Et si on réservait des logements pour les agents publics de première ligne ?
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Réserver des logements pour les travailleurs de première ligne, c’est la proposition qu’a faite le député Amiel dans son rapport Loger les travailleurs des services publics. Les pistes évoquées sont intéressantes. Pour le SE-Unsa, c’est à l’État maintenant d’investir à la hauteur des besoins énormes.
Quand on est prof, avec un salaire de prof (pas le fantasmé, le réel), PsyEN ou CPE, trouver un logement devient bien souvent mission impossible. Se loger dans le secteur privé à Paris comme en Haute-Savoie est quasi inaccessible pour les enseignants, les CPE et les psychologues de l’Éducation nationale.
Les salaires actuels, peu revalorisés et nettement en décalage avec l’inflation ne permettent plus de louer auprès des propriétaires privés. Quant aux logements sociaux, les listes d’attente sont telles, et l’offre tellement réduite, qu’ils ne règlent rien.
La situation est d’autant plus tendue que des personnels de l’Éducation nationale mutés en viennent à démissionner devant la difficulté à trouver et payer un logement. Sans compter les candidats potentiels aux concours qui fuient devant les salaires insuffisants pour faire face au coût des loyers.
Le député Amiel propose que l’État investisse dans la construction de logements neufs, et qu’une part importante de ce parc immobilier soit réservée aux travailleurs essentiels comme les enseignants, les policiers et les infirmiers. Le SE-Unsa y souscrit pleinement : la balle est clairement dans le camp de l’État désormais pour transformer cette volonté en actes
Agissons ensemble pour une indemnité POUR TOUS !!!
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MAJ du 20 juillet 2024
Depuis des années, nous portons cette juste revendication. Un premier pas a été franchi et nous nous réjouissons pour les agents de ces 51, puis 120 communes, puis 141 de Haute-Savoie en juillet 2024 !
Et les autres ?
Et bien, nous continuerons à nous mobiliser, à agir pour modifier la carte des communes bénéficiant de l’IR :
Suite à l’interpellation des maires, (voir ci-dessous) une sénatrice a prévu d’intervenir auprès du gouvernement). Il est important de continuer cette action dès maintenant et rapidement avant que le décret ne sorte.
Nous écrivons également à l’ensemble des élus
Ci-dessous, en bleu qui ont obtenu l’indemnité de résidence au 27/09, en vert celles qui après avoir réclamé, sollicité les élus, l’ont obtenue le 13/12, en violet en juillet 2024… en orange, les communes contactées par les collègues (en fonction de vos retours), en jaune, celles qui n’ont rien envoyé
3 actions en parallèle
1) Écrivez au maire de votre commune de résidence administrative, lieu de votre travail, pour lui demander son soutien. Un courrier individuel ou collectif, conseil des maîtres par exemple, incluant les autres agents de l’école concernés. (modèle en annexe, bas de page)
Mettez-nous en copie pour le suivi, nous comptabiliserons les mairies sollicitées, elles apparaitront en orange sur la carte actualisée régulièrement, avant de passer au vert.(74@se-unsa.org)
Nous continuerons à porter la voix des fonctionnaires non indemnisés mais aussi à lutter pour des augmentations salariales pour tous.
2) Nous écrivons à tous les maires, l’association des maires du département, aux parlementaires en leur demandant d’agir
3 )Signez notre nouvelle pétition : pour une indemnité de résidence POUR TOUS
Suite à nos actions le Ministre de la Fonction publique avait décidé en début d’année scolaire d’octroyer une IR de 3% (taux le plus haut prévu par la loi) à 61 communes de l’Ain et de la Haute-Savoie, soit 51 communes dans notre département.
L’Unsa ne s’en est pas contentée et a continué ses actions. Son opiniâtreté et sa force de conviction ont encore payé et c’est maintenant, selon l’info relayée par le Dauphiné libéré, 120 communes qui en bénéficient.
Les retours des élus ont été positifs, tous ceux qui nous ont contactés nous ont apporté leur soutien (ce qui n’était pas le cas en 2022) et certains nous ont même demandé plus d’informations pour porter le message auprès des décideurs.
Vous trouverez en bas de page quelques réponses d’élus parmi ceux reçus.
C’est évidemment une bonne nouvelle mais certains collègues sont, à notre sens, encore injustement exclus de cette mesure et nous continuerons à lutter pour eux. (l’action continue : https://sections.se-unsa.org/74/spip.php?article1284 )
De plus, cela n’enlève pas l’absolue nécessité d’une revalorisation conséquente, rapide et pour tous les agents de la valeur du point d’indice.
Notre salaire mérite d’être reclassé à la hauteur de notre rôle social et de notre investissement.
Par courriel en date du 9 octobre 2023, vous m’avez interpellé à propos du périmètre géographique retenu par le Gouvernement pour l’application de l’indemnité de résidence pour les agents des trois Fonctions Publiques.
En effet, seules 62 communes du département de la Haute-Savoie et de l’Ain ont été retenues par les services du Ministère de la Transformation et de la Fonction Publique comme étant celles connaissant les plus fortes tensions sur le logement, sur la base du classement de la loi « Pinel ».
Bien que cette annonce soit de bon augure, je comprends votre désarroi face à l’absence de reconnaissance de l’ensemble des communes du Département en cette qualité. J’avais immédiatement fait part à Monsieur Stanislas GUERINI, Ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, des difficultés que posait cette disparité entre les communes.
Bien entendu, lors de sa visite, j’ai indiqué au Ministre, que le coût de la vie était important sur l’ensemble de notre département.
Je demeure donc vigilant sur cette question pour que soit réexaminée la cartographie des communes bénéficiaires.
Bien cordialement,
Loïc HERVÉ Sénateur de la Haute-Savoie Vice-président du Sénat
Xavier ROSEREN, député
Monsieur le Secrétaire départemental,
Vous avez souhaité attirer mon attention sur l’annonce relative à l’indemnité de vie chère, et je vous en remercie.
Lors de sa venue en Haute-Savoie, Monsieur Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, a annoncé la mise en place d’une indemnité de résidence pour les fonctionnaires qui travaillent dans 62 communes de l’Ain et de la Haute-Savoie.
Cette proposition répond à de nombreuses demandes des élus depuis plusieurs années. Il s’agit d’une première avancée, toutefois, certaines autres communes devraient être concernées par le dispositif.
Je comprends pleinement votre interrogation puisque les difficultés rencontrées par les fonctionnaires des communes de Passy et Sallanches, par exemple, sont sensiblement les mêmes. Ainsi, dès la publication de la liste des communes concernées, j’ai alerté le préfet et le ministre sur la nécessité de revoir la carte afin d’avoir un zonage plus équitable.
Bien cordialement,
Xavier ROSEREN
Député de Haute-Savoie
Cyril Pellevat, sénateur (message de son assistante)
Monsieur le Secrétaire départemental,
Bonjour,
En effet, Monsieur Pellevat s’est lui aussi étonné de l’absence de certaines communes dans le périmètre de la prime. Toutes les communes où le prix du m2 dépasse de 25% la moyenne nationale devraient être inclues, ce qui n’est pas le cas.
Ce point a été porté à l’attention du ministre qui s’est dit ouvert à l’idée d’une révision du périmètre.
Nous sommes en attente d’un rendez-vous avec le ministère du logement à ce sujet. Nous reviendrons donc vers vous dès que nous aurons davantage d’information à vous transmettre.
Cordialement,
Virginie Duby-Muller, députée
Bonjour Monsieur,
Nous vous remercions pour votre courrier.
La cartographie concernant l’indemnité de résidence a été initialement élaborée sur la base de la loi ALur. Toutefois, lors de sa venue, et face aux nombreuses questions et remarques sur le sujet, M. GUERINI s’est dit ouvert à la retravailler.
Soyez assuré que Mme DUBY-MULLER reste en lien avec M. Le Ministre et son cabinet pour faire avancer les discussions en ce sens.
Restant à votre disposition pour toute question,
Très cordialement,
Célia NIESSEN Collaboratrice de Mme Virginie DUBY-MULLER
Communauté de communes du Haut-Chablais
Bonjour,
Le Bureau de la Communauté de Communes du Haut-Chablais a étudié ce matin votre demande d’intervention au sujet de la rectification de la liste des communes éligibles à l’indemnité de résidence pour les fonctionnaires.
Le Bureau a demandé l’envoi d’un courrier aux parlementaires de la Haute-Savoie afin que soit rapidement examiné un élargissement de ces communes éligibles à cette indemnité non seulement pour les agents d’État mais aussi pour les agents de la fonction publique territoriale et ceci dans un esprit de cohérence et afin d’éviter les effets de concurrence qui pourraient provenir du découpage actuel.
Je vous tiendrais au courant des suites données par nos parlementaires en espérant une rectification dès 2024 de ce découpage qui ne tient pas compte des réalités locales.
Cordialement.
Mairie de Peillonnex
Bonjour,
En réponse à votre courrier du 9 octobre 2023, nous vous informons avoir donné suite à votre demande auprès de Mme Sylviane NOEL, sénatrice de Haute-Savoie et M. GUERINI, ministre. Vous trouverez copie des courriers en attaché.
Vous en souhaitant bonne réception.
Cordialement,
Pour M. Le Maire,
Amancy
Sylviane Noêl, sénatrice
Bonsoir monsieur merci pour votre précieuse contribution
Cordialement
Envoyé de mon iPhone
Le 9 oct. 2023 à 11:36, UNSA Éducation 74 <74@unsa-education.org> a écrit :
Madame la Sénatrice,
Dans un de vos courriers concernant l’indemnité de résidence dont nous avons eu connaissance, (ci-dessous)vous écriviez » Cette mesure ne répondra pas à elle seule à la problématique de la fidélisation des agents sur notre territoire, mais elle constitue néanmoins une première étape dans la reconnaissance des difficultés de nos territoires qu’il convient de saluer.
Suite à cette annonce, vous avez été nombreux à me faire remonter des incohérences s’agissant notamment du périmètre géographique retenu pour l’application de cette mesure.
En effet, si certaines communes situées en zone touristique ou frontalière sont concernées à juste titre par ce dispositif, d’autres en sont injustement écartées alors qu’elles sont tout autant confrontées à la cherté de la vie et aux difficultés liées au logement. Les effets de bord risquent ainsi d’être nombreux sans une correction rapide de ces anomalies. »
Nous partageons votre analyse.
Puis, vous signalez votre souhait d’interpeler le ministre. Nous vous adressons des synthèses, certes rapides, de nos analyses montrant que toutes les communes doivent bénéficier de l’IR, en espérant qu’elles vous permettent d’alerter les principaux décideurs, peut-être par une question au gouvernement.
Nous restons disponibles pour échanger à ce sujet.
Très cordialement,
Objet : Visite du Ministre de la Transformation et de la Fonction publique à Saint-Julien-en-Genevois : Mise en place d’une indemnité de résidence pour 61 communes de Haute-Savoie et de l’Ain
Madame la Présidente, Monsieur le Président,
Madame le Maire, Monsieur le Maire,
Cher(e) Collègue,
Le 28 septembre dernier, le Ministre de la Transformation et de la Fonction publique Stanislas GUERINI a annoncé l’octroi d’une indemnité de résidence aux agents des trois versants de la fonction publique dans 61 communes de la Haute-Savoie et de l’Ain. Cette mesure était attendue de tous depuis plus de 20 ans.
Cette mesure ne répondra pas à elle seule à la problématique de la fidélisation des agents sur notre territoire mais elle constitue néanmoins une première étape dans la reconnaissance des difficultés de nos territoires qu’il convient de saluer.
Suite à cette annonce, vous avez été nombreux à me faire remonter des incohérences s’agissant notamment du périmètre géographique retenu pour l’application de cette mesure.
En effet, si certaines communes situées en zone touristique ou frontalière sont concernées à juste titre par ce dispositif, d’autres en sont injustement écartées alors qu’elles sont tout autant confrontées à la cherté de la vie et aux difficultés liées au logement. Les effets de bord risquent ainsi d’être nombreux sans une correction rapide de ces anomalies. En outre, on peut légitimement s’interroger sur les difficultés d’application de ce dispositif s’agissant de personnels de services intercommunaux dont la totalité des communes de l’intercommunalité ne serait pas concernée par l’application de cette mesure.
Face à ces difficultés, j’invite tous les maires et présidents d’intercommunalités qui le souhaitent et qui se sentent concernés à me signaler ce défaut de classement. Cela me permettra d’argumenter et de me battre en faveur d’une réforme du dispositif de l’indemnité de résidence. Celle ci apparaît plus que jamais souhaitable car le dispositif actuel s’appuie sur un zonage qui date de l’après-guerre et ne correspond plus à la situation économique actuelle.
En effet, les modalités d’attribution de l’indemnité de résidence (IR) sont actuellement fixées à l’article 9 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985, qui prévoit que son montant est calculé en appliquant au traitement brut de l’agent un taux variable selon la zone territoriale dans laquelle est classée la commune où il exerce ses fonctions.
La répartition actuelle des communes dans les trois zones de l’indemnité de résidence correspond aux zones territoriales d’abattement de salaires telles que déterminées par l’article 3 du décret n° 62-1263 du 30 octobre 1962, c’est-à-dire au classement opéré après-guerre par le ministère du travail pour instaurer une modulation géographique du salaire minimum national interprofessionnel en fonction du niveau du coût de la vie dans chaque localité de travail.
L’augmentation de l’IR nécessiterait donc au préalable d’identifier des indicateurs objectifs et fiables permettant le cas échéant de modifier le zonage sur des bases incontestables afin de prévenir toute rupture d’égalité entre territoires. En effet, une revalorisation qui serait limitée à un seul territoire serait susceptible d’initier des effets reconventionnels (c’est exactement ce qui est le cas sur la Haute-Savoie) sans pour autant régler les difficultés posées par la vétusté du système.
C’est l’objet des revendications que je ferai parvenir au Gouvernement avec votre appui.
Vous remerciant pour votre collaboration à ce projet et restant naturellement à votre disposition,
Je vous prie d’agréer, Madame le Maire, Monsieur le Maire, Madame la Présidente, Monsieur le Président, Cher(e) Collègue, l’expression de mes respectueuses salutations
Le gouvernement a réuni un groupe de travail sur la question du logement des agent·es public·ques. Pour l’UNSA, c’est la priorité pour de très nombreux collègues qui sont mal, voire pas logés.
Se loger est de plus en plus difficile. de nombreux collègues se retrouvent en situation de précarité et de logement indigne.
Le gouvernement dit prendre conscience de la nécessité d’une vraie politique d’accès au logement pour les agent·es public·ques. L’UNSA a porté ses revendications et confronte les promesses ministérielles à la réalité des faits.
Vers une politique du logement des agents publics ?
Le ministère de la transformation et de la fonction publiques a réuni le 10 novembre 2023 un groupe de travail quant au logement des agent·es public·ques des trois versants de la fonction publique (état, territoriale, hospitalière). L’UNSA Fonction Publique a rappelé la priorité de cette thématique, élément d’attractivité et de fidélisation des collègues.
contact : fp@unsa-education.org
Un accès au logement qui se dégrade depuis des années
L’UNSA Fonction Publique n’a eu de cesse depuis des années d’attirer l’attention des gouvernements successifs sur les difficultés croissantes de logement des collègues. L’augmentation du prix des loyers, du coût du foncier a plus que largement dépassé celle des salaires et traitements des agent·es public·ques, entraînant un décrochage du pouvoir de logement de ceux-ci. Cette situation se détériore avec le faible taux de rotation dans le parc social et intermédiaire.
Les revendications de l’UNSA pour le logement :
L’UNSA Fonction Publique a rappelé que :
La politique du logement des agents publics ne peut se faire sans concertation ou négociation avec les organisations syndicales représentatives des personnels et les représentants des employeurs publics des trois versants.
Elle doit s’articuler autour du court, du moyen et du long terme dans les trois versants.
Elle doit concerner toutes les formes de logement dans le parc social, intermédiaire et privé.
De nombreux rapports ont été produits depuis 2011 sur cette politique, contenant des pistes de solutions, qui n’ont pas été mises en œuvre.
Elle a indiqué que :
Le 5% préfectoral de réservation de logements sociaux pour les agents de l’État est très inégalement mis en œuvre par les préfectures.
Le recensement du foncier disponible est une priorité.
Des solutions de cautionnement locatif par l’employeur doivent être mises en œuvre. C’est notamment le cas par le ministère de l’Éducation nationale, à titre expérimental, depuis septembre 2023.
Les DROM-COM ne doivent pas être les oubliées de la politique du logement des agents publics.
Le parcours de carrière des agents doit être accompagné de solutions de parcours résidentiel, de l’entrée dans la fonction publique jusqu’à la sortie. La mobilité géographique doit être mieux accompagnée. Pour l’UNSA Fonction Publique, c’est une condition indispensable à l’attractivité, la fidélisation et la valorisation des agent·es public·ques.
Lecture : en 2020, dans l’intercommunalité du Genevois, la moitié de la population a un niveau de vie annuel inférieur à 38 480 euros. Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2020, géographie au 01/01/2022.
Mais selon l’observatoire des territoires toutes les villes de Haute-Savoie souffrent d’un prix des loyers exorbitant (voir carte plus haut ou lien ci-dessous)
Par exemple Sales est aussi à 13.3 E/m², Viuz en Sallaz est à 15.8 E/m²E, Poisy 16.6 E/m², Epagny-Metz-Tessy 16.5 E /m2 ( hébergeant l’hôpital) Pourtant ces villes ne sont pas, comme tant d’autres, inscrites sur la première liste des communes indemnisées.
C’est donc, pour l’UNSA, tous les fonctionnaires de tout le département qui doivent bénéficier d’aides et de hausse de revenus car ils connaissent les mêmes difficultés.
En 2022, 21 125 nouveaux titulaires d’un permis frontalier (permis G) ont été enregistrés dans le canton, soit un nombre record depuis le début de la statistique en 1989 (+ 5 300 personnes par rapport à 2021). Parmi les nouveaux titulaires, 869 sont d’anciens résidants étrangers du canton, un effectif dans la moyenne 2015 – 2019 (870).
Nb de frontaliers par secteur – Chiffres clés (provisoires 2022) :
Frontaliers actifs
104 839
Domicile en Haute-Savoie
74 %
Domicile dans l’Ain
19 %
Autre domicile
7 %
Variation annuelle
+ 8,0 %
La Suisse prévoit de recruter 100 000 frontaliers dans les années à venir pour compenser une vague de départs massifs en retraite.
Salaires moyens – Chiffres clés (en 2020, 40h par semaine) :
Salaire mensuel brut
7 555 €
Hommes
7 639 €
Femmes
7 477 €
Secteur privé
6 957 €
Secteur public
8 956 €
Frontaliers étrangers actifs à Genève, dans quelques branches d’activité, depuis 2015 (1) (2)
Notes :
(1) Les sources de la statistique des frontaliers actifs sont les suivantes : le système d’information central sur la migration (SYMIC), les données AVS, la banque de données de la formation professionnelle initiale (SFPI) et, pour les séries antérieures au 4e trimestre 2010, la statistique de l’emploi (STATEM). (2) Chiffres provisoires dès 2021 et révisés chaque trimestre.
Source :
OFS – Statistique des frontaliers
Date de mise à jour :
03.08.2023
2015
2020
2022
écart en %
2015-2022
écart en %
2020-2022
Santé humaine et action sociale
9 701
11 895
13 032
34
10
Commerce de détail
6 571
6 882
7 728
18
12
Construction
5 709
7 473
8 667
52
16
Hébergement et restauration
5 269
5 415
6 602
25
22
Commerce de gros
5 067
5 259
5 767
14
10
Activités financières et d’assurance
3 153
3 333
3 481
10
4
Fabric. info., électro; horlogerie
3 372
3 341
3 660
9
10
Enseignement
2 734
3 429
4 112
50
20
Architecture et ingénierie
2 649
3 247
3 670
39
13
II) Notre constat et des pistes à envisager:
Le constat de la vie chère a été démontré dans le livre blanc et via le SE UNSA 74, chiffres à l’appui actualisé ci-dessus. Mais il est porté depuis 1973 et par l’Unsa 74 depuis sa création il y a 30 ans.
Nous rappelons au Ministre et sa conseillère le résultat de nos enquêtes notamment le sentiment de déclassement, de honte à ne pouvoir loger sa famille dignement et en sécurité pour certains auxquels il faut ajouter le coût du transport quotidien pour se rendre sur son poste. Des communes non indemnisées par l’IR ont pourtant un coût du loyer supérieur à des communes indemnisées.
Nous rappelons aussi la situation dégradée des retraités qui ne peuvent plus vivre avec une pension plus basse que leur ancien salaire qui était déjà trop faible.
La situation n’est plus tenable car elle impacte fortement :
les services publics : difficultés de recrutements (tous versants confondus),
les agents : ils compensent les vacances de poste, pas toujours comblées par les contractuels dont le recrutement est confronté aux mêmes problématiques. Ils subissent de plein fouet la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation, situation déjà exacerbée dans notre département,
les familles : célibats géographiques contraints dans certains ministères, colocation de plus en plus fréquente y compris pour des familles.
L’indemnité de résidence est une reconnaissance de la difficulté locale mais n’est qu’une réponse insuffisante car son montant est trop faible, pour un nombre de collègues trop faible pour avoir un réel impact sur l’accès au logement.
De plus, cela induira une mobilité géographique ciblée sur les communes indemnisées au détriment des autres.
IL FAUT DONC ALLER PLUS LOIN :
Pour tous : Augmenter le nombre de bénéficiaires et réhausser fortement le taux
Pour la fonction publique d’Etat, une solution pourrait être de faire converger les primes sur les primes de l’administration centrale.
Pour les fonctionnaires territoriaux, beaucoup de décisions prises au niveau national ne seront pas appliquées car soumises à délibérations locales et certaines structures déjà lourdement impactées par l’augmentation des charges de fonctionnement ne pourront faire face à ces dépenses supplémentaires. Certaines filières peinent à recruter faute de reconnaissance de leurs métiers (petite enfance, perte d’autonomie…) et de moyens (ASE…)
Pour la fonction publique hospitalière, le Ségur a oublié bon nombre d’agents tous autant impactés que leurs collègues qui ont vu leurs revenus augmenter.
D’une manière globale, il pourrait également être envisagé de verser une prime de fidélisation comme cela a été expérimenté dans un département d’Île-de-France. Cela réduirait le turn-over important sur notre territoire.
MAIS SURTOUT, IL Y A URGENCE A REVALORISER LA VALEUR DE POINT D’INDICE POUR TOUS, DE REVALORISER LES PENSIONS ET SANS LA MOINDRE CONTREPARTIE !
En plus des revenus, des pistes sur le logement sont à étudiées:
– Améliorer le dispositif du bail mobilité, voire créer un bail spécifique aux fonctionnaires. Cela pourrait être des logements sociaux PLS ou intermédiaires mis à disposition par les administrations pour les agents (par les SRIAS ?). Cela pourrait être destiné en priorité aux primo-affectés, notamment par le biais de résidences hôtelières à vocation sociale.
– Sur le volet locatif, plafonner les loyers. Créer un dispositif de cautionnement.
F Faciliter l’accession sociale à la propriété pour les agents publics en appliquant les conditions du PSLA à toutes les formes d’accession sociale (TVA réduite à 5,5 %, pas d’appels de fonds successifs lors de la construction, exonération de la TFPB pendant 15 ans, frais de notaires réduits, dispositif étendu sur une durée de 30 ans) .
III) le Ministre et sa conseillère nous disent :
Le Ministre reconnait la difficulté locale et souhaite la débloquer.
La carte qui définit les indemnités est calquée sur la carte de zonage ABC non réévaluée depuis 2001 par le ministère du logement. Le ministre dit aussi que le maillage a vocation à « évoluer ».
Le coût de l’IR est de 25 millions d’euros dont 7 pour les collectivités territoriales et le reste pour la Fonction Publique d’Etat et celle hospitalière. Pour la Fonction Publique Territoriale cette indemnité ne sera pas soumise à délibération locale.
Pour la Fonction publique, le ministre souhaite un accord salarial annuel, des discussions sur les grilles de salaires, prendre en compte les changements sociétaux et l’urgence de la transition écologique, améliorer les conditions de travail.
Sur le volet rémunérations, il s’est engagé à une révision des grilles indiciaires en partant du constat de tassement et en lien avec l’allongement des durées de carrières
Il cherche à travailler sur le management, la simplification des tâches, la santé au travail, l’équipement de travail, l’égalité femme-homme, le logement pour améliorer l’attractivité du métier.
Le ministre Guérini a annoncé le développement d’une plateforme nationale pour le logement des fonctionnaires, dispositif déjà existant dans certaines régions. De plus, il faut retravailler sur la demande pour que le logement social corresponde plus aux besoins des fonctionnaires. Il a confié cette mission à un parlementaire (David AMIEL, député Renaissance de la 13ème circonscription de Paris).
La conseillère est marquée par nos retours qui font part d’exemples précis. Elle nous dit que les difficultés existent au niveau national (rémunération, conditions de travail) mais cela prend des proportions différentes ici. L’IR est une première réponse même si le ministre est conscient que cela ne résoudra pas l’attractivité et les conditions de vie des agents indemnisés.
Elle précise que le zonage date de 2001 et n’a pas été mis à jour et le ministre l’a bien entendu. Cependant, selon elle, le ministre a voulu agir rapidement par décret et sans refaire la carte, qui prendrait du temps. La carte a vocation à évoluer.
Selon le ministère, cette indemnité n’épuise pas la problématique des autres difficultés (entrée-métier, évolution de carrière, logement)
Le ministre souhaite travailler sur la construction de logement à destination des fonctionnaires en récupérant des terrains appartenant à l’Etat ou des collectivités.
La commune d’Epagny-Metz-Tessy devrait être rajoutée au zonage selon sa conseillère.
Des points proposés par l’Unsa notamment pour le logement seront étudiés.
Le ministre devrait écrire au syndicats pour proposer une méthode de négociation salariale et créer un rdv annuel.
IV ) Notre avis
Il y a urgence à sortir du constat, des déclarations politiques et à agir concrètement : mobilité, salaire, conditions de travail.
Cette indemnité a été décidée sans concertation et cela se sent.
L’indemnité doit concerner tous les agents et être revalorisée. Mais cela ne règlera pas l’accès au logement ni la différence de niveau de revenu entre la France et la Suisse.
Le problème de l’attractivité se règlera avec une véritable augmentation de la rémunération et avec une amélioration considérable de la charge, des conditions et de l’environnement de travail.
L’augmentation du point d’indice de 1.5 % au 1er juillet 2023 et des grilles de 5 points au 1er janvier 2024 sera insuffisante. Toutes les rémunérations et grilles doivent être revalorisées au plus vite !
Des compensations financières permettant de réduire l’inéquité territoriale doivent être mises en place rapidement. Des primes de fidélisation sont également à étudier.
Il serait inconcevable de revenir sur le statut de la fonction publique ou de créer des « primes au mérite ». Nous sommes tous méritants compte tenu de nos conditions de travail, de logement, d’accès à notre poste.
Sur le volet logement, l’Unsa 74 a été la seule organisation à proposer des pistes concrètes (voir plus haut) et continuera à les porter.
Nous allons agir pour modifier la carte des communes bénéficiant de l’IR :
V) Actions pour une compensation finacière POUR TOUS
Vous pouvez également écrire au maire de votre commune de résidence (voir PJ) pour lui demander son soutien. Mettez-nous en copie pour le suivi. Nous pourrons comptabiliser et publier le noms des mairies informées.
Nous continuerons à porter la voix des fonctionaires indemnisés non indemnisés.
Vie chère : une première victoire pour l’UNSA… mais des avancées à obtenir
Temps de lecture : 2 min -
Le ministre de la Fonction Publique a appelé l’Unsa hier et s’est exprimé dans la presse ce matin pour annoncer l’instauration d’une indemnité de résidence de 3% pour les fonctionnaires en poste sur certaines communes (voir liste en bas de page):
C’est une première victoire pour l’Unsa après des années de revendications et notamment grâce à nos enquêtes chiffrées, notre pétition et nos interpellations des élus (voir nos actions )
C’est un premier signal du gouvernement qui acte nos difficultés,mais il reste du chemin :
accès à l’indemnité pour tous les fonctionnaires du département,( pour nous toutes les communes devraient en bénéficier )
accès au logement décent et dans un lieu choisi pour tous ( ce qui encore inaccessible pour nous)
augmentation conséquente de la valeur du point d’indice et les pensions
L’Unsa continuera son action pour équité territoriale et pour une juste reconnaissance de nos missions.
L’Unsa 74 sera reçue jeudi 28 septembre 2023 par le Ministre et portera la parole des non-indemnisés et nos revendications sur le logement et le point d’indice.
Pour soutenir un syndicat qui revendique et qui obtient, adhérez :
Vie chère et logement : Suite aux actions du SE Unsa et de l’Unsa Education le sujet arrive à l’assemblée
Temps de lecture : 5 min -
Suite à notre interpellation des élus et des ministres, la situation entre à l’Assemblée nationale et c’est déjà une première étape positive.
La députée ayant rédigé la question au gouvernement reprend à son compte beaucoup de nos revendications et constats : baisse du pouvoir d’achat des enseignants, paupérisation, impossible accès au logement, iniquité territoriale, manque de personnel, inadéquation des conditions salariales.
Nous continuerons à agir à la fois pour la revalorisation salariale et pour apporter des réponses spécifiques à notre département sur la question du logement des personnels.
Vous trouverez ci-dessous la réponse écrite du gouvernement et nos avis en couleur sur les différents points.
Le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse (MENJ) a développé une politique pour le logement de ses personnels. L’académie de Grenoble, en son sein la Haute-Savoie et plus particulièrement la zone frontalière avec la Suisse, Annecy, le nord et le sud de l’Isère, sont effectivement considérées comme prioritaires dans le cadre de ce chantier. C’est tout le département qui est concerné et pas seulement quelques zones intradépartementales. La question porte sur la Haute-Savoie, pas sur l’Isère.
Des crédits supplémentaires inscrits en loi de finances ont permis d’étendre l’expérimentation, initialement engagée avec les académies d’Amiens, Créteil, Lille et Versailles, concernant la réservation de logements au bénéfice des agents du ministère. Entre 2017 et 2023, l’engagement financier est ainsi passé de 2,5 M€ à 12 M€. Si l’on prend en compte le cout du foncier ou des loyers, cette somme est très insuffisante par rapport au nombre d’agents concernés.
Afin d’impulser les démarches académiques en faveur du logement des personnels, le ministère a élaboré un premier guide, en juillet 2021, pour aider les académies volontaires à effectuer le recensement de leurs besoins (typologie des logements souhaités et zones géographiques à privilégier) et négocier des conventions avec les bailleurs locaux. Ce guide date de deux ans maintenant nous avons besoin de réponses concrètes et d’actions spécifiques ainsi que d’un salaire revalorisé permettant l’accès, permettant de nous loger, avec notre famille, à proximité de notre lieu de travail.
Il a également conclu des conventions nationales avec des bailleurs nationaux, présents sur l’ensemble du territoire (CDC Habitat et Action logement) pour réserver, notamment dans les zones tendues, des logements sociaux en droit unique. Il nous faut un état des lieux précis des offres proposées et du nombre d’agents qui ont pu en bénéficier qui pour nous est très insuffisant aujourd’hui. Par ailleurs, un cadre A de la fonction publique ne devrait pas à avoir à se loger dans des logements sociaux, mais devrait pouvoir accéder à un logement choisi par la location ou par l’accession à la propriété.
Il a diffusé aux services, en mai 2022, un deuxième guide pour favoriser l’installation des personnels stagiaires et permettre aux académies d’identifier, dans les territoires, différentes possibilités de logements temporaires pour ces personnels. Cette solution peut s’avérer utile à très court terme, mais qu’en sera-t-il à la titularisation ?
Ce guide rappelle également toutes les aides à l’installation dont ils peuvent bénéficier au titre des dispositifs interministériel, ministériel et académique. Celles-ci sont extrêmement faibles, 20 logements pour l’ensemble de l’académie de Grenoble, cette réponse est donc uniquement à but communicationnel.
Une réflexion plus large est également en cours, sous l’égide du ministère de la transformation et de la Fonction publiques, sur la prise en compte du coût de la vie, et singulièrement du logement, dans les régions frontalières comme le pays de Gex. Le pays de Gex dépend du département de l’Ain, pas de la Haute-Savoie. Il y a urgence à créer une compensation financière conséquente pour les agents exerçant en Haute-Savoie.
Enfin, son plan de requalification pluriannuel de la filière administrative permet au MENJ de transformer des emplois dans les académies pour piloter cette politique, gérer les relations avec les bailleurs, retenir les demandes des personnels connaissant les plus graves difficultés et leur proposer des logements temporaires, sociaux ou intermédiaires. Aucun emploi ne doit être transformé, mais des emplois doivent être créés et rémunérés à la hauteur de l’engagement et du cout de la vie.
Tous les agents doivent pouvoir vivre dignement de leur fonction, tous les agents doivent pouvoir se loger dignement, tous les agents recevoir un salaire à la hauteur de leur engagement et la noblesse de leur fonction, celle de représenter l’État, celle d’éduquer les citoyens de demain.
Ces réponses sont donc insuffisantes.
Le SE-Unsa et l’Unsa éducation rappellent l’urgence à :
· Revaloriser la valeur du point d’indice de manière conséquente, immédiate et sans contrepartie
· Créer une compensation financière conséquente pour combler les iniquités territoriales
· l’augmentation du nombre de logements réservés aux fonctionnaires relevant du Srias (ancien contingent fonctionnaire) ;
· l’augmentation du nombre de logements en accès abordables à la propriété (et les rendre accessibles en priorité aux fonctionnaires) : https://www.annemasse-agglo.fr/logement-abordable ;
· la création de logements liés à la fonction avec un loyer adapté au salaire ;
Vie chère 74 : Le SE-Unsa 74 reçu au ministère du Logement
Temps de lecture : 10 min -
Vie chère 74 : L’UNSA Education 74 reçue au ministère du Logement
Au plus proche des préoccupations quotidiennes des collègues, le SE-Unsa 74 a fait le constat des difficultés de logement des agents. Dans un premier temps, en assurant le suivi des personnels, puis en les invitant à s’exprimer de manières anonymes et enfin en étudiant les données publiques de différents organismes publics, privés ou associatifs.
Dans notre enquête du mois de juin 2022, 72% d’entre vous nous ont confié avoir des difficultés à vous loger :
« Lorsque je recherchais un logement en location sur le secteur de la Roche-sur-Foron (et un rayon de 20 min aux alentours), impossible de faire une seule visite malgré mes nombreuses demandes, car je ne gagnais pas assez. Les différents propriétaires m’ont dit clairement qu’ils privilégiaient les salaires suisses »
» Je suis obligée de me loger dans un appartement de 45m2 et 1 chambre (2 ados) …. car mon salaire ne me permet pas de louer plus grand. À 35 ans, professeur des écoles, je dors sur un canapé-lit…. je trouve ma situation honteuse. »
« Les banques refusent de nous faire un prêt si on n’est pas frontalier, mots prononcés par ma conseillère de banque). Je suis dans l’obligation pour survivre alors que je suis enseignante de faire des ménages les week-ends pour subvenir aux besoins de mes enfants et je vis en HLM, mais même en HLM je dois payer 800 euros de loyer. »
« je ne peux pas obtenir de logement aidé, car certains ont des revenus plus bas et je ne peux pas obtenir de logement dans le privé, car je ne gagne pas assez »
« Je suis contrainte de vivre en colocation »
» Je travaillais dans les Bouches-du-Rhône auparavant, et j’avais une indemnité de résidence alors que notre loyer était inférieur à celui de Haute-Savoie! »
D’autres situations, plus rares, mais plus dramatiques nous aussi été rapportées, comme l’impossibilité de quitter son conjoint ou l’obligation de dormir dans sa voiture.
Les conséquences, en plus ce celles précitées sont nombreuses : éloignement important entre le lieu de vie et le lieu de travail, fatigue liée aux transports, coût du transport, mise en disponibilité ou démission. L’attractivité déjà faible de la fonction publique s’écroule dans de telles conditions et les postes peinent à être pourvus.
Le SE-Unsa ne pouvant en rester là a décidé de chiffrer les difficultés liées au logement.
Selon l’INSEE le revenu médian, les écarts entre les plus riches et les plus pauvres, les prix à location et à l’achat sont largement supérieurs dans notre département aux données médianes de la région ou du pays. (voir ici : https://sections.se-unsa.org/74/spip.php?article1097 )
Selon le site spécialisé Pandaloc Annecy est la ville au loyer le plus élevé en dehors de la région parisienne.
Selon le site ecologie.gouv ( https://www.ecologie.gouv.fr/carte-des-loyers )un loyer est près de 3 fois plus élevé en Haute-Savoie que dans la Marne, 2 fois pus élevé que sur le reste de la France.
Selon L’ADIL :
Compte tenu de l’attractivité de la Suisse et du tourisme, la population est plutôt aisée (revenu médian 26540€ contre 21930€ en France ), mais on observe des inégalités marquées et un besoin en logements abordables.
La Haute-Savoie atteint le 2e rang des loyers du parc privé les plus élevés (hors Île-de-France).
Un parc locatif social en croissance, mais insuffisant. (29000 demandes de logements sociaux en 2022,+11% en un an, en hausse constante, mais seulement 5197 sont satisfaites).
Le taux de logements sociaux est plus faible que le reste du territoire même s’il est en progression. De fortes disparités territoriales subsistent.
Pour obtenir un logement social le revenu moyen par UC est de 1353 euros, l’âge moyen des demandeurs est de41 ans et le délai est de 18 mois (totalement incompatible avec le système de mutation de l’EN)
Selon la FNAIM le prix d’achat moyen au mètre carré est de :
10283 E/m² à Chamonix
5418 E/m² à Annecy
3793 E/m² à Thonon
3732 E/m² à Annemasse
3297 E/m² à Chambéry
2877 E/m² à Grenoble
Au niveau de l’État, un parc locatif est existant, mais d’une part il est très méconnu et d’autre part aucune publicité n’est effectuée, souvent mal situé, loin des zones d’activité professionnelle, mais surtout en nombre réellement insuffisant.
Réservations de 20 logements en 2022 par le MENJ pour toute l’académie de Grenoble
Aucune réservation conventionnelle en AURA en 2022 Source : CP Logement de la CIAS d’octobre 2022
Démarches obscures pour bénéficier du 5 % préfectoral, l’agent devant non seulement ouvrir un compte, mais en plus informer la personne référente de son administration (sans que celle-ci soit indiquée sur le site)
Tout ceci est donc inaccessible aux agents de l’État, loyer trop cher pour nos salaires (pour rappel, le revenu doit être 3 fois supérieur au loyer soit environ 2500 euros pour un F2), l’accession au logement social impossible vu la demande le temps d’attente et le nombre très faible d’offres en PSLA, BRS ou accession à prix maîtrisé, l’achat impossible, la situation de double résidence impensable.
Que faire ? Les rapports officiels sur l’attractivité de la fonction publique de l’OCDE, sur les perspectives salariales expriment l’urgence à agir au niveau du logement et notamment dans les zones extrêmement tendues telles que les zones frontalières.
Les élus locaux, l’association des maires de France, députés, sénateurs sont alertés et ont été rencontrés, le « Livre blanc » a été remis aux ministres. Les constats sont les mêmes :il y a urgence !
Il y a urgence à :
Augmenter le nombre de logements en accès abordables à la propriété (et les rendre accessibles en priorité aux fonctionnaires) : https://www.annemasse-agglo.fr/logement-abordable ; tout en baissant le prix d’achat. 3300 euros le m² n’est pas à porter de bourse d’un agent public
Renforcer l’action sociale avec une véritable amélioration de l’accès au logement soit par achat, soit par location
Plafonner les prix des logements neufs
Créer de logements liés à la fonction avec un loyer adapté au salaire
Relever le seuil des 5 % de logements réservés aux agents de l’État fixé par le Code de l’habitation et de la construction et les placer dans les secteurs à forte demande. Nous rappelons aussi que ce seuil est loin d’être atteint dans le département et que d’autres publics sont prioritaires par rapport aux agents et que la nouvelle gestion en flux compliquera encore l’accession à ses logements.
Récupérer du foncier de l’état, des collectivités pour construire et louer aux fonctionnaires
Revoir les zonages Pinel pour les montants des APL, les plafonds de ressources (pour logement intermédiaire ou social, les aides à l’accession) cela permettrait de prendre en compte la cherté de la vie
Créer une solution de cautionnement locatif par l’employeur
Mais la solution à tout cela est encore plus simple. Il y a urgence à revaloriser de manière conséquente et sans contreparties les salaires et pensions des agents publics, actifs ou retraités, MAIS AUSSI à indexer les indemnités sur celles de l’administration centrale, à créer des indemnités de résidence en rapport avec la réalité du terrain ainsi que des indemnités de logement.
Les premières réponses :
Le Ministère nous rappelle être bien conscient des difficultés de notre département liées au coût de la vie et qu’il se rapprochera du ministère de la Fonction publique et de l’Éducation.
Le ministère nous répond dans un premier temps sur 5 points puis reviendra vers nous par écrit pour plus de détails et d’informations chiffrées.
Accession sociale: Volonté d’agir en adaptant le plafond de ressources et en mobilisant des prêts à long terme jusqu’à 80 ans.
Notre avis : Adapter le plafond de ressource est une revendication de l’UNSA, mais cette modification doit être significative.
Augmenter la durée du prêt c’est également augmenter le montant des intérêts, étendre la difficulté sur de nombreuses années. Cela peut être vu comme une solution d’urgence, mais la qualité de vie n’est pas augmentée
Notre avis : Pour l’UNSA, les différentes zones doivent être revues en incluant de nouvelles communes tout en conservant les anciennes. Ces zones doivent être élargies et revalorisées.
Caution locative: le ministère travaille sur le développement du dispositif VISALE https://www.visale.fr/ (caution gratuite, mais non cumulative) pour tous les jeunes de moins de 30ans
Notre avis : L’Unsa revendique une caution financée intégralement pour tous les agents par l’employeur.
Logement en lien avec la fonction: Une expérimentation est en cours avec les hôpitaux de Paris
Notre avis : Pour l’Unsa cela peut être une solution à court et moyen terme, mais le fonctionnaire doit être en capacité financière de devenir propriétaire. Il faut donc des mesures complémentaires pour l’accession à la propriété.
Logements intermédiaires: Volonté de développement de ce dispositif dans les communes chères.
Notre avis : Cela correspond à une revendication de l’UNSA à condition que le nombre de logements soit important et les prix véritablement accessibles. Ce dispositif nécessite du foncier disponible, bien rare dans notre département.
Le ministère nous dit que les autres sujets abordés ne sont pas oubliés, mais il ne nous semble pas être leur priorité.
Pour Se-Unsa 74 l’enjeu est double.
Rétablir une équité territoriale en aidant plus ceux qui en ont le plus besoin.
Prendre en compte le difficile accès au logement des agents publics comme un frein à l’attractivité.
Il faut aller encore plus loin dans les réponses institutionnelles. Pour cela nous demandons des compensations fortes et à la hauteur des réalités de terrain pour permettre aux agents publics haut-savoyards de se loger dignement : augmentation des salaires et des pensions, augmentation des indemnités de résidence et création d’indemnités de logement.
S’il est plus difficile de militer que de se résigner, au SE-Unsa nous continuerons à militer encore et encore, pour défendre les intérêts de la profession
Vie chère 74 : Rencontre avec les élus, aux frontières du réél ?
Temps de lecture : 7 min -
Haute-Savoie : les sacrifiés de la Fonction publique
Haute-Savoie terre de Misère, Inquiétude sur les conditions de vie, ce ne sont pas des slogans syndicaux mais des articles de la presse locale reprenant nos actions sur la vie chère dans le département. Suite à vos témoignages (voir site) et à notre enquête se basant sur les données officielles de l’Insee et d’agence de locations (voir site), nous avons demandé une audience au préfet, aux sénateur·rices et aux député·es du département (*). C’est ensuite avec les plus proches conseillers du ministre de l’Éducation que nous avons porté les mêmes revendications en compléments de celles habituelles sur les conditions de travail (voir site).
Les constats
Le décalage entre le niveau de vie moyen de la région genevoise (36 000 €) et le revenu moyen d’un fonctionnaire est abyssal. À cela s’ajoute le gel du point d’indice depuis 2008 amenant une perte du pouvoir d’achat de plus de 25 %, un coût du logement deux fois plus élevé que la moyenne nationale, des frais de garde d’enfant pouvant s’élever jusqu’à 115 €/jour, le coût des transports : les profs n’arrivent plus à joindre les deux bouts (Le Dauphiné libéré).
Des collègues sont contraints de vivre en colocation, d’être aidés par leurs parents, d’avoir un double emploi malgré la charge déjà conséquente de travail (43 h selon la Depp) et les contraintes imposées par l’administration sur le cumul, et/ou ne peuvent plus payer des études à leurs enfants.
C’est la réalité paradoxale de la Haute-Savoie, carte postale magnifique pour certains, prison de verre pour d’autres ; département riche mais composé de représentants de l’état se paupérisant. Il est nécessaire qu’un Service public de qualité perdure mais malheureusement l’État ne s’occupe pas de l’équité territoriale et des conditions d’exercice de ses agents, les poussant ainsi à quitter leur poste.
Nos propositions pour le logement
L’urgence, c’est l’accès au logement. Pour cela nous proposons :
l’augmentation du nombre de logements réservés aux fonctionnaires relevant du Srias (ancien contingent fonctionnaire) ;
la création de logements liés à la fonction avec un loyer adapté au salaire ;
le plafonnement des prix des logements neufs.
Cependant, ces mesures sont contraintes par la temporalité, la disponibilité de terrain, la répartition géographique des besoins et des possibilités de constructions. Or les besoins sont urgents et concentrés sur les zones les plus fortement tendues. De plus, certains collègues ont souscrit un crédit à une époque où il était encore possible de l’assumer (avant 2010), mais peinent aujourd’hui à le rembourser.
Nos revendications concernant la rémunération
Ces pistes sont donc nécessaires mais elles doivent arriver en complément d’une augmentation du revenu. Nous rappelons l’absolue nécessité de l’amélioration du revenu des enseignants sans contrepartie.
D’autres pistes sont déjà connues comme l’indemnité de résidence, allouée dans certains secteurs où la vie est pourtant moins chère qu’en Haute-Savoie. Cette indemnité est fixée par une circulaire de 2001 (non actualisée depuis) où sont indiquées les villes précises permettant d’en bénéficier. Aucune ville haut-savoyarde n’y figure alors que, selon les critères de cette circulaire, 58 % de nos communes seraient concernées par l’indemnité de 1 % et 30 communes pourraient prétendre aux 3 %.
Pour le SE-Unsa, c’est tout le département qui doit en bénéficier mais cette compensation, par son faible taux, ne permet pas l’accessibilité au logement, par loyer ou crédit, ni à un niveau de vie digne de notre métier et de notre engagement.
Certaines collectivités territoriales ont également mis en place des primes de fidélisation et de stabilité. L’État employeur pourrait reprendre l’idée dans toutes les fonctions publiques.
Le SE-Unsa revendique, d’une part, la revalorisation urgente et conséquente de l’ensemble des agents de l’État de France et, d’autre part, la réévaluation de l’indemnité de résidence, la création d’une prime à la vie chère en Haute-Savoie (mais aussi en Île-de-France et pour les grandes agglomérations, ainsi que pour certains départements frontaliers et les zones en tension immobilière), ainsi qu’une compensation pour l’accession au logement.
Les réactions des élus, aux frontières du réel ?
Loïc Hervé semble connaître la situation et reconnaitre le bien fondé de nos propositions sur le logement, Mme Petex-Levet compatit sans apporter de solutions, M. Pellevat ne prend pas la parole. Mme Noel pense quant à elle que la revalorisation de 3,5 % peut combler les 25 % perdus.
M. Armand, proche du président Macron, confirme l’importance du travail spécifique sur le logement mais nous dit qu’après une « revalorisation historique » il ne devrait pas y avoir d’augmentation indiciaire. De plus très attaché au « pacte » de rémunération, il nous en fait l’éloge sans se rendre compte que les propositions sont impossibles et inacceptables.
Madame Duby-Muller nous rappelle son attachement à cette lutte, notamment pour l’obtention de l’IR et nous dit avoir rencontré à ce sujet le Ministre de la Fonction Publique qui s’est « montré lucide et avec une volonté d’agir » pour l’attractivité, notamment par l’accès au logement.
Les représentants du ministre nous disent que la situation est bien comprise à force d’interventions et que des pistes sont à l’étude.
Depuis 20 ans que l’Unsa porte le dossier, les élus sont enfin plus réceptifs. Des rendez-vous entre élus et le ministre de la Fonction publique ont été pris et le dossier semble avancer sans qu’il n’y ait toutefois de mesures concrètes à ce jour. Pour nous, il y a urgence et aucune contrepartie ne doit être demandé en échange de mesures liées à réduire les inéquités territoriales.
Et maintenant ?
Il est plus facile de se résigner que de militer. C’est parce qu’au SE-Unsa nous militerons toujours que l’action continue devant l’association des maires de France et devant le ministre du logement auprès desquels nous avons sollicité des audiences. L’audience au minstère du Logement est prévue pour le 31 mai.
Au-delà du « pouvoir de vivre dignement » c’est aussi une question d’accessibilité à la fonction d’enseignant en Haute-Savoie. Sans pouvoir se loger, sans pouvoir assumer sa famille, sans pouvoir vivre de son seul métier ce n’est pas possible. Franchissions la frontière : 500 mètres plus loin une école vous rémunère 97 000 francs suisse/an, soit environ 98 800 €.
Pour rendre notre action encore plus pertinente, plus fine, plus proche du terrain, n’hésitez pas à nous faire part de votre situation.
(*) Les deux sénateurs et la sénatrice, les député·es Petex-Levet (LR), Duby-Muller (LR) et Armand (Renaissance) ont accepté notre proposition d’échanger. . Mesdames Riotton, Violland et monsieur Roseren n’ont pas répondu.