Ces difficultés de gestion sont présentes notamment dans la relation avec les familles d’enfants relevant de l’inclusion, qui est perçue de façon équivalente par l’échantillon de répondants comme facile et difficile. La concertation entre l’équipe éducative et les soignants est perçue comme un besoin prioritaire, et la baisse des effectifs en classe ordinaire l’est également (plus de 60 % de réponses pour chaque occurrence).
En matière d’impact sur la santé mentale des personnels de vie scolaire, on peut noter que 70 % n’en perçoivent aucun et 25 % font part d’une angoisse à aller au travail, liée à l’inclusion scolaire.
Concernant l’impact sur la santé physique des personnels de vie scolaire : aucun pour 80 % et des douleurs à la suite de postures répétées ou des blessures superficielles pour les autres. Ces réponses sont à corréler avec l’âge des enfants scolarisés : en collège ou lycée, soit l’élève est autonome physiquement, soit les mesures de compensation sont mises en place.
49 % des répondants vie scolaire reportent avoir été l’objet d’une agression verbale par un Ébep et 28 % par une famille dans le cadre de l’inclusion. 20 % en ont parlé à leurs proches, 34 % à leurs pairs, et 55 % à leur hiérarchie.
Dans le cadre des difficultés rencontrées, 24 % ont reçu du soutien par leurs pairs, 53 % par leurs collègues, et 42 % par la hiérarchie directe.
Les différents dispositifs d’alerte (RSST, DGI, ou PF) ne sont pas utilisés car jugés inappropriés. Les réponses à l’enquête donnent à voir un déficit de connaissance de l’utilisation du DGI (20 % des répondants), voire d’information quant à son contenu (65 %). En matière de protection fonctionnelle (PF), au-delà du fait que cela ne semble pas approprié pour les problèmes liés à l’inclusion, 45 % des répondants indiquent ne pas savoir comment ça marche et, pire, 50 % indiquent ne pas connaître. C’est un déficit d’information des personnels que l’institution se doit de s’employer à combler.
En matière d’échanges avec les familles sur le parcours de soin des élèves, les répondants AED disent ne pas en avoir, ou insuffisamment (près de 90 % des réponses). Pour ce qui est des CPE, 42 % disent en avoir insuffisamment et 42 % régulièrement.
Pour les échanges avec les professionnels sur le parcours de soin des élèves, 85 % des AED indiquent ne pas en avoir ou insuffisamment. Les CPE répondants en ont à 25 %, et 41 % en ont insuffisamment.
Dans ce domaine du soin, une réflexion est probablement encore à construire sur la nature des informations à partager, et veiller à ne partager que celles qui sont strictement utiles à la prise en charge de l’élève dans le cadre de l’inclusion scolaire. L’équilibre est à trouver entre ce qui va permettre à chacun des métiers de vie scolaire d’exercer ses missions tout en respectant le secret médical : l’exercice est ardu.
Dans l’espace d’expression libre du questionnaire rempli par les personnels de vie scolaire, les besoins relevés sont les suivants :
- Avoir davantage de moyens humains (AESH et personnels médico-sociaux notamment).
- Mettre en place d’une formation (initiale et continuée) de qualité, mais aussi avoir plus d’information sur les dispositifs existants de signalement d’un problème et des possibilités de demander de l’aide, tant pour les enseignants que les autres personnels.
- Effectuer un travail sur le nombre d’élèves par classe (réduction), pour pouvoir accompagner à la fois les enfants à besoins particuliers et les autres.
- Apporter de l’aide administrative pour les dossiers et les aménagements d’examen.
- Cesser le glissement des missions dû au manque de personnels.