint 8% puis 6% puis 4% sur trois ans avec pour conséquence directe la perte potentielle d’effectifs comme les trois dernières années, et plus particulièrement au primaire. Les enseignants sont très inquiets quant à l’évolution de leur statut et de ce qui en suivra pour les situations personnelles.
Nous essayons ensuite d’évoquer ce que l’on peut trouver de positif dans ce contexte plus que sombre, et les collègues sont rassurés par l’avancée du calendrier de recrutement qui fait espérer moins de refus de détachements, surtout si le nombre de candidats au concours s’accroît.
Enfin nous abordons le sujet de la PSC obligatoire, avec le changement qui couvre moins bien les collègues que précédemment pour une cotisation plus importante.
Nous rencontrons ensuite Mme Mouden Proviseure du LFJM avec qui nous avons évoqué les points suivants :
La gestion triennale et l’utilisation du fonds de roulement pour tenter d’éviter une augmentation trop importante des frais d’écolage
L’étude de marché lancée l’an dernier pour attirer des familles
Le travail de toute la communauté éducative pour conserver et augmenter l’attractivité de l’établissement
Ratés et dératés de la PSC : la MGEN en roue libre!
Temps de lecture : 8 min -
Chère cher collègue,
Il ne se passe pas une journée depuis quelques semaines sans que les organisations syndicales du MEAE et de l’AEFE ne reçoivent destémoignages d’agents en détresse administrative face au labyrinthe des parcours d’adhésion, à la lenteur sinon à l’impossibilité d’accéder aux remboursements, à la communication erratique, contre-intuitive sinon aux injonctions contradictoires de la MGEN, qui doit assurer pour les années à venir la protection sociale complémentaire des agents avec un contrat collectif et surtout obligatoire.
Ce qui devait être une avancée sociale devient pour beaucoup une dégradation terrible et pour certains carrément une régression, en terme de tarifs comme de protection.
Face à ces ratés monumentaux, certains délégués de la MGEN, et peut-être d’autres intervenants à visées électorales, croient bon de semer la confusion et d’incriminer les organisations syndicales qui auraient, selon une formule bien en vogue, « signé un mauvais accord » sur la PSC. Vous trouverez ici les réponses à ces attaques, piètres contrefeux au monstrueux cafouillage en cours.
Vos organisations syndicales
Chères, chers collègues,
Pour celles et ceux d’entre vous que ce message ne concerne pas, en centrale ou surtout dans les postes : vous avez bien de la chance.
Les autres, qui ont rencontré depuis 3 mois les cafouillages en série et la communication absurde de la MGEN – qui a remporté l’appel de marché de notre protection sociale complémentaire (PSC) et de notre prévoyance – auraient envie de rire devant l’inventaire à la Prévert des errements, des dysfonctionnements, des contre-pieds et des injonctions contradictoires qui leur sont parvenues… si le sujet n’était pas grave, s’il n’impliquait pas des situations potentiellement dramatiques qui touchent à notre santé et à celle de nos proches, dans des situations de vie à l’étranger où rien n’est jamais simple, ni évident, ni rassurant.
Selon la MGEN, les organisations syndicales auraient mal fait leur travail
La meilleure défense étant l’attaque, certains délégués de la MGEN, par la voix des délégués Ory et Le Berre, ont cru pertinent de se défausser de la responsabilité de ce fiasco sur les organisations syndicales qui auraient mal fait leur travail dans l’article « Ratés de la PSC à l’étranger, la MGEN s’explique »
Pour Pierre Ory, qui est en détachement en Corée du Sudet élu MGEN : « la vraie question dans l’histoire reste : comment les syndicats ont-ils pu accepter un tel cahier des charges – qui nous est imposé – avec un bornage de certains remboursements – dont l’hospitalisation – à 90% ?». Lors d’un échange avec notre rédaction, il ajoute aussi « 10% non pris en charge représentent rapidement quelques milliers d’euros pour une hospitalisation lourde, voire bien davantage dans certains pays… C’est une charge difficilement supportable pour un particulier… et c’est légitimement source d’anxiété ». L’élu regrette par ailleurs que les syndicats n’aient pas joué leur rôle de « lanceur d’alerte » même s’il reconnaît qu’ils n’ont pas été à l’origine d’un cahier des charges rédigé par les ressources humaines du Quai d’Orsay et de l’AEFE.
Pour Renaud Le Berre, délégué MGEN mais aussi élu à l’assemblée des Français de l’étranger pour l’Espagne : « le problème vient en effet de la négociation de la PSC. C’était pourtant au départ une avancée. Mais la PSC déstabilise tout le socle mutualiste et tout le socle générationnel. Il faut craindre que les mutuelles se transforment en structures privées. Il y a le problème de l’assurance des retraités par exemple. Avant avec la solidarité intergénérationnelle il y avait une solidarité réelle. La PSC a déstabilisé cet équilibre. Couvrir les retraités ne sera plus rentable. Et les partenaires sociaux ne l’ont pas vu immédiatement. L’urgence est de revenir sur les 90 pour-cent (seulement) d’hospitalisation.On va payer plus cher moins de couvertures. Puisqu’il faudra rajouter à l’assurance santé la prévoyance qui sera d’une trentaine d’euros supplémentaires. En cas d’accident grave à l’étranger le reste à charge sera extrêmement important et il n’y a pas d’offre de sur-complémentaire car ce n’est pas rentable. On doit donc s’inquiéter de l’application de la PSC et de savoir jusqu’à quand la MGEN gardera un équilibre financier. J’ai donc une inquiétude pour tous les fonctionnaires détachés »
Voici donc nos réponses à ces deux contre-vérités :
– Les organisations syndicales du ministère et de l’AEFE n’ont pas eu la main sur le panier de soins étranger discuté entre l’administration et la DGAFP puisque cette dernière ne s’est pas véritablement intéressée à ce périmètre particulier dans le cadre des négociations interministérielles. Cette lacune a fait de ce panier de soins étranger, un panier dérogatoire à l’accord interministériel.
– Conformément aux règles des marchés publics nous n’avons pas eu non plus accès au cahier des charges : cela nous a été refusé malgré plusieurs demandes de consultation partielle de celui-ci. Tout juste avons-nous pu discuter des critères en Commission Paritaire de Pilotage et de Suivi (CPPS) comme prévu dans l’accord interministériel.
– L’AEFE, par son inaction, s’est vue imposer au dernier moment son adhésion à l’accord ministériel du MEAE sans avoir pu négocier quoi que ce soit. C’est donc un déni des négociations avec les organisations syndicales qui n’ont eu d’autres choix que d’avaliser des propositions des autres sans que leurs spécificités soient prises en compte, sous peine de renvoyer les collègues vers l’accord cadre général de la Fonction Publique, encore moins adaptée à leur situation.
– Nous ne parlons ici que de la PSC Santé, mais la prévoyance (facultative) pose aussi des problèmes à l’AEFE.
focus 90%
Pour les agents du MEAE, jusqu’à présent, le panier de soins étranger de la MAEE pour respecter les notions de contrat responsable au sens de l’article L871-1 du code de la Sécurité sociale était bien à 90% de prise en charge mais était complémenté par une affiliation à un assureur international chargé non seulement du rapatriement mais de la couverture à 100% de certains soins dans les zones où le coût des soins est particulièrement élevé. À noter que l’IMA a augmenté en 2024 de 4% puis de 20% en 2025 en raison de la « sinistralité » : c’est dire que la couverture à 100% a un coût non négligeable que la MGEN met largement en sourdine ! D’autant que les contrats – dans le cadre de MGEN International – qu’elle propose sont désormais seulement individuels et non plus collectifs comme ils pouvaient l’être avant la PSC.
focus retraités
C’est la même chose pour les retraités. Ceux qui n’adhérent pas à la PSC ne peuvent désormais que souscrire individuellement à une mutuelle ou assurance et là, les prix flambent et surflambent en fonction de l’âge. Ce sont bien les retraités les moins informés qui vont donc payer le prix fort en France avec des adhésions individuelles hors PSC et SURTOUT ceux qui, à l’étranger, n’auront pas le choix !
Il faut savoir, et les procès-verbaux des commissions paritaires (CPPS) peuvent en témoigner, que les organisations syndicales sont intervenues sur la question du montant des cotisations des retraités à de très nombreuses reprises. Que les dernières commissions concernant justement le fonds d’aide aux retraités ont fait l’objet de très nombreux amendements des organisations syndicales en faveur de ces derniers, en particulier des plus fragiles et moins fortunés, en harmonie d’ailleurs avec l’administration, car bien des éléments nous sont imposés par le décret interministériel qui n’offre que peu de marge de manœuvre à notre ministère.
Concernant les problèmes non négligeables créés par les seuls 90% de prise ne charge, ils seront longuement et fermement présentés par les organisations syndicales au moment de la renégociation du tarif pour 2027, ce qui est rendu possible, précisément, par le caractère paritaire – inédit – du pilotage de la PSC.
Heureusement, Madame Alexandrine De Vallois, directrice du développement, marketing, digital et prévention MGEN, apporte dans le même article une vision beaucoup plus juste et mesurée de ce qu’il se passe depuis quelques semaines, et ne s’abrite pas derrière les mêmes excuses.
Toutes les organisations syndicales ci-dessous signataires continueront à veiller en commission paritaire de pilotage et de suivi (un outil qui n’existait pas jusqu’à présent) au meilleur sort possible pour les agents du MEAE et de l’AEFE.
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HORS DE FRANCE
Edito: l’amer Noël
Temps de lecture : 1 min -
L’année se termine après 6 mois de « consultation » qui auront accouché de mesures financières douloureuses pour nos établissements. L’Etat ne prend pas ses responsabilités d’employeur et c’est nous qui allons devoir financer les pensions des personnels. l’année 2026 sera donc sans surprise une année de mobilisation, de débat sur notre avenir collectif, une année où la solidarité devra l’emporter quoi qu’il en soit. Une année pour la défense de l’emploi de tous.
En cette veille de vacances le SE-UNSA souhaitait vous présenter ses vœux de repos, de paix, de bonheur, de célébration et de fêtes entourées de vos proches, dans une époque souvent troublée où le lien humain a parfois tendance à se déliter.
Enseigner ou administrer un établissement scolaire c’est être au service de l’humain et de l’avenir. Accompagner des élèves sur le chemin du savoir et de l’éducation est une tâche dont nous pouvons être fiers collectivement.
Bonnes vacances et bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous
Conseil d’administration de l’AEFE du 18 décembre 2025 : Des décisions lourdes de sens
Nous avons siégé ce jour au conseil d’administration de l’AEFE. Des décisions financières y ont été votées, et elles marqueront un tournant dans l’histoire de cette Agence. La réforme du réseau est lancée. Elle ne se résumera pas uniquement à un tour de vis financier mais affectera le réseau, sa gouvernance, ses personnels et les familles.
En définitive la consultation menée pendant 6 mois par la DGM n’a été opérée que pour la forme. Elle aura surtout mis largement sur la touche la dimension humaine de tous ces bouleversements. Ce n’est pas seulement un cataclysme budgétaire mais bien humain, personnel et familial souvent.
Nous en revenons donc au point de départ : l’Agence fera bien payer le poids des pensions civiles aux établissements. Seules les modalités diffèrent désormais avec l’ajout d’une nouvelle contribution, en plus de la PRRD (participation à la rémunération des résidents et détachés) qui existait déjà.
Ainsi les établissements en gestion directe (EGD) et les établissements conventionnés devront payer 35% du montant moyen de la part patronale des pensions civiles de tous les personnels détachés. Ce pourcentage sera réévalué à 50% pour l’année 2027. Pour les EGD, cette contribution entrera en vigueur en janvier 2026, pour les établissements conventionnés en juillet 2026.
Un seul – modeste – satisfecit : faire contribuer davantage les nouveaux partenaires à hauteur de 4% des frais de scolarité et d’inscription, et hausse de 0,5% pour les établissements partenaires actuels.
Ces nouvelles contributions financières demandées aux établissements sont trop lourdes et seront qui plus est inefficaces à garantir l’avenir du réseau qui passe par du refinancement public. Elles vont provoquer une hausse généralisée des frais de scolarité de 9% en moyenne mondiale et jusqu’à 25% dans certains établissements. Des écoles et lycées français vont être très vite en très grande difficulté financière. Les familles ont logiquement exprimé leurs craintes et leurs réserves vis à vis de ce désengagement de l’Etat. Les parlementaires s’inquiètent légitimement aussi. C’est un tour de vis budgétaire que l’on ne peut accepter en l’état.
En ce qui concerne l’UNSA, dès les premières annonces nous avons tiré le signal d’alarme sur les conséquences désastreuses qu’auraient une telle réforme. Nous le savons aujourd’hui, la mise en place de ces mesures provoquera de façon inéluctable un effet domino sur l’emploi : les déconventionnements vont se succéder et les fermetures de postes de détachés se multiplieront.
L’Agence a d’ailleurs déjà préparé ses instructions envers les établissements pour augmenter le nombre d’élèves par classe, supprimer des options, mettre en attente les projets immobiliers, et bien d’autres restrictions pour « maitriser la masse salariale ». En clair c’est notre qualité éducative qui est en danger, et cela n’est pas acceptable pour l’UNSA.
Enfin, comme si cela ne suffisait pas, nous apprenons à l’occasion de ce Conseil d’Administration que l’enveloppe globale de l’ISVL sera amputée de 4,5 millions (passant de 52 millions environ à 47,5 millions) pour « financer » la PSC. Ce sont alors des baisses mensuelles chiffrées entre 110 et 180 euros par mois. C’est la double peine pour nos collègues. Finalement comment considérer que ce n’est plus l’employeur qui prend en charge une partie de la complémentaire santé mais l’employé lui-même. La pilule devient plus qu’amère, les personnels paient plus cher pour une couverture santé moins protectrice. Ce qui était présenté comme une avancée sociale pour les personnels se retournent finalement contre eux.
Face à ce démantèlement annoncé, nous avons donc clairement réaffirmé nos positions. Nous souhaitons une approche stratégique et solidaire pour le réseau et ses personnels. La défense de tous les emplois doit être au centre de nos priorités. Les établissements en difficulté devront être soutenus. Nous n’admettrons pas l’affaiblissement de l’opérateur public.
NOUS RECLAMONS UNE APPROCHE STRATEGIQUE ET SOLIDAIRE
Ce conseil d’administration marque une étape importante de la vie du réseau AEFE avec un nouveau cadre financier qui est soumis aux administrateurs pour délibération. Après 6 mois d’échange avec la tutelle de l’agence, nous devons faire le constat d’une triple crise :
La crise du financement public de notre modèle d’économie mixte : L’Etat réduit nettement sa participation au fonctionnement de son réseau de diplomatie scolaire et d’influence. Enterrée la priorité élyséenne, nous sommes désormais soumis au régime ordinaire : Si le projet de loi de finance 2026 est adopté, ce seront 60 millions d’euros qui auront été amputés en 3 ans. Dans le même temps les frais de scolarité devraient augmenter de 9 % en moyenne avec des pointes approchant les 25 % de hausse cette année. On imagine sans mal les dommages collatéraux de cet effet ciseau, des établissements fragilisés et des emplois dont la suppression sera vite programmée.
En réalité le système AEFE repose toujours plus sur les capacités financières des familles et sur les facultés d’adaptation des personnels. Le nombre de titulaires aura été réduit massivement d’un millier d’unités, passant de 6500 ETP au début du premier quinquennat Macron à environ 5500 ETP aujourd’hui. Effectifs de classe en augmentation, disciplines de spécialités fermées, enseignants titulaires et expérimentés qui doivent quitter nos rangs, montée du stress et des inquiétudes partout, les conséquences scolaires et humaines se font sentir chaque jour.
Eduquer nécessite pourtant, plus qu’aucune autre grande tache humaine, de la sérénité d’esprit. Mais nous sommes face à une seconde crise, qui est celle du système des pensions : L’AEFE n’arrive plus à financer en l’état les pensions civiles de ses personnels et doit trouver des ressources nouvelles auprès de ses établissements. Il est paradoxal, de fait, de faire supporter une partie de la responsabilité du financement des pensions aux établissements alors que ceux-ci ne sont, au mieux, que des employeurs secondaires : ils ne maitrisent pas le recrutement des personnels titulaires qu’ils emploient et ne sont pas maitres de leur durée d’emploi à cause de la limitation des contrats de nouveaux résidents à 6 ans.
La tentation de l’AEFE pourrait être de réduire le nombre d’actifs employés dans le réseau pour alléger la note, ou, subterfuge de gestion oblige, de favoriser les détachements directs pour faire payer la note des pensions au ministère de l’éducation national. Et l’AEFE en tant qu’agence de gestion des ressources humaines, sciera ainsi la branche sur laquelle elle est assise, et reviendra sur les promesses de sa création en 1990, la promesse notamment d’harmoniser le recrutement et la gestion de ses personnels.
Troisième crise, crise stratégique enfin : jamais le nombre d’élèves et d’établissements n’aura été si important et jamais nous n’aurons eu des performances éducatives si élevées. Ce réseau universel de plus de 600 établissements dont une majorité constituée d’établissements totalement privés semble pourtant devenu un colosse aux pieds d’argile. L’État est inconséquent dans sa mission de scolarisation des enfants de nos compatriotes, la hausse des frais de scolarité qui ont augmenté de 40 % en 10 ans d’après le rapport du député Karim Ben Cheik, créé des effets d’éviction des familles. Les évictions vont continuer demain. C’est une mission de service public prise dans l’étau de nos contraintes financières. Quant à la mission de coopération, celle qui vise à éduquer sur les mêmes bancs de l’école des enfants de toutes origines, de toutes cultures et de toutes couleurs, on aurait tant besoin de la défendre et de la valoriser à l’heure où les populismes et les extrémismes veulent créer des frontières étanches, stigmatiser l’Autre, remplacer l’idéal cosmopolite et universel par une vision étriquée du nationalisme. Ce sont ces gens-là qui voudraient instaurer l’uniforme à l’école. Nous serons toujours contre toute forme d’uniformité, vestimentaire ou culturelle.
Nous avons besoin dans ce contexte d’un cap stratégique. Et d’actions de solidarité. Notre cap c’est la défense de l’emploi. Partout. Que le ministère de l’éducation nationale desserre l’étau des 6 ans, dans un premier temps, et que l’on fasse, en interministériel, le bilan réel de sa politique d’emploi de détachés. Le détachement direct doit redevenir une exception et les effectifs de détachés doivent être redéployés vers les établissements conventionnés et à gestion directe et soumis à nos règles communes de gestion. L’Etat doit prendre ses responsabilités. Le détachement direct en catimini, dans le dos du réseau, ça suffit. Les marges de manœuvre retrouvées par l’agence grâce aux contributions financières nouvelles doivent fournir les moyens de soutenir les établissements en difficulté. Nous en avons identifié une dizaine qui dès l’année 2026 devraient se retrouver dans le rouge. La solidarité doit les concerner en premier.
Si notre stratégie demeure de maintenir un réseau universel de diplomatie d’influence, aucune zone ne doit être abandonnée. On entend trop souvent, à mots couverts, l’intérêt moindre pour l’Europe qui serait vue comme une zone où les gisements d’économies seraient importants. L’Europe culturelle et scolaire reste encore à parfaire, la construction de l’Europe unie n’est pas terminée, et nous avons besoin plus que jamais, alors que la guerre hybride est là, de former des esprits forts, hermétiques aux fake news, solides face aux manipulations de l’opinion, des esprits forts à la française mais dans un cadre bi ou trilingue, au sein de nos établissements présents dans les pays de l’Union ou de leur périphérie immédiate.
Ce réseau nous le savons dépasse sa réalité chiffrée. Il vaut mieux que ses déficits apparents, ne se résume pas à son nombre d’ETP. Ce réseau est le reflet de notre idéal, celui du vouloir éduquer ensemble, celui de l’internationalisme scolaire qui se forge, dans des cours d’école de Valence à Hanoi, de Lima à Bamako, avec des personnels conscients de leurs responsabilités et qui ne souhaitent qu’une chose : continuer à éduquer des futurs citoyens du monde plus éclairés.
Liminaires : Les autres OS ont dénoncé les difficultés de fonctionnement de l’instance, la responsabilité de l’employeur face à l’aggravation des situations signalées, et dénoncé la PSC et la réforme.
Point d’actualité : La directrice générale a évoqué la situation du Mali, où la situation est très dégradée. 11 enseignants ont été rapatriés. Plusieurs scénarios sont prévus suivant l’évolution de la situation. Les situations d’Istanbul face au risque sismique, de Malaga, de Malabo et de Dublin pour des raisons de souffrance au travail ont été signalées à la direction de l’AEFE.
Points sites de Nantes et Saint-Ouen : La revue des registres SST et DGI pour les sites de Nantes et de Saint Ouen a été faite. Les signalements et les recommandations suite aux visites de sites ont été pris en compte et les problèmes restants sont en cours de résolution. Le sujet de l’amiante à Nantes a été discuté, nous sommes en attente du retour du propriétaire des locaux. Une analyse des peintures utilisées sur le site de Saint-Ouen est en cours. Nous avons voté pour l’actualisation du plan de prévention pour la centrale. Certains retards quant au planning établi au préalable sont constatés. Des visites de sites sont prévues prochainement.
Points dans le réseau : A Pointe Noire, l’accompagnement administratif des collègues suite à l’intoxication qu’ils ont subie en 2022 en cours de finalisation.. Au Gabon, la situation continue à poser problème. Les représentants des personnels ont voté un avis enjoignant l’Agence à agir de manière plus efficace. L’accompagnement psychologique des collègues en poste à Jérusalem, Tel Aviv et Ramallah a été abordé. L’Agence reste très vigilante au regard de la situation et de ses impacts sur la durée.
L’accompagnement financier des collègues ayant des enfants en situation de handicap a été demandé. L’Agence s’est engagée à se rapprocher de la CAF pour analyser la possibilité de faire bénéficier ces personnels des aides auxquelles ils seraient éligibles en France.
La majoration des heures de délégation des membres de l’instance de la F3SCT en raison de son périmètre d’action est toujours refusée par l’administration. Un avis demandant de reconsidérer cette position a été voté par les OS.
Le Bilan d’Émission des Gaz à Effet de Serre de l’AEFE est en cours.
Le sujet des caméras de vidéosurveillance dans les établissements a été abordé. L’agence s’est déjà emparée du sujet et va communiquer auprès des établissements afin de rédiger des chartes et de rappeler l’obligation d’information pour les usagers. Le principe est de suivre les recommandations de la CNIL en prenant en compte les législations locales.
Le sujet de l’amiante dans le réseau a fait l’objet d’un vote des OS. Des analyses vont être menées dans les EGD à moyen terme. Pour les établissements conventionnés, les aspects réglementaires compliquent les démarches. Les OS ont rappelé l’obligation de protection des employés et des usagers à l’agence.
Nous avons alerté sur la santé mentale dans le réseau. Au-delà des problématiques déjà complexes habituellement, la réforme en cours d’une part, les premiers effets du bornage et la mise en place de la PSC d’autre part constituent des facteurs aggravant.Nous constatons une dégradation du moral des collègues de manière généralisée. L’accompagnement psychologique mis en place par l’AEFE a été salué, mais n’exonère par l’AEFE de tout mettre en œuvre pour compenser les causes des difficultés en cours. Nous dénonçons à ce titre les décisions prises par le Ministère de l’Education Nationale au sujet des détachements et à Bercy au niveau des décisions budgétaires. Au passage nous dénonçons également les arbitrages en cours pour le calcul de l’ISVL à venir. Lors du GT ISVL d’hier, nous a été annoncé que la participation employeur de la PSC se substituerait dorénavant à la partie santé de l’ISVL, pour un montant à la baisse entre 110 et 160€ selon les pays, avant harmonisation (alors que la contribution sera autour de 75€). L’économie réalisée profitera à l’assiette de l’indemnité des D1 et D2. L’enveloppe ISVL pour les résidents/D3 baisse de 4,5 millions, alors que celle des D1/D2 augmente de 1,5 millions d’€. Autant vous dire que la nouvelle a été reçue froidement…
Une demande de formation des membres de la F3SCT de premiers secours en santé mentale a été votée. Le bilan annuel 2024-2025 des CHSCT et CHSCS locales a été présenté. N’hésitez pas à solliciter les administrations des établissements pour réclamer le respect de la tenue des instances, et à nous informer de tout dysfonctionnement. Pour rappel : 2 CHSCT par an et 2 CHSCS. Ces instances ne devraient pas être fusionnées.
N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez des précisions complémentaires sur un point précis. Claude et Marlène pour l’UNSA HDF
Déclaration UNSA lors de notre rencontre avec la DGM (Direction Générale de la Mondialisation)
Temps de lecture : 3 min -
Un tour de vis budgétaire. C’est le remède proposé pour faire face au sujet des pensions civiles, au déficit de l’agence comme à la pression de Bercy.
Il y aura donc des mises à contributions massives des établissements qui risquent de produire un effet domino sur les établissements déjà fragilisés et sur l’emploi.
La note est salée en 2026. Elle le sera en 2027. Mais les annonces d’aujourd’hui nous montrent que l’on risque de faire tomber la salière dans la soupe.
Vous nous promettez Madame la directrice générale, du sang et des larmes, ou plus exactement moins de détachés car ils coutent chers, ce sont vos mots, et une agence qui gérera un nombre plus réduit de personnels.
C’est le reniement des engagements de 1990 qui avaient mis en place un opérateur public pour éviter l’éparpillement statutaire, donner de la cohérence dans le recrutement, mettre en place des règles communes de gestion. Ce qui nous est promis c’est demain plus de diversité de gestion et une libéralisation.
Au plan financier nous estimons, compte tenu des moyennes appliquées sur la nouvelle contribution et de nos remontées de terrain, qu’une quarantaine de millions d’euros pourraient être encaissés potentiellement dès la première année. Ces mesures devraient remettre l’agence à flot et éponger une partie du problème des pensions civiles.
Mais au prix de combien d’établissements fragilisés à l’extrême et de tant d’autres mis en difficulté?
Face à la grogne attendue des personnels et des parents, face aux équations budgétaires périlleuses, nous aurons besoin d’actions de solidarité dans les mois qui viennent. Nous aurons également besoin d’un cap politique plus clair. Vous nous avez convié à des moments d’expression. Le politique en reste le grand absent. Comme si personne n’était capable de penser un cap rassembleur pour notre diplomatie scolaire et pour cet outil majeur de notre politique d’influence qu’est l’AEFE. Comme si la situation de nos finances publiques provoquait la tétanie politique.
Il est au moins temps de refaire nos comptes avant le 18 décembre : le périmètre de la nouvelle contribution intègrerait toutes les catégories d’emplois contrairement à ce qui avait pu être évoqué dans le courant de nos discussions. Et cela ressemble à une promesse non tenue.
Nous avons appris lors du dernier CA que le projet d’augmentation de la PFC était finalement abandonné. Il est difficile de s’y retrouver. Les partenaires resteront bel et bien concernés par une nouvelle contribution et c’est heureux. Des ajustements sont encore nécessaires. Mais à l’UNSA nous avons des exigences :
Prévoir des mécanismes de solidarité interne
Protéger l’emploi.
Pour éviter un effet domino majeur et que les déconventionnements d’établissements et les déclassements d’emplois soient nombreux, il n’est pas trop tard pour dire ce que l’on souhaite pour notre réseau demain.
Ce réseau doit être solidaire, uni dans sa diversité et ses personnels rassurés car il est difficile de faire la classe et de gérer un établissement face à une logique de peur !
Pré-CA de l’AEFE du 11 décembre: Tour de vis et après ?
Temps de lecture : 3 min -
Nous avons participé à la réunion dite du « pré-CA » ce jeudi 11 décembre. Réunion présidée par la directrice générale de la mondialisation en présence de la directrice générale de l’AEFE.
Les annonces suivantes ont été faites :
Les mesures financières qui seront adoptées le 18 décembre au CA ne sont qu’une première étape
Une réforme d’ensemble du réseau et de l’agence est en ligne de mire.
Le cadre d’ensemble de cette réforme sera précisé dans les mois qui viennent.
L’idée de la DGM est de dégager des marges de manœuvre pour recentrer les missions de l’opérateur public autour de deux axes principaux : la scolarisation et le réseau d’influence. Il faut plus d’équité dans le financement avec une nouvelle contribution sur les pensions civiles. Et une mesure financière pour faire contribuer davantage les partenaires. Les conséquences négatives ne sont pas niées : les hausses de frais de scolarité et les déconventionnements possibles.
La DGM a annoncé vouloir ouvrir trois chantiers :
Sur les catégories d’établissements. Avec la volonté de plus de flexibilité de gestion.
La gestion des personnels modifiée : l’objectif est d’avoir « moins de détachés car ils coutent chers ».
L’agence serait centrée sur un rôle de pilotage et de conseil, avec plus de connexion avec le ministère de l’éducation nationale.
Notre commentaire UNSA
Ces annonces, alors que les mesures financières envisagées vont représenter déjà un effort important pour les familles et les personnels, sont de nature à mettre le feu aux poudres. Nous avons tenu, dans notre déclaration suivant ces annonces, à marquer notre refus d’une logique de démantèlement de l’agence et de privatisation du réseau.
Nous avons également multiplié les exemples de terrain pour indiquer combien les hausses de frais de scolarité envisagées vont mettre en difficulté de nombreux établissements. Nous avons parlé aussi du calendrier de fin d’année qui nous met dans un étau de gestion.
Nous avons appelé à la tenue d’Etats généraux de l’enseignement français à l’étranger. Pour mettre autour d’une même table tous les acteurs de la diplomatie scolaire, représentants des personnels, familles, diplomates et politiques. Nous avons regretté un manque apparent de portage politique de la réforme. La directrice générale de la mondialisation a répondu favorablement à cette proposition portée par l’UNSA. Il y aura donc une formule élargie de consultation dans l’avenir.
Notre plaidoyer a été pour la solidarité entre établissements, compte tenu des marges de manœuvres que nous allons retrouver grâce aux nouvelles contributions financières. Nous refusons la logique du détachement direct comme seul cap de gestion. Nous avons rappelé notre attachement à l’opérateur public et à son réseau.
Nous avons été sollicités par de nombreux collègues pour savoir s’il était possible de revenir en arrière et de prolonger le contrat actuel MGEN en demandant une dispense pour une année.
Le SE-UNSA hors de France a bien eu confirmation hier auprès de la DRH de l’Agence qu’il était en effet possible de prolonger d’une année seulement votre contrat actuel MGEN (Magenta ou Ambre). Pour se faire, vous devez donc d’une part demander à la MGEN de conserver votre contrat actuel (déjà reconduit pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2026, un justificatif est disponible dans votre espace personnel) et demander une dispense en envoyant une déclaration sur l’honneur que vous conservez votre contrat de mutuelle actuel (accompagné de ce justificatif).
L’obtention d’une dispense pour le contrat santé collectif vous permettra également de conserver votre contrat prévoyance (couplé avec la santé).
Sachez que cette dispense ne sera valable que pour une année, en 2027 vous aurez l’obligation de basculer sur le contrat collectif, Sachez aussi qu’en choisissant la dispense, vous renoncez à la prise en charge financière de l’employeur (15 euros aujourd’hui, 50% à partir du 1er janvier).
Prévoyance :
Les collègues AEFE actuellement adhérents de l’offre MGEN couplée santé/prévoyance ne pourront pas conserver la partie prévoyance au-delà du 1er janvier 2026, car le contrat n’est pas morcelable. En conséquence, la résiliation en santé (pour adhérer à l’offre collective au 1er janvier) entraînera aussi, de fait, la résiliation de l’offre prévoyance individuelle.
Le MGEN n’aura aucune offre prévoyance individuelle à proposer aux collègues concernés avant le 1er mai 2026 (date de la nouvelle offre prévoyance individuelle mise en place au sein du MEN).
Si vous souhaitez rester couverts en prévoyance à partir du 1er janvier 2026, vous devrez donc adhérer soit à l’offre prévoyance collective au 1er janvier soit à un contrat prévoyance individuel auprès d’un autre organisme.
Mais attention, vous ne pourrez pas ensuite revenir vers la nouvelle offre prévoyance individuelle MGEN au 1er mai 2026 car il est obligatoire de rester adhérent au moins 1 an à tout contrat prévoyance. Donc si vous souhaitez ensuite retourner vers la prévoyance individuelle MGEN, il vous faudra transmettre votre demande de résiliation au contrat collectif au 31 octobre 2026, pour une résiliation effective au 1er janvier 2027.
Important à savoir, il n’y aura pas de délai de carence dans ce cas, lors du retour à la prévoyance individuelle MGEN.
Déclaration Liminaire UNSA au CSA exceptionnel du 4 décembre 2025
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Ce rapport est la photographie de la vie de notre réseau et de notre agence en 2024. Il dit les choix politiques d’alors, celui de la poursuite du cap 2030 et de l’augmentation du nombre d’établissements partenaires comme priorité.
Il est riche d’enseignements pour les choix politiques qui se préparent à l’orée d’un conseil d’administration qui, dans quelques jours, mettra en place une batterie de mesures financières impactantes pour nos établissements.
Ces données de 2024 témoignent du peu d’effet budgétaire des suppressions de postes. Le nombre d’ETP qui diminue sans que les déficits ne s’effacent. Les postes aussi qui sont ouverts et restant vacants témoignant d’une attractivité qui, en relatif, diminue, de difficultés de recrutement qui, elles, vont s’accentuant dans toutes les catégories d’emplois.
La réforme doit donc en être réellement une. Fixer un cap politique clair et se donner les moyens d’atteindre l’objectif.
Il y a d’autres caps politiques dont le RSU témoigne et qui nous semblent toujours aussi salutaires dans leur accomplissement : l’égalité homme femme qui est plus qu’une simple balance d’effectifs, plus que la parité, mais bien un état d’esprit qui fait du respect entre les personnes, quel que soit leur sexe, un impératif politique et moral.
Nous devons accentuer l’effort et nous regrettons à cet égard à nouveau la suppression du poste de chargé de mission égalité au dernier CSA.
Au nom de l’égalité nous avons soutenu la mise en place d’un dispositif VSS. L’externalisation du dispositif et de signalement va surement donner de meilleurs résultats, en clarifiant les procédures, en offrant aussi plus de garantie à celles et ceux qui décident de saisir ce dispositif.
Nous remercions au nom de l’UNSA tous les auteurs de ce rapport d’une grande richesse. C’est un outil de pilotage et de bilan qui montre aussi que notre agence et son réseau sont actifs, réactifs et ouverts au changement. Un témoignage institutionnel fort pour nos détracteurs qui, à l’extérieur, ne savent pas tous de quoi notre quotidien est fait. Ce RSU nous donne des arguments de réponse.
A ce sujet il a été souvent question de l’agence à Paris et Nantes qui est vue, par des esprits chagrins, comme un réservoir potentiel d’économies.
Nous l’affirmons : l’agence n’est pas sur administrée, ses agents y travaillent d’arrache-pied et nous souhaitons que les réformes qui arrivent ne fassent pas de ces services des boucs émissaires faciles. Nous savons que les pressions sont fortes sur ces agents comme sur les agents du réseau qui sont dans une phase stressante d’expectative
Nous réaffirmons l’impératif de solidarité entre tous, cadres et non cadres, enseignants et personnels de direction dans une phase critique ou les agents ont besoin de soutien