La ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a reçu les organisations syndicales le jeudi 7 mars afin de leur faire part des arbitrages rendus par Matignon sur la mise en œuvre du Choc des savoirs. Si l’organisation des enseignements de français et de mathématiques en groupes en 6e et en 5e à la rentrée prochaine est maintenue, la notion de « niveau » disparaît. Une victoire pour le SE-Unsa et l’ensemble des personnels mobilisés.

Groupes de niveau vs groupes de besoin

L’émoi provoqué dans le corps enseignant par la mise en place de groupes de niveau au collège à la rentrée prochaine et la forte opposition syndicale au Choc des savoirs de Gabriel Attal ont eu raison des groupes de niveau, mesure phare du désormais Premier ministre, ou presque.
 
En effet, dans les textes à paraître, les cours de français et de mathématiques demeureraient organisés en groupes, sur l’ensemble du volume horaire de ces deux disciplines. Mais il s’agirait désormais de groupes réduits dont l’objectif est de répondre aux besoins différents des élèves.
 
Pour le SE-Unsa, qui a toujours porté les groupes de besoin qui permettent de travailler par exemple sur l’acquisition de compétences du socle commun, et qui ne sont pas constitués exclusivement d’élèves en grande difficulté, c’est incontestablement une victoire. Surtout, le séparatisme inacceptable induit par les groupes de niveau n’a plus lieu d’être.
 

Une organisation plus souple mais à accompagner

La disparition du vocable « niveau » n’est pas la seule concession accordée par la ministre : est également introduite la possibilité d’une « dérogation » au dispositif « groupes » pour permettre aux élèves de revenir sur la classe de référence (celles de tous les autres enseignements) sur des périodes de l’année, selon une organisation laissée à la main des équipes. Les collèges qui dérogeraient au texte initial ne seraient donc plus contraints d’organiser les cours de français et de mathématiques sur la totalité du volume horaire de ces disciplines, dont les professeurs pourront continuer à enseigner ponctuellement à la classe entière.
 
Ces annonces interviennent malheureusement après que les établissements ont organisé et anticipé la rentrée prochaine sous la contrainte du projet initial. Pour les collègues enseignants et chefs d’établissements qui souhaiteront déroger au texte, une nécessaire réorganisation devra être envisagée.
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa se réjouit de cette nette évolution du dispositif. Pour autant, l’installation d’un dispositif certes revu, mais dans un contexte de moyens insuffisants et soumis à un calendrier tardif, devra très vite être accompagnée de consignes claires quant à la mise en œuvre.

Les enseignants comme les chefs d’établissements ont besoin d’accompagnement, sans aucune pression ni contrainte, et surtout de temps pour préparer cette rentrée atypique. Les rectorats devront avoir pour consigne d’accorder toute confiance aux équipes concernant le choix de l’organisation qui sera adoptée dans les collèges. Ce sont bien elles qui devront avoir souplesse et liberté sur la constitution des groupes, ainsi que sur le nombre de périodes de retour en classe entière et leur durée.

 
Le SE-Unsa continue de maintenir la pression pour que soient abandonnées les autres mesures du Choc des savoirs (classe de prépa seconde, généralisation des groupes en 4e et en 3e, labellisation des manuels, évaluations nationales prédominantes) afin que ne restent de la politique éducative de Macron que des mots à visée électoraliste et non un système éducatif qui accompagne mal les élèves en les étiquetant, en les uniformisant, et qui contraint les équipes au lieu de leur faire confiance.

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L’arrêté du 8 janvier 2024 modifie le taux de l’indemnités de fonction des PsyEN EDO : il atteint enfin celui des PsyEN EDA.

Il aura fallu pas moins de sept années de lutte pour obtenir la réparation de cette iniquité de traitement au sein du corps des PsyEN. Sept années durant lesquelles le SE-Unsa n’a eu de cesse de la dénoncer, profitant de chaque instance ou audience.
 
Il aura donc fallu 7 ans et pas moins de 5 modifications de l’arrêté initial, fruits du travail syndical, permettant de grignoter quelques miettes à la fois.
 
Si nous pouvons nous réjouir de l’octroi de cette indemnité, notre contentement est néanmoins en demi-teinte car il ne s’agit que du rétablissement de la justice de traitement et nous déplorons qu’il ait fallu tant de temps avant cet ajustement.
 
Il ne nous reste plus qu’à acquérir un alignement des obligations de service des PsyEN EDO sur celles des PsyEN EDA, ainsi que la même rémunération que les agrégés et une reconnaissance de notre profession. Alors, le métier sera peut-être suffisamment attractif pour envisager une augmentation du volume des recrutements.

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En fin d’année scolaire, des collègues AESH exerçant en collège et lycée s’interrogent sur l’obligation de faire des tâches administratives, en particulier sur les semaines administratives des collèges et lycées (une semaine après la sortie des élèves en juillet, une semaine avant la rentrée en août).

Le SE-Unsa rappelle que, bien que les contrats d’AESH soient rédigés sur 39 semaines, le temps de travail effectif d’un AESH s’organise bien sur les 36 semaines de présence des élèves.

Pourquoi ?

Aucun des textes officiels régissant les missions et activités des AESH ne fait mention de tâches de nature administratives qui ne soient pas directement liées aux enfants ou jeunes en situation de handicap. Les agents ne doivent donc pas se voir confier par les services académiques, par les écoles ou les établissements des tâches ne figurant pas dans les textes qui leur sont applicables.
Pour rappel ces activités sont divisées en trois domaines :
 
  • accompagnement des élèves dans les actes de la vie quotidienne,
  • accompagnement des élèves dans l’accès aux activités d’apprentissage (éducatives, culturelles, sportives, artistiques ou professionnelles),
  • accompagnement des élèves dans les activités de la vie sociale et relationnelle.
Certes le temps de service ne se limite pas à ses seules activités, puisque l’AESH contribue à la mise en œuvre du suivi et du projet personnalisé de ou des élèves qu’elle ou il accompagne.
Mais si ces derniers ne participent pas à des dispositifs tels que l’école ouverte, ou des stages de remise à niveau, et s’il n’est pas expressément prévu dans le projet personnalisé de l’enfant ou du jeune qu’il doit également être accompagné sur ces temps organisés en dehors des 36 semaines, la présence de l’AESH dans l’établissement ne peut lui être imposée.
 

Le SE-Unsa rappelle que nulle part dans les textes régissant les AESH, en particulier la circulaire de mission de mai 2017, il n’est fait mention de tâches administratives. Les collègues AESH sont donc en droit de les refuser.

Dans un premier temps, ils peuvent fournir à la direction les 2 circulaires qui régissent leurs missions, en leur demandant de respecter les textes réglementaires.

En cas de difficulté, contactez votre équipe locale du SE-Unsa pour vous faire accompagner.

 

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L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) a publié, en janvier 2024, une évaluation de la première année de déploiement du dispositif* initié à grand renfort de publicité par le MENJSJOP. Les résultats confirment nos réserves.

Évaluation des 2HSC : une enquête à deux niveaux

Mise en œuvre en septembre 2022 dans 167 collèges répartis sur l’ensemble du territoire, le dispositif 2h hebdomadaires supplémentaires d’activité physique et sportive pour les collégiens (2HSC) a été étendu à 700 établissements à la rentrée 2023. Rappelons que ce dispositif est principalement destiné aux élèves les moins enclins à la pratique sportive et a pour objectifs de lutter contre l’inactivité des jeunes, de prévenir le décrochage scolaire et de promouvoir le bien-être physique. Le principe consiste à libérer deux heures dans l’emploi du temps des élèves afin de leur permettre de pratiquer une activité physique soit dans les infrastructures du collège, soit en club. L’animation est assurée par des enseignants d’EPS volontaires ou des animateurs sportifs. 
 
Chargée d’étude et d’évaluation à l’Injep, Sonia Louhab s’est livrée à une enquête visant à dresser un bilan de la première année des 2HSC. Elle a procédé selon une méthodologie mixte : une enquête statistique quantitative sous la forme d’un questionnaire adressé à tous les collégiens volontaires ayant participé au dispositif, et une enquête de terrain qualitative dans trois collèges, sous la forme d’entretiens individuels et collectifs.

Conclusions de l’enquête : un dispositif qui attire essentiellement les élèves sportifs

Les résultats indiquent que la majorité des élèves inscrits ont adhéré au dispositif afin de pratiquer davantage de sport et de découvrir de nouvelles activités. 9 volontaires sur 10 sont déjà impliqués dans des activités sportives en dehors de l’EPS. Pour ces élèves sportifs, le taux d’abandon a été très faible et la plupart d’entre eux souhaitaient continuer l’année suivante. 57 % des participants sont des garçons, majoritairement scolarisés en 6e et en 5e. Un tiers des élèves non-sportifs ont abandonné le dispositif en cours d’année, ne se retrouvant pas dans l’offre traditionnelle proposée et vivant mal la présence d’élèves sportifs. Sans surprise, l’enquête révèle que les élèves issus des milieux sociaux moins favorisés ont tendance à pratiquer moins d’activités physiques. 
 
Les enseignants d’EPS interrogés regrettent l’absence de temps dédié à la co-construction des objectifs éducatifs des activités et déplorent le manque d’enseignants d’EPS volontaires pour coordonner, faire vivre et suivre l’implémentation du dispositif. Ils auraient enfin souhaité des temps de bilan plus fréquents avec les opérateurs du dispositif mais aussi avec les collégiens volontaires.

L’avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa s’était montré sceptique dès l’annonce d’un dispositif basé sur le volontariat, déconnecté du projet d’établissement et qui délègue les compétences des enseignants d’EPS aux animateurs sportifs. Les conclusions du rapport ne font que nous donner raison. Le temps nécessaire à la concertation, à la construction du lien entre les domaines éducatif et sportif et aux bilans n’est pas accordé. Surtout, les 2HSC attirent peu les élèves non-sportifs et les filles, cibles privilégiées du dispositif, qui devrait également encourager davantage de mixité sociale. Bien que porteuses de préconisations visant à accompagner le déploiement du dispositif (ciblage des niveaux 6e et 5e, priorité aux « jeux sportifs » plutôt qu’aux disciplines sportives strictes, mise en place de critères adaptés pour garantir une prise en charge adaptée à chaque élève…), les conclusions de l’enquête, publiées seulement en janvier 2024, ne peuvent avoir été prises en compte pour la rentrée 2023. 
 
La conclusion du SE-Unsa, quant à elle, ne change pas : plutôt qu’un dispositif qui ne tient pas toutes ses promesses, le ministère devrait investir ses moyens dans la promotion de l’EPS et le développement du sport scolaire, garants d’une offre qualitative et surtout éducative, s’adressant à tous les élèves et dispensée par les professionnels que sont les enseignants d’EPS.
 
 

* Lire le rapport de l’Injep


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Dans un avis publié le 30 janvier, le CSP a formulé des propositions hors sol concernant les missions des CPE. Le CSP propose que les CPE deviennent le « bras armé » des enseignants. Un retour dangereux aux fameux « surgés » des années 60.

Le gardien de la galaxie

Écrivons-le en toutes lettres, CPE : conseiller principal d’éducation. Vous avez bien lu : « d’éducation ».
 La circulaire de 2015 précise que l’ensemble des responsabilités exercées par le CPE se situe dans le cadre général de la « vie scolaire » qui peut se définir ainsi : placer les adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective, de réussite scolaire et d’épanouissement personnel.  
Les propositions du CSP vont à l’encontre de cette circulaire. Pire, elles annoncent un retour au tout répressif, sans prise en compte de la spécificité de chaque élève. Elles bannissent toute approche éducative ou pédagogique, renvoyant le CPE au rang de gardien de l’ordre.
 
Ces propositions marquent une fois de plus la méconnaissance du métier de CPE et un certain mépris pour leur investissement quotidien.

Le sauveur du métier d’enseignant

Le CSP demande aux CPE de dégainer l’arsenal répressif plus vite que leur ombre. Selon lui, si le CPE s’attèle au maintien de l’ordre et de la discipline, au respect de l’enseignant, cela améliorera bien évidemment l’attractivité du métier d’enseignant. Le CSP aurait pu, a minima, lire la circulaire de 2015 ou alors interroger des CPE pour avoir un avis du terrain.
 
Les CPE sont donc les responsables de la fuite des enseignants. Il fallait un coupable… ou un responsable. Voici chose faite ! Cette proposition est totalement déconnectée de la réalité. Elle constitue un véritable affront pour la profession.
 

Le caporal solitaire

Il faut rappeler que le respect du règlement intérieur (RI) dans un EPLE est l’affaire de toute la communauté éducative. Chaque RI comporte une échelle des punitions et des sanctions qui est appliquée dès lors qu’il y a un manquement à la règle. Une punition ou une sanction n’a de sens que si elle est comprise par l’élève. Le CPE apporte alors toute son expertise et son savoir-faire en matière d’éducation. Il n’est pas le chef de la répression.
 
Ce qui manque sur le terrain, ce sont les effectifs. Il manque des CPE et des AED partout dans le pays. Le SE-Unsa demande sans relâche, et depuis longtemps, 1 CPE supplémentaire dès 400 élèves, et à partir de 250 élèves en éducation prioritaire.
 
Si l’on suit le CSP, les militaires en recherche de reconversion ont un bel avenir dans nos établissements. 
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa est choqué par de telles propositions. La circulaire de 2015 est bafouée. Les missions des CPE sont bafouées. Quel manque de respect pour une profession au service du bien-être des élèves, du bien vivre ensemble et au service de toute la communauté éducative. Cette vision rétrograde et méprisante des CPE ne peut pas concourir à l’attractivité du métier. Elle est nuisible à un climat scolaire serein et apaisé.
Le SE-Unsa exercera toute sa vigilance pour défendre les missions des CPE.

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Par la connaissance que les PsyEN ont du développement psychoaffectif et cognitif des enfants et adolescents, ils contribuent à l’observation et à l’évaluation des difficultés et des besoins de ces derniers. En cela et afin d’aider chaque jeune qui en aurait besoin, ils sont des interlocuteurs essentiels dont il est temps de connaître et reconnaître les multiples missions. Les bilans psychologiques en font partie, encore faut-il savoir de quoi on parle.

On a souvent besoin d’un psychologue à soi !

Pourtant, l’effectif des psychologues au sein de l’Éducation nationale a baissé d’environ 15 % en 7 ans. Vous avez dit « manque d’attractivité » ?
 
Si la formule, copiée d’une morale de Jean de La Fontaine, fait sourire, il convient néanmoins de l’expliciter. Tâchons donc de nous accorder sur quelques définitions.

« Psychologue » n’est pas un adjectif !

Nous entendons parfois dire de telle ou telle personne qu’elle est « psychologue ». Est-elle pour autant diplômée d’un titre représentant une profession réglementée ? Si ce n’est pas le cas, gare à elle : elle pourrait alors être taxée d’usurpation du titre de psychologue et (sévèrement) réprimandée par l’article 433-17 du Code pénal, soit un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Il n’existe donc pas de psychologues professionnels vs amateurs, contrairement à ce qu’on a pu entendre ici ou là…* 
 

Bilan psychologique, késako ?

Imaginez que vous vous rendiez dans un laboratoire d’analyses médicales et que vous commandiez un bilan sanguin. Comment espérez-vous être reçu ? Un bilan, oui, mais pour mesurer quoi ? serait vraisemblablement la réponse de votre interlocuteur. Un bilan psychologique n’est pas plus précis. Il mesure exactement ce qu’il est censé mesurer, à savoir ce que le psychologue juge pertinent d’investiguer. Cette appréciation des besoins nécessite du temps, notamment le temps nécessaire pour définir une hypothèse à valider (ou invalider) afin d’analyser la problématique du sujet.
 
Le bilan peut donc prendre différentes formes, selon ce que le psychologue estime nécessaire de vérifier. Il peut notamment être psychométrique ou projectif. Quel qu’il soit, un des outils principaux du psychologue est l’entretien. 
 
Pour rappel (ou pour information), le Code de déontologie des psychologues prévoit le respect de l’autonomie professionnelle dans le choix et l’application des modes d’intervention, des techniques et des méthodes mises en œuvre. Par ailleurs, les dispositifs méthodologiques mis en place par le psychologue répondent aux objectifs de ses interventions, et à eux seulement.

Bilan psychométrique

Il s’agit dans ce cas d’analyser le plus finement possible le fonctionnement cognitif en fonction des hypothèses émises. Qu’il s’agisse « uniquement » de mesurer un QI, des stratégies de raisonnement ou des fonctions exécutives (on parlera alors volontiers, parce que c’est la mode, de bilan neuropsychologique), le matériel utilisé (test ou batterie de tests) est de la responsabilité exclusive du psychologue. Conformément au Code de déontologie des psychologues, celui-ci doit avoir été scientifiquement validé et utilisé en référence aux recommandations de la commission internationale des tests.
 
La batterie de tests la plus connue étant la WISC, bon nombre d’apprentis-sorciers s’estiment compétents pour interpréter, à partir de données chiffrées, le fonctionnement cognitif d’un enfant ou d’un adolescent. C’est la raison pour laquelle bon nombre de bilans psychométriques s’exercent sous la pression d’injonctions (MDPH, orthophonistes, médecins…). L’analyse clinique, du ressort du psychologue, n’en est pas moins (loin s’en faut !) indispensable pour en avoir une appréciation la plus fidèle possible.

Bilan projectif

Il a pour objectif d’analyser des problématiques psychoaffectives : le fonctionnement psychique, l’état émotionnel et plus globalement le fonctionnement mental définissent le mode comportemental (face au groupe, aux apprentissages, au cadre…) d’un enfant ou d’un adolescent. 

Mais alors, comment ça marche ?

Vous l’aurez compris, un bilan psychologique ne saurait être déconnecté de la réalité du sujet, qu’il soit enfant, adolescent ou adulte. Il s’inscrit par conséquent dans une temporalité qui comprend notamment des échanges relationnels permettant un engagement et une confiance réciproques dans la résolution d’une problématique, l’expression d’hypothèses, la mise en œuvre de leur validation et la recherche de solutions.
 
Les bilans psychologiques ne sont qu’une infime partie des missions confiées aux psychologues de l’Éducation nationale, conformément au texte qui les régit. Pourtant ces personnels sont souvent réduits à ces évaluations, essentiellement psychométriques, faute de connaissance de l’ensemble de leurs missions (par l’institution et les personnels qui la représentent, par les partenaires…). Cette absence de connaissance induit inévitablement un manque de reconnaissance pour des personnels pourtant animés par le sens du service public et pour lesquels « relation d’aide » ne sont pas de vains mots…
 

* Lire notre article : Psychologue, un métier !


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Les conditions de travail et la qualité de vie au travail des CPE ne cessent de se dégrader. Les missions supplémentaires s’empilent sans concertation et parfois sans rémunération. Le SE-Unsa lance une enquête sur les conditions de travail des CPE.

Une suite à l’enquête de 2019

En 2019 le SE-Unsa a lancé la première édition de ce questionnaire. Certains résultats étaient effarants. Les CPE déclaraient déjà effectuer en moyenne 5h supplémentaires par semaine. Avec l’épisode de la Covid et les nouvelles tâches assignées aux CPE par les ministres successifs, pas sûr que les collègues travaillent 35 heures par semaine aujourd’hui.
 

Qu’est-ce qui a changé ?

La circulaire de mission de 2015 a mis fin au « surgé » en ancrant le travail du CPE dans une réalité plus moderne. Les CPE sont concepteurs de leur activité, ils conseillent le chef d’établissement, ils impulsent le volet éducatif du projet d’établissement, leur implication pédagogique est reconnue. La mise en œuvre de cette circulaire a été très longue, tant les habitudes sont installées. En 2019, le « surgé » n’avait toujours pas disparu…

Et aujourd’hui ?

Les conditions de travail se dégradent. Les missions s’empilent, les rémunérations ne suivent pas, les heures supplémentaires s’accumulent. Une partie des CPE est au bord de l’épuisement professionnel. Le plan harcèlement a achevé les équipes. Il est urgent de faire un état des lieux des conditions de travail des CPE !

Le SE-Unsa lance une enquête en ligne du 30 janvier au 11 février 2024. Elle reprend les thématiques qui occupent le quotidien des CPE. Nous méritons d’être reconnus et entendus. Nos conditions de travail doivent s’améliorer.
Votre participation est essentielle !

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Vous passez un concours ou souhaitez suivre une formation professionnalisante en parallèle de votre service d’AED ? Un crédit d’heures peut vous être octroyé.

Ce crédit, à hauteur de 200 heures pour un temps plein, peut être accordé pour vous décharger sur votre temps de travail dans la semaine (article 5 du décret 2003-484). Mais de nombreux AED nous ont fait remonter des difficultés à obtenir ce crédit formation. 

Que prévoient les textes ? Comment revendiquer l’application de cette disposition ?

La circulaire du 11 juin 2003 précise : L’assistant d’éducation sollicitant un crédit d’heures présente à l’appui de sa demande les pièces justificatives de la formation (attestation d’inscription universitaire ou de l’organisme de formation) ainsi que du volume d’heures annuel de cette formation et, le cas échéant, de ses contraintes spécifiques (participation obligatoire à des stages). Sur justificatif donc, le chef d’établissement décide d’octoyer (ou non) ce crédit d’heures.

Est-il obligatoire de le demander dès le début de l’année ?

Même si cela est plus facile pour l’organisation du service, il n’est en aucun cas obligatoire de le demander en septembre pour l’obtenir. Vous pouvez décider à tout moment d’entamer une formation professionnelle.

Que faire si celui-ci est refusé ?

C’est assez rare mais si vous avez bien prouvé votre inscription, il n’y a aucune raison que l’on vous le refuse ou que l’on vous le donne au compte-goutte sous prétexte des necessités de service.

N’hésitez pas à contacter votre équipe locale du SE-Unsa, nous arrivons à faire bouger les choses en dialoguant et en mettant en avant la nécessité d’aider les personnes à sortir de la précarité !
 

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Depuis novembre 2017, le ministère encourage la mise en place du dispositif « Devoirs faits » dans tous les collèges. Les AED sont explicitement désignés comme des « acteurs » de ce dispositif.

Une organisation propre à chaque collège

Ce programme ne repose sur aucun texte officiel et son organisation s’appuie essentiellement sur les recommandations d’un vadémécum destiné aux chefs d’établissement. Difficile encore aujourd’hui d’en connaître les modalités précises d’application, notamment pour la rémunération.

Un dispositif qui repose sur le volontariat, rémunérable en heures supplémentaires

Les AED qui interviennent en dehors de leur temps de service peuvent, dans certains établissements, bénéficier d’heures supplémentaires.

Nos points de vigilance :

  • Si la participation à ce dispositif peut être enrichissante pour les AED, notamment ceux se destinant aux métiers de l’enseignement, ils ne doivent pas être utilisés comme des variables d’ajustement. Nous contestons les tentatives de modification de leurs emplois du temps, parfois sans concertation avec les CPE, dans des établissements dans lesquels les enseignants ne sont pas ou peu volontaires. Il n’est pas question de ponctionner les moyens de vie scolaire déjà très limités dans beaucoup d’établissements, en particulier en zone rurale, ni de priver les AED d’une rémunération supplémentaire.
 
  • Apporter une aide pédagogique, notamment à des élèves en difficulté, ne s’improvise pas. Nous réclamons une formation ambitieuse des AED et des volontaires services civiques qui ne se limite pas aux fiches du vadémécum, notamment afin de favoriser les travaux de groupes, les échanges entre les élèves et la co-intervention avec un enseignant.
 

Volontaire pour participer au dispositif ?

N’hésitez pas à nous adresser vos témoignages, vos remarques ou questions en contactant votre équipe locale.


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Dans le plan Choc des savoirs, la ministre de l’Éducation nationale met en place des groupes de niveau en mathématiques et en français en 6e et 5e à la rentrée 2024. Pour le SE-Unsa, ils vont considérablement dégrader les conditions de travail.

Un dispositif pédagogique qui peut séduire, mais…
 
Il peut paraître séduisant voire rassurant réduire l’hétérogénéité des classes en regroupant les élèves par niveau. Cependant, les études scientifiques sont quasi-unanimes pour démontrer l’inverse, c’est pourquoi le SE-Unsa est opposé aux groupes de niveau sur le plan pédagogique mais privilégie par exemple les groupes de besoin (lire notre article).
 

Pas de moyens pour tous les collèges, un mensonge par omission

Avant les vacances de fin d’année, nous avons appris lors de l’instance de répartition des moyens pour la rentrée 2024, que seuls environ 20 % des collèges recevraient des moyens pour alléger les groupes de niveau, et uniquement pour les groupes des élèves les plus faibles (groupe 1). 80 % des collèges, bien qu’ayant eux aussi des élèves faibles, n’auront aucun moyen pour alléger les groupes. Il s’agit au moins d’un mensonge par omission. Tous les enseignants de collège et tous les parents de collégiens avaient compris que des moyens seraient donnés à tous les collèges pour organiser des groupes de niveau. Le ministère considère que la 26e heure de cours de 6e qui est supprimée (l’actuelle heure supplémentaire de français/maths et ex-heure de technologie) pourra participer au financement, de même que les heures de la marge d’autonomie, mais pour quelles conséquences ?

Moins d’autonomie… au détriment des disciplines non fondamentales

Actuellement, les 3h/classe de marge d’autonomie sont souvent utilisées pour dédoubler des heures de français et de maths, mais aussi de sciences pour pouvoir faire des TP avec des effectifs raisonnables, en langues vivantes pour travailler l’oral en groupe réduit ou dans d’autres disciplines pour mener à bien des projets pédagogiques. Dès lors que le ministère ne financera pas les groupes de niveau et qu’il demandera de prendre sur cette marge, ce sera au détriment des autres disciplines, celles qui sont considérées en creux par le ministère comme non essentielles.

Quelles conséquences sur les services des enseignants ?

Si la marge horaire n’est plus disponible que pour le français et les mathématiques, de nombreux collègues vont se retrouver en complément de service ou pire en mesure de carte scolaire.
Par ailleurs, organiser les groupes de niveau va nécessiter de faire des alignements dans les emplois du temps sur l’ensemble des heures de français et de maths soit un tiers de l’emploi du temps d’une classe. Par conséquent, les professeurs auront des emplois du temps plus morcelés et les vœux formulés seront moins pris en considération. Aligner les cours pour faire plus de groupes que de classes, nécessitera de parfois mobiliser tous les enseignants de la discipline sur le même niveau. À terme, avec l’extension du dispositif au 4e/3e à la rentrée 2025, il est fort probable que les professeurs de maths et de français soient contraints d’avoir les 4 niveaux. Dans certains petits collèges avec 2 ou 3 enseignants dans une discipline, il sera même impossible de faire 3 ou 4 groupes de niveau, faute de professeurs disponibles.

Prof principal or not prof principal ?

Être professeur principal suppose, pour assurer sa mission correctement, de connaitre et de suivre ses élèves. Comment vont donc faire les professeurs de maths et de français qui n’auront en cours que des regroupements d’élèves venus de différentes classes pour être professeurs principaux ? Réglementairement rien ne les en empêchera, cependant, être professeur principal d’une classe dont ils ne connaitront qu’une partie des élèves risque d’être bien difficile.
 

Une dégradation des relations humaines

Toutes les conséquences décrites précédemment créeront de fait différents conflits. Tout d’abord entre enseignants pour éviter d’avoir les groupes d’élèves les plus faibles, qui seront plus difficiles à gérer, comme le savent tous ceux qui l’ont déjà expérimenté. Regrouper des élèves en difficulté, démotivés et parfois avec des difficultés d’apprentissage lourds, rend la tâche très ardue. Par ailleurs, rien ne dit non plus qu’on ne va pas au-devant de conflits avec les familles qui pourraient contester le groupe dans lequel leur enfant sera affecté.

L'avis du SE-Unsa

Derrière une annonce qui peut apparaitre comme séduisante et rassurante, les difficultés d’organisation seront légion. Au-delà du questionnement sur le bien-fondé des groupes de niveau, la dégradation des conditions de travail ne sera pas une fiction mais la réalité. Seuls les concepteurs ou les commentateurs qui n’exercent pas dans un collège ne veulent pas l’admettre. Le SE-Unsa revendique donc que, faute de moyens pour financer ce projet, les groupes de niveau soient abandonnés immédiatement pour ne pas dégrader davantage les conditions de travail des enseignants de collège et des conditions d’apprentissage des élèves.
 
>> Lire aussi les articles de l’Unsa Éducation sur les groupes de niveau :


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