Le SE-Unsa réagit avec fermeté à la réponse apportée par le ministre le 31 mars dernier à la sénatrice Karine Daniel* concernant la direction d’école. À une question portant explicitement sur la qualité de vie et des conditions de travail et sur la nécessité de rouvrir un agenda social, le ministre oppose une réponse strictement comptable, déconnectée des réalités du terrain.
L’alerte sociale du SE-Unsa
Dès le 25 août 2025, le SE-Unsa a déposé une alerte sociale sur la direction d’école. Cette démarche n’était ni symbolique ni isolée : elle s’inscrivait dans un contexte de dégradation continue des conditions d’exercice, largement documentée par la profession et par les inspecteurs généraux.
Face à cela, la réponse ministérielle apparait insuffisante, voire hors sujet.
Un agenda social à l’arrêt depuis 2022
Dans le contexte d’un agenda social clos depuis 2022, renvoyer à des dispositifs existants ou à des ajustements locaux marginaux ne peut constituer une réponse crédible. Les alertes récurrentes sur les conditions de travail des personnels exerçant des missions de direction exigent une reprise immédiate du dialogue social structuré.
Un référentiel qui engage davantage sans sécuriser
Le projet de référentiel évoqué par le ministre ne répond pas aux enjeux. Les évolutions proposées relèvent principalement de variations de formulation, qui ont pour effet d’engager davantage les personnels dans leurs missions, sans contrepartie réelle.
En effet, dans le même temps, l’employeur :
- refuse de rouvrir l’agenda social,
- ne propose aucun moyen supplémentaire adapté,
- laisse perdurer un déséquilibre entre responsabilités accrues et ressources inchangées.
Ce décalage fragilise encore davantage les directeurs et directrices d’école, déjà exposés à une surcharge considérable.
Des choix budgétaires à géométrie variable
L’argument avancé de l’absence de budget interroge.
Il ne semble pas s’appliquer lorsqu’il s’agit de financer des opérations symboliques comme le concours général des collèges. Les moyens existent pour des projets politiques affichés, mais pas pour répondre aux besoins urgents des personnels.
Les exigences du SE-Unsa
Si l’agenda social dédié à la direction d’école est aujourd’hui au point mort, le SE-Unsa portera ses revendications dans le cadre du nouvel agenda social, notamment par l’entrée « baisse démographique ». Celle-ci doit être utilisée comme un levier pour améliorer concrètement les conditions d’exercice des directeurs et directrices.
Dans ce cadre, le SE-Unsa revendique :
- l’augmentation significative des temps de décharge, adaptée à la taille et à la complexité des écoles,
- l’instauration d’un temps de décharge complémentaire explicitement dédié au pilotage pédagogique, qui exige de la préparation,
- la sortie progressive de la charge de classe, avec un objectif de décharge totale dès dix classes, et, entre sept et neuf classes, l’exercice d’un service d’enseignement sans responsabilité de classe,
- la mise en place d’un secrétariat administratif formé et pérenne,
- le renforcement des garanties statutaires et juridiques, en cohérence avec les responsabilités exercées,
- l’amélioration des conditions de travail, intégrant pleinement la prévention des risques professionnels.
En l’état, la réponse apportée par le ministre ne répond ni à la question posée, ni à la situation vécue par les presque 43 000 enseignant·es à la direction d’une école.
Elle traduit une approche comptable là où une réponse politique et sociale est attendue. Pour le SE-Unsa, il y a urgence à sortir du statu quo : la direction d’école ne peut plus être le point aveugle des politiques éducatives.
*La question de la sénatrice : https://www.senat.fr/questions/base/2026/qSEQ26020956S.html