La Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) d’Ille-et-Vilaine s’est réunie ce 30 juin 2026 à la DSDEN de Rennes dans un climat de lassitude et de colère. Lors de notre déclaration liminaire, l’UNSA Éducation a dénoncé une crise systémique de la santé au travail, aggravée par des choix budgétaires désastreux. Face aux discours lissés, nous avons porté la voix du terrain pour exiger que la prévention devienne enfin une obligation réelle et non une option.

1) Inclusion scolaire : stopper l’improvisation et la gestion de l’urgence permanente

L’explosion des notifications MDPH dans le département (1 500 notifications de plus depuis la rentrée, avec une projection à 2 000 en juin) ne peut plus être ignorée ou minimisée par le Directeur Académique, qui y voit une confusion avec des difficultés scolaires. Sur le terrain, toutes les AESH sont pleinement mobilisées mais leur utilisation se fait trop souvent en dépit du bon sens. Faute de moyens, les accompagnements sont fragmentés, réduits à éteindre des incendies sans concertation possible.

Pour l’UNSA Éducation, cette crise de l’école inclusive est indissociable de l’effondrement de la santé à l’école. Avec un seul médecin scolaire pour 12 000 élèves, la santé scolaire est devenue l’angle mort de l’institution, alors que près de 20 % des adolescents présentent un risque de dépression. L’inaction de l’ARS et le décalage départemental de 30 points par rapport aux moyennes nationales usent les personnels et génèrent des violences en classe.

  • Notre exigence : Nous prenons acte du changement de pilotage de l’ASH et demandons une transparence absolue sur les critères d’obtention du CAPPEI. Surtout, nous affirmons qu’un travail de qualité vaudra toujours mieux que la gestion de l’urgence !

2) STOP DISCRI : un bouclier pour les agents à mieux faire connaître

La cellule d’écoute académique (composée de 4 écoutants et d’une coordinatrice) a été présentée. Ce dispositif permet de libérer la parole avec une prise de contact sous 24 heures et un entretien d’une heure donnant lieu à un compte rendu. Selon la situation, la commission d’instruction (constituée de la DRH, de représentants de la DSDEN et de la direction des affaires juridiques) peut proposer un accompagnement individuel ou collectif, ou déclencher une enquête administrative ou disciplinaire.

Les saisines de l’Ille-et-Vilaine représentent un tiers des signalements académiques. L’UNSA Éducation invite les collègues à s’emparer de cet outil, accessible via Toutatice (Alerte STOP DISCRI) ou par mail (Stop-discri@ac-rennes.fr). Un affichage d’information est également disponible au téléchargement.

3) Médecine de prévention en détresse : le SMA coule sous les dossiers, l’administration doit réagir !

Le témoignage transparent du docteur Limeul a confirmé point par point notre déclaration liminaire : le Service de Médecine d’Accompagnement (SMA) est tout simplement saturé. Des collègues attendent un rendez-vous depuis plus d’un an sans même un accusé de réception . Le docteur a découvert des montagnes de dossiers papier inexploités à son arrivée.

La charge est écrasante : la secrétaire fait face à 528 mails non lus et 23 demandes de rendez-vous ont été reçues pour la seule matinée de la F3SCT. Les dossiers prioritaires transitent par des filtres (psychologues, assistantes sociales) pour tenter de prioriser l’urgence en lien avec le SAPAP. De plus, les moyens matériels pour les collègues bénéficiant d’une RQTH sont gelés, et les préconisations médicales de reprise ou d’aménagement sont trop souvent ignorées par l’administration.

  • Nos revendications : Le recrutement immédiat de deux secrétaires pour désengorger le service, le déblocage des fonds d’équipement et l’achat d’un logiciel médical digne de ce nom. La santé des personnels ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire.

4) Fin des PIAL et arrivée des PAS : les AESH référents au milieu du gué

La mise en œuvre des Pôles d’Appui à la Scolarisation (PAS) s’annonce complexe. La coordination sera en partie confiée à des AESH référents (dont le nombre passera de 19 à 34 en 2027). Si la perspective d’un contrat à 100 % est positive, ces collègues vont devoir assumer des tâches de coordination complexes, historiquement dévolues à des personnels de catégorie A ou à des directeurs d’école.

Assistants de Prévention

La transition repose sur le glissement des décharges PIAL (maintenues exceptionnellement un an) vers des missions d’assistant de prévention (AP). Cependant, l’administration reconnaît n’avoir aucune visibilité sur la pérennisation de ces postes après la généralisation des PAS en 2027. L’UNSA Éducation s’inquiète de la surcharge de travail pour les AESH référents, des risques de tensions relationnelles dans les écoles et établissements, et du manque d’accompagnement et de formation face à ces nouvelles responsabilités.

5) Alerte rouge sur la souffrance au travail

323 fiches SST dans le second degré depuis septembre 2025 – mais 25% des fiches restent non visées,

 Parmi les signalements :

  • 76 fiches RPS en lien avec les élèves
  • 41 fiches liées à l’ambiance thermique (froid et chaleur)

2 419 fiches SST au total dans le premier degré depuis septembre 2025, avec un taux de non-visé de 11%.

Les risques psychosociaux (RPS) explosent

  • 1 177 fiches en lien avec les relations avec les élèves
  • 497 fiches pour l’ambiance thermique (froid et chaleur)
  • 284 fiches liées au travail
  • 278 fiches en lien avec les parents

Le SE-UNSA s’alarme : ces chiffres montrent une détérioration alarmante des conditions de travail, avec des risques psychosociaux et thermiques qui s’aggravent.

6) Deux avis ont été déposés par l’UNSA

L’administration dispose d’un mois pour apporter des réponses écrites aux deux avis forts portés par l’UNSA Éducation et adoptés par l’instance :

  1. Mariages des agents : en finir avec l’arbitraire ! — La F3SCT 35 demande l’octroi systématique d’un minimum de 2 jours de congé pour les mariages des agents se déroulant en période scolaire, conformément au Code du travail, pour mettre fin aux inégalités injustifiables entre académies. (Adopté par 9 voix POUR et 1 abstention).
  2. Secret médical et respect des aidants  — La F3SCT 35 exige l’arrêt immédiat des demandes de pièces médicales intrusives (comptes-rendus opératoires, bilans paramédicaux ou génétiques) pour l’obtention des temps partiels. Pour les aidants familiaux, un unique justificatif de la MDPH doit suffire. (Adopté à l’unanimité, 10 voix POUR).

Les personnels d’Ille-et-Vilaine sont usés mais restent debout ! L’UNSA Éducation continuera de porter leurs voix avec rigueur et détermination. Nous vous souhaitons d’excellentes vacances d’été, ô combien méritées, sous le signe de la récupération et de la convalescence !


Partager

Le SE-UNSA 35 et les organisations syndicales représentatives de la F3SCT ont adressé mardi 23 juin 2026 au soir un courrier officiel au Directeur académique pour signaler des situations de danger grave et imminent dans de nombreuses écoles du département, en raison des températures extrêmes actuellement constatées.

Les fiches Santé et Sécurité au Travail (SST) remontées par les équipes font état de conditions de travail inacceptables :

  • Des températures dépassant largement les 30°C
  • Jusqu’à 36°C à l’école Louise Michel maternelle (Rennes)
  • Et 39,4°C à l’école Duchesse Anne maternelle (Rennes)

Des dizaines d’écoles sont concernées sur l’ensemble du territoire (Argentré-du-Plessis, Bain-de-Bretagne, Bruz, Liffré, Rennes, Redon, Vern-sur-Seiche, etc.), révélant une situation généralisée et alarmante.

 Des conséquences graves sur la santé des personnels

Les témoignages des collègues sont sans équivoque. Les symptômes observés sont multiples et préoccupants :

  • Fatigue extrême, épuisement
  • Troubles de la concentration et de la vigilance
  • Stress, angoisse
  • Maux de tête sévères
  • Nausées, vomissements, troubles digestifs
  • Vertiges, pertes d’équilibre
  • Saignements de nez

Plus grave encore, plusieurs malaises ont déjà été recensés dans différentes écoles du département.

La majorité des écoles concernées ne disposent d’aucun équipement efficace (climatisation, isolation adaptée, dispositifs de rafraîchissement) permettant de faire face à cet épisode de canicule, alors même que le département est placé en vigilance rouge.

Le SE-UNSA rappelle que l’administration a l’obligation légale de garantir la santé et la sécurité des agents. Face à un danger aussi manifeste, des mesures immédiates et exceptionnelles doivent être prises.

Le syndicat demande notamment des consignes départementales claires et urgentes, avec des adaptations fortes pour les écoles les plus exposées.

Sans réponse sous 24h : recours au droit de retrait

Le SE-UNSA 35 prévient :  en l’absence de réponse et de mesures concrètes dans un délai de 24 heures, les personnels seront fondés à exercer leur droit de retrait, conformément à la réglementation en vigueur, face à ce danger grave et imminent.

Le SE-UNSA reste pleinement mobilisé aux côtés des personnels pour faire reconnaître la gravité de la situation et obtenir des mesures de protection immédiates et effectives.

La santé des collègues ne peut plus attendre.

Fiche pratique – Exercer son droit de retrait 

Le droit de retrait permet à tout agent de cesser son activité s’il estime être confronté à une situation présentant un :

danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Dans le contexte actuel (canicule, températures extrêmes en classe), ce droit peut s’appliquer si les conditions mettent réellement en danger la santé.

Pour être valable, le droit de retrait doit reposer sur :

  • un danger grave (risque sérieux pour la santé : malaise, coup de chaleur…)
  • un danger imminent (immédiat ou très proche)
  • une appréciation raisonnable de la situation (pas besoin d’être médecin)

 Démarche à suivre

  1. Informer immédiatement sa hiérarchie
    •  IEN (obligatoire)
    •  Direction d’école
  2. Privilégier une trace écrite (mail)
    • Décrire la situation (température, symptômes, incidents…)
  3. Quitter la situation dangereuse
    • Sans se mettre en faute
    • Sans mettre les élèves en danger (organisation minimale à prévoir)

 Modèle de message

Objet : Exercice du droit de retrait

Je vous informe exercer mon droit de retrait ce jour en raison d’une situation de danger grave et imminent liée aux conditions thermiques extrêmes dans les locaux (température constatée : …°C).

Ces conditions mettent en danger ma santé (symptômes observés : …).

Je me tiens disponible pour toute solution permettant de garantir des conditions de travail sécurisées.

 Points importants

  •  Pas besoin d’autorisation préalable
  •  Pas de sanction ni retenue de salaire si le danger est avéré
  •  Peut être exercé individuellement ou collectivement
  •  L’administration peut contester a posteriori, d’où l’importance de :
    • garder des preuves (photos, thermomètre, fiches SST…)
    • décrire précisément la situation

Cas particulier : écoles

  • Penser à assurer la sécurité des élèves avant de se retirer
  • Prévenir clairement l’équipe et la hiérarchie
  • Le droit de retrait ne doit pas créer un danger pour autrui

Partager

Les fiches de poste des AESH référents dans le cadre des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) viennent d’être publiées en Ille-et-Vilaine (35). Les collègues intéressés doivent se positionner rapidement : la date limite de candidature est fixée au 24 juin 2026.

 Derrière cette publication, c’est une nouvelle évolution du métier d’AESH qui se dessine… et qui soulève de nombreuses questions et alertes, notamment de la part des premières concernées.

Un rôle central dans le fonctionnement des PAS… mais avec des responsabilités mal définies

L’AESH référent fait pleinement partie de l’équipe du PAS aux côtés du coordonnateur et de l’éducateur spécialisé. Son rôle ne se limite plus à l’accompagnement d’élèves : il devient un véritable pivot dans l’organisation de l’accompagnement humain. Il participe à l’analyse des besoins des élèves, organise les accompagnements, propose la répartition des AESH, gère les ajustements liés aux absences ou aux évolutions des notifications MDPH. Il accompagne également ses collègues, notamment les AESH nouvellement recrutés, en apportant conseils, outils et appui professionnel.

Cependant, cette transformation s’accompagne de dérives préoccupantes :

  • Des responsabilités autrefois portées par d’autres professionnels (conseillers pédagogiques, enseignants-directeurs) sont désormais déléguées aux AESH référents, comme l’animation de formations (ex. : Magistère AESH) ou la mise en œuvre des notifications MDPH et l’organisation des recrutements.
  • Aucun prérequis d’ancienneté n’est exigé pour ces postes, alors que les missions demandent une expertise croissante.
  • Des outils techniques (Excel, plateformes comme Magistère) doivent être maîtrisés sans formation préalable, ce qui place les AESH référents en situation d’apprentissage forcé, parfois en direct avec les équipes.

Des missions qui s’empilent, un métier qui se transforme… sans cadre ni reconnaissance

À travers cette fiche de poste, une réalité apparaît nettement : les missions confiées aux AESH évoluent et s’élargissent fortement. Organisation des moyens humains, accompagnement des pairs, participation aux dynamiques institutionnelles, travail en réseau avec de multiples interlocuteurs… L’AESH référent se rapproche de fonctions d’encadrement intermédiaire, sans en avoir ni le statut ni la reconnaissance.

Cette évolution s’accompagne de conditions de travail dégradées :

  • Un calendrier déconnecté des réalités : les missions commençant dès le 26 août, alors que les contrats ne doivent débuter eux que le 1er septembre (PAS)… 
  • Une annualisation du temps de travail (39h10 sur 41 semaines) avec des présences imposées pendant les vacances, des déplacements fréquents  et une charge mentale accrue due à la superposition des responsabilités.
  • Un projet sans budget : par exemple, l’absence de locaux dédiés dans certains PAS, où les AESH référents doivent s’organiser depuis des « guichets » improvisés.

Pour les AESH référents encore en poste en PIAL, les nouvelles missions s’ajoutent aux anciennes, sans allègement de charge. La réforme de la formation des AESH a en effet complexifié leur rôle, sans pour autant clarifier les priorités.

« Des pilotes en responsabilités ? Avec quel temps ? Quel contrôle sur leur implication ? »Question d’une AESH référente sur l’absence de cadrage pour ces nouvelles fonctions.

sans reconnaissance à la hauteur des responsabilités

Malgré ces responsabilités accrues, le cadre reste inchangé : l’AESH référent demeure un agent contractuel. L’indemnité spécifique, fixée à 660 euros brut annuels, apparaît particulièrement dérisoire au regard des missions exercées, de la charge de travail et du niveau d’expertise attendu.

Ce décalage entre missions et reconnaissance se traduit aussi par :

  • Un manque de formation adaptée : comment maîtriser des outils comme Excel ou des plateformes institutionnelles sans accompagnement ?
  • Une précarité assumée : « Des collègues qui n’osent pas se plaindre » par peur de perdre leur poste ou parce qu’ils estiment n’avoir « pas d’autres voies pour évoluer ».
  • Un statut flou : ces postes, bien que stratégiques, ne s’accompagnent d’aucun avancement possible, ni en termes de carrière, ni en termes de rémunération.

Une évolution professionnelle à encadrer… ou à refuser ?

Ces postes peuvent représenter une opportunité pour des AESH expérimentés souhaitant diversifier leurs missions. Mais ils ne peuvent se développer sans garanties claires.

Pour le SE-Unsa, plusieurs exigences doivent être posées d’urgence :

 -Une reconnaissance statutaire des fonctions exercées, avec un accès à un véritable statut de fonctionnaire pour les AESH référents.

– Une revalorisation significative de l’indemnité (660 € brut annuels est une insulte au regard des responsabilités).

– Un cadrage précis des missions et des responsabilités, pour éviter l’empilement anarchique de tâches.

– Des conditions de travail respectueuses : temps de travail réaliste, formation obligatoire, locaux adaptés.

– Une formation initiale et continue pour prendre en main les outils et les enjeux de coordination.

Ne pas créer une fonction au rabais

La réussite de l’école inclusive repose sur des personnels reconnus, formés et accompagnés. La création des AESH référents ne doit pas devenir le symbole d’une transformation du métier par empilement de missions, sans reconnaissance réelle.

« C’est bien le métier d’AESH qui doit être consolidé et valorisé, et non contourné. »

Le SE-Unsa 35 restera vigilant sur la mise en œuvre de ces postes et accompagnera les collègues dans leurs démarches. Les AESH référents ne sont pas des variables d’ajustement : leur travail mérite d’être reconnu, encadré et rémunéré à sa juste valeur.

Pour aller plus loin :

  • Pétition nationale : en cours pour exiger un statut et une revalorisation des AESH référents.

Partager

La circulaire 2017-050 du 16 mars 2017 (BO n°11) encadre les congés pour événements familiaux dans l’Éducation nationale, mais elle rappelle une réalité cruelle : il s’agit d’une autorisation accordée, pas d’un droit inconditionnel.

Résultat, depuis des années, les collègues qui demandent un congé pour leur mariage se heurtent à une administration qui accorde rarement plus d’une journée, parfois deux, et toujours sous conditions. Une rigueur administrative qui contraste avec les pratiques d’autres secteurs publics où deux à trois jours sont la norme, voire plus pour les mariages à l’étranger ou avec des contraintes logistiques. Pire encore, l’arbitraire des directeurs académiques peut contredire les décisions des IEN, comme en témoigne le cas d’une collègue de l’Académie de Rennes dont l’absence pour son mariage a été refusée la veille du week-end, malgré l’accord préalable de son IEN.

Un manque de respect flagrant qui illustre l’hypocrisie d’un système qui se dit au service de l’humain mais traite les moments importants de la vie comme une variable d’ajustement administratif.

La circulaire 2017-050 est le seul texte officiel encadrant ces congés, mais elle se contente de rappeler que ces absences sont accordées à titre exceptionnel et ne sont pas un droit inconditionnel. Aucun texte ne fixe de durée minimale ou maximale, ce qui ouvre la porte à une inégalité criante entre académies, voire entre établissements d’une même académie. Dans l’Éducation nationale, on observe une négociation permanente, souvent vaine : les demandes sont acceptées, mais à minima, avec une journée pour la plupart des mariages, deux si le mariage a lieu un vendredi ou un lundi. Les refus sont fréquents, surtout pour les mariages en semaine, avec des justifications du type « votre absence perturberait les élèves » ou « nous ne pouvons accorder plus d’une journée ».

Pire, certaines académies sont bien plus restrictives que d’autres : Versailles ou Lyon accordent deux jours sans problème, tandis que Rennes, Lille ou Créteil le sont beaucoup plus. Cette inégalité est d’autant plus insupportable que tous les couples ne sont pas des couples d’enseignants et que les contraintes logistiques varient énormément selon les situations.

Un mariage est un événement unique dans une vie, pas une simple formalité administrative. Contrairement à d’autres congés comme la maladie ou la naissance d’un enfant, c’est un moment exceptionnel qui nécessite une organisation complexe, des trajets parfois longs, une gestion de la famille à distance, et un stress supplémentaire pour les collègues qui doivent s’absenter.

Pourtant, l’Éducation nationale traite ces demandes comme une faveur plutôt que comme un droit fondamental reconnu par le Code du travail (article L3142-1). Refuser ou limiter à une journée, c’est mépriser l’importance de cet événement et ignorer les réalités des personnels, qu’ils travaillent en zone rurale, aient des familles éloignées ou se marient à l’étranger.

Pourquoi accorder cinq jours pour un décès mais seulement un pour un mariage ?  Il est temps d’harmoniser les pratiques et d’accorder au minimum deux jours pour  les mariages en dehors des vacances scolaires, comme c’est déjà le cas dans d’autres administrations publiques.

Face à ces restrictions, que faire si votre demande est refusée ou limitée ?

D’abord, relancez par écrit en insistant sur le droit syndical et en citant la circulaire 2017-050, même si elle est restrictive, ainsi que l’article L3142-1 du Code du travail.

Dans d’autres académies, les collègues obtiennent deux jours sans problème, alors pourquoi pas vous ?

 L’objectif est clair : obtenir un traitement équitable, avec deux jours minimum pour tous les mariages, la fin des refus de dernière minute motivés par l’arbitraire, et une harmonisation des pratiques entre académies. Les congés pour événements familiaux doivent être facilités et harmonisés entre académies, sans discrimination. »

Le syndicat revendique donc :

L’harmonisation des pratiques entre académies

La reconnaissance du mariage comme événement familial majeur au même titre que le décès ou la naissance

L’octroi systématique de deux jours (trois pour les mariages à l’étranger)

La fin des refus de dernière minute non motivés

La formation des IEN et directeurs académiques pour qu’ils comprennent que ces congés sont un droit syndical, pas une faveur

Pour faire bouger les lignes :  Partagez vos expériences (anonymes si nécessaire)  

L’Éducation nationale se targue d’être un service public inclusif et respectueux, mais elle traite les congés pour mariage comme une faveur, pas comme un droit.

Assez de ces restrictions absurdes, assez de ces refus de dernière minute, assez de ces inégalités entre académies. Le mariage n’est pas un privilège, c’est un droit. Exigeons un traitement équitable, exigeons le respect de nos droits syndicaux, célébrons nos mariages dignement.


Partager

Lors du CSA Académique le SE-Unsa a interrogé la rectrice sur les PAS.

Rectrice « La mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) s’inscrit dans une volonté affichée de mieux accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers et de soutenir les enseignants. Sur le papier, les objectifs sont clairs : réagir plus vite, mieux coordonner les acteurs et éviter des procédures administratives trop lourdes, notamment le recours systématique à la MDPH.

Le dispositif prévoit ainsi un renforcement de la collaboration avec le secteur médico-social, avec des moyens dédiés : personnels spécialisés, participation de directeurs d’établissements médico-sociaux aux instances de pilotage, et interventions accrues de professionnels de santé. L’ambition est de répondre rapidement à des situations du quotidien (troubles de l’attention, agitation, difficultés scolaires importantes) sans attendre des démarches longues et parfois inadaptées. »

Sur le principe, le SE-UNSA partage cet objectif : les équipes ont besoin de réponses concrètes et rapides face à la diversité des élèves.

Mais derrière cette réforme, plusieurs zones d’ombre demeurent, en particulier concernant les AESH et le devenir des coordonateurs des PIAL. Nous sommes  contre cette disparition et préfèrerions un redéploiement de leurs missions  sur les PAS!

Des informations remontées du terrain laissent entendre que certaines missions pourraient être confiées à des AESH elles-mêmes.   Une hypothèse préoccupante à double titre :

  • Sur le plan pratique, les coordonnateurs PIAL rencontraient déjà des difficultés  dans cette mission. Confier cette responsabilité à des AESH, sans formation ni temps dédié, serait irréaliste.
  • Sur le plan réglementaire, aucune disposition ne prévoit qu’une AESH encadre d’autres AESH. Il s’agit d’une mission relevant clairement de l’encadrement.

La Rectrice indique que la gestion RH restera du ressort des IEN et que les PAS n’ont pas vocation à organiser le “dispatching” des AESH. Pourtant, un écart persiste entre ce discours et certaines informations communiquées localement, ce qui entretient une forte inquiétude.

Pour le SE-UNSA, une chose est claire : les AESH ne doivent en aucun cas devenir des personnels d’encadrement sans statut, sans formation et sans reconnaissance.

Autre enjeu majeur : la volonté de distinguer plus nettement les difficultés scolaires du handicap.

Si l’objectif de simplification est compréhensible, il pose plusieurs questions :

  • Qui décide qu’un élève relève ou non de la MDPH ?
  • Sur quels critères ?
  • Avec quels garde-fous pour éviter les erreurs ?

Le risque existe de voir certaines situations sous-évaluées, notamment pour des élèves présentant des troubles non encore diagnostiqués.
Le SE-UNSA sera particulièrement attentif à ce que la rapidité de réponse ne se fasse pas au détriment de la qualité de l’évaluation.

Le SE-UNSA le réaffirme : le PAS peut être une avancée, à condition qu’il soit correctement mis en œuvre.

Cela suppose  :

  • Pour les AESH :

    • aucune mission d’encadrement déguisée (Les AESH ne doivent pas être chargées de la coordination d’autres AESH.)
    • une organisation du travail clairement identifiée,
    • un accompagnement et des formations adaptés.:
    • Un statut clair doit être défini pour les éventuels « AESH référents » (formation, décharge, rémunération).
    • Une organisation du travail identifiée :
      • Qui gère les emplois du temps ? Qui forme les AESH ? Qui assure la médiation en cas de conflit ?
    • Un accompagnement et des formations adaptés :
      • Les AESH doivent bénéficier de formations continues (posture professionnelle, outils numériques, gestion des troubles du comportement).
  • Pour les élèves :

    • un repérage fiable des besoins,
    • un accès maintenu aux dispositifs MDPH lorsque nécessaire,
    • un suivi individualisé, notamment pour les situations complexes.
  • Pour les enseignants :

    • un soutien réel dans la classe,
    • et non une couche supplémentaire de complexité
  •  Pour les coordonnateurs PIAL actuels
    • Une transition digne : reconnaissance de leur travail (décharge maintenue, valorisation de leur expérience).
    • Aucune suppression tant que les PAS ne sont pas opérationnels :

Le SE-UNSA sera pleinement mobilisé sur ce dossier :

  • pour suivre le déploiement des PAS sur le terrain,
  • pour porter la voix des personnels,
  • et pour obtenir les ajustements nécessaires.

Parce que derrière les dispositifs, il y a une réalité simple :  des élèves à accompagner, et des personnels à respecter et à soutenir.


Partager

Le SE-Unsa 35 dénonce une situation devenue insupportable pour de nombreux collègues : entre la lourdeur de Chorus-DT et l’absence de crédits disponibles dans les enveloppes budgétaires, les remboursements de frais et les ordres de mission deviennent un véritable parcours du combattant.

Et ce problème touche particulièrement les titulaires secteurs (TS) qui multiplient les déplacements pour assurer les remplacements et garantir la continuité du service public. Ces collègues, déjà soumis à de fortes contraintes d’organisation, se retrouvent pénalisés une fois de plus.

Pour d’autres, ce sont les convocations en instance, les formations obligatoires ou les déplacements professionnels qui se heurtent à une réalité implacable : quand « l’enveloppe budgétaire est épuisée », les ordres de mission ne sont plus validés. En clair, les collègues doivent avancer leurs frais, patienter, relancer… ou renoncer! 

Cette situation est d’autant plus inadmissible que le prix de l’essence lui ne cesse d’augmenter, tout comme l’ensemble du coût de la vie, tandis que les salaires, eux, restent gelés ou progressent insuffisamment. Pour de nombreux agents, chaque déplacement professionnel pèse davantage sur un budget déjà fragilisé.

Les titulaires secteurs, parce qu’ils interviennent sur plusieurs écoles et plusieurs communes, supportent souvent davantage de frais et de contraintes logistiques que d’autres personnels. Ils ne doivent en aucun cas être les victimes d’une gestion budgétaire défaillante.

Ajoutons à cela un outil comme Chorus, reconnu pour sa lourdeur, sa complexité et le temps considérable qu’il fait perdre aux personnels comme aux gestionnaires.

Au lieu de simplifier les démarches, il ajoute du stress et des obstacles inutiles.

Le SE-Unsa 35 rappelle une évidence : les personnels n’ont pas à financer leur mission ni à subir les dysfonctionnements administratifs.

Le SE-Unsa 35 demande :

  • la validation immédiate des ordres de mission liés aux obligations de service ;
  • le remboursement rapide des frais engagés ;
  • une attention particulière à la situation des titulaires secteurs ;
  • une simplification urgente de Chorus ;
  • des budgets suffisants et sincères pour assurer le fonctionnement normal des services.

Les agents font leur travail chaque jour. L’administration doit faire le sien.


Partager

10 Avril 2026.

Jour de la sortie des classes , période de mouvement intra!

 L’académie de Rennes envoie un courrier aux coordonnateurs et coordonatrices de PIAL. Un texte sec, administratif, presque méprisant : « Vos missions s’achèveront au 31 août. Les PAS prendront le relais. Cordialement. » Aucune transition. Aucune reconnaissance. Aucune alternative. 

Pourtant, depuis 2019, ces professionnels ont construit l’école inclusive sur le terrain :

  • Ils ont formé et accompagné les AESH (alors que l’Éducation nationale ne le faisait pas).
  • Ils ont géré les affectations des AESH dans un contexte tendu, organisé les emplois du temps  (alors que les pilotes n’avaient pas le temps).
  • Ils ont remédié les conflits en première intention (alors que les familles et les enseignants étaient perdus).

Aujourd’hui, l’académie les jette. Sans explication. Sans solution.

 « Ce n’était pas dans vos missions » : un argument qui relève du déni

L’administration ose nous dire : « La gestion des AESH ne faisait pas partie de vos missions officielles. » Pourtant, sur le terrain, c’est bien aux coordonnateurs que revenait :

 La répartition des AESH (une moyenne de 291 élèves notifiés et de 113 AESH par PIAL dans le 35).

 La formation des AESH (accueil des nouveaux, outils numériques, posture professionnelle).

 La médiation (conflits entre familles/AESH/Enseignants ,ajustements des accompagnements).

 Le lien avec les MDPH (transmission des notifications, suivi des dossiers).

 Si ce n’était pas dans leurs missions, pourquoi l’administration a-t-elle laissé les coordonnateur le faire pendant 5 ans ?

Le ton du courrier est froid, impersonnel, presque humiliant :

  • Aucune mention des réussites (ex : baisse des ruptures de parcours dans les PIAL)
  • Aucune proposition de transition (les coordonnateur sont sommés de partir sans former leurs remplaçants). Mais heureusement ils peuvent conserver leur décharge un an !
  • Aucune reconnaissance (5 ans de travail réduits à une simple ligne administrative).

C’est comme si l’académie disait : « Vous avez servi, maintenant disparaissez. »

Les pilotes des PAS ne reprennent pas le flambeau : une réforme en trompe-l’œil. Une transition bâclée, des acteurs abandonnés

La réforme prévoit que les PAS seront pilotés par un trinôme (IEN + chefs d’établissement public/privé): C’est déjà le cas, mais il manque des pilotes dans le 2D et un AESH référent à la coordination.

Problème : personne n’est prêt, n’est averti.

 

ActeurProblèmeConséquence
IENCharge administrative déjà colossale (budgets, inspections, projets).Pas le temps de gérer les AESH.
Chefs d’établissementPriorités ailleurs (vie scolaire, sécurité, projets pédagogiques).Les AESH seront relégués au second plan.
AESH référents pas de formation, des missions très éloignées de ce qui leur incombait jusqu’à présent.Burn-out garanti, coordination inefficace. Refus 

 

 Résultat : Personne ne prendra le relais. Les AESH seront livrés à eux-mêmes, les enseignants devront gérer seuls, et les élèves en situation de handicap en paieront le prix.

 « On verra bien » : une logique irresponsable

L’administration répond aux inquiétudes par un silence assourdissant :

Aucun calendrier pour la formation des AESH référents qui seront par ailleurs sollicités pour la formation professionnelle de leurs pairs primo-arrivants, à compter de la rentrée 2026.

Aucun budget pour les décharges horaires.

Aucune garantie que les pilotes des PAS auront le temps et les moyens d’assurer la coordination.

→C’est comme si on disait à un chirurgien : « On supprime ton équipe, mais continue à opérer. »

  Ce que les coordonnateurs de PIAL ont apporté

Derrière les chiffres et les organigrammes, il y a des humains :

Pour les élèves : Moins de ruptures de parcours, des accompagnements mieux adaptés

Pour les écoles et les établissements: Un interlocuteur à l’écoute, connaissant le terrain et les possibles, moins de charge mentale

Pour les enseignants : Moins de charge mentale (plus besoin de gérer les AESH en plus de leurs classes).

Pour les familles : Un interlocuteur unique, qui connaît leur enfant et leurs besoins.

 En supprimant ces postes, l’académie prend le risque :

  • D’alourdir la charge des AESH référents (qui devront gérer l’affectation et la formation de leurs pairs AESH sans avoir été formés, sans outil de gestion académique efficient, s’imposer face à des PERDIR/directeurs d’école/enseignants)
  • De détériorer la qualité des accompagnements (moins de formation, moins de coordination, moins de gestion des situations complexes), le suivi des moyens (priorisations)
  • De démotiver les AESH (qui se sentiront moins soutenus).

 Un mauvais calcul économique

L’académie justifie cette réforme par des économies : « Supprimer les coordonnateurs, c’est moins de dépenses. » Mais à quel prix ?

Coût des échecs de l’inclusion : Ruptures de parcours, élèves déscolarisés, familles en détresse.

Coût du turnover des AESH : Burn-out, départs, recrutements constants.

Coût pour les enseignants, les établissements : Temps perdu à gérer des situations qu’ils ne maîtrisent pas.

 Ce qui coûte cher, ce n’est pas la coordination. C’est l’échec de l’inclusion.

 Nos revendications : pour une école inclusive qui ne laisse personne de côté

Face à cette réforme violente et irresponsable, le SE-Unsa exige :

La pérennisation des postes de coordinateurs/trices dans les PAS

  • Décharge horaire suffisante (au moins 0,5 ETP).
  • Reconnaissance statutaire (création d’un statut d’enseignant référent gestionnaire pour l’école inclusive).

 Un moratoire sur les suppressions de postes

  • Aucun coordonnateur ne doit être supprimé tant que les nouvelles modalités ne sont pas opérationnelles.

 Témoignage d’un coordinateur de PIAL (anonymisé)

« On nous a demandé de tout gérer pendant 5 ans : les emplois du temps, les formations, les conflits. Aujourd’hui, on nous dit : ‘Ce n’était pas votre travail.’ Mais qui l’a fait, alors ? Personne. Et demain, qui le fera ? Personne non plus. L’académie nous a utilisés quand ça l’arrangeait, et maintenant on nous jette. C’est inacceptable. »  Coordonnateur de PIAL en Ille-et-Vilaine


Partager

 

Je souhaitais vous partager mon expérience et exprimer toute ma reconnaissance envers le SE-UNSA 35, dont l’aide a été déterminante dans une période très difficile de ma vie professionnelle.

Je suis AESH depuis quatre ans. Ces derniers mois, j’ai vécu une situation extrêmement éprouvante dans mon ancienne école : isolement, repli sur moi-même, absence totale de communication, harcèlement moral… À tel point que j’avais perdu confiance en moi, toute motivation pour me rendre au travail, et même l’envie de continuer dans ce métier que j’aime pourtant.

C’est alors que j’ai contacté le SE-UNSA 35. Leur écoute, leur bienveillance et leur accompagnement ont été une bouffée d’oxygène. Ils ont su me rassurer, me guider dans mes démarches et me redonner espoir. Grâce à eux, j’ai pu obtenir une mutation dans une autre école il y a trois semaines – et aujourd’hui, tout a changé !

Je travaille désormais dans une équipe où règnent l’échange, l’écoute et le respect. Je me sens enfin valorisée, soutenue, et je retrouve peu à peu confiance en mes compétences. C’est un vrai travail d’équipe, où chacun a sa place, et cela fait toute la différence.

Un énorme merci à toute l’équipe du SE-UNSA 35 pour leur engagement, leur professionnalisme et leur humanité. Sans eux, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui.

Claudine

.


Partager

l’UNSA

Jeudi 2 avril, le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) d’Ille-et-Vilaine s’est tenu dans un climat particulièrement tendu, révélant un profond malaise au sein de la communauté éducative. Chargée de décider des ouvertures et fermetures de classes, de la répartition des moyens et de l’organisation des rythmes scolaires, cette instance essentielle n’a pas réussi, cette année, à rassembler.

 La carte scolaire a en effet été largement rejetée, avec 16 votes défavorables et 5 abstentions, un résultat rare qui traduit une défiance marquée.

Très rapidement, les échanges ont mis en lumière un manque de transparence dans les décisions prises. Plusieurs élus ont demandé des explications précises sur certaines fermetures de classes, sans obtenir de réponses jugées satisfaisantes. La FCPE a également dénoncé l’absence de critères lisibles, comme la moyenne d’élèves par classe, rendant difficile toute compréhension globale des choix opérés. Dans ces conditions, beaucoup s’interrogent sur la légitimité d’un vote lorsque les règles de décision ne sont pas clairement établies. Le directeur académique lui-même a déclaré qu’une explication détaillée des arbitrages nécessiterait une journée entière, une réponse qui, loin d’apaiser les tensions, a renforcé le sentiment d’opacité.

Certaines décisions concrètes ont particulièrement alimenté l’incompréhension comme cet exemple donné par l’unsa. « À Lohéac, par exemple, une école voit une classe fermer alors que ses effectifs sont stables depuis cinq ans, passant de quatre à trois classes. Dans le même temps, d’autres établissements, avec le même nombre d’élèves, parfois moins chargés, ne sont pas concernés par des fermetures. C’est incompréhensible! Ces situations, difficilement justifiables pour les élus et les familles, nourrissent un sentiment d’injustice.

La question de l’inclusion des élèves en situation de handicap constitue un autre point de friction majeur. Les représentants de parents demandent que les élèves sans accompagnement AESH soient pris en compte dans les décisions de carte scolaire, estimant que leur présence modifie concrètement les conditions d’apprentissage. La DASEN s’y oppose, évoquant un risque de discrimination.

 Un argument contesté par la FCPE, notamment parce que des mécanismes différenciés existent déjà, comme l’indice de position sociale (IPS) utilisé dans les collèges pour adapter les seuils d’ouverture de classes. Pour les familles, ne pas intégrer ces réalités revient à ignorer les difficultés quotidiennes rencontrées dans les écoles.

Le contexte démographique pèse également sur les débats. Le département connaît une baisse importante des effectifs, avec notamment une chute record de plus de 1 000 élèves en sixième et une diminution globale dans les collèges. Toutefois, les moyens alloués diminuent encore plus rapidement, avec la suppression de 63 heures postes et de plusieurs heures supplémentaires, pour une baisse d’élèves moins importante. Plusieurs élus dénoncent ainsi un déséquilibre, estimant que le second degré est particulièrement pénalisé.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise démographique, certains intervenants rappelant que le taux de natalité actuel est comparable à celui observé en 1942.

Pour l’UNSA, cette période devrait au contraire inciter à renforcer les moyens de l’école plutôt qu’à fermer des classes, au risque de fragiliser davantage le système éducatif.

Au-delà des chiffres, de nombreux participants ont insisté sur la réalité du terrain. Une classe de 25 élèves peut représenter une charge très différente selon la présence d’élèves en difficulté ou en situation de handicap sans accompagnement adapté. Pourtant, les services académiques refusent de communiquer le nombre d’élèves concernés par établissement, invoquant des contraintes juridiques. Cette position est vivement critiquée par les enseignants et les familles, qui y voient un obstacle supplémentaire à la compréhension des décisions.

La question de l’inclusion apparaît d’autant plus préoccupante que le département fait face à un manque important de structures spécialisées, avec environ 1 200 places manquantes en IME et ITEP. Pour la présidente du Conseil départemental, Madame Larue cette situation risque d’aggraver les inégalités, faute de moyens suffisants pour accompagner tous les élèves.

Enfin, les rythmes scolaires continuent de diviser. Un tiers des élèves du département est encore scolarisé sur 4,5 jours, principalement dans quatorze communes, tandis que les autres sont passés à la semaine de quatre jours. Les arguments restent connus, entre recherche de simplicité pour les familles et volonté de mieux répartir les apprentissages, mais aucun consensus ne se dégage.

Au final, ce CDEN 35 met en lumière un malaise profond. Entre manque de transparence, décisions jugées incohérentes et prise en compte insuffisante des réalités sociales et éducatives, les attentes sont fortes. Les représentants de la communauté éducative appellent désormais à plus de clarté dans les critères, à un renforcement des moyens pour l’inclusion et à une meilleure prise en compte des indicateurs sociaux.

Sans évolution, c’est l’équilibre même de l’école publique qui pourrait être fragilisé.

CSA-SD – Réponses aux questions diverses

L’administration a apporté plusieurs éléments de réponse aux questions soulevées par les organisations syndicales.

Concernant les brigades départementales de formation (BD) et leur éventuelle évolution, il est précisé qu’un outil de gestion des remplaçants non spécialisés est en place, sans impact à ce stade sur l’organisation actuelle. Toute évolution serait harmonisée au niveau académique. La déspécialisation évoquée pour 2025 reste à confirmer.

Un point de vigilance est soulevé sur l’organisation de la formation CAPPEI, notamment sur la disparition possible des mercredis libérés lors des sessions longues.

Le dispositif UPE2A est maintenu en l’état pour la rentrée 2026..les changements seron,t pour 2027 !

Les postes d’IEN, notamment en ASH, sont en cours de pourvoi, avec des validations au niveau national.

L’absence de remplacements des secrétaires de circonscription est confirmée et liée à des contraintes budgétaires.

La demande de communication de la liste des fonctionnaires stagiaires reste sans réponse à ce stade.

Le « JAT balai » est rappelé comme un second jury pouvant valider, prolonger ou renouveler le stage des enseignants stagiaires.

Les règles de bonification liées à la carte scolaire, limitées aux postes de même type (ECEL/ECMA), sont jugées restrictives dans certains territoires.

La possibilité d’un temps partiel à 80 %, existante dans d’autres académies, fait l’objet d’une demande de réexamen.

Concernant les moyens humains, 5,73 % des enseignants sont hors classe.

Le taux de remplacement atteint 83 % dans le 35, laissant 17 % des absences non remplacées.

Les remplaçants représentent 7,75 % des effectifs du premier degré. Depuis le début de l’année, 3 849 journées n’ont pas été remplacées.

Les départs à la retraite s’élèvent à 101 pour 2023-2024 et 61 pour 2024-2025.

Aucune donnée n’a été communiquée sur le taux de réussite au CAPPEI.Cela nous interroge ??

Enfin, cinq départs annuels en formation à la langue bretonne sont possibles par département.

PDF Test File


Partager

Depuis 2022, cette famille de trois enfants a fait le choix de s’installer en Bretagne suite à une mutation professionnelle du conjoint. Faute d’obtenir sa propre mutation, l’enseignante est contrainte de demander chaque année une disponibilité pour rapprochement de conjoint, multipliant les démarches administratives lourdes et anxiogènes, sans résultat.

Paradoxalement, elle continue d’exercer comme enseignante spécialisée sous contrat, dans des conditions précaires : temps de trajet excessif, instabilité des postes, absence de progression de carrière (ancienneté et points de mutation gelés). 

« Maman, tu me manques le matin. » Voilà ce que dit la fille de 8 ans d’une professeure des écoles bretonne, contrainte depuis 4 ans de faire 3heures de route par jour et  qu’elle part à 6h15 tous les matins pour ne rentrer pas avant 19h30 le soir!

« Une fois n’est pas coutume, je brise mon devoir de réserve. Parce que la rage et le dégoût l’emportent sur la résignation.

Ma femme, professeure des écoles, vient de recevoir son 5ᵉ refus de mutation inter-académique en 5 ans. Par SMS. Sans explication. Comme si notre vie de famille – nos enfants, notre santé, notre équilibre – n’était qu’un détail administratif.

Nous sommes deux fonctionnaires d’État, mutés à 430 km l’un de l’autre. Elle se lève à 5h pour un trajet épuisant, rentre à 20h, et voit à peine ses enfants. Pendant ce temps, l’Éducation nationale embauche des contractuels plutôt que de muter des titulaires. Résultat ? Des équipes précarisées, des élèves déstabilisés, et des familles sacrifiées sur l’autel d’un système qui ne connaît que les chiffres, pas les humains.

Combien de temps encore allons-nous accepter ça ? »

Son histoire révèle un système dépassé, bloqué :

  • Des mutations notifiées par SMS, sans explication, sans recours.
  • Des enseignants en disponibilité pour rapprochement de conjoint qui perdent leurs points d’ancienneté, bloquant leur carrière.
  • Des directeurs d’école submergés, sans moyens pour traiter les demandes.
  • Des contractuels embauchés plutôt que des titulaires mutés, précarisant les équipes et déstabilisant les élèves.

Résultat : des familles déchirées, des carrières brisées, une souffrance au travail généralisée.

Le SE-UNSA exige des solutions immédiates, ancrées dans son projet syndical 2025-2029

Automatisation des rapprochements de conjoints pour les couples de fonctionnaires, comme le prévoit la loi mais non appliquée.

Suppression du gel des points d’ancienneté pour les enseignants en disponibilité pour rapprochement de conjoint 

Délai maximal de 2 ans pour obtenir une mutation 

Création d’un guichet unique numérique avec référent dédié pour les demandes de mutation 

Notifications écrites et motivées pour toute décision de mutation

Pourquoi ces revendications ? Parce que l’École a besoin de stabilité et de justice !

Le projet syndical 2025-2029 du SE-UNSA  rappelle :

« L’École publique et laïque doit avoir la capacité d’accueillir chacun dans les meilleures conditions pour former des citoyens épanouis, éclairés et acteurs de la démocratie. Cette ambition nécessite une juste considération du rôle majeur que jouent les personnels du Service public d’éducation. »

Ce témoignage n’est pas un cas isolé : des milliers d’enseignants vivent la même galère administrative.

« Un enseignant heureux est un enseignant qui transmet mieux. Et si l’Éducation nationale s’en souvenait enfin ? »

N’hésitez pas à nous contacter pour partager et décrire votre situation. 

35@se-unsa.org


Partager

Bonjour et bienvenue au SE-UNSA !

Veuillez saisir le code postal de votre lieu d'exercice afin que nous puissions personnaliser votre expérience.