Le ministère déploie l’acte II des plans de formation continue des professeurs des écoles pour la période 2026-2030, marqué notamment par le développement des résidences pédagogiques. Ce nouveau plan repose sur une programmation sur quatre ans, construite localement à partir d’un diagnostic partagé entre les équipes d’école et de circonscription.
Chaque enseignant·e bénéficiera, sur la durée du plan, d’au moins 24 heures de formation en français, 24 heures en mathématiques et 24 heures dans d’autres champs disciplinaires, interdisciplinaires ou transversaux. Les parcours pourront combiner plusieurs modalités : animations pédagogiques, constellations ou résidences pédagogiques.
L’ambition affichée est de proposer des formations davantage ancrées dans les réalités de terrain, articulées avec le projet d’école et adaptées aux besoins identifiés localement. Une ambition que le SE-Unsa peut partager sur le papier, mais qui ne vaudra que par sa traduction concrète. C’est à l’aune du vécu des personnels, et non des intentions ministérielles, que le dispositif devra être jugé.
Les résidences pédagogiques : ce qu'elles doivent être… et ne pas être
Parmi les évolutions majeures figure le développement des résidences pédagogiques. D’une durée de 30 heures (18 heures de formation et 12 heures d’accompagnement sur temps de classe remplacées), elles peuvent être organisées :
- sous une forme massée, sur trois à cinq jours,
- ou de manière filée sur plusieurs périodes.
Les formateurs et formatrices interviennent directement auprès de l’équipe, voire dans l’école, pour construire avec les enseignant·es des réponses adaptées à leur contexte professionnel.
Le ministère s’y engage explicitement : la résidence pédagogique ne constitue ni une inspection déguisée, ni une évaluation individuelle des enseignant·es. Les éventuelles observations de classe ne peuvent servir qu’à nourrir une réflexion collective. Les formes possibles sont variées – analyses de pratiques, co-intervention, construction d’outils communs, accompagnement de projets d’école, temps de formation ciblés – et doivent être choisies avec l’équipe, pas pour elle.
Ces garanties sont écrites et constituent autant de points d’appui pour les équipes. Toute mise en œuvre qui s’en écarterait – résidence imposée à la suite des évaluations nationales, observations utilisées à des fins de contrôle, contenus plaqués sans lien avec les besoins exprimés – serait contraire au cadre annoncé par le ministère lui-même.
L'avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa défend un véritable droit au développement professionnel tout au long de la carrière. Cela suppose une offre de formation diversifiée, accessible et adaptée aux missions exercées. Cela suppose surtout que la formation ne soit pas pensée uniquement à partir des besoins des élèves : les besoins exprimés par les enseignant·es, liés à l’évolution de leurs pratiques, de leurs missions et de leurs parcours professionnels, doivent être pleinement pris en compte.
Concernant les résidences pédagogiques, le SE-Unsa pose des conditions claires :
- une résidence subie n’a aucun sens pédagogique ;
- elles doivent répondre aux besoins identifiés et exprimés par les équipes, et ne jamais être déclenchées au motif principal des résultats aux évaluations nationales ;
- les 12 heures d’accompagnement sur temps de classe supposent un remplacement effectif ;
- la présidence du conseil des maîtres revient réglementairement au directeur ou à la directrice, y compris lorsqu’une résidence est mise en place ;
- pour les conseiller·ères pédagogiques comme pour les formateur·rices, une résidence doit se substituer à des missions existantes et non s’y ajouter. Temps de préparation, frais de déplacement et ordres de mission doivent être anticipés et couverts.
Et si ça se passe autrement ? Le SE-Unsa est là !
Si dans votre école ou votre circonscription, la résidence s’annonce sous une forme descendante, imposée ou déconnectée de vos besoins – ou si votre charge de travail de conseiller·ère pédagogique ou de formateur·rice s’alourdit sans compensation – ne restez pas seul·es.
Contactez votre équipe locale du SE-Unsa : nous vous accompagnerons, collectivement comme individuellement, y compris auprès de l’IEN et de la DSDEN, pour faire respecter le cadre annoncé et vos droits.