Alors que la santé mentale des élèves se dégrade fortement depuis plusieurs années, les PsyEN jouent un rôle essentiel de prévention, d’écoute et d’accompagnement. Pour le SE-Unsa, l’urgence impose enfin des moyens à la hauteur des besoins et des enjeux.
Une dégradation préoccupante de la santé mentale des élèves
La santé mentale des enfants et des adolescents connaît une dégradation préoccupante en France. Selon l’Inserm, près de 1,6 million de mineurs souffraient de troubles psychiques en 2022. Depuis la crise sanitaire, la détresse des jeunes a atteint des niveaux historiquement élevés, avec des indicateurs qui peinent à redescendre.
Plus de 40 % des adolescents souffrant d’un trouble anxieux sévère déclarent n’en avoir parlé à personne. Pourtant, près de 7 jeunes sur 10 souhaitent pouvoir disposer d’espaces d’écoute auprès de personnels de confiance, selon le Baromètre du moral des adolescents (Ipsos) de mars 2025.
Les enquêtes nationales (dont EnClass 2022 et les données hospitalières) révèlent également une vulnérabilité particulièrement marquée chez les adolescentes. Les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 118 % chez les jeunes filles de 10 à 14 ans en cinq ans (enquête FHP, avril 2026).
Malgré la gravité de ces chiffres, la souffrance des enfants et des adolescents reste trop fréquemment invisible et silencieuse.
Les PsyEN : des acteurs essentiels de la prévention
Dans les écoles, collèges et lycées, les psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN) jouent un rôle central dans la prévention et la prise en charge des difficultés psychiques des élèves.
Les PsyEN assurent des missions d’écoute, d’observation, de repérage, d’accompagnement et d’orientation, en collaboration étroite avec les équipes éducatives. Dans un contexte de hausse des besoins en santé mentale à l’École, leur expertise et un accompagnement précoce sont indispensables au bien-être et à la réussite des élèves, et au bon fonctionnement du Service public d’éducation.
Des moyens insuffisants face à l’urgence
Pourtant, les moyens alloués ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées. Le nombre de postes ouverts au recrutement des psychologues de l’Éducation nationale ne permet pas de répondre à l’augmentation des besoins sur le terrain. Les conditions d’exercice se dégradent, le domaine de la prévention est délaissé et la charge de travail s’alourdit.
Parler de santé mentale des élèves et reconduire cette thématique comme grande cause nationale en 2026 tout en maintenant un recrutement insuffisant des PsyEN n’est ni cohérent ni acceptable.
L'avis du SE-Unsa
Pour le SE-Unsa, préserver la santé mentale des élèves suppose une politique ambitieuse, cohérente et dotée de moyens réels.
Renforcer le recrutement des PsyEN est une condition indispensable pour répondre à l’urgence en santé mentale à l’École et garantir un accompagnement de qualité aux élèves.
Face à l’urgence, le SE-Unsa demande un ratio nombre d’élèves par PsyEN qui permette aux PsyEN d’exercer pleinement leurs missions, c’est-à-dire avec un secteur d’intervention n’excédant pas plus de 800 élèves par PsyEN.