Depuis sa généralisation à l’ensemble du territoire il y a quelques jours, Onde Version 2 concentre les difficultés que les directeurs et directrices d’école connaissaient déjà dans les deux académies pilotes depuis l’automne dernier, sans qu’elles aient été résolues entre-temps. Le SE-Unsa a adressé une lettre au ministre de l’Éducation nationale pour poser clairement ce dont les écoles ont besoin et ce qui doit changer.
Au mauvais moment et au mauvais rythme
La généralisation d’Onde Version 2 est intervenue en pleine période de préparation de rentrée : inscriptions, radiations, constitution des classes, communication avec les familles et les mairies. Ce sont précisément les opérations pour lesquelles l’application est indispensable, et ce sont précisément celles qu’elle empêche de mener sereinement.
Depuis le lancement de l’expérimentation le 15 octobre 2025, 25 messages ont été envoyés simultanément sur les boîtes nominatives des directeurs et directrices et sur les boîtes d’école, dont 6 ce dernier mois consacrés aux seuls dysfonctionnements. Les équipes techniques ne sont pas en cause : elles gèrent les conséquences d’un calendrier qui ne leur a pas laissé le temps de stabiliser l’outil. Un déploiement mieux échelonné aurait épargné cette situation à tout le monde.
À cette charge, s’ajoute celle des tickets d’assistance, que les directeurs et directrices doivent ouvrir pour signaler chaque anomalie. En temps ordinaire, cette logique est compréhensible. Face à une application qui dysfonctionne massivement au quotidien, elle revient à imposer aux directeurs de documenter les défaillances d’un outil qu’ils n’ont pas choisi, en plus d’un travail administratif et pédagogique pour lequel ils ne disposent déjà pas du temps suffisant.
Ce dont les écoles ont besoin maintenant
Le SE-Unsa demande que les fonctionnalités suivantes soient pleinement opérationnelles dans les prochains jours :
- Les admissions par cohortes entières, sans limitation du nombre d’élèves traités simultanément, pour permettre la constitution des classes dans des délais raisonnables.
- L’export des listes de classes pour l’année suivante, indispensable pour travailler avec les enseignants et communiquer avec les familles et les partenaires.
- La génération des certificats de radiation, documents légalement exigibles par les mairies lors de tout changement d’établissement. Leur indisponibilité bloque aujourd’hui des démarches que les directeur·rices ne peuvent pas résoudre seul·es.
- La stabilité du service pendant les horaires scolaires, sans interruptions programmées en semaine.
Ces besoins auraient dû être couverts dès le déploiement en académies pilotes. La généralisation a simplement étendu les mêmes problèmes à l’ensemble du territoire.
Deux demandes du SE-Unsa pour la suite
Le SE-Unsa réclame l’organisation rapide d’une réunion de travail associant des représentants des personnels, pour établir un calendrier de résolution des dysfonctionnements et examiner les évolutions attendues par les directeurs et directrices. Aucune nouvelle fonctionnalité ne devrait être déployée avant que l’existant soit stabilisé.
Par ailleurs, un bandeau annonce actuellement une migration des services de messagerie prévue pour juin pour les académies qui n’ont pas migré en janvier. Le SE-Unsa demande que ce changement soit reporté à l’été. Déployer une nouvelle application au moment même où les directeurs et directrices absorbent les dysfonctionnements d’Onde Version 2 et finalisent la préparation de rentrée reproduirait exactement l’erreur de calendrier que cette lettre dénonce.
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