Le SE-Unsa a déposé le lundi 25 août une alerte sociale relative au budget 2026 et à la direction d’école. Nous avons écrit à la ministre pour lui rappeler que l’Éducation nationale n’est pas une dépense mais un investissement !

Le budget 2026 doit être à la hauteur des défis que doit relever notre système éducatif. Pour cela, il est indispensable :

  • de créer les postes nécessaires au bon fonctionnement du Service public d’éducation (AESH, enseignants, AED, Psychologues de l’Éducation nationale et CPE) ;
  • de revaloriser sans conditions les rémunérations de l’ensemble des personnels et de mettre en place des mesures urgentes pour celles et ceux dont les rémunérations sont les plus faibles.
 
Présentation de l’alerte sociale par Élisabeth Allain-Moreno, Secrétaire générale du SE-Unsa :

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Visuel campagne : Exercer hors de France

Vous envisagez de candidater pour un poste dans le réseau des établissements français à l’étranger pour la rentrée 2026 ?

Pas de panique, le SE-Unsa est là pour tout vous expliquer, vous conseiller et vous accompagner tout au long des démarches !
 
La mobilité géographique est un élément capital dans la carrière de chacun d’entre nous. Au SE-Unsa, nous le savons bien !
 
C’est pourquoi, nous proposons dès à présent notre écoute et notre expertise à tout collègue qui aurait pour projet d’exercer à l’étranger.
 

L’accompagnement Mobilité internationale du SE-Unsa, c’est :

  • une réponse à vos questions
  • des communications personnalisées pour vous aider à construire votre projet
  • un accompagnement dans vos différentes démarches de candidature
  • des conseils sur votre stratégie de vœux
  • la mise en relation, pour nos adhérents, avec l’un de nos correspondants locaux
  • pour les adhérents uniquement, les fiches Quelles aides pour quel contrat ? à retrouver sur votre espace adhérent

Alors, dès aujourd’hui, demandez l’accompagnement Mobilité internationale du SE-Unsa en complétant le formulaire !


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Le SE-Unsa a déposé lundi 25 août une alerte sociale auprès du ministère concernant la situation des directeurs et directrices d’école. En effet, les conditions de travail des enseignant·es à la direction d’une école se sont dégradées, entre référentiels obsolètes, ajouts de missions et injonctions contradictoires qui sèment la confusion.

Un signal officiel

Cette démarche, prévue par la loi, est un signal officiel à différents niveaux : 
 
  • pour l’employeur, elle signifie qu’il doit ouvrir un dialogue et apporter des réponses ; 
  • pour le syndicat, elle permet de porter la voix de la profession et de relancer les négociations ; 
  • pour chaque directeur, directrice et chargé·e d’école, concrètement, l’alerte sociale signifie que les problèmes du quotidien feront l’objet d’échanges officiels, que l’employeur doit ouvrir des négociations et qu’un cadre légal est posé pour aller, si nécessaire, jusqu’à la grève.
 

Des mesures fortes sont nécessaires

Pour le SE-Unsa, des mesures fortes sont nécessaires pour améliorer le quotidien des enseignant·es chargé·es de direction :
 
  • le respect des missions des personnels, en garantissant que l’acheminement des livrets d’évaluation soit assuré par un prestataire et non par les enseignant·es ;
     
  • une mise à jour du référentiel métier respectueuse des réalités de la direction : le pilotage pédagogique, l’autorité nécessaire au fonctionnement, mais sans dérive vers la formation ou l’autorité hiérarchique vis-à-vis des enseignant·es de l’école ;
     
  • une mise aux normes règlementaires des circulaires départementales concernant la validité de l’inscription sur la liste d’aptitude pour les directeurs et directrices actuellement en poste ;
     
  • l’augmentation des décharges d’enseignement, avec un temps supplémentaire dédié au pilotage pédagogique et au suivi des élèves à besoins éducatifs et pédagogiques particuliers ;
     
  • l’octroi d’un secrétariat administratif pérenne et formé ;
     
  • la prévention de l’épuisement professionnel par une formation continue articulée autour des quatre axes du référentiel métier et des espaces d’échanges entre pairs ;
     
  • la reconnaissance et la valorisation des missions de direction pour tous, y compris chargé·es d’école, faisant fonction et intérimaires.
     
Avec cette alerte sociale, le SE-Unsa met le ministère face à ses responsabilités : donner aux enseignant·es à la direction d’une école les moyens de travailler dans des conditions humaines et réalistes.

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Dans cette infolettre, notre appel à l’action unitaire des organisations de retraités contre le projet Bayrou, et aussi un retour sur le triste feuilleton de la suppression du chèque vacances des anciens agents de l’État, et encore la menace du doublement des franchises médicales. En dépit de ce catalogue de mauvaises nouvelles, nous soulignons la seule mesure positive de l’été, le droit à la retraite progressive dès 60 ans.


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La circulaire de rentrée de la ministre, publiée le 3 juillet, contient plusieurs annonces pour le collège. Elles confirment toutes l’entêtement du ministère à poursuivre une politique inefficace et non accompagnée de moyens. Voici les principales nouveautés.
 

Les nouveaux programmes de français et de mathématiques pour le cycle 3 sont mis en œuvre à la rentrée 2025. Ils sont conçus à partir de pratiques reconnues comme efficaces et des recherches scientifiques les plus récentes et visent à faciliter le travail des professeurs, en leur permettant de vérifier régulièrement les acquis de leurs élèves et d’ajuster, en conséquence, leur enseignement pour répondre aux besoins de chacun avant que la difficulté scolaire ne s’installe.

Le SE-Unsa n’était pas demandeur de ces programmes, encore moins de leur mise en œuvre dès la rentrée 2025, ce qui laisse peu de temps aux enseignants de s’en emparer. Décréter notamment la maîtrise de l’écrit levier central de réussite représente bien l’orientation choisie par le ministère pour ces programmes, descendants et dirigistes, et focalisés sur les compétences fondamentales, où la lecture se résume à la fluence, et où la maîtrise de l’écrit est préférée à sa compréhension.
 
 

Comme annoncé par la ministre, les groupes de besoins sont reconduits en français et en mathématiques en 6eet en 5e dans les mêmes conditions, c’est-à-dire sans moyens supplémentaires et dans une configuration laissée au choix des collèges. Et ce, malgré les résultats très négatifs de l’enquête du SE-Unsa et le rapport accablant de l’inspection générale. La ministre concède toutefois quelques ajustements nécessaires en préconisant la constitution de véritables groupes de besoins travaillant à l’acquisition de compétences précises.

Le ministère s’entête à poursuivre une mesure qui a échoué et dont les collègues ne veulent pas. Sans moyens dédiés, sans modification du décret, la réforme échouera encore. Elle continuera à dégrader les conditions de travail des collègues tout en creusant les écarts entre les élèves. Seul point positif : la volonté renouvelée de la ministre de ne pas regrouper les élèves à besoins particuliers.
 
 

Des évaluations en français et en mathématiques, regroupées sur une séquence d’une heure, sont obligatoires en 5e, afin de mieux identifier les besoins des élèves.

Le SE-Unsa continue à déplorer le caractère obligatoire des évaluations nationales, chronophages et source d’anxiété pour les élèves. Elles restent un outil de tri des élèves, qui ne reflète pas leurs véritables compétences. Leur programmation dès la rentrée, alors même que la relation pédagogique entre l’élève et ses enseignants n’est pas établie, est un non-sens.

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Après l’abandon des groupes de besoins en 4e et en 3e, le ministère se devait d’inventer un nouveau dispositif pour compenser la disparition de l’ex-mesure phare du Choc des savoirs. Il s’agira donc pour les établissements de mettre en place une stratégie de réussite visant à consolider les acquis des élèves et à développer leur autonomie et leur capacité à se projeter vers leur future orientation, à l’aide des stages de réussite et du dispositif Devoirs faits.

Amener les élèves à la réussite, les rendre autonomes et les guider dans leurs choix d’orientation, c’est ce que font déjà les enseignants. Cela fait même partie de leurs missions. Pour le SE-Unsa, cette lapalissade ministérielle masque à peine un cruel manque d’ambition et, surtout, une absence totale de moyens en 4e et en 3e.

La session 2026 du DNB verra le diplôme de fin de scolarité obligatoire changer de visage, avec l’application de modifications désormais connues : recul du contrôle continu qui ne comptera plus désormais que pour 40 % de la note finale, au profit des épreuves terminales à hauteur de 60 %. Mais aussi et surtout, la disparition de l’évaluation des compétences du socle commun dans le contrôle continu, au profit de la moyenne des moyennes de toutes les disciplines. Mais de cela, la circulaire ne dit mot.

Pour le SE-Unsa, cette nouvelle version du DNB fait perdre tout son sens à un examen qui n’a jamais eu vocation à devenir le baccalauréat du collège. En privilégiant les moyennes sur les compétences, ce nouveau diplôme ne rend pas justice au parcours de l’élève au collège, alors même qu’il est demandé de travailler l’acquisition de compétences dans les groupes de besoins. Incohérent et hypocrite.

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À raison de 4 demi-journées par an, les élèves de 5e seront amenés à visiter des entreprises, des plateaux techniques, des salons et des forums, et à rencontrer des professionnels.

Ce retour de l’orientation dès la classe de 5e va dans le sens d’un tri des élèves dès l’entrée au collège, à l’image des groupes voulus par Gabriel Attal. Pour le SE-Unsa, cette ouverture est bien trop précoce et surtout inutile : 4 demi-journées dans l’année ne seront certainement pas suffisantes pour permettre à l’élève de 5e de construire un projet professionnel.
 

Le ministère aura attendu 2025 pour proposer une formation spécifique aux professeurs principaux de 3e. Les intéressés, eux, n’auront pas attendu le ministère pour se former. L’appui des PsyEN, personnels clés dans le parcours d’orientation des élèves, est une bonne idée, mais seront-ils suffisamment nombreux pour s’acquitter de cette mission ?

Le SE-Unsa se réjouit que le ministère reconnaisse le rôle et l’importance des PsyEN, mais ce soudain engouement ne s’accompagnera malheureusement pas des moyens nécessaires à sa réalisation. On peut aussi se demander sur quels temps se dérouleront ces formations.
 

Prévues dans la plateforme Pix et obligatoires pour les élèves de 4e, des formations à l’intelligence artificielle seront déployées à la rentrée 2025 dans les collèges volontaires pour une généralisation en janvier 2026. 

Ces formations destinées aux élèves sont très attendues par les collègues, face à l’enjeu que représente l’IA. Mais l’annonce manque encore de précisions concernant le temps dédié à ces formations et ne dit rien concernant le besoin de formation des enseignants.

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L'avis du SE-Unsa

En proposant des nouveautés qui n’en sont pas, le ministère est bien en peine de dissimuler l’absence de moyens humains et financiers qui correspondent à son ambition. Un comble teinté d’ironie pour un ministère qui s’est donné pour mission d’élever le niveau des élèves et donner les mêmes chances à tous, en maintenant les groupes au collège dont l’inspection générale souligne qu’ils creusent les écarts et les inégalités entre les élèves.


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Alors que la campagne des évaluations nationales se profile à nouveau pour tous les niveaux en primaire à la rentrée 2025, un rappel clair s’impose : nous ne sommes pas livreurs.

L’an dernier, dans de trop nombreux départements, enseignants, conseillers pédagogiques de circonscription (CPC), directeurs, directrices ont été sommés d’aller récupérer les livrets d’évaluation à leurs frais, sur leur temps, en dehors de toute couverture administrative. Il a fallu utiliser leur véhicule personnel, sans indemnisation, sans autorisation formelle, sans aucune protection. Cela suffit !

Une injonction abusive, un risque juridique

Le Code de l’éducation est clair sur nos missions : nous sommes enseignants – pas logisticiens. Ce n’est pas à nous de pallier les carences de l’institution, ni d’assurer ce qui relève d’une organisation logistique à la charge de l’employeur.
 
Utiliser son véhicule personnel sans cadre réglementaire, c’est s’exposer à des conséquences en cas d’accident ou de contrôle. Et que dire des pressions exercées dans certaines circonscriptions, qui transforment une tâche illégitime en obligation tacite ? 
 
Le SE-Unsa le réaffirme : aucun personnel enseignant n’a à répondre à une telle demande.

Protégé·es par le droit et soutenu·es par le SE-Unsa

Le SE-Unsa a écrit à la ministre de l’Éducation nationale, aux Dasen et recteurs* pour leur rappeler leurs obligations et exiger l’arrêt de ces pratiques. Chaque agent a le droit de refuser et doit pouvoir s’appuyer sur un cadre clair : pas de livraison, pas de retrait en circo, pas de transport improvisé. L’institution impose ces évaluations ? Qu’elle en assume la logistique.
 
Que vous soyez en classe, à la direction d’une école ou en circonscription, ce mot d’ordre vous concerne. Ce n’est pas à vous de transporter les livrets. Refuser, ce n’est pas désobéir. C’est agir dans le respect de vos missions, défendre notre métier et préserver notre intégrité professionnelle.

Ensemble, faisons entendre notre voix !

 
Informez vos collègues.
Affichez ce mot d’ordre dans votre salle des maîtres.
Contactez votre équipe locale du SE-Unsa en cas de pression. 

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L’IGÉSR (inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche), à qui la ministre avait confié la mission d’évaluer la mise en œuvre des groupes de besoins en français et en mathématiques au collège, vient de rendre son rapport*. Ses conclusions rejoignent sans surprise les résultats de l’enquête que le SE-Unsa a menée auprès de la profession.

Modalités de mise en œuvre des groupes : le règne de la confusion

Le SE-Unsa avait déjà fait le constat, au regard des nombreux changements subis par le texte de départ, que les collèges s’étaient emparés (ou pas) de la réforme en se livrant à un important travail d’adaptation. La confusion générée par les groupes de niveau devenus groupes de besoins a donné lieu à de multiples configurations : l’inspection générale a pu ainsi constater la mise en œuvre, selon les établissements, de groupes de niveau, de groupes hétérogènes et, plus rarement, de groupes de besoins. Une variété de configurations qui n’aura pas facilité l’évaluation du dispositif.
 
Autre point saillant que notre enquête a également révélé : les dix semaines de regroupement en classe de références ont peu ou pas été utilisées par la plupart des collèges interrogés par l’IGÉSR. Pour le SE-Unsa, cela retire leur efficacité aux groupes de besoins qui ne peuvent avoir de sens que si les élèves ont la possibilité de réinvestir leurs acquis au sein de la classe hétérogène.

Conséquences pour les enseignants : des conditions de travail dégradées

Les freins locaux à la mise en place de la mesure cités par l’inspection générale correspondent à ceux que notre enquête a identifiés et présentés comme les conséquences néfastes d’une mesure qui n’était pas souhaitée : la construction des emplois du temps s’est révélée problématique ; les professeurs de français et de mathématiques ont souvent refusé de remplir la mission de professeur principal de crainte de ne pas pouvoir suivre correctement des élèves qu’ils verraient peu, et cette mission devient également complexe pour les enseignants des autres disciplines, qui ont affaire à des équipes pédagogiques démultipliées ; si les enseignements optionnels résistent, les heures dédoublées ont fortement diminué, voire disparu dans certains collèges. Enfin, l’inspection générale pointe l’insuffisance des locaux et la fragilisation du remplacement de courte durée (RCD).
 

Conséquences pour les élèves : des progrès qui se font attendre

Jugés peu efficaces sur les difficultés des élèves les plus fragiles par les enseignants que nous avions interrogés, les groupes provoquent le même constat chez les inspecteurs généraux. Si les élèves les plus en difficulté apprécient de travailler en effectif plus réduit, les progrès attendus ne sont pas au rendez-vous. Les élèves en grande difficulté sont plus visibles, mais la prise en charge de cette difficulté n’est pas meilleure. En effet, l’inspection générale constate que la plupart des enseignants de français et de mathématiques réduisent leurs exigences et les tâches confiées aux élèves en grande difficulté, mais n’adaptent pas véritablement leur enseignement à ce public particulier. Ce constat confirme la nécessité de former les enseignants à la grande hétérogénéité, ce que préconise par ailleurs l’inspection générale. Plus inquiétant, non seulement les groupes ne parviennent pas à réduire les écarts entre les élèves les plus en difficulté et les autres, mais ils risquent au contraire de les creuser davantage, selon l’IGÉSR, en premier lieu parce que la flexibilité supposée des groupes n’est pas appliquée.
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa n’a pas cessé d’alerter le ministère sur l’inefficacité d’une mesure qui n’a été ni pensée, ni accompagnée, et qui a semé le désordre dans les collèges qui l’ont mise en place, pour des résultats peu probants. Ce rapport de l’inspection générale ne fait que conforter les résultats de notre enquête et renforce donc notre détermination à porter l’abandon des groupes au collège, du moins sous la forme imposée par le ministère.
 
Aussi, certaines recommandations de l’inspection générale rejoignent les nôtres : abandon du modèle actuel consistant à proposer une mise en œuvre uniforme des enseignements en groupes pour tous les élèves de 6e et 5e sur l’ensemble des horaires disciplinaires de français et de mathématiques, renforcement de l’autonomie des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques en les mettant en situation de définir une stratégie de réussite propre à chaque collège, engager un vaste programme de formation initiale et continue des enseignants du second degré portant en particulier sur la gestion de l’hétérogénéité des élèves. Finalement, le SE-Unsa aurait pu écrire ce rapport au moment même de la mise en œuvre de la réforme, tant les conclusions étaient prévisibles.
 

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À partir des réponses de plus de 1 000 collèges, le SE-Unsa fait un bilan très négatif de la mise en œuvre de cette réforme. Pas de progrès des élèves, pas d’amélioration du climat scolaire et une dégradation des conditions de travail des enseignants. À quoi sert donc cette réforme ?

Contexte

Mis en œuvre à la rentrée dernière sur la totalité du volume horaire de français et de mathématiques en 6e et en 5e, les groupes au collège ont fait l’objet de plusieurs enquêtes visant à déterminer leur efficacité. Rappelons que leur objectif était de faire progresser les élèves dans les deux disciplines dites fondamentales, à la suite des résultats inquiétants de l’enquête internationale Pisa de 2022.
 
Notre enquête se veut qualitative. Elle s’attache autant à connaître les conditions de mise en œuvre des groupes et les résultats qu’ils ont produits, qu’aux conditions de travail qu’ils ont créées pour les élèves comme pour les enseignants. Elle a été lancée au mois de janvier 2025, afin de laisser le temps aux enseignants et aux élèves de s’emparer de la réforme et d’en récolter les fruits. Plus de 900 collèges ont répondu à notre enquête, soit 13 % des collèges français. Afin de refléter la diversité des réalités des collèges du territoire, nous avons tenu compte de la taille des établissements (notamment les petits collèges ruraux de moins de 200 élèves) ainsi que de leur statut, selon qu’ils appartenaient au réseau d’éducation prioritaire (REP, REP+) ou pas.
 

Organisation des groupes : une absence flagrante d’homogénéité

Le texte de départ, passé entre les mains de plusieurs ministres de l’éducation, a subi plusieurs modifications qui ont affaibli le projet initial de Gabriel Attal. Des groupes de niveau, nous sommes passés aux groupes de besoins, et pour le SE-Unsa ce n’est pas qu’une question de sémantique. L’obligation de regrouper des élèves d’un même niveau de difficulté ayant été levée, de nombreux collèges en ont profité pour organiser de véritables groupes de besoins, mais aussi des groupes hétérogènes, en n’adoptant pas forcément la même organisation selon la discipline ou le niveau d’enseignement… Et si 46 % des collèges répondants ont assuré avoir organisé des groupes de niveau, ce n’est pas forcément par conviction, mais par nécessité : souvenons-nous que l’organisation de la rentrée 2024 dans les collèges s’est faite sans qu’aucun texte ne soit paru, mais uniquement sur des annonces ministérielles de groupes de niveau.
 
Si la flexibilité prônée par le décret est bien appliquée dans 65 % des cas, le retour en classe de référence, limité à dix semaines dans l’année scolaire, est peu mis en œuvre voire pas du tout. Alors que les dix semaines se voulaient une forme de souplesse pour les établissements, elles sont devenues une contrainte impossible à mettre en œuvre sans bouleverser l’organisation des collèges, déjà bien mise à mal par la réforme.

Des moyens ? Quels moyens ?

Près de la moitié des répondants affirment n’avoir reçu aucun moyen pour mettre en œuvre la réforme, ce qui n’aura rien de surprenant dans un contexte bien établi de mise en œuvre de réformes à moyens constants. Encore plus inquiétant, le financement de la réforme par les collèges eux-mêmes, qui, à plus de 65 %, ont dû prendre sur leur marge d’autonomie pour mettre en œuvre les groupes. Conséquence la plus notable : la disparition, dans près de 65 % des cas, de nombreux dédoublements, qui offraient de meilleures conditions d’apprentissage aux élèves.

Des conséquences humaines et pédagogiques inquiétantes

Trois quarts des collèges répondants constatent une dégradation des emplois du temps des enseignants. Pour la moitié des répondants, ceux des élèves sont aussi impactés de manière négative. 
 
Plus alarmant, les groupes échouent à faire progresser les élèves, alors que c’était leur premier objectif : moins de 40 % des enseignants constatent une progression des élèves après un trimestre. Pour le SE-Unsa, qui n’a jamais souhaité cette réforme et dont les conclusions rejoignaient celles des scientifiques opposés aux groupes de niveau, cela n’a rien de surprenant. Mais c’est bien au sein des groupes de besoins, lorsqu’ils sont mis correctement en œuvre, que les élèves semblent progresser le mieux et qu’ils se sentent le plus motivés. Pour le SE-Unsa, la difficulté ponctuelle traitée sur une période donnée avec un retour assuré dans la classe de référence est une solution qui doit être considérée.
 
Les enseignants constatent à 55 % une augmentation de leur charge de travail couplée à une diminution de leur liberté pédagogique. Dans un contexte tendu où on en demande toujours davantage aux enseignants, cette mesure fait déborder le vase. On ne s’étonnera donc pas que 60 % des collèges répondants ne souhaitent pas la reconduction des groupes en 6e et en 5e à la rentrée 2025, et que 76 % d’entre eux ne souhaitent pas leur extension en 4e et en 3e.

L'avis du SE-Unsa

Mal pensée, mal accompagnée, l’ex-mesure phare du Choc des savoirs semble avoir fait long feu. Même la ministre n’y croit pas, puisqu’elle a finalement renoncé à l’appliquer aux classes de 4e et de 3e à la rentrée prochaine. Les résultats de l’enquête du SE-Unsa sont confortés par ceux de l’enquête menée par l’inspection générale, qui formule les mêmes constats et les mêmes conclusions : les groupes n’ont pas fonctionné, ils ont dégradé les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves (à l’exception de ceux qui avaient la chance d’être en effectif réduit), ils n’ont pas fait progresser les élèves et, pire encore, ont creusé les écarts entre les élèves les plus fragiles et les autres.
 
Le ministère doit comprendre qu’une réforme non concertée avec les personnels de terrain et non accompagnée de moyens n’a aucune chance de réussir. Les enseignants sont attachés à l’hétérogénéité, garante de mixité scolaire et sociale sans laquelle l’exercice de la démocratie n’est pas envisageable. Ils souhaiteraient simplement avoir des effectifs moins lourds dans leurs classes pour pouvoir la gérer correctement. La piste des groupes de besoins doit être envisagée plus sérieusement que comme une question de sémantique. Elle demande un véritable investissement de l’Institution dans l’éducation des jeunes et auprès des personnels qui les encadrent et leur enseignent. Eux sont prêts depuis longtemps.
 
 
L’IGÉSR (inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche), à qui la ministre avait confié la mission d’évaluer la mise en œuvre des groupes de besoins en français et en mathématiques au collège, vient de rendre son rapport sur les groupes au collège. Ses conclusions rejoignent sans surprise les résultats de l’enquête que le SE-Unsa a menée auprès de la profession.
 

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Le décret instaurant une épreuve anticipée de mathématiques en fin de première est désormais paru. Coefficientée 2, la première édition de cette épreuve aura lieu dès l’année scolaire 2025-2026. Conséquence directe, le coefficient du Grand oral passera de 10 à 8 pour les filières générales et de 14 à 12 pour les filières technologiques dès la session 2027.

Calendrier alourdi, enseignants sous pression

Le réaménagement du calendrier avec les épreuves de spécialité présentées en fin d’année scolaire a fait surgir un cortège de nouvelles difficultés, comme l’avait anticipé le SE-Unsa. En effet, si l’intention initiale semblait louable de lutter contre l’absentéisme des élèves qui désertaient les salles de cours une fois ces épreuves passées, les conséquences concrètes sur le terrain se révèlent plus complexes, parfois contre-productives.
 
L’une d’entre elles concerne la charge de travail considérablement alourdie pour les enseignants. Les enseignants de lettres et de philosophie sont particulièrement concernés entre surveillances, correction de copies des épreuves anticipées de 1re et aussi parfois des épreuves de spécialité, mais également passation du Grand oral. Avec la création de l’épreuve anticipée de mathématiques, la crainte de voir le problème se répandre à une autre discipline est grande.
 
L’objectif de redonner du temps utile aux apprentissages pour tous au mois de juin semble aujourd’hui bien éloigné de la réalité vécue dans les lycées. Plus le temps passe et plus le mois de juin se retrouve alourdi d’épreuves au détriment des enseignements.
 

Le Grand oral de moins en moins grand

La nouvelle épreuve de mathématiques va à avoir un impact direct sur le Grand oral puisque celui-ci va voir son coefficient, et donc son poids, réduit.

Épreuve phare de la réforme du baccalauréat, censée incarner un tournant dans la valorisation de la parole, de l’argumentation et de la posture citoyenne des élèves, le Grand oral tient de moins en moins ses promesses. Dans de nombreux établissements, cette préparation s’est retrouvée reléguée au second plan, voire sacrifiée, au profit d’un enseignement tourné presque exclusivement vers la réussite aux épreuves de spécialité.
 
De plus, une formation à des enseignants au Grand oral manque aussi bien pour ceux qui préparent les élèves que pour les évaluateurs qui pour certains méconnaissent l’épreuve et ses enjeux. Et ce n’est pas la réduction de son poids dans la délivrance de l’examen qui va lui rendre ses lettres de noblesse.
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa sera particulièrement vigilant quant à la charge de travail qui attend les enseignants de mathématiques au mois de juin prochain. Nous demandons qu’ils soient déchargés de surveillance d’examen, ne soient pas multi-convoqués et surtout disposent d’un temps nécessaire et suffisant pour réaliser les missions d’évaluation qui leur seront attribuées.
 
Remettre davantage d’examens terminaux au mois de juin, comme c’était le cas avant la réforme, n’ira pas dans le sens d’une meilleure maîtrise des compétences bien au contraire. Il est urgent d’avoir une vraie réflexion globale sur le sens de l’évaluation, le rythme de l’année de terminale et la finalité des apprentissages. Sans cela, toute réforme, aussi bien intentionnée soit-elle, risque de n’être qu’un réajustement superficiel d’un système en quête de cohérence et de sens.
 

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Logo Entrer dans une démarche QVCT_Fleur avec les 6 pétales axes
« Dimanche après-midi, encore une notification de l’ENT pour une demande de rendez-vous !
Je suis en balade en famille mais ça me trotte dans la tête… Je dois répondre !
Ma famille s’impatiente mais impossible d’ignorer la notification.
Tant pis, je vais me connecter. Je n’ai pas le choix. »
 

J’agis avec le SE-Unsa : dans une démarche QVCT, on trouve toujours des solutions

Rien ne nous oblige à avoir sa boîte mail professionnelle sur son téléphone personnel mais surtout, on peut demander à élaborer une charte des usages du numérique en équipe, notamment pour établir des principes de communication avec les parents d’élèves.
 
Dans notre société actuelle, la déconnexion numérique est un sujet à ne pas négliger. Pour le SE-Unsa, il faut pouvoir poser le sujet sur la table et entamer un dialogue entre collègues, supérieurs hiérarchiques ou parents sur la gestion des outils numériques. Une charte de l’usage du numérique doit être élaborée avec chaque interlocuteur. Négliger cette déconnexion, c’est laisser notre vie perso être envahie par la sphère professionnelle, ce qui peut créer des situations d’épuisement professionnel.

Égalité professionnelle, un axe essentiel pour le bien-être au travail

Derrière un titre un peu générique se cachent de nombreux thèmes qui touchent directement les personnels : l’équilibre vie perso/vie pro, la lutte contre les discriminations, la question de la parentalité, la réduction des écarts de salaires entre les hommes et les femmes et l’égal accès aux fonctions. 

La réduction des inégalités et la prise en compte des situations particulières au travail est un levier de la démarche QVCT. De nombreux chantiers indispensables sur lesquels il est temps d’agir avec le SE-Unsa !


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