La grève est un droit fondamental garanti à tous/toutes les agent-es publics par la Constitution et le statut général des fonctionnaires.
Les AESH sont par conséquent concerné-es.
Dans l’Éducation Nationale il n’y a pas de réquisition, sauf exception.
Pour nous AESH :
- Quels sont nos droits en cas de grève ?
- Que faire si je ne fais pas grève mais que mon école/établissement est fermé ?
- Je ne sais pas si je dois faire grève…comment faire ce choix qui m’impacte financièrement alors que je ne suis déjà pas assez payé-e ?
Le SE-Unsa 31 fait le point avec vous et vous apporte quelques clés pour comprendre les modalités de grève pour les personnels AESH.
Cadre réglementaire
Dans les textes :
- les AESH n’ont aucune obligation quant à leur intention de faire grève ou non
- Aucune démarche écrite n’est donc à effectuer
Impact financier :
- 1/30e du salaire brut retiré (=1 journée de travail)
- Retenue sur salaire les mois suivants (et non sur la fiche de paie du mois en cours) > retenue sur salaire différée
- Absence mentionnée sur la fiche de paie du mois où la retenue sera effective
Exemple : « je fais grève le 15 janvier » :
> ma journée (1/30e) sera retirée sur ma fiche de paie de mars
> il sera mentionné que mon absence était en date du 15 janvier
Que faire si je ne fais pas grève ?
- Si l’école est ouverte : les AESH ont l’obligation de se rendre sur leur école/établissement d’affectation pour effectuer leur journée de travail (même si leur classe est fermée et même si les élèves qu’ils/elles accompagnent ne sont pas là)
- Si l’école est fermée : la coordonnatrice/le coordonnateur PIAL peut solliciter les AESH pour accompagner des élèves sur d’autres établissements ou écoles appartenant au PIAL (rappel : nous sommes affecté-es à un PIAL et non à une école/un établissement)
Points essentiels à retenir
- un-e AESH n’a pas de déclaration préalable à remplir
- un-e AESH n’est pas tenu-e de prévenir l’administration de sa participation à la grève Néanmoins, le SE-Unsa 31 vous conseille d’informer vos collègues (AESH et enseignant-es) de votre intention de faire grève pour maintenir de bonnes relations et pour permettre aux équipes de s’organiser pour les accompagnements des élèves ce jour-là
- un-e AESH n’a pas à accompagner les élèves suivi-es si ces derniers ou ces dernières sont accueilli-es sur une autre structure concernant les Service Minimum d’Accueil (SMA) mise en place par la mairie. L’employeur n’est pas le même.
- les AESH n’ont pas à surveiller les élèves pour remplacer un-e enseignant-e gréviste
Mode d'emploi de la/du gréviste
Si parfois vous vous questionnez quant au fait de faire une grève ou non, voici quelques questions que vous pouvez vous poser pour acter ou non d’être gréviste :
Y’a-t-il un préavis de grève ?
S’assurer qu’il y a bien un préavis de grève déposé par au moins une organisation syndicale afin de vous « couvrir » et ne pas avoir une « absence injustifiée » par la suite
Est-ce que la grève est locale ou nationale ?
Se demander si les revendications portées pourront avoir des réponses au niveau local (rectorat de Toulouse) ou national (Ministère de l’Education Nationale)
Je suis 100% d’accord avec le motif de grève mais je me rends compte qu’il n’y a grève qu’en Haute-Garonne. Je fais quoi ?
Là, il faut s’intéresser au champ d’intervention du rectorat de Toulouse.
Si la réponse au sujet de revendication ne relève pas du champ d’action du rectorat de Toulouse :
- l’employeur va retirer 1/30e de votre rémunération (jusque là, c’est normal, on sait que quand on fait grève, on perd une journée de salaire…)
- vous n’aurez aucun gain de cause : le rectorat n’est pas l’autorité décisionnaire sur de nombreux sujets. Cela relève généralement du champ d’intervention du Ministère de l’Education Nationale.
- Une fois toutes ces informations en tête, vous restez la/le seul-e et unique personne qui décide ou non de faire grève
Par exemple :
> Appel à la grève pour dénoncer nos salaires trop insuffisants pour tout ce que l’on fait (c’est évidemment justifié !) mais je me rends compte que l’appel à la grève est uniquement dans la Haute-Garonne : ça risque d’être peine perdue car c’est au niveau du ministère que ça se décide.
> Appel à la grève pour la seule et unique médecin du travail qui est en train se faire licencier au rectorat : là c’est local, ça peut avoir un impact.
Les motifs pour faire grève sont malheureusement bien trop nombreux…mais c’est un droit extrêmement précieux et chacun-e a la possibilité de décider de faire grève ou non.
La grève est une solution où le collectif doit peser et se faire entendre.
Le SE-Unsa 31 défend la position d’être évidemment combattant-te et militant-es concernant les droits de tous nos collègues.
En revanche, le SE-Unsa 31 s’opposera toujours à demander à ses collègues de perdre 1 journée de salaire si le motif visé est contre nos valeurs ou nos mandats (portés et décidés avec l’ensemble de nos adhérent-es : AESH, AED, enseignant-es, CPE, psyEN, etc.), mais aussi lorsque nous estimons qu’il s’agit de problématiques qui doivent se discuter nationalement et non localement.
Le rectorat de Toulouse ne pilote malheureusement pas les droits des personnels de l’Education Nationale !
Nous, personnel, n’avons pas/plus : le temps, l’énergie et la capacité financière de se tromper d’interlocuteur et d’interlocutrices pour mener nos luttes et faire entendre notre voix.
Renseignez-vous, discutez et aller chercher des informations pour pouvoir vous faire votre propre avis !
Le SE-Unsa 31 reste à vos côtés.
Si vous désirez de plus amples informations, contactez Lucile JOJOU notre secrétaire AESH, à l’adresse suivante :
aesh.31@se-unsa.org