Lors de la formation spécialisée Santé, Sécurité et Conditions de Travail du 12 février 2026, la gravité des situations vécues dans les établissements a été officiellement reconnue. Les échanges ont notamment porté sur la sécurité des personnels, la tension entre obligation de scolarisation et protection des équipes, l’état du lycée François Rabelais, ainsi que la charge et les conditions d’exercice des enseignant·es référent·es pour la scolarisation des élèves en situation de handicap (ERSEH). Nous vous présentons ici ces points essentiels de cette instance qui nous ont paru importants de partager.

DASEN : « Non, vous n’exagérez pas ! »

À l’issue des déclarations liminaires des organisations syndicales (voir la nôtre), la directrice académique a prononcé une phrase forte : « Non, vous n’exagérez pas ! »

Elle reconnaît une augmentation des faits établissements, des situations de violence, des difficultés avec certains élèves et certaines familles, ainsi qu’une fragilisation croissante des personnels, notamment liée aux remises en cause des gestes professionnels. Elle affirme que ces situations sont connues et que l’institution agit. Elle rappelle que des mesures conservatoires sont prises lorsque cela est nécessaire. Elle précise également que ces tensions ne touchent pas uniquement les équipes de terrain : la chaîne hiérarchique, jusqu’au rectorat, n’est pas épargnée.

Obligation de scolarisation : une tension permanente

La directrice académique a rappelé la tension constante entre l’obligation de scolariser tous les élèves et la nécessité de garantir la sécurité des personnels et des autres élèves.

Elle souligne la multiplication des situations complexes (élèves poly-exclus, absentéisme en hausse, difficultés médico-sociales) et met en avant le travail engagé avec l’ARS ainsi que le déploiement des PAS comme pistes d’amélioration. En cas de situation grave, les équipes peuvent solliciter les services d’urgence, même si l’adhésion des familles reste déterminante. Selon la DASEN, les situations complexes sont d’une 40taine pour 114 000 élèves (privé/public confondu).

Pour l’UNSA Éducation, cette tension ne peut être résolue par la seule responsabilité des équipes. L’école inclusive exige des moyens humains renforcés, des partenariats médico-sociaux effectifs, et du temps institutionnel pour prévenir plutôt que gérer dans l’urgence.

Lycée François Rabelais de Fontenay-le-Comte : rénovation attendue !

La formation spécialisée a effectué une visite le 29 avril 2025 au Lycée François Rabelais, suite aux nombreuses fiches RSST rédigées par les personnels.

Le constat reste préoccupant : bâtiments vétustes, dalles amiantées, infiltrations d’eau entraînant des moisissures, fissures… Les travaux engagés en 2015 n’ont pas permis d’achever la rénovation, ce qui alimente un fort sentiment d’abandon chez les équipes. Le Conseil régional, en charge des lycées, a réalisé des travaux depuis notre visite. Pour autant, la question demeure : ces interventions sont-elles suffisantes au regard de l’état de vétusté de certains bâtiments ? Non, car plusieurs bâtiments du lycée ont besoin d’une rénovation en profondeur. Ces travaux d’entretien seront présentés lors d’une restitution de la visite en avril 2026, avec les représentants des organisations syndicales ayant effectué la visite, dont l’UNSA Education bien-sûr.

Une nouvelle programmation de travaux de rénovation est annoncée à partir de 2027 pour une durée de 3 ans. . Les représentants des personnels ont rappelé qu’il est indispensable de traiter sans attendre les problèmes d’entretien courant, pour garantir des conditions de travail dignes.

ERSEH : un équilibre encore fragile

Enseignant-e référent-e pour la scolarisation des élèves en situation de handicap (ERSEH)

L’administration met en avant un remaillage des secteurs et une charge désormais stabilisée autour de 223 dossiers par ERSEH, après des pics ayant atteint 350. Des ressources ont été développées (formations, personne ressource GEVASco, visios régulières, CPC dédié aux situations complexes) et des ajustements sont mis en place en cas d’arrêt.

Pour autant, la situation demeure fragile. Plusieurs ERSEH sont actuellement en arrêt, dont certains pour raisons liées au travail. L’obligation réglementaire d’une ESS annuelle par élève reste difficile à tenir, et des incertitudes apparaissent sur la continuité des outils de suivi. Les remplacements reposent souvent sur des organisations locales, qui ne peuvent constituer une solution durable.

Pour l’UNSA Éducation, la question n’est pas seulement organisationnelle. Elle relève de la prévention des risques psycho-sociaux et de la reconnaissance réelle de la charge de travail. Les ERSEH sont un maillon essentiel de l’école inclusive : leurs conditions d’exercice doivent être sécurisées dans la durée.


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